OBSERVATIONS SIR LES GLAÇURES
disparaissent et ne se produisent plus si nous ajoutons suffisamment de quartz.
L'introduction du quartz correspond donc à une augmentation de la dilatation. La finesse intervient aussi sur le résultat : ainsi la tressaillure disparaît plus vite el l'écaillage apparaît plus tôt quand on emploie du quartz fin au lieu du quartz gros. La dilatation augmentera avec la teneur en quartz et elle sera d'autant plus élevée pour une même quantité de silice que celleci sera à un plus grand état de /inesse.
Tous ces résultats sont vrais pour nue pâte cuite dans des conditions de température déterminées et identiques, mais il faut rappeler ici ce fait bien connu des céramistes qu'une couverte peut tressaillir sur une pâte insuffisamment cuite, tandis qu'elle se comporte bien sur un biscuit normalement cuit. L'écaillage pourrait môme se produire en cuisant à une température plus élevée.
De toutes ces observations nous pouvons déduire les corrections à faire.
S'il y a tressaillure :
i° Diminution de la quantité de matière plastique et augmentation de la silice;
20 Remplacement d'une partie du kaolin par une autre argile de propriétés différentes;
3° Diminution de la quantité de feldspath;
4° Broyage plus fin du quartz;
5° Cuisson plus élevée du biscuit.
S'il y a écaillage :
i° Augmentation de l'élément plastique;
•i° Remplacement de l'argile plastique par du kaolin;
3° Addition de feldspath;
4° Introduction du quartz en grains plus gros;
5° Cuisson plus faible du biscuit.
Nous pouvons faire maintenant avec la couverte le même genre de tentatives qu'avec la pâle. Nous nous donnons une
G. uj
glaçure couverte déterminée, et rentrant dans le type cristal, correspondant à
o,5PbO,o,5Na'0,a,5SiO',
puis, laissant la partie basique, nous faisons varier la quantité de silice par omolf i, de manière à préparer la série
o,5Pl)0,o,5Na10,2SiOî-o.5PbO,o,5NaîO, 3SiOf.
Ces glaçures cuiront à des températures comprises entre 6oo° et 9000. Appliquons-les sur des fragments de pâte que nous aurons eu le soin de cuire dans les mômes conditions. Nous remarquerons, après les avoir portées à leur température de fusion, que quelques-unes tressaillent, tandis que d'autres écaillent. L'écaillage se produit, il augmente avec l'accroissement de la quantité de silex; il diminue et la tressa il lu re prend naissance quand on diminue la proportion de silice. La silice, dans ce cas, diminue donc le coefficient de dilatation.
Dans celte couverte type dont nous sommes partis, nous pouvons maintenant introduire de l'anhydride borique et nous allons essayer
ol5PbO,o,3Xa,0,a,i8iO*,o,iBlO\ jusqu'à
o,5PbO,o15Na,(),'iSiO,,o,oBfO».
S'il se produit des tressaillures, celles-ci diminuent avec la proportion d'anhydride borique; si, au contraire, il y a écaillage, celui-ci augmente d'une façon surprenante par addition de cet anhydride en quantité convenable. L'anhydride borique agit donc aussi sur la dilatation et la diminue.
Nous pouvons maintenant passer à une autre série d'expériences et apporter des changements à la nature des bases de la couverte. L'oxyde de plomb sera remplacé par la baryte, la chaux ou la magnésie; à la soude on substituera la potasse. Nous créerons ainsi toute une série de couvertes variant par leur fusibilité. Le point de fusion le plus bas appartiendra à la couverte originelle sodico-plombeuse, puis il s'élèvera quand 011 étudiera les combinaisons de bases : oxyde de plomb et potasse,
OBSERVATIONS SUR LKS GLAÇURES. 29 c
bar} te et soude, chaux et soude, et enfin oxyde de plomb et magnésie.
