‹ La chaleur animale (volume 2)Chapitre 7 sur 33 · TROISIÈME TORTUE · texte numérisé non relu

TROISIÈME TORTUE

A 1 heure 33°,5

A 1 heure 10 30°,5

A 1 heure 30 25°,5

A 2 heures 2P,5

A 4 heures 16°,0

(De33°,5 àl6«.)

Ainsi le refroidissement de 37® à lO» se fait plus vite que le réchauffement de 10<» à 37<», mais cependant à peu près de la môme manière.

De 10* à 37* le réchauffement a été, pendant la première heure, par dix minutes :

De 2°, 17 pour la première tortue 1°,83 pour la deuxième lo,4 pour la troisième.

Tandis que le refroidissement a été pendant la première heure, et par dix minutes :

De 2°, 5 pour la première tortue 3°, 17 pour la deuxième.

Ce refroidissement est même si rapide que, quand on retire de Fétuve plusieurs tortues pour mesurer successivement leur température , le temps employé à mesurer la température de la

il LA CnALEliR ANIMALE

première suffit pour que la seconde soit déjà un peu refroidie. Ainsi trois tortues retirées d'une étuve à 40" donnent les trois températures suivantes :

Première 40° ,0 immédiutement.

Deuxième 39°, 5 ûu bout de deux minutes.

Troisième 39°,0 au bout de quatre minutes après

la sortie de l'étuve.

Cependant elles avaient toutes trois, au sortir de l'étuve, selon toute vraisemblance, la mâme température ; il leur a suffi de rester quelques instants à l'air froid, pour qu'aussitôt elles se refroidissent.

Cette petite expi^rience montre, d'une manière saisissante, le contraste qui sépare un animal ù sang chaud d'un animal à sang froid, lequel ne peut, dans un milieu refroidi, conserver, môme pendant quelques moments, la température élevée qu'il a acquise dans un milieu chaud.

La figure ci-jointe indiqnerii, mieux que toute dissertation, la

Fig. a. - Rêciiauffeoieal Sur l'ordonnée borizonliile sont marqués la Sor rordannée Terlicnle, tes degrés, lure a été notée .

On voit qae le refroidissement est notublement plus rapide que le réehsuffemâat. Les traits pleins se rapportent i. des lorluos, prlmitiTeincnt au froid [lî", 13', !*•), qui sont placées dans l'éluve h 37',

teî trails coupés se rappoilenl à des tortues, primllWemenl à 37; ijul sont mises va froid (i 10»enïtrûo).

LA TEMPÉRATURE DES ANIMAUX A SANG FROID Ao

lenteur avec laquelle une tortue se met en équilibre avec la température du milieu ambiant (fig. 2).

Si j'insiste sur ces expériences relatives aux tortues, c'est qu'elles montrent la difficulté de préciser, quel est, à tel ou tel moment de la journée, le rapport de la température de l'animal avec celle du milieu. Les oscillations de sa température propre sont moindres outout au moins plus lentes que celles du milieu ambiant. Par suite de sa lenteur à se mettre en équilibre avec le milieu, il est tantôt plus chaud, tantôt plus froid, selon que le milieu se refroidit ou s'échaùflfe.

La température extérieure varie beaucoup, comme on sait, dans un intervalle de vingt-quatre heures. Si nous prenons, par exemple, les oscillations du thermomètre dans la semaine du lundi 13 au dimanche 19 octobre 1885, nous avons la moyenne suivante :

Excès sur les deux heures précédentes.

Minuit 9%4 — 0%9

2 heures 8«,3 — 1°,1

4 heures 8°,3 — 0^

6 heures ..... 8°,4 -+- O»,!

8 heures 10»,3 -+- 1°,9

10 heures 12»,1 -H lo,8

Midi 12°,8 4-0^7

2 heures 13o,6 H- 0%8

4 heures 13°,0 — 0°,4

6 heures 11»,? — 1°,3

8 heures llo,0 — 0°,7

10 heures 10o,3 — 0°,7

Aihsiy dans l'intervalle d'une heure, la température extérieure varie de plus d'un degré; souvent même les différences sont plus accentuées encore (1).

Eh bien ! les animaux à sang froid sont toujours en retard sur la température ambiante. Pour être au même niveau que la température extérieure, il leur faut un temps appréciable ; de sorte que, dans la journée, leur température est un peu plus basse que la température extérieure, tandis que dans la nuit elle est plus élevée. Ils sont, à dix heures du matin, plus froids que le milieu, tandis que le soir ils sont notablement plus chauds.

(1) Dans les pays chauds notamment. Ainsi, dans le Sahara, où j'ai voyagé en hiver, à six heures du matin la température était voisine de Q* pour arriver vers dix heures du matin à une extrême chaleur. La différence était de plus de 30* en quatre heures.

