ANIMAUX QUI ONT UNE TEMPÉRATURE VARIABLE
«. Qui meurent quand leur température J Mammifères et oiseaux nouest inférieure à 20® j veau-nés.
p. Qui s'engourdissent quand leur tem- Hibernants.
pérature est inférieure a 20* . . . . > Y» Qui sont encore actifs quand leur ) Reptiles, batraciens, poissons,
température est inférieure à 20<* ) mollusques, insectes, etc.
est due à Denucé (décembre 1857). En France, M Tarnier a établi la première coureuse artiticielle en 1881 ; et la description en a été donnée par M. Auvard. (Arch. de tocologie, oct. 1883, p. 577.) Les résultats ont été très remarquables, comme Tindiquele tableau ci-joint s'appliquant à des enfants pesant moins de 2,000 grammes.
Mortalité pour 100 : avant la couveuse — 66
— après la couveuse — 37
Mortalité po ur 100
avant après
la couveuse, la couveuse. Différence.
Enfants nés à 6 mois 100 70 — 30
— à 6 mois 1/2 . . 79 47 — 32
— à7 mois 61 36 — 25
— à 7 mois 1/2 . . 46 21 — 25
On peut dire que la couveuse sauve un tiers des enfants nés avant terme.
LA TEUPÉRATURE DES ANDCAUX A SANG FROID 61
Ces divisions se comprennent d'elles-mêmes et ne nécessitent aucune explicaticm.
Je tiens seulement à faire remarquer que ces diflférents groupes se relient entre eux par des transitions presque in saisis-^ sables. Ainsi les animaux nouveau-nés, au fur et à mesure qu'ils grandissent, deviennent de plus en plus résistants au froid et capables de maintenir leurs tissus à une température constante^ supérieure à celle du milieu ambiant.
De même aussi parfois, les reptiles, dans Tincubation, les insectes, dans les ruches, sont capables de dégager beaucoup de chaleur.
Toutefois, dans ses traits essentiels, la division que je viens de donner subsiste. Elle a, sur les groupements anciens, cet avantage d'introduire un élément important, négligé jusqu'alors r l'activité ou la non-activité des fonctions physiologiques à une: température inférieure à 20*.
CHAWmffi IV
La température de rhomme fait à peu près seule exoeplioii à la température moyenne des autfes mammifères ; c'est la pluft basse des températures de tous les animaux à sang ehaud. EUe est en moyenne, abstraction faite des nombreuses oscillations et yariations, de 37°.
On pourrait croire à première vue qu'il est très aisé de déterminer cette moyenne, et que les chiffres ne manquent pas pour rétablir. Mais, en étudiant la question de plus près, on voit bien que les principaux documents se rapportent à des températures de malades. Il y a peut-être dans la science plus de cinq cent mille températures de malades. Mais le nombre des mesures thermométriques rigoureuses, prises dans de bonnes conditions, et comparables entre elles, sur des gens bien portants, est relativement restreint.
Nous allons examiner en premier lieu quelle est la température normale de Thomme. Nous verrons ensuite sous quelles influences elle varie.
Un premier point se présente : c'est de savoir quelle différence existe entre la température axillaire, celle qu'on prend d'habitude chez l'homme, et la température rectale, la plus centrale que nous puissions mesurer.
Cherchons d'abord quelles sont les variations et quelles sont les limites extrêmes de la température rectale. Nous possédons sur ce point un travail très important, dû au professeur Théodore Jûrgensen. M. Jûrgensen a pris la température rectale de trois individus sains, pendant trois jours, en laissant le thermomètre en place et en relevant la température toutes les cinq minutes. Il a obtenu ainsi des mesures en nombre très considérable.
De ses observations ressort un premier fait : c'est que, les sommes de toutes les températures relevées pendant vingt-quatre
LA TEMPÉRATURE NORMALE DE l'hOMME 63
heures étant établies, on tronye un chiffre qui est constant. Par exemple, s'il y a à un moment pour un individu une température élerée, 38*, il survient à d'autres moments de la journée un abaissement tel qu'une sorte de compensation se produit, et que la moyenne générale reste sensiblement la môme. Aussi chaque individu a-t-il une certaine température, toujours à peu près la même, qui est la moyenne des températures variables : celui-ci, 37%0a; C6lui4à, 37^46, etc. C'est pour ainsi dire son eoe//!e}m/ theTmiq%ie.
Le chiffre auquel conclut M. JQrgensen comme moyenne de la température rectale est de 37*,87, variant entre 37*',27 et 38%14. On a trouvé ce chiffre un peu élevé ; mais, quoique les observalions n'aient porté que sur un petit nombre de personnes, on peut en admettre le résultat, étant donné en thèse générale que ce sont les chiffres maxima qui s'approchent le plus de la réalité, — à supposer, bien entendu, que le thermomètre dont on s'est servi n'ait rien de défectueux, ce qui semble être absolument le cas, dans les excellentes conditions où s'est placé M. Jflrgensen (i).
M. Wunderlich, dont tous lès médecins connaissent les belles ^ observations sur la température des malades, adopte comme moyenne de la température rectale 37^,35.
M. Schœfer a trouvé, chez trente-sept enfants nouveau-nés, une température moyenne de 37®,8 ; et chez leurs mères une température moyenne de 37**,5. M. Redard donne comme moyenne de la température rectale 37*,65. D'après M. Jœger, la température rectale moyenne est de 37**,13. M. OErtmann trouve pour lui-même une moyenne de 37%19.
Quant aux chiffres de Boerhaave, Martins, Hunter, Prévost et Dumas (34* — 36<»,5 — 37%0 — 39%0), ils ne nous paraissent pas présenter des garanties suffisantes d'exactitude.
Avant d'établir la moyenne de ces différents chiffres, nous présenterons deux remarques.
