CHAPITRE VIII. — CUISSON DES POTERIES
oxydation. Dans le second cas, au contraire, il devient indispensable de laisser des matières non brûlées, et surtout des matières charbonneuses, dans la flamme. On arrive à ce résultat en restreignant l'arrivée de l'air et en maintenant un excès de combustible dans les foyers.
Il ne faut pas confondre le rétrécissement d'un foyer avec le rétrécissement d'une entrée d'air. Dans les fours chauffés avec des alandiers au bois('), la diminution de l'alandier amène une augmentation de vitesse de l'air qui passe alors plus vile sur une quantité moindre de combustible; l'élargissement de l'alandier conduit à étaler une plus grande surface de combustible que traverse de l'air animé d'une plus faible vitesse que dans le premier cas.
On appelle pouvoir ou puissance calorifique, ou encore chaleur de combustion d'un corps, la quantité de chaleur dégagée par la combustion d'une quantité déterminée de ce corps brûlé par l'oxygène.
La connaissance des chaleurs de combustion a un grand intérêt puisque seule elle permet de se faire une idée de la valeur d'un combustible. La meilleure méthode de détermination est la méthode calorimétrique avec combustion dans la bombe (^).
On a adopté en Allemagne la formule suivante pour le calcul de l'effet calorimétrique d'une substance charbonneuse dont oiv connaît la composition :
Dans cette formule, C,H, 0, S représentent la teneur pour loo en carbone, hydrogène, oxygène et soufre, Wla somme de l'eau hygrométrique et de l'eau combinée.
Comparaison des divers combustibles.
p = 8000C H- 29 000 ( H — "ÏT ) + 28008 — 600 W.
( ' ) foii- plus loin.
(') Scheurer-Kestner, Hev. gén. Chim. pure et appliquée, t. I, p. /Joi, 4â-T-
Ce sont les combustibles ricbes en hydrogène qui dégagent le plus de chaleur, puis viennent les gaz carbonés et les gaz de gazogène. Nous rappelons que :
cal
i^s d'hydrogène se transformant en H^O dégage 29860
i^' de carbone se transformant en CO^ dégage 8080
1"^ d'oxyde de carbone se transformant en CO^ dégage.. . %\iS
Les appareils destinés à la cuisson des polei-ies sont très nombreux. Malgré la diversité des types, nous pourrons les ramener à deux groupes bien distincts : les fours intermittents et les fours continus. Dans la première division, nous distinguerons les fours à axe vertical et les fours à axe horizontal. La flamme provenant d'un foyer traverse horizontalement le four dans le premier cas et verticalement dans le second. Les fours continus sont moins commodes à sérier par suite de la diversité des principes qui ont présidé à leur construction. Nous trouverons aussi des fours continus à axe horizontal, mais nous rencontrerons également des modèles plus compliqués sur lesquels nous insisterons lors de leur description.
Dans les fours primitifs on se contente de réserver en avant ou sur les côtés, ou en dessous du four, un certain espace en communication avec la chambre à cuire. C'est dans cet espace que l'on brûle le combustible.
Les fours plus perfectionnés où l'on cuit la porcelaine, la faïence, ont, au contraire, des foyers spécialement disposés qui permettent une meilleure combustion. Le foyer, dit alandier, a généralement la forme d'une cuve quadrangulaire adossée au mur du four ou encastrée dans sa paroi. Ce genre de foyers a reçu des dispositions différentes suivant le combustible adopté. Dans tous les alandiers, la paroi adhérente au four est traversée par une ouverture permettant l'entrée de la flamme.
L'alandier au bois est ordinairement construit comme nous le représentons. Il est ouvert à sa partie supérieure et les deux murs latéraux ont reçu un rebord en briques P destiné à main-
CHAl'lTRIÎ VIII. — CUISSON DKS POTERIES.
tenir le bois. A la partie inférieure de la face se trouve une sorte de porte A. Vers le milieu de la même paroi, on a ménagé
une autre ouverture C, plus petite, fermée par une pièce mobile, le cavalier.
Quand on commence le feu, l'ouverture supérieure est fermée; on a jeté du gros bois entrecroisé qui brûle lentement. Le bois, en brûlant, donne de la braise dont la quantité va en augmentant. Au bout d'un nombre d'beures assez grand, elle a presque atteint le cavalier. Le four, à ce moment, commence à être très chaud; on ferme alors l'ouverture inférieure A et l'on
Fis- 63.
pose sur la partie supérieure, alors découverte, du bois fendu, posé horizontalement. Ce bois est suffisamment long pour reposer sur les deux murs latéraux; on l'a coupé assez court pour qu'il puisse entrer entre les deux rangs de briques formant butoir ou portée. Le rayonnement de la braise est suffisant pour
Fig. 6i.
Fi g. 62.
amener le bois à distiller et porter les gaz à leur point d'inflammation. Le bois brûle alors, alimenté par un courant d'air qui traverse le combustible de bas en haut.
Pour régler la combustion, on se sert d'une large brique ayant la longueur du bois et que l'on fait glisser entre les butoirs de la portée. En l'avançant ou en la reculant, on augmente ou on diminue la section de la surface de combustion.
L'alandier au charbon a la même forme, mais il est fermé par une grille à sa partie inférieure. L'air arrive par-dessous, le combustible s'introduit par une ouverture supérieure. Il n'est pas facile de régler la combustion aussi aisément avec un semblable foyer qu'avec un alandier au bois. Si le combustible est introduit par petites quantités, on laisse pénétrer de l'air froid chaque fois que l'on charge; si l'on place une couche épaisse de houille sur la grille, on se trouve presque toujours avec un four en allure réductrice. Aussi a-t-on cherché de nombreux dispositifs pour rendre l'alandier au charbon plus maniable.
Voici un dispositif {fig. 64 et 65) qui permet, dans une cer-
Fig. 64. Fig. 65.
taine mesure, de mieux régler l'introduction de l'air dans le foyer : Une porte, dont on voit la coupe, ferme l'accès de l'air sous la grille. Son fonctionnement a déjà été expliqué à propos