Si l'on traçait, poiir les différentes heures du jour, les deux courbes simultanées de la température de Tanimal à sang froid et de celle du milieu extérieur, on verrait qu'elles sont parallèles^ mais avec des oscillations assez amples pour la température extérieure, un peu moins grandes pour Tanimal, qui les suit de loin^ à distance, avec un certain retard, et sans atteindre les minima ou les maxima. Voici un exemple qui nous montrera qu'il en est à peu près ainsi :

Températim Température extérieure, d'une tortue.

Midi i3%0 [ J^^jJ j 13%25

4 heures, soir . . 17»,0 | J^^'| | 14», 45

9 heures 18«,5 15%0 \ ^

11 heures 19o,5 18«,2 1 £

1 heure, matin. . 20°,5 18°,8 / J

8 heures 16%3 16o,3 \ ^

9 heures 16«,3 16S9 i a

11 heures 16*»,3 17«,5 ) 1

1 heure, soir. . . 17«,1 18«,1 / S

Il ne suffit donc pas de mesurer la température extérieure au moment où Ton fait Fobservation ; il faut encore savoir si elle est en voie de décroissance ou d'augmentation. Si la température augmente, l'animal est plus froid ; si la température baisse, l'animal est plus chaud.

J'insiste sur ce point, car il ne m'a pas paru que cette remarque ait été faite, et cependant elle ôte beaucoup de valeur aux observations prises. Ce n'est pas tout de dire : tel animal a 1° de plus ou 0'',5 de moins que le milieu ambiant. Il faut savoir si la température du milieu ambiant est actuellement plus chaude ou plus froide qu'elle était il y a une heure (1).

Ce ne sont pas seulement des animaux terrestres qui subissent ces variations diurnes de température; les animaux marins en ont de tout aussi marquées. — Nous ne parlons pas évidemment des animaux de haute mer, qui sont rares d'ailleurs, relativement à

(l) D'après Rosenthal {Het*mann's Handhuch der PhysioL, t. IV, p. 354), Bcrthold aurait appelé Tattention sur la lenteur du réchauffement ou du refroidissement des reptiles et des insectes. Le fait est banal assurément ; mais il m'a paru nécessaire d'en étudier la marche. Ce qui est important, c'est d'établir qu'une seule observation simultanée du milieu et de l'animal ne prouve rien, et qu'il faut faire, pendant quelques heures, une série d'observations simultanées, pour observer la marche de la température extérieure, aussi bien que la marche de la température de l'animal.

ceux qui vivent sur le littoral, encore moin s de ceux qui vivent dans les profondeurs de l'Océan. Pour ceux-là, la température est probablement à peu près toujours la môme, et les oscillations déterminées seulement par le sens de tel ou tel courant doivent être bien faibles (i). — Il s'agit ici des animaux, en nombre presque infini, qui vivent sur les rivages de la mer.

L'actiou du soleil, du vent, des courants, de la marée, le réchauffement du sable ou son refroidissement, toutes ces causas déterminent des variations importantes qui ont été rarement bien étudiées.

Quelques chiffres que je trouve dans mes notes, prises au bord de la Méditerranée, donneront une idée de ces oscillations de 1» température de la mer. Les petites flaques d*eau, exposées au soleil ou à révaporation, et qui sont plus ou moins séparées delà mer, dont la masse immense est difficile à échauffer ou àreflroidir, ont une température plus variable encore.

15 sept., 9 heures, matin

— 3 heures, soir. . . .

16 sept., 9 heures, matin . .

— 3 heures, soir . . .

17 sept., 9 heures, matin . .

— 3 heures, soir . . .

18 sept., 9 heures, matin . .

extérieure.

Température

de la mer au rivage.

d'une flaque.

fi o

(1) n semble qu'il y ait, dans les profondeurs des mers, des courants nombreux;, assez complicpiés. Suivant la profondeur des sondages, on trouve des températures de — 10 5, de + 7« de + 13». Dans les mers australiennes la température k 1200 mètres est uniformément de 3*3. Dans l'Atlantique, la température des masses profondes varie entre 0' 9 et ?•. (Voy. Ed. Perrier, Ricplor, sous-marines, p. 145, 1886.) On consultera avec fruit sur la température des mers et des lacs, le travail de M. Woeikoff. Etude su?' la température des eaux et les vacations de la temp. du globe (Arch, des se, phys. et natur,^ t. XV, janv. 1886, p. 5).

(2) On poulpe que j'avais placé dans cette flaque d'eau y mourut en moins de^ vingi-quatre heures.

(3) Dans cette crique vivaient beaucoup de petits crabes.

Température

de la mer d'une extérieure, au rivage. flaque.

