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PALMIPÈDES LONGIPENNES

Obseryations..

Moyenne 65 40<>,6

On voit que les palmipèdes plongeurs et les palmipèdes longîpennes ont une température notablement inférieure à celle des lamellirostres. Il est permis de supposer que cette différence tient plutôt à une différence de plumage qu'à une condition différente des combustions chimiques qui produisent la chaleur.

La température des gallinacés parait être un peu plus élevée» Nous avons recueilli quelques observations qui le prouvent.

Moyenne.

Poules . . 4 observations. . 42<»,0 d'après Mantegazza.

— . . 5 — . . 42°.55 — Demarquayet DtraiériL

— . . 7 — . . 43S0 — Davy.

— . . 1 — . . 41°,5 — Prévost et Dumas.

Faisans. .5 — . . 42o,6 — Ch. Richet.

La moyenne de ces vingt-deux observations est de 42^5. — D'après sept observations de Davy, la température des poussins est

(l) Le maximum a été 43o,45, et le minimum, 40o,8.

plus basse que Tindique cette moyenne. Elle serait en moyenne de 39%93 (on peut dire 40).

La température, moyenne du pigeon est de 42^,5, d'après quatorze observations.

Cette moyenne est plus forte que celle qu'a trouvée Gbossat, à la suite de six cents observations faites sur vingt pigeons pendant plusieurs semaines ; il donne en eflfet comme étant la température des pigeons : à midi, 42**22 ; à minuit, 4i'*48.

MM. Corin et Van Beneden (1) donnent comme moyenne de la température chez le pigeon 42** ; ils admettent une oscillation diurne considérable, dont ils donnent d'ailleurs le tracé graphique, entre 41'*,05 et 43*,0o. Chez des animaux sains, ils ont trouvé comme termes extrêmes 39* et 43«>,6.

En résumant ces données, nous trouvons comme résultat de très nombreuses observations :

Palmipèdes lamellirostres 42«,2

Palmipèdes longipennea 40^,0

Gallinacés et pigeons 42^,2

Pour la température des autres oiseaux, nous ne possédons que des données très imparfaites avec quelques chiffres épars.

Observations.

Moineau. ... 1 42<»,1 Davy*

Grive ..... 1 42%7 Id.

Alouette. ... i 41®,5 Despretz.

Gelinotte ... 5 42*^,8 (moyenne) Black.

Corbeau. ... 2 42°,8 Despretz, Ch. Richet.

Corneille ... 1 41<»,2 Id.

Héron i 41°, 9 Prévost et Dumas.

Perroquet. . - 1 41°,1 Davy.

Choucas. ... i 42", 1 Id.

Chat-huant . . 1 41°,0 Despretz.

Tiercelet. ... i 41°,5 Id.

Lagopèdes. . - 3 43°,0 (moyenne) Black.

Perdrix .... 1 42«,0 Ch. Richet.

Gypaète .... 1 41 «,0 Pallas.

Orfraie 1 40°,2 Id.

Autour .... 1 43°, 1 Id.

Faucon .... 1 40°,5 Davy.

Bouvreuil. . . 1 42°,0 Pallas.

Moineau. ... 1 41°,9 Despretz.

(i) Arch. de bioL, t. VII, 1887, p. 270.

36 LA CHALEUR ANUIALE

Observations.

Moineau. ... 1 41<>à44<»,5 W. Milne-Edwards.

Dindon .... 1 42®,7 Davy.

Paon 1 40S5à43S0 Id.

Pintade .... 1 43S0 Id.

Sur des moineaux, d'après W. Edwards, la température était en hiver de 40*,8, et en été de 43*,77. Donc, pour les oiseaux comme pour les mammifères, la température extérieure n'est pas sans influence.

