CHAPITRE VIII. — CUISSON DES POTERIES
seulemenl on doit opérer vite si l'on ne veut pas s'exposer à brûler la canne.
Le couple demande à être gradué, sauf dans le cas où l'on se sert du galvanomètre de Siemens et Halske, si l'on désire être renseigné sur les températures qu'il indique. On détermine alors un certain nombre de points fixes et l'on construit la courbe de l'appareil. La courbe se confond pratiquement avec une droite.
Les points fixes les plus commodes à observer sont l'ébuUition de la naphtaline (218°), du soufre (448°), la fusion de l'or (1065"), du sulfate de potassium (io45°) (').
Pyromètres pneumatiques. — En dehors du thermomètre à gaz dont l'emploi est difficile, on a proposé plusieurs pyromètres utilisant l'accroissement de force élastique déterminé par réchauffement des gaz, par exemple, le pyromèlre Bristol. L'auteur propose l'appareil suivant pour la mesure des températures élevées.
Le réservoir est un cylindre de porcelaine façonné comme un lube à thermomètre, comprenant le réservoir et un tube capil- Inire faisant suite au réservoir. Un tube relie le réservoir à un manomètre. On a donné au cylindre de porcelaine une longueur assez grande pour qu'il aille traverser la paroi du four et avoir son réservoir au milieu des flammes. Le manomètre est un simple manomètre enregistreur constitué par deux tubes disposés en spirale. Un de ces tubes est relié avec le réservoir; l'autre communique avec l'atmosphère ambiante. Il subit donc les changements de pression et de température de l'air et permet d'éviter les corrections relatives à ce sujet C).
Pyromètres optiques. — Les phénomènes optiques peuvent apporter leur concours à la mesure des températures élevées.
(>) MM. Le Gliatelieret Boudouard ont fait une étude très intéressante des pyromètres : Mesure des températures élevées. C'est un ouvrage très complet que l'on peut consulter avec fruit (Paris. Gauthier-Villars).
(2) Tonindustrie Zeitung, 1901, p. 673.
rVROMÉTRIE.
Nous nous bornerons à citer la lunette pyrométrique de Mesuré et Noucl et le pyromètre optique de Le Chatelier et à en indiquer le principe.
Dans le premier instrument on regarde les rayons lumineux émis par le foyer, au moyen d'un système polariseur et analyseur, séparé par une lame de quartz taillée perpendiculaire-
Fig. ^.
ment à l'axe. On supprime avec ce dispositif un certain nombre de radiations du spectre; dans l'appareil que nous étudions on a adopté une épaisseur suffisante de quartz pour l'absorption des parties centrales du spectre. Le réglage du polariseur et de l'analyseur à l'extinction fournit le o de la graduation d'un cercle divisé, qui permet de lire de combien on a fait tourner l'analyseur.
Les corps incandescents émettent des rayons différents suivant la température à laquelle ils sont soumis; aussi, lorsqu'on les regarde avec l'appareil, la teinte composée obtenue varie avec la température. Les variations de coloration deviennent très rapides pour une position déterminée de l'analyseur. En regardant alors le foyer, les changements dans les colorations indiquent les variations dans la température.
Pour effectuer une mesure, on lit de combien on a dû faire tourner l'analyseur, placé pour obtenir la teinle sensible dans les conditions ordinaires, pour retrouver la même teinte sensible en visant le foyer. Il n'y a pas possibilité de relier facilement ces mesures à une évaluation de variation dans la lempélature; en outre, la teinte sensible difficile à saisir est encore moins aisée à retrouver, d'où désaccord, non seulement entre
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les observateurs, mais môme entre les déterminations d'une même personne.
Dans le pyromètre optique de M. Le Chatelier, on compare
Fig. 8.5.
une flamme étalon à la lumière émise par les corps incandescents. On ramène à l'égalité d'intensité les images de l'objet visé et de la flamme de comparaison ; on se sert pour cela d'un œil-de-chat qui permet de faire varier l'ouverture utile, puis de verres absorbants si cela est nécessaire.
L'appareil, qui a donné des résultats fort intéressants, n'est pas d'une manœuvre exempte de difficultés; aussi doit-il être réservé à des expérimentaleurs habiles.
Tout dernièrement M. Wanner a imaginé un pyromètre optique que nous nous contentons de signaler (^).
Pyromètre de M. Ferry. — Cet appareil, plus récent que les précédents, est une combinaison d'un pyromètre électrique et d'un système optique.
M. Ferry (^), partant d'un point de vue différent, a pensé que
(') Foir, pour sa description, Ph. Ch., 3= année, p. iia, et Rev. gén. Chimie pure et appliquée, igoS, p. i/jS.
(^) Comptes rendus, t. GXXXIV, 1902, p. 977.
PYUOMÉTRIE. ai^J
. la relation de Stéfan
Rzzia(T*- t'*)
était tout indiquée pour servir de base à une méthode de mesure des températures inaccessibles par les autres procédés. Cette formule présente l'avantage d'une exactitude qui semble maintenant tout à fait reconnue.
Dans cette expression, R représente la quantité de chaleur versée par un corps rayonnant à une température absolue T sur un autre corps à une température t; les pouvoirs émissifs de ces deux corps étant égaux à l'unité, a est une constante.
Comme il s'agit de températures élevées, f* est négligeable par rapport à ; on peut donc simplifier l'expression et se contenter d'exprimer la relation sous la forme réduite
Ainsi présentée, la formule exige pour son application des corps dont le pouvoir émissif soit voisin de l'unité, corps qui sont peu nombreux. Mais, d'après le théorème de Kircbhofî, la puissance de la radiation est indépendante de la nature de la paroi rayonnante et égale à l'unité dans le cas d'une enceinte fermée. Cette condition peut être remplie dans la pratique lorsqu'il s'agit de déterminer la température d'un four; l'ouverture est généralement assez petite pour que la conception théorique de Kirchhoff soit justifiée. Dans le cas de corps chauds placés en dehors d'un foyer, si l'on se trouve en présence de métaux, la condition exigée est encore sensiblement satisfaite, puisque l'on se trouve en présence de corps recouverts généralement d'oxydes noirs.
L'appareil est un pyromètre à radiations calorifiques. On ramène la mesure à celle de l'élévation de température d'un corps choisi comme corps thermomélrique.
L'organe essentiel est un réticule thermo-électrique, formé de deux fils (fer constanlan) soudés sur deux disques et suivant deux diamètres rectangulaires. Les fils ont o"',oo3 d'épaisseur. Les disques sont montés sur une pièce isolante qui les maintient parallèles à une faible distance (o""",5); on soude ces