En premier lieu, la température d'un individu donné offre de telles oscillations, à l'état physiologique, que la moyenne des températures prises à divers moments du jour ne pourra être que tout à fait arbitraire. Chez un homme adulte, bien portant, suivant que cet homme est à jeun ou qu'il digère, suivant qu'il est en repos ou qu'il se livre à quelque travail, suivant qu'il est
(1) M. Jûrgenseu a d^ailleurs fait remarquer avec raison que, plus on enfonce le Ihermomètre, plus la température parait s'élever.
debout ou couché, suivant qu'il fait chaud ou qu'il fait froid, les variations thermiques sont de plus de l'*,5. Dès lors comment établir une moyenne qui donne Fidée exacte du phénomène réel? En réalité, les chiffres obtenus par l'observateur seront trop faibles ou trop forts, selon qu'il aura pris ses mesures le matin ou le soir, ou enfoncé plus ou moins profondément le thermomètre.
Néanmoins une moyenne générale est fort utile, à condition qu'on ne demande pas à une telle mesure ce qu'elle ne peut donner. Elle fournit un point fixe, une sorte d'axe autour duquel on voit osciller les variations physiologiques. C'est un point de repère très commode pour l'étude.
En second lieu, faudra-t-il attacher la même importance aux onze mille observations de M. Jûrgensen et aux cinq observations de M. OËrtmann? Faudra-t-il considérer ces onze mille comme une seule observation et ces cinq comme une autre observation?
Nous pensons qu'il convient de procéder de cette manière, et voici pourquoi. A supposer qu'il y ait une cause d'erreur — que nous ne soupçonnons pas d'ailleurs — dans Jes mesures de M. Jûrgensen, les observations d'autres savants, qui n'auront pas commis cettç erreur, se trouveront complètement annihilées par les onze mille chiflQpes : de sorte que la moyenne de 11,005, par exemple, ne différera presque pas de la moyenne de 14,000. Les deux méthodes, à tout prendre, ont leurs inconvénients ; mais il vaut mieux, croyons-nous, prendre la moyenne du chiffre moyen donné par chaque observateur, que de réunir toutes les observations et d'en tirer la moyenne numérique.
Soit donc le tableau suivant qui indique la température rectale, d'après différents observateurs :
Jûrgensen 37<>,7
Wunderlich 37%35
Jâger 37»,13
CErtmann 37o,19
Redard 37%65
Nous trouvons, comme moyenne générale, un chiffre de 3T,Ao.
Maintenant, ce qu'il faut examiner, et avec le plus grand soin» c'est l'oscillation de la température chez un même individu normal, adulte, bien portant, dans le cours d'une journée de vingtquatre heures. Quoique bien des obseiTations aient été faites par les physiologistes, on oublie en général que cette variation est tout à fait considérable et qu'elle est absolument régulière.
Il est d'une grande importance pour le médecin d'en c les conditions. Aussi donnerai-je des figures qui in le phénomène graphiquement, c'est-à-dire mieux que chiffres ou toutes tes discussions du monde.
D'après les mesures de M. JOrgensen (fig. 3], le masi -vers quatre, cinq, six, sept heures du soir, etc'estaussic «onstaté à peu près tous les observateurs.
Nous avons obserré, en effet, le même maximum, heures, en prenant la température de l'urine, ce qui r peu près à mesurer la température rectale.
De cette régularité constante de la courbe thermique i que le minimum de la température se présente touj ou près à la même heure, vers trois, quatre ou cinq heures d
mnaltie diguent tous ies
num est e qu'ont
quatre evient à
résulte rs à peu u matin,
Hi^^^MBHI^MBfc^^B
^^^^Bg
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CeUfl cour netlemen aux Dbitx
i^ur ecltc fi 1 heure d
et le m midi. P jusqu'au lanterne maximu
EL
g. 3. " Courbe liiiotidicnoe de la tenipérslure rctlale chei l'bomtde
(JUrgeDscn.) e est délerminée par les mesures IrÉs «actps de M. iOrgensen. E
TBliaas prises sur les malades.
Hsiimum : 3T,5 à 5 heures, 6 heures, T heures du soir.
Minimum : 3a<>,7 k 4 heures, 5 heures. 6 heures du matin.
Écart maïimum: es.
[ure. eonune sur les suivantes, l'abscisse InKrieure indique les heures malin. L'ordonnée latérale indique ies températures. Les points lu
res prises.
ilimum vers trois, quatre ou cinq heures de ndant la nuit, à partir du moment où Ion se réveil, la température s'abaisse; le matin, elle nt. Cette élévation augmente après le repas et a [11 vers quatre heures, par suite de l'activité n
RlCHET.
ils indique mparaltoÈi
i partir dr dlqueni les
'aprèscouche
s'élève rrive au erveuse
qui se manifeste dans la journée. L'abaissement commence dans la soirée : malgré le repas du soir, il se prononce de plus en plus et ya en augmentant jusqu'à trois heures du matin. — En somme, la température (profonde ou superficielle) varie entre 36^ et 38<^. Que si Ton constate d'autres températures, dans nos climats du moins, l'organisme n'est plus tout à fait dans son état normal.
Telle est la marche générale. Cependant ces différences entre la température diurne et celle de la nuit sont quelquefois complètement renversées. Nous le savons par les médecins qui ont observé les boulangers, les mineurs, bref, les ouvriers qui travaillent la nuit. Chez ces ouvriers les périodes d'activité musculaire et de repos sont interverties. En rapport avec cette interversion se produit celle des maxima et des minima de la température. M. Debczynski (i) a, par exemple, étudié l'influence du travail de nuit, et il a vu le matin des températures de 37o,8, et le soir, au contraire, de 35*»,3.
