‹ La céramique industrielle, chimie, technologieChapitre 18 sur 129 · PO · texte numérisé non relu

PO

Hydrocarbonale KOH. . . 54,6 5,5

Phosphate PKO 40,7 2,0

Arséniate AKO 36 à 3o 3 à 5

Quand on veut essayer chimiquement un oxyde de cobalt, il est commode de faire la recherche du nickel en opérant la séparation du nickel et du cobalt par le nitroso-^-naphtol. Le nitroso-j3-naphtol, en solution acétique, précipite la solution de cobalt à l'état de nitroso-[3-naphtolate, tandis que le nickel reste en solution. Il faut opérer sur des liqueurs exemptes d'acide minéral libre.

On ajoute d'abord de l'ammoniaque jusqu'à précipitation, on redissout le précipité dans l'acide chlorhydrique, puis l'on verse un volume égal à celui de la liqueur d'acide acétique à 5o pour joo et la solution de nitroso-[3-naphtol dans l'acide acétique. Il se forme par le repos un précipité volumineux de composé cobaltiqueque l'on sépare par fillralion. On recherche le nickel dans le filtrat. Il est nécessaire, pour bien réussir cette recherche, d'employer du nitroso-3-naphtol entièrement soluble dans l'acide acétique sans résidu.

Cette méthode, peu connue en France, est précieuse pour des essais de ce genre, car elle est très expéditive.

Phosphate de cobalt : Co8(PO*)'-f- 8H20. — Le phosphate de cobalt s'obtient par précipitation d'un sel de cobalt par du phosphate de soude. Il faut que le phosphate de soude soit additionné de carbonate de soude en quantité correspondant à la

formation d'un phosphate trialcalin :omo,,5 de carbonate pour ,moi (je phosphate ou i43 de carbonate de soude à iomo1 d'eau et 364 de phosphate de soude ordinaire bibasique à i2mo1 d'eau. Comme ce dernier sel est efflorescent il est bon de vérifier son hydratation avant l'usage, car il peut perdre à la température ordinaire 5 II* 0.

Le précipité de phosphate de cobalt est rose; il est gélatineux. Le sulfate de cobalt en excès dissout à froid le phosphate de cobalt; à chaud, il y a précipitation du phosphate dissous.

Le phosphate de cobalt et l'arséniate de cobalt ont même composition.

Carbonate de cobalt. — Quand on précipite à froid un sel de cobalt par un carbonate alcalin il se forme un carbonate basique 2[CoCOï4-Co(OH),] + 511*0. Lavé à l'eau bouillante il change de composition et devient 2C0CO3 -h 3 [Co(OH)1] -+- H!0 par perle de gaz carbonique. Le premier de ces corps est rose, le second est violacé.

Le carbonate hydraté 3CoC03-f- aH*0 ne s'obtient que par la digestion du sel basique dans une solution de bicarbonate d'ammoniaque.

Le carbonate de cobalt employé en Céramique est un carbonate basique.

Oxyde de nickel. — Les composés du nickel n'ont pas l'importance des composés du cobalt, néanmoins ils sont utilisés pour l'obtention de certains bruns.

L'oxyde de nickel est gris verdàlre, il donne moins facilement que l'oxyde de cobalt des oxydes supérieurs par calcination à l'air. Obtenu par calcination de l'hydrate, du carbonate ou de l'azotate, il peut renfermer du sesquioxyde. Si Ton précipite une solution d'un sel de nickel par la potasse ou la soude il se produit de rhydrale de nickel Ni( OH )':^ Ni 0, H'O, en flocons vert pomme.

MATIÈRES PREMIÈRES DES COUVERTES. El Ali ET COLLEURS. 6t

Nous avons dit que la calcinalion de certains composes de nickel pouvait amener la formation de sesquioxyde. Ce dernier corps se produit si la décomposition n'est pas eiïecluée à trop haute température.