18 sept., 3 heures soir 23°,2 22^,9 ] 24<»,2

19 sept., 9 heures, matin .... 21 SO 20%8 20o,5 — 3 heures, soir 23%0 22S8 28°,0

En examinant ces chiffres, on constate ce qu'on pouvait presque annoncer d'avance, c'est que Teau de la mer a une température moins variable que celle des criques ; celles-ci, séparées de la masse d'eau principale et exposées directement à la chaleur solaire, ne sont pas refroidies par Tagitation avec une masse immense d'eau toujours froide. Cependant toutes ces petites lagunes, abris formés par des galets ou des anfractuosités de la roche, sont peuplées d'êtres innombrables, mollusques, crustacés, protozoaires, petits poissons , etc., dont la température subit certainement chaque oscillation de température du liquide ambiant.

Le matin, par suite du rayonnement terrestre et du refroidissement nocturne, ces criques sont plus froides que Feau de la grande mer . A trois heures , elles sont énormément plus chaudes.

Il est vraisemblable aussi que, suivant la profondeur, les eaux de la mer sont plus ou moins chaudes. En été, le matin, la surface est plus froide que le fond, tandis que le soir, c'est le contraire qu'on observe.

Dans la Méditerranée, la température de la mer étant à la surface de 15%5, la température d'un serran poché à 21 mètres de profondeur était de 18^» ; celle d'un serran poché à 32 mètres était de 18%6. Le lendemain, la température de la surface étant de 17% un serran péché à 90 mètres avait 17**,5.

A Roscoff, j'ai observé en 1883, au mois d'août, des variations analogues ; la température de la mer était de 15* environ, tandis que, dans les flaques exposées au soleil, et à l'abri de toute évaporation, il y avait des températures de 27^,1 (maximum observé). Dans cette flaque vivaient des pagures, des crabes, des gastéropodes, des actinies. A la pleine mer, toutes ces flaques se refroidissent. Cela fait donc en douze heures une oscillation, double et en sens inverse, de 12°.

A vrai dire les oscillations ne sont pas immédiates. Quand l'eau

de la mer revient avec la marée dans les flaques, elle n'est pas froide. C'est de l'eau qui a balayé la superficie des flaques échauffées, et du sable exposé au soleil, et elle est d'abord à 22°, et cela pendant assez longtemps. Ce n'est que peu à peu, quand la marée est dans son plein, que la température est de i^"*. De même les flaques d'eau au soleil ne peuvent s'échauffer que peu à peu.

Il faut remarquer aussi que le sable sous-jacent aux flaques d'eau est plus froid que Teau, de 2° ou môme de 3°, et que les crabes et mollusques s'y enfoncent,à mesure que l'eau s'échauffe (1).

Evidemment les variations thermiques considérables du milieu marin n'ont lieu que sur les plages qui découvrent au loin comme Roscoff, et elles ne sont pas aussi marquées en hiver qu'en été. Il n'en est pas moins vrai que la marée exerce toujours plus ou in^oins son influence sur la température des eaux du rivage.

Ainsi la température du milieu qui entoure les animaux à sang froid, maritimes ou terrestres, subit des oscillations considérables ; il faut admettre que l'animal les subit aussi, mais que ses oscillatioi^s thermiques sont moindres, et bien moindres que celles du milieu ambiant.

Maintenant laissons cette influence, si prépondérante qu'elle nous paraisse, du réchauffement ou du refroidissement de l'atmosphère, et supposons que les mesures ont été prises sur des animaux qui, depuis un temps suffisant, ont séjourné dans un milieu à température constante.

Dans l'ouvrage de M. Gavarret, que j'ai si souvent l'occasion de citer, on trouve de nombreuses mensurations indiquant , tantôt, et le plus souvent, l'excès de la température de l'animal sur lemilieu; tantôt, l'égalité avec le milieu ; tantôt, la supériorité de la température du milieu sur celle de l'animal.

Chez les reptiles, il semble qu'il y ait presque constamment un notable excès de la température de l'animal : Czermak a trouvé un excès de 7° à 8° chez un lézard ; Hunter a trouvé dans l'anus d'une vipère une température de 20°, alors que la température extérieure était de 14°,5 ; d'autres observations analogues ont été faites par divers observateurs. On peut en conclure, avec M. Gavarret, que les reptiles produisent une quantité de chaleur appréciable, et que, de tous les animaux à sang froid, ce sont peut-être

(1) Ch. Richet, De quelques températures élevées auxquelles peuvent vivre des animaux marins, (Arch. de zooL expénmentale^iSSo^ n«l). Voir aussi Joh. Frenzel, Temperatw* maxima fur Seethiere, {Archives de PfiUger, 1885, p. 458-466).

Gh. Richet. 4

50 LA CH4UCUR ANIMÀLB

ceux dont le sang est le moins froid, » je puis m'exprimer atn^.

Quelques observations, faites par moi sur la tettipéralure des reptiles, Tont confirmer ce fait.

Au laboratoire du Havre^ j'ai eu Toccamon de mesurer la température d'un crocodile, assez malade, il est vrai. La température extérieure étant de ^l"", sa température rectale était de 3S^,8, soit un excès de près de 2^, d*autant plus remarquable que Tebservation a été faite vers une heure, alors que la température du milieu était évidemment à son maximum.

