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CHAPITRE Vm. — CUISSON DES POTERIES

mixte, puisqu'il est obtenu avec un mélange d'air et de vapeur d'eau.

Le gaz à l'eau ne peut ôtre obtenu d'une manière continue puisqu'il demande un apport d'énergie calorifique, ce qui amène un refroidissement de la masse de charbon. 11 faut parer à cet inconvénient en injectant de l'air dès que l'action de la vapeur a refroidi la masse. A Essen ( Westphalie), pour la préparation du gaz à l'eau on injecte de la vapeur dans un cylindre renfermant le charbon, pendant 4 minutes; il se produit pendant ce temps du gaz à l'eau. Puis, pendant ii minutes on souffle de l'air, ce qui donne du gaz de générateur. On continue, en alternant toujours, l'action de la vapeur d'eau et celle de l'air. La transformation continue exigerait le maintien à une température élevée de la masse de charbon; ce dispositif a été reconnu comme dispendieux. On a fait divers essais avec le gaz mixte. A Wirges, dans la Hesse-Nassau, on a construit un four utilisant le gaz d'eau en même temps que le charbon. Au lieu d'alimenter la combustion avec un gazogène d'eau, on produit le gaz dans le four lui-même. Le combustible, qui est du coke dans le cas présent, est introduit dans le four comme dans l'appareil Hoffmann, c'est-à-dire par la partie supérieure, et tombe sur une grille. Un jet de vapeur lancé par-dessous vient produire du gaz d'eau au contact du charbon incandescent.

Gaz natureL — On trouve en Amérique des gaz carburés naturels qui se dégagent du sol en quantité suffisante pour le chauffage. Le gaz est surtout riche en méthane.

Sa teneur s'élève jusqu'à 98 pour 100 de méthane, accompagné d'azote 3 pour 100 et d'hydrogène 2 pour 100.

Le gaz naturel est employé couramment et en grande quantité comme combustible pour les cuissons céramiques, aux États- Unis, à l'East-Liverpool (Ohio) et à Wheeling (Virginie de l'Est) dans au moins 3o usines. Le D'' Hermann Zimmer, auquel je dois ces renseignements, l'a employé de 1891 à 1901 avec pleine satisfaction. Un manque de pression de 1892 à 1898 l'a obligé momentanément à recourir au chauffage au charbon, mais il a pu constater les nombreux avantages qu'apporte ce

genre de combustible. Les couvertes colorées (bleu de roi, pinck, etc.), venaient avec un brillant et une coloration que le chauffage au charbon n'a jamais permis d'atteindre. Ce combustible a été utilisé pour cuire de la faïence fine, de la porcelaine phosphatique et même de la porcelaine dure.

§ 5. — Observations sur la combustion.

Pour obtenir la combustion d'une matière, deux conditions sont nécessaires : il faut porter le corps à une température suffisamment élevée (température d'inflammation) et lui fournir une quantité suffisante d'oxygène.

Si nous nous trouvons en présence d'un combustible dégageant des goudrons, par exemple, et si les gaz produits ne sont pas suffisamment chauds, une partie de ces vapeurs goudronneuses va se condenser et ne pas brûler. D'autre part, par suite d'un manque d'oxygène, la comhustion peut ne pas s'effectuer complètemeni ; du carbone très divisé se sépare des composés carbonés décomposés par la chaleur. Il y a alors production de fumée; la fumée est constituée par la présence de particules solides soit de goudrons, soit de carbone, très divisées et disséminées dans le courant gazeux qui sort des appareils.

Quand on emploie des combustibles gazeux, le phénomène n'est pas toujours le même que précédemment. Si le gaz provenant du générateur entraîne des goudrons, il se peut que dans des endroits froids il y ait des condensations; mais, s'il y a combustion incomplète, le combustible ne contenant pas de matfères carburées de même ordre, il n'y aura pas de dépôt de charbon à l'état de suie, le gaz comhustihie sera seulement en excès.

En céramique il est nécessaire, dans certains cas, de donner à la cuisson une allure déterminée : oxydante ou réductrice. Dans le premier cas les matières chauffées exigent, pour éviter des transformations néfastes, un excès d'oxygène; on ne peut atteindre ce résultat qu'en conduisant les foyers de manière à obtenir une combustion complète des produits en présence d'une quantité d'air supérieure à celle qu'exige leur complète

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