L'oxyde de nickel, étant soluble dans l'ammoniaque, ne peut <>tre précipité que par des alcalis fixes; comme le précipité est très difficile à bien laver il y a avantage à employer, autant que faire se peut, l'oxyde provenant de la calcination de l'azotate. Le produit ainsi obtenu ne renferme pas de matières étrangères s'il a été convenablement préparé.

Carbonate de nickel. — La précipitation d'un sol de nickel par un carbonate alcalin donne un hydrocarbonate de composition mal définie. Traitée à froid par un carbonate, la solution de nickel donne un précipité qui, séché à ioo°, aurait pour composition 2C03Ni -h 3Nî(OH)sh- 2*1*0.

Oxyde de fer. — L'oxyde de fer Fe'O* a été longtemps préparé par la calcinalion du sulfate ferreux. C'est un ancien procédé qui se trouve indiqué dans les ouvrages et que l'on emploie encore. Pour obtenir du sesquioxyde de fer par celle méthode, on commence par dessécher à une douce chaleur le sulfate ferreux. L'eau de cristallisation se dégage lentement au voisinage de ioo° presque complètement; on oblienl au bout d'un certain temps une masse pulvérulente grise qui ne renferme que imo1 d'eau. Cette dernière molécule d'eau n'est chassée qu'à température plus élevée (3oo°). Si, au lieu d'opérer doucement la déshydratation du sel, on chauffe brusquement la masse, le sel fond dans l'eau de cristallisation, puis forme des magmas dont la décomposition se fait moins régulièrement que celle de la poudre préparée par dessiccation lenle. Au rouge sombre le sulfale se décompose en donnant de l'oxyde ferrique et des composés oxygénés du soufre. On lave l'oxyde obtenu avec soin.

P înâ A l Fo 70

Fe'0*=i6oj Q 3o

re u S4H u 2i, < I12Q ,Àr)IX0

62 CHAPITRE II. — MATlfeRKS NON PLASTIQUES.

L'oxyde de fer a une coloration variable avec les conditions de sa préparation. Fortement calciné, il est violacé; faiblement chauffé, sa teinte lire plutôt sur le rouge. En partant de l'hydrate ferrique on peut arriver aux mômes résultats, il suffit de précipiter le chlorure ferrique par l'ammoniaque, puis de sécher et calciner le précipité après lavages.

Ce genre de calciuation se fait très avantageusement dans un moufle à gaz; la répartition de la chaleur se faisant plus également on peut obtenir des produits plus homogènes qu'avec le chauffage direct.

En abandonnant à l'air une solution de sulfate ferreux, il se dépose un hydrate ferrique jaunâtre. Le précipité est recueilli au bout de quelques jours et lavé. On sèche ensuite à l'air.

L'oxyde de fer précipité par l'ammoniaque est employé aussi dans certains cas; sa préparation est bien connue. Le sesquioxyde calciné est anhydre, celui qui provient de l'oxydation du sulfate ferreux doit avoir la composition de la rouille 2 Fe* O3 . 3 H* 0 ; enfin l'oxyde précipité par les alcalis est l'hydrate normal FesOa.3H«0.

A côté de l'oxyde de fer nous pouvons placer certains corps de la nature que l'on peut utiliser parfois pour amener du fer dans les compositions. On trouve dans Brongniart(1) les terres ferrugineuses (terre d'ombre, terre de Sienne), les ocres jaune et rouge indiqués comme pouvant servir de colorants. Ce sont des matières de composition fort variable.

Le grès de Thiviers a été employé à la Manufacture de Sèvres pour préparer les rouges de la frise de grès du grand Palais de 1900. C'est une silice fortement ferrugineuse.