J'ai sur la température des tortues un bien plus grand BMOibre d'expériences.

Quand on prend la température de plusieurs tortues placées dans les mêmes conditions atmosphériques, on constate qu'à très peu de chose près, chez les divers individus, la température est invariable. Ainsi, le 28 février, la température de trois tortues est de 12'', ii'',5^ ii%5. Ces trois tortues, étant mises dans une étuve, ont le lendemain : Sô"", 36*, 36%4; et le surlendemain, 37«,2, 36%5 et 36*5; deux jours après: 37*, 37*,2, 37*. I>ans d'autres expériences, j'ai trouvé, pour deux tortues, d'abord 13*,9 et 13%9 ; puis 15*,8 et lo*,7 ; le lendemain, dans Tétuve, 30*,7 et 30*,8; le surlendemain, 31*,4 et 31*,4.

Ces faits semblent bien montrer qu'il n'y a pas ehex ces reptiles de très grandes variétés individuelles dans la production de chaleur. Les différentes tortues, dans le même milieu, se comportent toutes à peu près de la même manière ; et qui en a examiné une en a examiné cent.

En les plaçant dans des milieux tout à fait invariables, on peut très bien se rendre compte de la quantité de chaleur qu'elles produisent. L'expérience est surtout probante, quand on compare des tortues vivantes à des tortues mortes placées dans le même milieu.

Alors très régulièrement, on voit qu'une tortue morte prend la température du milieu, tandis qu'une tortue vivante prend aussi la température du milieu, mais en lui surajoutant, pour ainsi dire une petite quantité de chaleur due à sa température propre.

Ainsi, dans une étuve réglée exactement à 38*,6, trois tortues avaient été mises la veille ; deux d'entre elles vivantes et la troisième morte. Les deux tortues vivantes ont deux températures égales : 39*,3 et 39%3 ; tandis que la tortue morte n'a que 38*,4 (i).

(i) Je note en passant que mes tortues avaient une certaine tendance à rechercher la lumière du gaz dont la combustion échauffe la pièce. Même dans un0 pièce chauffée à 35"*, on les voit amassées auprès du brûleur, quoique la température «oit là la plus éleyée.

LA TEMPERATURE DES ANIMAUX A SANG FROID 5i

Comme un corps inerte, elle à pris la tenfipérature de Tétuye, un peu infârienre, il est rrai, ce qui est dû à Tévaporation des parties aqueuses. Au contraire, les tortues rivantes ont ajouté à la température du milieu une certaine quantité de chaleur produite par elles.

Dans une autre expérience tout à fait analogue, la même éture étant réglée à 38%6, la tortue virante a 3d",6 et la tortue morte 38%4.

Enfin, dans une troisième expérience, une tortue morte (tuée par le s^Uiné) est mise dans Téture avec une tortue vivante. Au bout de trois heures la iortue virante e*t à 31^4, la tortue morte à3(y,6.

Trois tortues, deux vivantes, l'autre morte, restent dans le laboratoire, dont la température s'échauffe graduellement de 13° à 16%7 rà *lx heures du soir les deux tortues vivantes ont 15°,7 et i5",8, taû^s que la tortue morte est à 15%4.

Dans d'autres expériences encore le résultat a été le même (1).

tortue vivante 43S9 14°,8 31<»,4

Tortue vivante 13»,9

Tortue morte 13»,6 14«,9 30«,6

En résumant dans un tableau ces diverses expériences thermondétriqaes, où la température d'une tortue morte était prise comme tenne de comparaison avec la température d'une tortue vivante, nous trouvons :

Excès Tortue Tortue des tortues

morte. vivante. vivantes.

(i) iasqalci, avec les poissons, qui probablement produisent moins de chaleur que les reptiles, la comparaison entre Tanimal vivant et Fanimal mort ne m'a pas réussi aussi bien... Sur un œuf vivant et sur un œuf mort, soumis à la congélation simultanément, Hunter a montré que Tœuf vivant se refroidissait plus lentement 4(ue rœuf mort. (Huitter, Œuvres^ t. IV, p. 222, traduction ft-ançaise.)

Ces expériences me paraissent démontrer rigoureusement qu'une tortue, quoique produisant peu de chaleur, produit cependant de la chaleur, et en quantité appréciable.

Quelquefois pourtant la production de chaleur peut être forte : une observation bien curieuse a été faite sur la température de» boas pendant Tincubation de leurs œufs. On a observé au Muséum que la température du boa pouvait atteindre, au point où il recouvrait ses œufs, une température de 41®, 5 dans une chambre n'ayant que 20°.

On peut donc, pour conclure de ces nombreux faits, regarder comme certain que les reptiles produisent de la chaleur, et môme en quantité notable, beaucoup plus, selon toute vraisemblance, que les autres animaux à sang froid.