Ce fait ne peut évidemment pas tenir à un changement des conditions météorologiques habituelles. Ce sont les causes qui agissent le plus puissamment sur la température, l'activité musculaire et psychique, l'alimentation, etc., qui exercent leur influence à des moments autres qu'il n'est coutume. Conséquemment le maximum de température se produit à un autre moment. C'est qu'en effet ce sont là toutes conditions qui concourent pour aboutir au môme résultat, à savoir que la température est plus élevée dans la journée que le matin. Il en est de môme d'ailleurs dans toutes les maladies : toutes les courbes des fièvres présentent une exacerbation vespérale.
La température axillaire présente les mômes variations que la température rectale.
Grâce à l'obligeance d'un de mes confrères du Havre, mon ami M. Gibert, j'ai pu consulter des courbes graphiques très intéressantes, indiquant des températures prises sur' elle-même par une personne en bonne santé. La température axillaire a été notée plusieurs fois par jour, pendant huit jours de janvier et huit jours de février 1877.
La température maxima a été de 37%90, et la température minima de 36*», 60, avec un écart de i",3 entre ces deux chiffres
(1) M. Jâger a confirmé le fait, et même, dans un cas il a pu constater un écart de 206, écart énorme entre le maximum et le minimum dans les 21 heures. Chez les boulangers travaillant la nuit dans une manutention militaire, sur onze personnes, il y a une interversion complète des courbes diurnes et nocturnes.
LA TEHPéBAIUBE NORMALE DE l'hOIIHE 67
extrêmes. Dans un espace de vingt-quatre heures, l'écart maximum a été de 36°,7S à 3T;90, soit de l^.^â. A deux heures du matin 36*,75; et à deux heures de l'après-midi 37°,90 (flg. \).
Sur les i23 mesures prises, la moyenne a été de 37",25 pendant la journée, et de 36'',85 pendant la nuit. Ces deux chi&es concordent bien, encore qu'ils soient un peu trop forts, arec toutes les données des autres observateurs.
I<a moyenne générale a été de 36°,9â.
Une remarque importante est à faire au sujet du sommeil ; car l'observateur dont il est question ici a noté avec soin les moments de la veille et du sommeil.
Le sommeil commençant à onze heures et finissant à sept heures du matin, on voit très bien que ce n'est pas le sommeil qui fait baisserlatempérature, mais bien le momeTtfi/ujommet/, ce qui est tout différent. En un mot, la température commence à baisser bien avant que le sommeil ait commencé, le soir vers six heures, alors que l'individu est encore tout & fait réveillé.
Ainsi, pour prendre un exemple, dans une période de vingtquatre heures, nous trouvons:
3 heures du matin 36°, 7
Réveil à 7 heures.
7 heures du matin il'fi
1 heure du soir 37° ,4
Il — 36«,9
A partir de 41 heures, sommeil.
3 heures du matin 36°, 7
Par conséquent, ayant de s'endormir, quand arrive le soir, déjà alors on serelroidit. Ni Texercice musculaire, ni la digestion, n'empochent cette variation de se produire, et le refroidissement périodique, qui commence avant le sommeil et qui va en diminuant à partir de cinq ou six heures du matin, est indépendant du sommeil.
Fig. B- — Ces ai'ui Uices nioulrrol J'iollueucc du cJiDial »ui' m turian^m dleiiiie ([empéralure buccaJe). Il s'sgït de ita\ séries d'ubsenalions p peirgoonepar M. GresswcIL (Bi-il. med, Joam,, !6 juillet 1884, p. 168, coi. ï. MDI. ë] : en 3, SY«c une température exléi'leure élevée, larianl de + ^.6 i + 30-,G ; en t. avec nue tempémlure eitérieure assez basse lariant de + 3" à + 7>.
On Toït que, d'une manière générale. Is courtie est è peu près la mfme : msis la lempéralure du corps est un peu plus (levée quand la température extérieure s'éléie.
Dans toutes les courbes que nous donnons ici, le minimum est à la même heure, vers trois heures du matin ; le maximum est Ters quatre heures de l'après-midi. C'est, en quelque sorte, une oscillation régulière [fig. a) qui dépend d'autre chose, paratt-il, que de l'exercice, d'autre chose que de l'alimentation, d'autre chose encore que de la température extérieure, puisque partout on retrouve la même courbe, même sous les climats les plus chauds.
Il me paraît vraisemblable que cette oscillation quotidienne dépend principalement de l'acthlté ' du système nerveuj.
LA TEMPÉRATURE NORMALE DE l'hOMME 69
Admettons — et nous en fournirons plus tard la démonstration — que le système nerveux préside aux actions chimiques de Forganisme; alors son excitation produira de la chaleur: son inactivité ralentira la caloriflcation.
n s*ensuiYra que les périodes d'énergie et de faiblesse du système nerveux se traduiront par une production forte ou faible de chaleur; et cela, indépendamment de toutes les autres conditions biologiques ou mésologiques : climat, alimentation, sommeil, activité musculaire.
L'énergie du système nerveux, voilà la cause de la production plus grande de chaleur au milieu de la journée. L'affaiblissement du système nerveux, voilà |la cause de la production moins grande de chaleur, le soir, la^nuit ou le matin.
D y a, pour ainsi dire, une sorte de fièvre normale qui commence le matin et qui finit le soir, et qui se traduit par une élévation thermique d'un degré environ. On pourrait. aussi bien dire qa*il y a une sorte d'hypothermie normale, qui commence le soir et qui finit le matin.
Le rythme de cette oscillation quotidienne est d'une constance remarquable. Quelles que soient les latitudes, les températures extérieures, les habitudes d'alimentation, ce rythme est le même : il dépend en quelque sorte de la nature du système nerveux de rhomme, qui ne peut être constamment, dans une période de vingt-quatre heures, également surexcité, et qui doit fie reposer après avoir été actif pendant quelques heures.