Oxyde de manganèse. — Le bioxyde de manganèse naturel (pyrolusite) se rencontre dans un état de pureté variable. Il peut renfermer parfois des quantités assez considérables de matériaux étrangers tels que des oxydes de fer et des carbonates. <Juand il est pur, il est utilisable tel quel à l'état de bioxyde ou calciné à l'état d'oxyde salin Mn30*. La préparation

( ' ) Traité des Arts céramiques, 2* dd., p. 53g.

du bioxyde pîir est longue par voie chimique, mais on peut très bien remplacer le bioxyde par l'oxyde salin plus facile à préparer. L'n sel de manganèse, exempt de fer, précipité par un carbonate alcalin, donne du carbonate de manganèse. Ce sel lavé, puis calciné, donne de l'oxyde salin Mn30*.

ai ira. i Mn 72,20

Mn30>=229j0 -go

Oxyde de zinc. — Par lui-même ce composé n'apporte aucune coloration, puisque les sels de zinc sont blancs. Ajouté à certains oxydes colorants il modifie leur teinte; il est probable que la formation de zincates n'est pas étrangère à ce phénomène.

L'oxyde de zinc provenant de la combustion du zinc ne semble pas réunjr toutes les qualités désirables pour l'emploi dans les couleurs; il peut pourtant être obtenu très léger et 1res divisé.

On se sert avantageusement de l'hydrocarbonate de zinc qui, par calcination, donne de l'oxyde de zinc. Ce corps s'obtient en dissolvant du zinc métallique dans un acide. Une fois le métal complètement entré en solution, on peroxyde la liqueur soit par le chlore, soit par l'acide azotique, pour transformer le fer en sel ferrique. La liqueur est alors étendue, puis additionnée de carbonate de sodium en petite quantité, le précipité qui se forme entraîne le fer. On rejette ce premier dépôt et l'on précipite totalement la solution de zinc par le carbonate de sodium.

Le précipité obtenu dans les liqueurs chaudes est exempt d'alcali et pulvérulent. La composition de ce précipité n'est pas très bien connue. Lefort indique 3C03Zn.5Zn(OH)2-t- H20, Rose lui assigne la composition 4C03Zn.5Zn(OH)2-h H20 après dessiccation à ioo°; dans le Traité de Brongniart l'auteur signale une analyse se rapportante un corps voisinde 3C03Zn.6Zn(()IÏ)2-hHïO. Le mieux est de calciner une petite partie de la matière séchée et d'y doser l'oxyde de zinc.

Zn 80, 25

ZnO = 81,20 J 0

„ „ 1 ZnO 81,90

ZnO.H.O = 99)>ojH,0 l8.«o

Oxyde d'urane. — Dans le commerce on se "sert du nom <l'oxyde d'urane pour les différents composés d'urane que consomme la Céramique; on distingue ces différents corps par leur couleur; ainsi l'oxyde d'urane s'appelle oxyde noir d'urane; l'uranate de sodium, oxyde citron; l'uranate de plomb, oxyde orange.

Les composes d'urane proviennent de Joachimstchal et de .Saxe; il existe aussi une marque française.

L'oxyde d'urane est noir quand il est à l'état uraneux [UO*] -et brun lorsqu'il est à l'état uranique ou d'oxyde d'uranyle {l^O^OfUO3]. Le minerai d'urane est la pechblende. Ce minerai traité par l'acide sulfurique, additionné par petites portionsd'acîde azotique, est maintenu en présence de ce réactif, à chaud, jusqu'à ce que la masse soit devenue complètement blanche. On reprend par l'eau et l'on fait passer de l'acide sulfhydrique qui précipite les métaux étrangers. La liqueur, bouillie et peroxydée par l'acide azotique, donne par addition d'ammoniaque de l'uranate d'ammonium. Ce précipité est purifié par digestion avec de l'ammoniaque, additionnée de carbonate d'ammonium. La liqueur laisse déposer du carbonate d'urane et d'ammonium. Ce sel calciné donne de l'oxyde vert d'urane U30*[LT3Os]. Les eaux mères, traitées par le sulfure d'ammonium, laissent déposer des sulfures (cobalt, nickel, zinc, manganèse); on filtre alors -et l'on fait bouillir la liqueur qui laisse déposer de l'uranate d'ammonium. Ce sel donne aussi par calcination U3Ov.

On se sert surtout en Céramique de l'uranate de sodium, de l'uranate de plomb et de l'oxyde d'urane. Il est facile de préparer ces divers composés en parlant de l'azotate d'urane, obtenu en dissolvant U3Ov dans l'acide azotique.