Chez les batraciens, qui ressemblent aux reptiles à tant de points de vue, les mêmes observations peuvent être faites. Mais elles sont plus difficiles, car les batraciens ont la peau nue : par conséquent, une évapora tion active a lieu constamment à leur surface cutanée, évaporation qui est par elle-même cause de refroidissement. Aussi, d'une manière générale, peut-on dire que la température des batraciens s'élève, moins que celle des reptiles, au-dessus du milieu ambiant.

Souvent j'ai placé des grenouilles dans la chambre à 37**, et j'ai constaté comWen peu elles se réchauffent. En outre, elles produisent vraiment bien peu de chaleur, même lorsqu'on les réunit en gi'and nombre. Je n'ai pas pu constater de différence appréciable entre la température de deux vases ; l'un contenant une demi-douzaine de grenouilles, l'autre ne contenant que de l'eau.

Cependant quelques observations de Czermak, de Hunter, de Dutrochet, semblent indiquer une certaine élévation de température au-dessus du milieu ambiant. 11 faut reconnaître qu'elle est très faible et qu'elle a moins d'importance que chez les reptiles. Hunter l'estime à 2°, 8 ; mais ce chiffre est certainement exagéré. Dutrochet donne 0°,4 et 0**,2. Duméril indique les chiffres de 0%7, et 0^3, comme représentant l'excès de la température des grenouilles sur le milieu ambiant. Mais il est bien difficile de faire la part de l'évaporation cutanée d'une part, et d'autre part des oscillations du milieu ambiant.

Chez les poissons, qui vivent dans de l'eau dont la température est invariable, il y a aussi un léger excès de la température, ainsi que cela résulte de beaucoup d'observations. Davy a constaté ce fait remarquable que, sur une bonite, la température de l'eau étant de 27**,2, le thermomètre enfoncé dans l'épaisseur des

muscles donnait une température de 37^2(?) Chez des pélamydes, la température de Teau étant de i6%6, la température du poisson était, dans Fabdomen, de 22*,8, et dans les masses musculaires de 23**,9. Davy a constaté 25* sur un requin, la température de reauétantde23*,7.

Il semble donc résulter de ces faits que c'est dans les muscles des poissons que se développe le plus de chaleur.

Mentionnons aussi une expérience curieuse de Hunter, qui plaça une carpe dans de la glace, et qui eut beaucoup de peine à congeler Teau qui entourait la carpe, comme si Tanimal produisait assez de chaleur pour empêcher la congélation.

£n résumé, nous dirons que, comme les reptiles, les poissons produisent de la chaleur. Peut-être même, s'ils n'étaient, pas dans un milieu liquide bon conducteur, qui leur enlève incessamment la chaleur produite, trouverait-on un excédent plus considérable encore qu'on l'a trouvé chez les reptiles. Pour cela l'expérience devrait être faite sur de gros poissons, qui perdent proportionnellement bien moins de chaleur que les petits.

Pour ce qui est des invertébrés, de nombreuses observations ont été prises.

Yalentin a bien démontré qu'il y a une manière de hiérarchie pour la puissance des animaux à faire de la chaleur, et que les différents êtres suivent une sorte de série physiologique, plus ou moins parallèle à la série zoologique. Si les reptiles ont un degré ou deux au-dessus du milieu, les invertébrés ont toujours beaucoup moins, et l'on trouve que la chaleur propre de l'animal, c'est-à-dire l'excès de sa température, sur le milieu constant â*esté fixe, varie ainsi chez les divers invertébrés.

Polypes 0°,21

Méduses 0°,27

Échinodermes 0o,40

Mollusques 0®,46

Céphalopodes 0°,57

• , Crustacés 0°,60

Ce résultat, — qui est intéressant, quoique les chiflfres ainsi groupés soient un peu artificiellement disposés — est dû à Valentin. Il est curieux de voir pareille relation entre la hiérarchie zoolpgique et l'activité physiologique des tissus. Les animaux dont les systèmes nerveux et musculaires sont bien développés, comme crustacés et céphalopodes, produisent bien plus de chaleur que ceux dont les tissus sont à peine différencié s, comme

polypes'et méduses, et dont le système nerveux est rudimentaire.

Les insectes, qui sont assurément d'une organisation très éleyée dans la série des êtres, produisent aussi beaucoup de chaleur, comme Va très bien montré M. Girard ; mais il n'y a pas chez eux de circulation sanguine régulière et active, qui brasse le sang et rend uniforme la température du corps. Aussi les élévations thermiques, dues à la combustion de telle ou telle partie du corps, restent localisées aux points où s'est faite la production de chaleur. Or, c*est au thorax que se voit le maximum do chaleur, à l'endroit précisément où vont s'attacher les muscles voiliers, qui, par leur contraction, dégagent assurément beaucoup de chaleur.

M. Girard, par des expériences très bien instituées, a montré que la chaleur thoracique est quelquefois considérable chez les insectes de haut vol. Chez les bourdons et les sphinx, en quelques minutes, sous Tinfluence du vol, la chaleur du thorax s'élève de 6*,8*, et môme 10**. Chez les insectes à vol moyen, la différence entre la température du thorax et celle de l'abdomen n'est que de 3* à 4** ; elle est plus faible encore, et même nulle, chez les insectes qui ne volent pas.