Quelque insuffisantes que soient en partie ces données, on peut toutefois, grâce à elles, affirmer, ce nous semble, que la température des oiseaux dépasse toujours 40' et qu'elle n'est jamais supérieure, à Tétat normal, à 44''. Les oiseaux ont donc une température notablement supérieure à celle des mammifères. Mais, si Ton peut constater assez aisément le fait, il est plus difficile d'en déterminer exactement la cause. Vraisemblablement il parait tenir surtout à l'exagération des combustions respiratoires chez les oiseaux. La protection plus efficace par les plumes a sans doute aussi de l'influence.

Une autre conclusion plus générale ressort de tous les chiffres que nous avons donnés ; c'est que la prétendue température uniforme des animaux à sang chaud est bien variable. Quand nous étudierons la température chez l'homme, nous trouverons qu'à certaines heures de la nuit, même dans un état tout à fait normal, la température rectale peut n'être que de 36*. Or, nous venons de voir chez certains oiseaux (pigeon) 43°,5, et même 44® chez tous les petits oiseaux. Sur une perdrix qui venait d'être tuée à la chasse, nous avons vu 44**,5. Ainsi l'on constate, à l'état normal, chez les vertébrés, à température dite constante, des oscillations thermiques qui sont au moins de 8*.

Il n'en reste pas moins évident que la température des animaux supérieurs (mammifères et oiseaux) n'est pas profondément modifiée par les variations du milieu extérieur. C'est en ce sens qu'on dit que leur température est constante . Et encore cette opinion n'est-elle pas absolument exacte. Il faut savoir l'interpréter, pour découvrir la part de vérité qui y est contenue.

Dans leurs voyages au pôle, le capitaine Parry, le capitaine Black, M. Martins, ont noté des différences énormes entre la chaleur de tel ou tel animal et celle du milieu ambiant. Ainsi, pour ne citer que deux exemples, sur un renard, observé par Parry, la température du rectum était de -t 41M, alors que la tempe-

rature extérieure était de — 35^,6. Sur un lagopède observé par Black, la température extérieure étant de — 35°,8, la température de ranimai était de 43^3.

Ce sont là des diflférences de près de 80°. Et ces faits prouvent clairement qu'un animal peut se maintenir à une température bien supérieure à celle du milieu dans lequel il est plongé.

Mais cette simple constatation ne donne qu'une vérité brute, pour ainsi dire. A quelle cause rattacher le phénomène dont il s'agit ? Tient-il à une production énorme de chaleur ? Certes oui, et dans une très large mesure ; mais une autre cause intervient, très efficace, et sur laquelle on n'a pas suffisamment insisté jusqu'ici. Les diverses réflexions que nous avons eu l'occasion de faire plus haut et les résultats de nos expériences sur les lapins rasés montrent que ce n'est pas seulement par une production considérable de chaleur, c'est encore par une déperdition presque nulle, que l'animal se met à Tabri du froid extérieur. Les renards, les loups, les ours, les oiseaux palmipèdes, tous les êtres qui vivent dans les régions polaires, sont protégés par une fourrure épaisse, admirable pour les défendre contre le froid, si bien que toutes les ressources de l'industrie humaine sont impuissantes à fournir, comme vêtements chauds, de meilleurs objets que les fourrures et les peaux ganiies de poils et de plumes.

Cela est si vrai que, parmi les mammifères, ceux-là présentent la température la plus élevée, qui ont ou une toison fourrée ou une peau épaisse, ou une couche profonde de graisse. Si le mouton a une température de 39°,5, alors que la température du cheval est de 38°, ce n'est probablement pas par suite d'une différence dans Talimentation, ou même dans les combustions intestitielles, c'est parce que la laine des moutons les protège contre le refroidissement extérieur.

La température d'un animal donné est, si l'on veut, fonction de trois variables : sa combustion physiologique (production de chaleur), sa fourrure protectrice, plus ou moins épaisse (conservation de la chaleur produite), et enfin la température extérieure plus ou moins basse (rayonnement).

Ce sont ces trois variables qui, par leur combinaison, déterminent, pour tel ou tel animal à sang chaud, la température de son organisme, qui oscille entre 36° et 44° (37° pour l'homme, 39° pour les mammifères, 42° pour les oiseaux).

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