L'oxyde vert d'urane se prépare par la calcination de l'uranate d'ammonium ou de l'azotate d'urane.

L'oxyde uranique U203[U03] se forme dans la calcination ménagée (260°) de l'azotate.

Ces formules sont celles relatives à U = 120, celles entre crochets à U = 240.

Uranates. — L'uranate d'ammonium se précipite quand on verse de l'ammoniaque dans un sel uranique. C'est une poudre

f jaune, peu soluble dans l'eau, surtout dans l'eau chargée de sel

ammoniaque, décomposable par la chaleur.

L'uranale de plomb est orangé; on peut l'obtenir par l'action de l'acétate d'urane sur la céruse.

Oxyde de cuivre. — L'oxyde de cuivre CuO s'obtient facilement par oxydation directe du métal. En chauffant au contact de l'air des débris de cuivre propres, le métal se recouvre d'une couche noire d'oxyde. On bat les morceaux de métal pour faire tomber la couche d'oxyde qui les recouvre, puis on soumet le résidu non oxydé à une nouvelle calcination. Ces manœuvres sont répétées jusqu'à disparition complète du cuivre métallique. L'oxyde préparé par oxydation est noir, en écailles poreuses. On obtient de l'oxyde plus divisé et plus dense par la calcination de l'azotate. Le cuivre est dissous dans l'acide azotique, puis on évapore à sec le résidu jusqu'à ce que la masse soit colorée en vert. On détache alors le produit solide de la capsule qui le contient et l'on chauffe dans des têts de terre jusqu'à ce qu'il soit devenu absolument noir.

Les changements de notation chimique et les différentes dénominations données aux oxydes de cuivre peuvent faire naître des confusions. L'oxyde noir de cuivre que nous venons de décrire est le protoxyde de CuO (anciennement dénommé bioxyde), c'est de lui qu'il s'agit quand on écrit oxyde de cuivre sans autre désignation.

L'oxyde rouge de cuivre, le sous-oxyde CusO (anciennement protoxyde) a été indiqué parfois dans quelques compositions. On peut le préparer en chauffant de l'oxyde de cuivre avec du cuivre métallique divisé (5 parties de CuO et 4 parties de Cu en limaille). On peut plus commodément recourir au procédé de Malaguti (*) et chauffer un mélange de :

Sulfate de cuivre ioo

Carbonate sodium cristallisé 57

ou

Carbonate sodium anhydre ai

(*) Malaguti, Ann de Chim. et de Phys., t. LIV, p. 217. G.

Il n'est pas nécessaire de porter le tout à une très haute température, il suffit que la masse soit concrétée. On pulvérise alors le tout et Ton y ajoute a5 parties de limaille de cuivre. La masse est fortement chauffée et maintenue au feu le plus violent du fourneau pendant 20 minutes. Après refroidissement la masse pulvérisée et lavée donne du sous-oxyde Cu'O d'un beau rouge, très divisé.

Oxyde d'antimoine. — Le nom $ oxyde d'antimoine ne doit s'appliquer qu'à l'oxyde antimonicux Sb*0'. Ce composé est blanc, soluble dans les acides chlorhydrique, sulfurique et tartrique. Sous l'action de la chaleur sa couleur passe au jaune et retourne au blanc par refroidissement; au rouge il s'oxyde et se transforme en antimoniate d'antimoine Sb^O1. Sb'O*.

L'oxyde d'antimoine est utilisé comme opacifiant car il donne du blanc avec certains fondants. Son emploi est surtout dans l'émaillerie. Néanmoins dans les couleurs céramiques on a introduit parfois cet oxyde. L'oxyde antimonieux se prépare par l'oxydation directe de l'antimoine; il vaut mieux se procurer ce composé que de le fabriquer, car les fumées d'antimoine sont dangereuses à respirer. La précipitation du chlorure d'antimoine par le carbonate de sodium donne de l'oxyde hydraté, que la chaleur transforme facilement en oxyde anhydre.