La température élevée des insectes est d'autant plus étonnante que le corps de ces animaux est très petit, par conséquent, soumis à un refroidissement énergique, la radiation étant relativement d'autant plus grande que le corps de l'animal est plus petit.

Cette intensité des phénomènes chimiques chez les insectes s'accorde du reste très bien avec les belles expériences de Regnault et Reiset qui ont trouvé que les insectes consommaient, proportionnellement à leur poids, autant d'oxygène que les animaux supérieurs.

Ainsi, de ce rapide examen des fonctions calorifiques des animaux à sang froid, résultent ces trois lois, assurément très importantes.

1" Les animaux à sang froid produisent de la chaleur ;

2** Ils ne produisent pas assez de chaleur pour maintenir leur température élevée au-dessus du milieu ambiant, au delà de quelques dixièmes de degré ;

3** Leur température propre peut être très basse, voisine de 0®, sans qu'ils cessent de vivre, de se mouvoir et de se nourrir.

La première loi est commune à tous les animaux vivants.

La deuxième et la troisième loi ne s'appliquent qu'aux animaux

LA TEaiPÉRATIWB DGS AHHUUX A SANG FROID 55

à tempéritore yarialrie; car, pour les animaux k sang chaud, c'est {KPéeiiénient llnyerse qu'il faudrait dire.

Il y a cependant deux exceptions remarquables, tant il est vrai fa'ea physiologie toute loi absolue, inflexible, est impossible à^taUir. En effet, il y a des animaux à sang chaud, qui, dans eertainai eoaditions, peuTent présenter des températures variablés : ce sont 1^ mammifères hibernants et les nouyeau-nés des mammiffines et des oiseaux.

Je ne parlerai ici que des nouveau-nés ; car Thistoire des animaux hibernants est très compliquée et pour être étudiée demande beaucoup de détails.

On sait depuis longtemps que tous les nouveau-nés sont très sensibles au froid ; mais ce n'est que depuis les belles recherches de William Edwards (1) que le fait a été démontré scientifiquement

W. Edwards a constaté que, contrairement à l'opinion vul gaire, la température des jeunes animaux est égale à celle de leur mère, ou même un peu plus basse. Ce qu'il y a de bien digne de remarque, c'est que, si Ton vient à éloigner les petits de la mère, aussitôt leur température baisse, et baisse très vite.

C'est là une différence essentielle entre les adultes et les nouveau-nés, différence sur laquelle je ne saurais trop insister, car toute une physiologie et toute une hygiène spéciales en sont la conséquence.

Ainsi un adulte, quelle que soit la température extérieure, peut, en réglant ses combustions et ses déperditions, maintenir ses tissus à un même degré thermique. Un nouveau-né est incapable de le faire. Exposé au froid, il se refroidit; il ne fait pas assez de chaleur pour suffire à la déperdition de calorique qu'il subit à Fair extérieur, dès qu'on lui enlève la protection de la chaleur maternelle.

Donnons d'abord quelques exemples, empruntés à W. Edwards.

Des petits lapins, nés depuis quelques heures, ont baissé en une heure de plus de 15*.

Des jeunes moineaux, âgés de huit jours, ont baissé en une heure de iV.

Deux jeunes merles ont baissé de 23*, l'un en 55 minutes, l'autre en 65 minutes.

Un jeune geai a baissé de iS^* en 45 minutes.

(1) Dt Vinfluenet des agents physiques sur la twe. Paris, in-8, 1824.

56 LA CHALEUR ANIBIALK

W. Edwards cite encore bien d'autres expériences analogues ; mais il me parait inutile de les rapporter, tellement elles sont simples, concluantes et indiscutables.

Cependant, je mentionnerai Tobservation suivante, facile à retenir. J'ai pris un petit lapin, né depuis vingt-quatre heures , dont la température était de 34°,6 : c'est-à-dire déjà très basse, car il y avait peut-être dix minutes qu'on l'avait enlevé de son nid ; il avait sans doute 39"" à peu près dans son nid, et il a perdu très vite 4* ou 5*.

A 2 heures 5 min., sa température est de. . 34<^,5 A 2 heures 35 min., — . . 20*,5

A 2 heures 55 min., — . . 18®,1

La température extérieure n'est cependant pas très basse, étant de 14°. Ainsi en moins d'une heure il a baissé de près de 20®, tendant à se rapprocher de la température du milieu ambiant, tout comme une tortue sortie de l'étuve chaude se refroidit très vite à l'air froid.

Mais poussons l'étude un peu plus loin, et essayons de pénétrer cette curieuse analogie. Pourquoi les nouveau-nés se refroidissent-ils aussi vite ?

D'abord ils perdent beaucoup de chaleur, et cela pour deux raisons : la petitesse de leur volume et la nudité de leur tégument.