On comprend facilement que le milieu de la journée, trois ou quatre heures de l'après-midi, soit le moment de ce maximum d'activité nerveuse, car c'est alors que toutes les excitations, comme la lumière, le bruit, l'activité psychique, l'activité physique, sont à leur maximum. Alors le système nerveux, ainsi surexcité, produit son maximum de chaleur. Mais cet effort l'a épuisé ; aussi, à partir de ce moment, la production de calorique diminue.
Admettons que la température normale soit de 3V ; quand le «ystème nerveux sera fatigué ou en repos, il produira un peu moins, 36'',5, pendant la nuit et le matin ; quand il sera excité, 4>u en activité, il produira un peu plus, et la température moulera à 37%5.
En un mot, de môme qu'il y a pour la vie psychique un sommeil, c'est-à dire un repos du système nerveux, qui a lieu régulièrement une fois en vingt-quatre heures, de même il y a, pour la vie organique, une sorte de sommeil normal, qui survient
toutes les vingt-quatre heures, qui commence à huit heures du soir environ, et qui finit vers huit heures du matin ; mais avec des dégradations lentes, aussi bien quand il commence que quand il finit.
Telle est, à mon sens, la seule explication qu'on puisse donner de la variation quotidienne, normale et constante, de la température humaine.
En tout cas, il faut retenir cette donnée fondamentale, des plus importantes pour le médecin, que, normalement, la température de rhomme doit varier au moins de i** en vingt-quatre heures, et que cette variation peut atteindre 2**, sans être, pour cela, pathologique.
Plus on examine attentivement les causes qui font monter la température le soir et qui la font baisser la nuit et le matin, plus on trouve que la vraie raison est une exagération de l'activité nerveuse. Cependant des recherches récentes, dues à M. MaureU prétendent montrer que l'influence de l'alimentation (qu'on n'avait jamais méconnue évidemment) est plus importante que celle de l'activité organique. M. Maurela cherché à prouver que trois causes au moins, l'alimentation, la lumière et les mouvements, agissent pour produire l'exacerbation vespérale de la température physiologique. D'après lui, l'influence de l'alimentation prédomine ; car, si l'on fait manger l'animal là nuit, et si on le fait jeûner pendant le jour, le maximum de la température s'observe le matin. Pour arriver à ce résultat, il faut continuer l'expérience pendant plusieurs jours ; une fois le résultat atteint, la température suit une marche à maximum matinal constant. De ses expériences, pour les traduire sous une forme plus saisissante, M. Maurel conclut que, étant donnée cette étacerbation thermique de i** environ, 5 à 6 dixièmes de degré doivent être rapportés à l'influence de l'alimentation, et le reste, par parties égales à peu près, à celle des mouvements et de la lumière. Ces deux dernières causes réunies ne contrebalancent pas l'influence de l'alimentation. Quant aux autres influences qui peuvent contribuer à l'augmentation vespérale de la température normale, l'activité psychique, par exemple, elles paraissent, d'après cet observateur, n'avoir qu'une action secondaire.
Assurément cette influence de l'alimentation n'est pas contestable. Mais, quelque réelle qu'elle soit, peut-être n'est-elle pas aussi grande qu'on est tenté de le croire, et qu'on pourrait l'admettre conformément aux observations de M. Maurel. Nous avons rappelé plus haut que chez les ouvriers boulangers, qui
LA TEMPÉRATURE NORMALE DE l'hOMME 71
traTaOlent la nuit, le maximum de température a lieu vers le matin. Dans ce cas n'est-ce pas l'influence de Tactivité musculaire qui parait prédominante ? D'ailleurs, à étudier les courbes que nous ayons de la température normale, le repas de midi seul élèye la température. Le repas du soir ne semble pas exercer une action notable. Cette contradiction apparente ne tient-elle pas à ce que la digestion du premier repas se fait plus rapidement que celle du second; car, à ce moment de la journée, toutes les activités organiques s'exercent avec plus d'énergie. Au contraire, en général le repas du soir coïncide avec le repos musculaire et l'affaiblissement de l'activité nerveuse générale. L'influence de ces deux causes est si considérable qu'elles annihilent l'élévation thermique qui devrait résulter du travail de la digestion.
Ainsi, quoique le repas du soir soit très souvent plus copieux que le déjeuner, cependant, un peu avant le dîner, la température commence à baisser, et elle baisse régulièrement h partir de ce moment, sans que la digestion du dîner empêche ou ralentisse cette courbe descendante.
Donc, l'influence des repas n'est ni très nette ni très considérable. C'est ce que montrent des expériences faites par Vintschgau et Dietl sur des chiens à fistule gastrique. Ils ont vu la température baisser d'abord de 0'',5, trois heures après l'ingestion des aliments, puis remonter. Ainsi la température est de SO"", à midi ; à ce moment il y a repas. A deux heures et demie elle est de 38",5 ; à cinq heures elle est de 39'*,5. Ce qui est particulier, c'est qu'on nouveau repas fait de nouveau baisser la température.
De plus, les recherches de Chossat sur les animaux soumis à l'inanition ont montré que la température ne baisse que les trois ou quatre premiers jours qui suivent la mise en expérience ; puis, pendant douze ou quatorze jours, elle reste stationnaire. Dans les dernières vingt-quatre heures seulement, il se produit une descente rapide qui va jusqu'à ^''. Il semble donc que le sang contienne une certaine quantité de substances, qui, en dehors même dé la nutrition régulière, peuvent être brûlées ; ce n'est que quand cette réserve a disparu que survient une baisse thermique très rapide.
Et môme, selon toute vraisemblance, ce n'est pas l'absence de matériaux combustibles qui fait baisser la température ; c'est l'épuisement final du système nerveux, qui ne peut plus maintenir à leur taux normal la vie chimique des tissus.
Pour toutes ces raisons, les recherches de M. Maurel ne sont
^H pas con
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Ains organic vespérr
L'esp plu, ri pendan aubou ratures ascenda sept he
Le le ture de
Un r élève t (lèvre abonda avait 37
LA CaALEUR AMMALE
Gluantes. Malheureusement il est difficile nces qu'il n'a pas publiées dans le dél enl pri^senlêes sous forme de conclusion ce n'est pas du tout l'alimentation, ma ue générale qui est cause de Texacerl) le.