L'industrie livre maintenant des oxydes d'antimoine, titrant de 97 à 98 pour 100 d'oxyde Sb'O3.

Acide antimonique. — C'est X oxyde antimonique Sbf05 que Ton obtient en traitant l'antimoine par l'acide azotique.

Antimoniates. — Les anlimoniates dérivent de l'anhydride ou oxyde antimonique Sb*0\ Les antimoniates employés en céramique sont l'antimoniate de potassium et l'antimoniate de plomb. L'antimoniate de plomb est souvent additionné de corps tels que l'oxyde de zinc et l'oxyde de fer destinés à modifier sa coloration; quelquefois on trouve aussi indiqué l'emploi d'anlimoniate de fer.

L'antimoniate de potassium ne sert qu'à la préparation de

J'antioioniate de plomb. L'antimoniate de plomb étant d'un beau jaune on l'utilise comme colorant.

L'antimoniate de potassium dont il s'agit ici est désigné sous le nom à1 antimoine diaphorè tique , c'est un antimoniate de potassium obtenu en traitant l'antimoine par l'azotate de potassium. On broie i partie d'antimoine, puis on le mélange à quatre fois son poids d'azotate de potassium pulvérisé. On jette alors le mélange par petites portions dans un têt porté au rouge. On lave le résidu et il reste un antimoniate acide K20, aSbfOs. Brongniart indique, pour préparer ce sel, des proportions différentes (1 d'antimoine et 2 d'azotate). Cet antimoniate est employé avec l'oxyde de plomb, il donne de l'antimoniate de plomb.

L'antimoniate de plomb se trouve dans le commerce sous Je nom de Jaune de JVaples; sa composition présente des variations. On prépare l'antimoniate de plomb, soit en partant de l'antimoniate de potassium, soit en chauffant l'acide anlimonique avec du minium. Certains praticiens se dispensent même de l'acide antimonique, ils font un mélange d'oxyde de plomb et d'antimoine qu'ils calcinent. L'antimoniate de plomb n'est pas un composé très chimiquement défini, c'est probablement un mélange d'un antimoniate de plomb et d'un excès d'un des composants. Les fabricants de couleur rappellent souvent oxyde jaune.

Arsenic. — On désigne ainsi dans l'industrie l'anhydride arsénieux, il ne se dissout pas dans certains fondants qui deviennent blancs et opaques. Il est blanc, volatil et l'on sait que c'est un poison violent.

Arséniate de potassium. — Ce sel peut servir à introduire de l'arsenic dans les préparations. Le seul des arséniates de potassium qui soit d'un maniement facile est l'arséniate monopotassique KH'AsO*. Les arséniates bi et tripotassiques sont l'un incristallisable, l'autre déliquescent.

On trouve parfois l'arséniate monopotassique affecté d'une ancienne désignation, biarséniate de potasse.

Oxyde d'étain. — L'oxyde d'étain que l'on utilise est l'oxyde

stannique. Ce n'est pas un colorant, comme les composés correspondants de l'arsenic et de l'antimoine il donne de l'opacité.

Le plus souvent l'oxyde d'étain du commerce est mélangé à de l'oxyde de plomb, il est obtenu en oxydant un alliage de plomb et d'étain fondus. Dans un lét à rôtir bien chauffé, l'opération se fait très bien, la masse se ternit puis se recouvre d'une couche jaunâtre d'oxydes. On a soin d'écumer pour empêcher la formation d'un enduit isolant contrariant l'oxydation. Quand l'incandescence cesse la transformation est terminée. Le produit de cette opération s'appelle calcine.

Le rapport du plomb à l'étain varie avec les fabricants, de sorte que les différentes calcines présentent des écarts dans leur composition.