Plus un animal est petit, plus il perd de chaleur, relativement à son poids ; un animal de 20 grammes perd relativement beaucoup plus de chaleur, ayant une surface, relativement à son poids, beaucoup plus grande qu'un animal de 2 kilogrammes. Les nouveau-nés, étant toujours de bien plus petite taille que les adultes, sont donc dans une situation défavorable au point de vue de la perte de chaleur, et la déperdition de calorique est pour eux notablement plus grande.

Mais cette cause est tout à fait insuffisante pour expliquer l'énorme abaissement de température que le froid extérieur fait subir aux nouveau-nés, car des animaux adultes, bien plus petits que les jeunes chiens, lapins, chats, tels que des moineaux, par exemple, qui pèsent à peu près 20 grammes, conservent, par des froids très vifs, une température de plus de 42°.

Faut-il faire intervenir l'absence de tégument? Certes oui, et c'est là une influence manifeste. La peau des nouveau-nés est nue, sans poils et sans plumes, de sorte que la perte de chaleur

par la périphérie cutanée, non garantie par des poils, est vraiment extrême. Un lapin, un chien, un chat n'ont, lorsqu ils naissent, qu'un très léger duvet qui ne les protège en aucune manière: ils sont plus petits, et leur peau est nue, de sorte qu'ils rayonnent, proportionnellement à leur poids, avec une énergie bien plus grande que les adultes.

Toutefois cette double cause me paraît insuffisante pour expliquer leur impuissance à garder dans l'atmosphère froide une température élevée. En effet, j'ai observé pendant longtemps des lapins très bien rasés, dont la température n'était que de quelques dixièmes de degrés plus basse que celle des lapins normaux. D'autre part, l'homme n'est jamais couvert d'une fourrure protectrice, et cependant, à l'air extérieur, sans vêtements (pourvu que le froid ne soit pas intense), il ne se refroidit pas quand il est adulte, tandis qu'à l'état de nouveau-né il se refroidit très vite. Certains chiens à poil ras ont des poils qui ne sont guère plus épais que ceux des chiens nouveau-nés. La peau est plus épaisse sans doute et un peu plus mauvaise conductrice de la chaleur, mais enfin la différence n'est pas essentielle.

Toutes ces raisons, encore qu'elles ne soient pas absolument concluantes, me font croire que la différence de taille et l'absence de tégument fourré ne suffisent pas pour rendre compte de la facilité avec laquelle les nouveau-nés se refroidissent. 11 est une autre cause plus importante ; et je croirais volontiers que c'est presque la seule. Pour moi, ce qui manque aux nouveaunés et les empêche de garder leur température, c'est un système nerveux régulateur de la chaleur.

Tous les jeunes animaux ont un système nerveux central relativement rudimentaire. La couche corticale des circonvolutions est à peu près tout à fait inexcitable, et, ainsi qu'on le sait depuis les recherches de Soltmann, il n'y a pas de région excito-motrice chez les nouveau-nés.

Les recherches de M. Falck ont établi que chez les nouveaunés la strychnine ne provoque presque pas de contractions tétaniques, ou du moins qu'il faut pour la convulsion des doses bien plus fortes que chez l'adulte. En somme, le système nerveux est moins excitable, moins développé. Quantité d'actes réflexes que l'adulte possède n'existent pas chez le très jeune animal.

Cette influence du système nerveux a été d'ailleurs indiquée ou plutôt pressentie par W. Edwards. Cet éminent physiologiste s'exprime à cet égard avec une remarquable sagacité : t Les jeunes mammifères, dit-il, se divisent en deux groupes, sous le rap-

port de la chaleur animale. Les uns naissent, pour ainsi dire, animaux à sang froid ; les autres, animaux à sang chaud. Le caractère extérieur qui me parait en rapport avec cette différence se tire de Tétat des yeux ; les uns naissent les yeux fermés, les autres les yeux ouverts... L'état des yeux n'a certainement aucun rapport avec. la production de chaleur; mais il peut coïncider avec une structure intérieure qui influe sur cette fonction : il est évident que les mammifères , dont les yeux sont fermés à leur naissance, sont aussi moins avancés à bien des égards ; mais ils se développent rapidement et ne tardent pas à se mettre au niveau des autres. A cette époque, tous les jeunes mammifères ont à peu près la même température que les oiseaux. »

Que l'on lise avec attention ces paroles de W. Edwards, et on verra combien son idée est conforme à l'idée moderne. L'état des yeux indique un état plus ou moins développé de l'organisation générale et, par conséquent, du système nerveux.

Il en est donc de la régulation de la chaleur comiùe de beaucoup de réflexes. L'animal est impuissant à conformer sa température à celle du milieu ambiant, c'est-à-dire que son système nerveux ne peut pas répondre à un refroidissement énergique par une énergique production de phénomènes chimiques.