Cuisons ces couvertes toujours sur les mêmes échantillons de pâte; elles ne se comportent nullement de la même manière. S'il se produit des Iressaillures, le minimum sera produit avec la couverte à base de magnésie et de soude, le maximum sera donné avec l'oxyde de plomb et la soude. L'écaillage, s'il a lieu, sera naturellement le plus grand avec l'association magnésie et soude.
En employant successivement d'autres oxydes pour remplacer l'oxyde de plomb, nous avons introduit des molécules moins pesantes puisque le plomb possède le plus grand poids atomique parmi ces métaux; nous avons donc fait augmenter la proportion centésimale de la silice. En effet, la couverte oxyde de plomb et soude contenait oi,3 pour 100 de silice, tandis que le groupement contenant magnésie et soude renfermait 74,6 pour 100 de silice. En nous rappelant, comme nous l'avons vu déjà, qu'à une augmentation de silice correspond une augmentation de coefficient de dilatation, nous avons l'explication du résultat.
Il ne nous reste plus maintenant qu'un seul point à examiner, c'est l'action de l'alumine. Nous reprendrons toujours la même couverte et nous lut ajouterons 0,1, puis 0,2, o,3 d'AlfO*; le pointée ftnwn s'élèvera rapidement en même temps que nous nous éloignerons de l'aspect vitreux. Ces couvertes, toujours posées sur la même pâte, sur laquelle tressaillaient les couvertes non alumineuses, donnent lieu aux mêmes accidents, et nous constatons à peine un changement.
L'introduction de l'alumine paraît sans action sur la dilatation et la contraction; elle n'a d'autre effet que de changer le point de fusion.
Toutes ces observations conduisent aux solutions suivantes :
S'il y a production de tressaiHures :
i° Augmentation de la proportion de silice, autrement dit diminution de la quantité de bases (il faudra tenir compte des conclusions dé^à faites c'est-à-dire ne pas atteindre les trisilicatcs). Une addition d'alumine le permettra au besoin.
aga chapitre ix. — glaçures, couvertes, émaux.
L'élévation de la quantité de silice diminue la fusibilité;
20 Si Ton veut garder le même rapport de l'anhydride aux bases , V introduction de V anhydride borique diminuera le coefficient de dilatation;
3° Remplacement d'une base par une autre à poids moléculaire moins élevé.
S'il se produit de l'écaillagc :
i° Diminution de la proporlion de silice, en ne descendant pas au-dessous d'un bisilicate; en diminuant la proporlion de l'anhydride borique et en le remplaçant par de la silice, on pourra conserver le môme rapport;
2° Remplacement d'une base de poids moléculaire faible par une autre dont la molécule sera plus lourde.
Voici évidemment pour les fabricauls toute une série de moyens permettant d'éviter des accilcnts fâcheux. Il y a dans celte énumération des solutions assez nombreuses, et il le faut puisque le cas peut être fort complexe. Nous y ajouterons une observation : c'est que les fabricants de grès et de porcelaine ont souvent constaté qu'une couverte qui sort satisfaisante d'une cuisson longue et convenable tressaille si on la soumet à une cuisson courte et moins élevée. L'explication de ce fait se trouve aisément. Les éléments de la couverte ne réagissent pas seulement les uns sur les autres; ils se trouvent en présence de la pâte, sur laquelle ils doivent produire une action chimique. La couverte est plus fusible que la pâte et contient plus de base qu'elle; au contraire, celte dernière est plus siliceuse.
Il y aura donc échange de part et d'autre et production d'une zone intermédiaire qui modérera la tension entre la pâle et la couverte. Ce n'est qu'à la faveur d'une tempéralure longtemps soutenue qu'elle pourra s'établir.
Étude physique des couvertes. — M. Le Chalelier a fait entreprendre, dans son laboratoire, par ses élèves une série de mesures de dilatation de pâtes et de couvertes. Les méthodes employées ne peuvent pas être appliquées par les industriels, elles nécessitent une habitude du laboratoire que l'on ne pet.t