Dans l'industrie la calcine se prépare dans des fours spéciaux, appelés fournettes. La fournette comprend une sole rectangu-

Fig. s.

laire, chauffée par deux foyers disposés latéralement. La flamme rencontre un petit autel, passe au-dessus de la soie et vient sortir par l'ouverture placée au milieu de la fournette, au niveau de la sole. Delà les gaz chauds se rendent dans la hotte disposée devant la fournette et montent dans la cheminée. Sur la sole de la fournette se fait l'oxydation du mélange. On peut opérer, ou dans la terre, ou dans la tôle ; à cet effet, la sole est recouverte d'une feuille de tôle disposée de manière à former cuvette. Les fournettes n'ont pas toutes les mêmes dimensions; on n'a pas dépassé ordinairement a™' de surface de sole.

Pour préparer la calcine on commence par chauffer la fournelte, puis on place le plomb et l'étain lorsqu'elle commence à rougir. Une fournette moyenne recevra une charge de 5ok* de plomb et 12*5,5 d'étain. Une fois les métaux fondus, on voit se former à la surface du bain une couche d'oxyde dont la formation est accompagnée d'étincelles. On pousse l'oxyde au fond de la fournette à mesure qu'il prend naissance, de sorte que de nouvelles couches d'oxyde se succèdent avec rapidité. Deux cents kilogrammes de métal ne demandent pas plus de six à sept heures pour leur oxydation complète. On reconnaît la fin de l'opération à la disparition de toute incandescence. Pour obtenir une rapide combustion du métal, il faut, quand la masse est devenue solide, agiter fréquemment la couche de calcine de manière à renouveler les surfaces.

Les rapports indiqués plus haut peuvent subir des changements. Les fabricants, par économie, emploient aussi des calcines moins riches en étain, faites avec un alliage à 20 pour 100 d'étain. Quelquefois, pour obtenir un blanc intense, on force la teneur en étain jusqu'à 3o pour 100 (du poids de plomb).

Les plombs et les étains doivent être exempts de cuivre.

La fournette que nous avons indiquée a été modifiée. Voici le dispositif qui lui a été donné en Allemagne. La fournette comprend trois chambres rectangulaires, disposées l'une au-

Fig. 3.

dessus de l'autre. La chambre supérieure, occupe toute la largeur de la fournette. Au-dessous se trouvent deux chambres plus petites. Ces chambres sont ouvertes à la partie antérieure et rappellent par leur disposition les moufles des fourneaux à coupelles : Les foyers sont en dessous de A; ils chauffent directe-

ment les deux moufles inférieurs, puis ensuite le moufle supérieur (!).

On commence l'oxydation dans les petites chambres À et B. Chacune d'elles reçoit une charge de i5ke d'alliage qui se trouve oxydée en i heure. On porte de là la masse dans la chambre C où se termine l'oxydation. On peut donc en 10 heures oxyder 300^ d'alliage.

L'oxyde d'étain s'emploie aussi à l'état pur. L'oxydation de l'élain par l'acide azotique donne l'acide mélastannique qui se transforme par calcination en bioxyde d'étain SnO1. L'étain chauffé à l'air brûle en donnant le même composé.

Argent. — L'argent métallique peut être employé avec un fondant pour l'argenture. On prendra pour cette opération de l'argent réduit. Le métal, obtenu par précipitation au moyen du cuivre, a été indiqué dans les auteurs. On peut se demander si un autre procédé de réduction, n'apportant pas le risque d'introduire du cuivre dans la préparation, n'aurait pas pu être proposé, par exemple, la réduction par le sucre.

On a employé aussi avec succès le carbonate d'argent. 11 est facile de préparer ce sel par précipitation de l'azotate d'argent par le carbonate de sodium. Le précipité, lavé et séché, doit être conservé à l'abri de la lumière. Le carbonate d'argent est très facilement décomposable par la chaleur.

Chlorure d'argent. — Le chlorure d'argent entre dans la fabrication des couleurs vitrifiables d'une manière accessoire. On l'ajoute aux carmins pour leur donner de l'éclat.