Essayons cependant de pousser encore plus loin l'analyse. Si le nouveau-né, comme l'animal à sang froid, ne peut pas dégager, quand la température extérieure l'exige, assez de chaleur pour résister au refroidissement, quelle est la véritable cause de cette défectuosité organique? Est-ce une absence de système nerveux régulateur? Est-ce une incapacité des tissus périphériques, qui ne sont pas capables de répondre à l'excitation partie du système nerveux? C'est là une question qui ne me parait pas, dans l'état actuel de la science, pouvoir être résolue.

Nous ne l'aborderons pas ici, car cela nous mènerait bien loin, et il faudrait entrer dans l'étude tout à fait approfondie de la respiration élémentaire des tissus, envisagée, soit chex l'adulte, soit chez le nouveau-né. Car l'analyse des produits gazeux de la respiration ne nous apprendrait que peu de chose. Nous aurons bientôt à revenir sur cette hiérarchie des tissus chez les divers animaux et pour les divers tissus. C'est une question des plus intéressantes, mais qui ne doit pas nous faire dévier de celle que nous examinons ici, à savoir la température des animaux à sang froid et celle des nouveau-nés.

Cette impuipsance da nouTeau-n^ à faire de la chaleur n'a pas seulement un intérêt scientifique extrême pour la physiologie générale ; elle est encore bien importante pour la médecine et rbyg^ône.

Dte qu^ le fœtus est devenu un nouveau-né, aussitôt les conditions il|ermiques de son existence se modifient profondément ; il était plongé dans un milieu de température invariable, de 37^,6 Mvirop, et voici que tout d'un coup il est exposé à un r^troidifsement extrême, par suite de Tévaporation cutanée^ dans un milieu dont la température est de 10^, 15*" ou 20* à peine, et qui varia sans cessa.

Alors immédiatement il se refroidit ; sa température s'abaisse en quelques minutes de ^* à dG"*, et elle tomberait bien plus bas encore, si aussitôt on ne le protégeait contre le froid par des couvertures, par des linges chauds, par l'exposition au feu, etc.

n faut donc bien retenir ceci, c'est que le nouveau-né ne peut pas faire assez de chaleur pour conserver la température qui lui est nécessaire.

A l'état de nature, les petits des mammifères sont gardés par leur mère, qui réunit sous elle toute sa portée et ne la quitte qu'à de rares intervalles. Or ce que fait llnstinct maternel des animaia, nous devons nous efforcer, pour les petits enfants nouvj^H^néSt de le faire . tant bien que mal, sous peine de voir survenir des maladies graves (1). Sans doute, l'effroyable mortalité des nouveau-nés n'est pas produite par le refroidissement ata premiers jours de la naissance ; mais on évitera bien des maladies, bien des morts prématurées, en songeant toujours à cette grande loi physiologique, que le nouveau-né est un animal à sang froid et qu'il a besoin d'avoir chaud.

Si, au lieu d'un nouveau-né à terme, il s'agit d'un nouveau-né avant terme, cette loi est encore plus vraie. Un enfant né à six mois n'est pas capable de résister au froid extérieur. De là le très grand avantage d'employer les couveuses artificielles pour les enfants nés avant terme. Les résultats des médecins accoucheurs sont à cet égard très concluants (2) . On diminue énormé-

(1) Bermingham, dans Topuscule que j*ai cité plus haut, recommande instamment de faire coucher les nouveau-nés dans le lit maternel, disant que la chaleur maternelle est celle qui convient le mieux aux nouveau-nés ; mais, de nos jours, on suit une pratique bien différente, quoique l'on s'efforce toujours d'empêcher l'enfant de 8e refroidir.

(2) Allaitement et hygiène des enfants nouveau-nés. Couveuse et gavage (Extrait du Traité de l'art des accouchements), 1 vol. in-12, par Tarnier, Chantreuil et Budfai. Paris, Steinheil, 1888). La première idée d'une couveu rtificielle

ment la mortalité ; n'est-ce pas une preuve clinique bien concluante que le nouveau-né peut faire d'autant moins de chaleur qu'il est plus près de l'état fœtal?

La nécessité de la chaleur établit une grande différence entre les nouveau-nés et les animaux à sang froid. Les reptiles» les batraciens, les poissons, vivent très bien à des températures inférieures à 20'', tandis que les mammifères adultes, quand ils ont des températures plus basses que 2T et IS"", ne peuvent plus respirer ni vivre. Or l'animal nouveau-né se comportera de même, et, si sa température descend à 22"* ou 18^, il mourra peut-être au bout d'un assez long .temps , mais enfin il mourra, xîessera de respirer, de se mouvoir spontanément ; son cœur cessera de battre, et son système nerveux d'être actif ; tandis qu'audessous de âO"" les vrais animaux à sang froid restent très actifs et très bien portants.

En somme, s'il fallait classer les animaux d'après leurs fonctions thermo-physiologiques, nous aurions les deux groupes suivants, ainsi subdivisés :

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