érience suivante démontre le fait de oureuse; elle est due à M. Jûrgensen, vingt-huit heures un de ses sujets en ex de ce long jeune constater à peu pi-és le que dans les conditions ordinaires, c'estnte normale de la journée, avec un raax Lires du soir.
ndemain, après cinquante heures de d la journée s'est élevée à 37°,6.
epas trop copieux, et plus copieux q ant soit peu la température, produisa e nutrition, plus ou moins passagère, rit, fait à une heure du matin, le sujet d °1, à trois heures du malin.
de discuter des ù! , mais qu'il a
is bien l'activité dlion thennique
la manière la [ui a fait jeûner périence et a pu 1 s mômes tempéâ-dire la courbe muni de 3T',4 à i
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U mesure du malin
Les r product
VariatioDS do fal>s«i|«ioii d'i.xïgine huil divers iiiomeuls de lu ionméc. - B. Frédirlcq : Température des animaux à sang chaud [Archives de ftiolS3,p.731,flg.6).
Is quantité d'oxygèna toniommée en quinze minutes (Homme do SS kilo-
R. R, momenl des repas, na pas été faite pendant la nuil. Cesl seulement dan» la journée. antre aheunw elThLwesdusoir.
pas agissent bien plus sur l'absorption d'oxygène et la on de CO* que sur la température. Après un repas
abondant, Texcrétion de GO* est abondante, comme pendant le jeûne, Texcrétion GO* est minima. La courbe suivante (iig. 22) montra, d'après M. Frédéricq,la proportion de Toxygène absorbé aux divers moments de la journée. Le repas de huit heures et le repas de midi font monter Tabsorption de Tair vital à un degré très manifeste (i).
Il ne faut pas confondre la production de chaleur avec la régulation de chaleur. Sans doute les repas font monter beaucoup la calorification ; mais la température n'est pas absolument parallèle à la calorification. Si le système nerveux a réglé l'organisme pour une température de SV^ la production a beau être très abondante, la température restera à SV^ car le système nerveux augmentera les déperditions, de telle sorte que c'est la température de 37** qui sera conservée par l'organisme.
Si la détermination du maximum de température est intéressante, celle de l'écart entre le maximum et le minimum ne l'est pas moins. Hunter avait déjà constaté qu'il y a entre Tétat de veille et Tétat de sommeil une différence de 0**,83. Cet écart est quelquefois considérable ; la moyenne est de i**,5, d'après M. Jûrgensen. G'est aussi ce que j'ai trouvé sur moi-même d'après la température de l'urine, et c'est également ce que M. Gley a constaté.
Sur un enfant eu bonne santé, M. Finlayson a vu dans l'espace de trois heures se produire un abaissement de i%8. — Si ces écarts considérables n'ont été notés que rarement, c'est qu'ils ont dû passer inaperçus, puisque d'habitude on ne prend que des températures diurnes. Or les minima ne s'observent guère qu'à la fin de la nuit. Aussi, quand on relève sa température à ce moment, trouve-t-on des écarts beaucoup plus notables. C'est bien ce qu'a constaté M. Gley qui a plusieurs fois pris sa température à deux ou trois heures du matin avec un thermomètre irréprochable, gradué en vingt-cinquièmes de degrés. Il a remarqué alors des températures de 36**, de 35**,9, et même de 35*,8 et de 35<',65, tandis qu'il avait, dans l'après-midi, des maxima de 37%2, 37^3, 37%4.
Nous donnons ici plusieurs graphiques qui indiquent les variations de la température normale dans une période de vingtquatre heures.
(i) Dans les recherches que nous avons faites avec M. Hanriot, nous avons étudié cette influence des repas sur les échanges respiratoires. Ce sont les aliments féculents qui font monter Texhalation de CO^.
71 tA CHALEUR ANIMALE
On voit combien toutes ces courbes sont identiques. Dans ces trois graphiques, où il y a <lein fois la température axillaire {flg. S et 8) et une autre fois la température de l'urine (fig. 7}, on verra que la variation quotidienne de la température normale est vraiment énorme.
Ce qui frappe surtout, ce sont ces cliiffres de la température à quatre heures du matin :36M (Billet), 33°,6S (Gicy), 36',4,
Oile tombe Indique Jo moyenne des mensuralion» que l'ni sur la icmpérature da noire urine (arril 1834). La Mmpémture n'a pas élé prise de 9 heures du soir â Maifnium : 37'.3S à i heures du soir.
Minimum : 3S*,4 à 7 heures du matin et g hc Ëinrt mairmiini : l>°,gii.
u maUn, 11 heures du mnli
(Bàrensprung, Jilrgensen, Ch. Richet), ^chiffres auxquels les médecins ne sont pas habitués, et qui sont bien importants à connaître, au point de vue médical.
C'est pour cette raison q;ue les moyennes données par les médecins sont en général trop fortes. Pour un motif évident, les observateurs ont pris plutôt la température dans la journée que dans la nuit: par suite, ils sont ari'ivés à un chiffre plus fort que celui qui représenterait la moyenne normale dans les vingtquatre heures. C'est plutôt la moyenne de la température diurne que de la température de vingt-quatre heures qu'on a obtenue. Mais n'importe-t-il pas de tenii- compte de l'abaissement
lA TEMPÉRATURE nORMALE DE l'bOHHE 7S
considérable qui survient pendant la nuit et le matin (1)? Si l'écart est notable chez le môme individu, il l'est plus encore quand il s'agit d'indÎTidus différents, mais point aussi grand cependant qu'on pourrait le croire tout d'abord.
e. — Courbe quotidienne de 1& temptrature nxlllsira (Billet.) Hulmam : 3T',4 i 3 heoresMu soit.