Le chlorure d'argent se prépare par précipitation d'un sel d'argent soluble, tel que l'azotate. Quand on part d'argent renfermant du cuivre, ,1a précipitation de la liqueur azotique par l'acide chlorhydrique n'entraîne pas le cuivre, on lave le précipité jusqu'à ce que les eaux de lavage ne donnent plus de réaction avec l'azotate d'argent (chlorures) et le ferrocyanure de

( ' ) Dans l'industrie on dit toujours une moufle. Littre* mentionne dans son dictionnaire que l'usage a consacré cette exception à la règle.

■ATflÈBES PREMIÈ1ES DBS C0CVE1TES. ÊBAIX ET COULEURS. 71

potassium (cuivre). Pour éviter l'altération du chlorure par la lumière, il faut opérer soit à la lumière artificielle, soit dans des vases protégés de l'arrivée du jour.

Or. — L'or est utilisé pour la dorure, dans ce cas on l'additionne d'un fondant; il peut servir aussi à préparer les roses, les carmins et les pourpres.

L'or s'emploie précipité à l'état de métal très divisé. On a recours soit à l'azotate mereureux ou sulfate ferreux. On emploie aussi le pourpre de Cassius pour certaines préparations. Nous indiquerons plus en détail le mode de préparation convenable à employer, quand nous traiterons de la dorure et des couleurs.

Platine. — Le platine est quelquefois employé comme l'or à l'état métallique. 11 donne en général un ton triste. On emploie pour cet usage le platine provenant de la décomposition par la chaleur du chloroplatinate d'ammonium.

Dans les couleurs le platine donne des gris que l'on peut utiliser.

Oxyde d'iridium. — L'oxyde d'iridium commercial est un résidu du traitement de la mine de platine, il est très impur. H n'y a aucun avantage à se servir d'un semblable produit, car cet oxyde n'est pas comparable à lui-môme; son emploi oblige à des essais à chaque nouvelle préparation pour s'assurer de son pouvoir colorant. Il est bien préférable de se servir d'oxyde d'iridium que l'on trouve maintenant facilement chez les industriels qui traitent la mine de platine. L'oxyde pur est plus cher que l'oxyde ordinaire, mais il est beaucoup plus colorant, n'introduit pas de matières inconnues dans les fondants et se comporte toujours de la même manière.

On peut purifier l'oxyde commercial de la manière suivante :

On commence par chauffer fortement l'oxyde d'iridium dans un moufle. Après cela on le fond avec du bisulfate do potassium qui dissout le rhodium. Le résidu de la fusion est lavfl et tuV.hé.

Ce traitement, essayé sur de l'oxyde qui no donnait qu'un ton

gris, a permis d'obtenir de très beaux noirs. L'oxyde ainsi préparé n'est pas pur, mais il est suffisamment exempt de matières étrangères pour les usages céramiques.

La préparation de l'oxyde chimiquement est une opération de laboratoire. On trouvera dans le procédé indiqué par M. Leidié (!) les moyens de préparation de ce composé. Ce dernier procédé est préférable aux méthodes indiquées jusqu'ici.

Titane. — L'acide titanique peut, sous l'influence de gaz réducteurs, se transformer en oxyde bleu de titane, de là la possibilité de son emploi.

En présence d'oxyde de fer il donne un jaune un peu roux.

L'emploi du titane, comme celui des métaux qui suivent, est encore restreint aux pièces artistiques et n'a qu'une importance modérée comme on le verra dans la suite.

Tungstène. — Associé à l'anhydride titanique, l'anhydride tungstique donne du jaune. Il conserve également sa couleur jaune dans certaines conditions. Seul en atmosphère réductrice il devient bleu (*).

La question du jaune de tungstène n'est pas élucidée, il est probable que l'anhydride titanique que l'on y introduit sert à empocher la formation de silico-tungstate incolore.

Molybdène, Vanadium. — Les oxydes de ces métaux peuvent fournir des colorations variables avec la nature des atmosphères des fours (8). Leur utilisation n'a été faite qu'accidentellement, elle n'est pas entrée dans la pratique industrielle.

Glucine. — A été employée dans un colorant vert spécial.

Sprechsaal, La Céra-

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