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OBSERVATIONS SUR LES GLAÇURES

dernière; si la tension vient à dépasser les limites de l'élasticité, celte couverte est obligée de se rompre pour compenser, par l'espace laissé entre les bords de la rupture, ce qui lui manque pour la conservation des dimensions de la pâte. C'est la tressaillure ('). Quand la pâte se dilate plus que la glaçure, le support, en perdant de sa longueur, comprime la glaçure, et cette compression peut être assez forte pour que la couverte quitte la pâte par éclat, d'où le nom tfécaillage.

L'attention des céramistes a été attirée depuis longtemps sur ces phénomènes, et leurs efforts pour les éviter les ont naturellement portés à étudier les moyens d'empêcher ce genre d'accidents. Des travaux sur la nature et les propriétés des couvertes étaient donc nécessaires.

Deux séries de travaux ont été entreprises sur ce sujet : d'une part, on a étudié chimiquement et céramiquement les couvertes, comme dans les recherches de M. Seger et, plus tard, de M. Hechl; d'autre part, on a cherché à étudier le problème physiquement, et c'est cette voie que M. Lechatelier a fait suivre à ses élèves.

Influence de la composition chimique sur les propriétés des pâtes et glaçures (*). — Nous avons vu, au début, qu'une inégale dilatation produit une tension de lu couverte sur la pâte ou une compression de la couverte par la pâte. On pourrait évidemment déterminer les dilatations des pâtes et couvertes avec des appareils appropriés, niais une semblable détermination ne serait que d'un secours relativement peu pratique pour l'industriel. La grandeur de l'allongement ou de la contraction de la pâte, sous l'influence d'un échauffemenl ou d'un refroidissement, paraît moins importante à connaître que les circonstances pouvant modifier ces dilatations. Ce qui nous intéresse,

(l) Le craquelé des Chinois est produit par une tressaillure voulue de la couverte. On comprend aisément qu'avec une différence dans les dilatations on puisse atteindre ce résultat.

(*) Seger, Ueber Glasurfehler und deren Ur sache n (Ton indus trie Zeitung, 1882, p. 227 et Seger s Schriften, s. 440- — A. GRANGER, Mon. scient., 1898, p. 385 et La Céramique, t. I, 1898, p. 28.

a 88 CHAPITRE IX. — GLAÇURES, COUVERTES, ÉMAUX.

c'est de pouvoir empêcher les accidents qui se produisent si l'on applique une couverte quelconque sur une pâte également quelconque. Nous avons besoin de connaître par quels moyens nous pouvons modifier la dilatation et dans quel sens nous agissons sur elle.

Nous pensons, pour éviter des complications, que le meilleur moyen pour résoudre le problème consiste à prendre une pâle, formée de matières bien définies, et une couverte également bien connue. Voici comment Seger a exposé les résultats de ses recherches :

Nous avons fait choix d'une pâle à grès contenant une argile cuisant blanc, du quartz et du feldspath, et d'une couverte plombeuse formée d'un borosilicate sodico-plombeux.

Laissons maintenant les éléments de la pâte fixes, sauf un que nous ferons varier, l'argile. Ajoutons ce dernier corps de manière à élever la teneur de la pâle en argile de 5 à i5 pour 100 et cuisons des essais dans les mêmes conditions de température avec la glaçure. L'examen des essais nous fera, voir que, sur ceux qui contiennent le moins d'argile, on ne distingue que peu ou pas de fissures, mais que leur nombre augmente en formant un réseau de plus en plus serré, dans les échantillons où la proportion d'argile augmente elle-même.

Nous pouvons en conclure que l'augmentation de la quantité d'argile dans la pâte diminue sa dilatation. Les résultats sont comparables avec des argiles de même nature, mais ils ne peuvent avoir la même valeur absolue, puisque deux argiles n'ont pas une composition identique. Les kaolins agissent plus énergiquement que les argiles plastiques.

Maintenant, laissons la matière argileuse fixe, augmentons la quantité de feldspath et faisons une nouvelle série d'expériences. Nous constatons que la tressaiilure se développe quand on force la teneur en feldspath. Dans ce cas encore, la dilatation, et par suite la contraction de la pâte, diminuent quand on introduit des quantités croissantes de feldspath.

Reprenons les mêmes expériences, en faisant varier les quantités de quartz et en prenant ce corps toujours au même état de division. Nous arrivons cette fois au résultat opposé : les fissures

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