HiDlmum ; 36* ,1 à Shcures du oiatln.
Écart m
En un mot, les variations quotidiennes d'un même individu s<Hit bien plus importantes que les variations qui sont entre deux individus différents, observés aux mômes heures et dans les mêmes conditions physiologiques.
On a cherché à prendre d'autres températures centrales que la température rectale. La plus simple à observer est évidemment la température buccale. Nous avons sur ce point de nombreuses données :
B'après Davy, la températiire huccalo est de 37"*, 30
— Ogie, — 36°,91
— Stapff, — 36°,60
— Hedard, — 37»,24
— Castille, — 37",5
(1) H. JMCOnd ItraiU de palhol., 7< édition, t. !■', p. 96) dit que la températaire Torie entre 3T',S et 3T%£>. Cela o'ett «rai que pour la température diurne ; tn 1a Icmpératuro nocturne deecead plus bas, et, dans l'ensemble, lee variatloDE Mot bloi plus conildérable».
LA CBALEU» ANIHALB
D'après Bouvier, la température buccale est de 36*,0
— Hantegazia, — 3T*,44
— Caacy, — 37«j44
— Leblond, — 37«,3
Flg. 9. —Courbe quotidienne de lu température •
(Bïrwsprung.) Hémes remarques <]ue pnur 1& Sgure prénédenle. If&itmuin : 3T',5 k 5 heures.
Mlaimum : 36*,3 à 3 beurcs du m»ila.
Sor cette courbe, onToit que, lers 10 beurcs du matin, U y i un certain absiisemeut de la lenipérature.
Sur toutes les courbes de température périphérique , celle même osclllatioa m
Il n'est pas toujours facile de prendre exactement la température buccale. Par exemple, pour peu qu'on respire par la bouche, le courant d'air refroidit beaucoup le Ihennomètre. A supposer qu'on maintienne parfaitement, comme cela se doit pratiquer, ~ l'instrument sous la lan^e, et qu'on ne respire que par le nei, suivant que le courant d'air inspiré sera plus ou moins fort, ne se produira-t-il pas des oscillations thermométriques susceptibles de tromper sur la température réelle de la boucheîWy a-t-il pas encore une autre cause d'erreur dans la salivation plus ou moins abondante, la salive venant baigner plus ou moins l'instrumentî En somme, la température buccale n'est pas ime véritable température centrale.
Quelques auteurs, en particulier M. Mantegazia, ont proposé de mesurer la température du corps en prenant celle de l'urine, le thermomètre étant placé dans le jet même du liquide. La
moyenne des 241 observations faites sur lui-méofie par le physiologiste italien est de 37'', 2. M. Byasson a insisté sur les avantages de cette méthode. On doit aussi à M. OErtmann quelques observations analogues intéressantes. La température de Turine recueillie dans un vase, chauffé au préalable à 37"" (ainsi d'ailleurs que Tavait recommandé M. Mantegazza), était exactement la même, en moyenne, que celle du rectum. MM. Gley, Rondeau ^t moi, nous avons pris sur nous cette même température dans des conditions identiques à celles de MM. OErtmann et Mantegazza, €t nous arcms trouvé de semblables résultats, c'est-à-dire les moyennes suivantes : 36%9(Gley), 37% i (Rondeau), 36^9 (Richet). Évidemment ce n*est pas là un mauvais procédé. Il est clair que Furine sort à la températm'e même du corps. Mais on demandera s*U est possible de placer le thermomètre dans le jet d'urine. Sans contredit, l'urine, dès son émission, se refroidit très vite ; d*ailleurs, pourra-t-on maintenir très exactement dans le jet le thermomètre? C'est pour obvier à cet inconvénient et pour éviter ces causes d'erreurs que M. Mantegazza a imaginé de recueillir l'urine dans un vase chauffé à 37^" ; mais le choix de cette température est quelque peu arbitraire ; et il peut arriver que la mesure de la température ne soit pas absolument exacte,, si l'urine sort à une température supérieure ou inférieure à ce chiffre de 37**. Quelle que soit la justesse de ces critiques, il n'en reste pas moins, croyons-nous, que ce procédé peut offrir dans l'expérimentation physiologique quelques avantages.
G*est la température axillaire qui est la moins centrale de toutes les températures, dites centrales, que Ton prend sur Thomme.
Tout a été dit et tout est connu sur les avantages, comme sur les inconvénients de ce procédé. On a pris d'innombrables mesures : nous n'insisterons donc pas sur les précautions minutieuses qui sont nécessaires pour qu^une mesure de température axillaire ait quelque valeur.
Nous allons donner seulement quelques-uns des chiffres moyens admis par les principaux autem*s.
Wunderlich 37S0
Redard 37S0
B'ârensprung 36<>,97
Alvarenga (i) 37«,27
Peradon 37«,40
(1) 200 observations. C'est une moyenne assez élevée ; mais il faut remarquer qa'U i*agit d*obserrations prises en Portug^al, c'est-à-dire dans un climat fort chaud.
Van Duyn (i) 37%37
Barensprung (2) 37«,8
CErtmann 37»,2
Gomptoa 36%4
Chisholm (3) 36%11
BiUroth (4) 37%50
Roger (5) 37«,17
Lichtenfels (6) 36%91
Frahlich (7) 36%92
Davy 37»,0
Lichtenfels 3y(^»9
BiUet 36%67
Epery • • • • ^'^*»^
En prenant la moyenne de toutes ces moyennes, on obtient le -chiffre de SÔ'^jOO, ou, pour simplifier, de 37*. C'est la moyenne admise, par exemple, par M. Beaunis (8), par M. Colin et par M. Béclard dans leurs traités dé physiologie.
Mais ce qui montre bien que cette moyenne ne peut représenter la température réelle, ce sont les résultats des comparaisons qui ont été faites entre cette température axillaire et les températures plus centrales. Ainsi M. Bouvier a trouvé entre l'aisselle et la bouche des différences en faveur de la température buccale de 0**,33 en moyenne. M. CErtmann a trouvé entre la température axillaire et la température rectale des différences semblables :
(1) 288 obsenrations prises sur des idiots ; cité par Seguin, Médical Thermometry. New-YorJt, 1876, p. 417.
(2) Obsenrations prises sur divers individus. 43 observations prises sur luimême.
(3) 67 observations.
(4) 200 observations.
(5) Sur les en£suits d'un jour h, quatorze ans.
(6) 129 observations.
(7) 161 observations.
(8) Nouveaux éléments de physiologie, 2« édition, p. 1068. — Les chiffres donnés par M. Beaunis ne sont pas tout à fait exacts. Ainsi Toscillation normale est de plus de 0o,5 puisqu'elle est au moins de 1© chez la plupart des individus. De même, le chiffre de 38o,28 pour Tutérus est exagéré. En dehors de l'état de contractions musculaires violentes, d'insolation, d'accouchement et de fièvre, jamais la température normale ne dépasse et n'atteint 38o.
Dans un livre récent: De la chaleur animale^ Paris, 1883, p. 58, |f. de Robert de Latour donne des chiffres qui ne méritent guère de confiance. Ainsi il admet que, dans l'aisselle, la température ne s'élève pas au-dessus de 37» (ce qui est une erreur manifeste), et qu'elle ne descend pas au-dessous de 36o,3. l| admet une moyenne de 36*,7, qui est certainement trop faible. Quoique ses observations se comptent, dit-il, par milliers, elles ne laissent pas que d'être douteuses, car à quatre heures de Taprès-midi, chez des gens bien portants, toujours la température axillah-e, bien mesurée avec un bon thermomètre, atteint et dépasse 37o4.
LA TEMPÉRATURE NORMALE DE l'hOMME
^oit une moyenne de 0*,35 en faTenr de la températore rectale ; ^* Kedard a constaté 37^,4 dans le rectum, 37^,2 dans la bouche, ^t iv sous l'aisselle, les trois températures étant relevées en même temps. Sur un malade, atteint d'ictère, c'est-à-dire d'une affection non fébrile ou à peine fébrile, Lorain a pris simultanément la température dans le rectum, dans la bouche et dans J'aisselle pendant huit jours. Alors que la moyenne de la température rectale a été de 37'*,6, celle de la température buccale n'a été que de 36*,9, c'est-à-dire inférieure de 0%7 ; la température axillaire n'a été que de 36'', 76, c'est-à-dire inférieure de 0*,74 à la température rectale.
Relativement à cette question on trouve encore des données intéressantes dans une thèse de M. Gassot. Sur un homme robuste, cet observateur a constaté les températures suivantes quj résultent de la moyenne de cinq mensurations :
7 heures, matin. . . .
2 heures, après-midi .
9 heures^ soir
Bouche.
Aisselle.
Différence pour la bouche.
Il y a donc eu une différence moyenne de 0°,3 en faveur de la bouche.
Sur une jeune femme bien portante, M. Gassot a trouvé :
7 heures, matin. . . .
2 heures, après-midi .
9 heures, soir
Rectum.
Bouche.
Différence entre les températures rectale Aisselle, et buccale.
3Go,8 370,3 370,3
Les mêmes différences se présentent chez les malades. Ainsi, en suivant pendant il jours la marche de la température axillaire et de la température rectale chez un varioleux, M. Gassot a constaté une différence moyenne de 0**,2i3 en faveur de la dernière. Dans un cas de fièvre typhoïde^ en prenant la température^ matin et soir sous Taisselle et dans le rectum pendant 37 jours, il a trouvé une différence moyenne de 0%75en faveur du rectum ; le maximum de l'écart a été de 2°,2, le minimum de 0^2; cet écart a donc été très variable. Dans un autre cas de fièvre typhoïde étudié à ce point de vue, pendant 25 jours il a constaté une différence moyenne de 0%745.
Sur trois vieillards, âgés de 80, de 76 et de 75 ans, MM. Marcé et Ducamp ont trouvé dans 150 observations une différence moyenne de 0'',45 entre la température axillaire, et la température rectale : mais leurs chiffres sont faibles, SG^'fdS, dan^ Faisselle le matin; 36'',46 le soir; 38'',80 dans le rectum le matin, et 36'',95 le soir.
M. le professeur Forel, de Lausanne, voulant examiner et contrôler quelques-uns des résultats obtenus par MM. Lortet et Marcet dans leurs expériences sur la température pendant l'ascension sur les montagnes, a fait une série d'intéressantes expériences, très précises et très nombreuses, sur sa propre température, rectale, axillaire et buccale (1).
La température axillaire a été de 37*^,2 (maximum) à 36*,12 (minimum) ; moyenne de 162 observations.
La température buccale a été de 9**,2 supérieure à la température axillaire (5 expériences) et de 0**,32 inférieure à la température rectale.
Dans 15 observations, la température rectale a été de 0^,52 * supérieure à la température axillaire.
De très nombreuses expériences, faites sur la température du rectum, mesurée à 7 centimètres de profondeur, avec un thermomètre préalablement réchauffé, ont donné les résultats suivants, pour la courbe diurne :
Minuit . . .
Midi . .
2 heures . .
2 heures
En construisant cette courbe, M. Forel a pu donner une courbe générale des plus intéressantes, qui coïncide fort bien avec les courbes données plus haut (ûg. 3, p. 4 ; flg. 5, p. 6) : on y voit un maximum de 37<',38 à 4 heures du soir, et un minimum de 36'',54 à 2 heures et demie du matin.
M. Forel a constaté que le jeûne, même prolongé, n'exerce pas d'influence très notable.
En résumant ces données, nous voyons que Fécart entre la température axillaire et la température rectale est :
(1) Bull, de la Soc, méd, de la Suisse romande^ déc. 1871, p. 386, et 1874, p. 25-116.
LA TEMPÉRATURE NORMALE DE L'uOMME 81
D'après GErtmann, de 0°,2o
— Redard 0<>,40
— Forel 0°,52
— Lorain 0*»,70
— Gassot 0°,70
ti'est-à-dire en moyenne de 0**,512. Si donc on admet pour la température axillaire le chiffre de 37**, il faut considérer la température rectale comme étant de 37*»,o environ, chiffre qui ne s'écarte pas beaucoup, comme on voit, de celui qu'avait indiqué M. jQrgensen.
Il nous reste à considérer maintenant la température périphérique. C'est un point sui* lequel les observations sont moins nombreuses. On trouve des données utiles dans la thèse de M. Leblond qui a pris sur lui-même dans de bonnes conditions un assez grand nombre d'observations. Le thermomètre était placé dans la paume de la main ; M. Leblond suivait en même temps la température de la main droite et celle de la main gauche. En prenant la moyenne de tous les chiffres qu'il a obtenus, on trouve pour la main droite 32'',2, et pour la main gauche 33'',3. Il faut noter que beaucoup des températures qui ont servi à établir cette moyenne ont été relevées, l'observateur restant immobile pendant plusieurs heures. Or l'immobilité détermine un abaissement de température souvent considérable ; nous avons déjà eu l'occasion de le dire, et les observations de M. Leblond confirment de la manière la plus précise nos expériences. — M. Leblond a remarqué aussi une différence constante entre les températures des deux mains, au détriment de la main droite, bien qu'au début de chaque expérience, la température fût la môme de chaque côté. Il se demande s'il faut expliquer cette diflérence par la mise en jeu des muscles du côté droit, pour noter les résultats toutes les cinq minutes : on sait en effet que, lorsqu'un groupe de muscles se contracte, leur température augmente, comme aussi la température générale, tandis que celle de la peau et du tissu cellulaire voisin diminue. Mais il ne croit pas que cette explication soit exacte, car, dans ses expériences, il faisait toujours, autant que possible, des mouvements semblables à droite et à gauche, et il maintenait les extrémités antérieures dans la même attitude.
H. Gouty a également fait des recherches intéressantes sur la température périphérique. Il a conclu que les températures palmaires, prises pour types des températures périphériques
Ch. Richet. 6
SSt LA CHALEUR ANIMALE
sont très variables chez les individus, mais que chez le même individu elles oscillent entre des limites relativement étroites, de sorte qu'il est assez facile de trouver une température moyenne, qui soit en quelque sorte personnelle. Cette température palmaire ne parait pas être modifiée par des variations de plusieurs degrés dans la température du milieu ambiant, à moins que ces variations ne durent un temps assez long. La moyenne de chaque individu ne semble dépendre, ni de la constitution, ni du tempérament du sujet ; mais, d*après Gouty, c*est le plus grand développement nerveux et intellectuel qui parait agir principalement sur Tétat de la température périphérique. Or, dans ce cas, elle oscille entre des chiffres plus élevés. Le travail digestif, le sommeil, la fatigue musculaire, c'est-à-dire d'autres facteurs nerveux, peuvent avoir aussi une influence momentanée sur la température palmaire. En résumé, d'après Gouty, cette température dépendrait surtout des variations physiologiques du milieu intérieur sanguin, et plus spécialement du système nerveux.
Gouty ne parle pas des grandes oscillations de température périphérique déterminées par rimmobilité : « A peine, dit-il, un individu ayant les extrémités chaudes les voit-il brusquement se refroidir sous Finfluence d'un repos trop prolongé ou celle d'un simple courant d'air. »
Il n'est peut-être pas aussi facile que le croyait M. Gouty de fixer une moyenne individuelle ; d'autre part, cette moyenne est-elle vraiment plus élevée chez les individus intelligents f Gette affirmation nous parait des plus contestables. Les variations de la température périphérique doivent dépendre de tous les réflexes qui peuvent agir sur une des grandes fonctions organiques, de Tétat des systèmes nerveux et sanguin, de la respiration, des mouvements ; elles doivent être particulièrement sous l'influence du système nerveux vasomoteur.
Ge qui tend à le prouver, ce sont les oscillations variables, observées par M. Leblond, alors que toutes les conditions des expériences étaient les mêmes. Dans les expériences qu'il a faites le matin, par exemple, à jeun, la température n'étant influencée que par le système nerveux vaso-moteur, la courbe, un jour, dans un certain temps, descend d'une façon continue ; le lendemain, dans le même temps, elle baisse, remonte et redescend biiisquement. Pour expliquer ces phénomènes, on ne peut guère invoquer que le rôle des vaso-dilatateurs et des vaso-constricteurs, autrement dit l'influence du système nerveux central.
LA TEMPÉRAIURS NOBHALE DE l'uOHKE 83
Q serait intëressaot de détemÙDer la différence qu'il y a entre la température centrale et la terapérature périphérique. Ce n'est pu eboBS facile, puisque cette deniiére est très variable, et qu'elle oscille beaucoup plus et beaucoup plus rapidement que la preniëFe. Cette différence d'ailleurs est loin d'ôtre constante. ^**a» les pafs ftyùds les températures centrales sont à peu de chose près les mêmes que dans les pays chauds, mais les tempémtores périphériques sont bien plus basses, et l'écari est considétiUe. Au coatraire, dans les pays chauds, l'égalité tend à s'éla- Uir. O'^irèB M. Motjr, à Biskra. la température de l'aisselle et celle de la main sont identiques.
nu, 10. — Courbe mo;eaae quoiidieiine.
CetUMOitMMt larésoltanlodea diverses reurbes IndlquCes plus baut; ellerreprésenle la • M peut serrir & établir uae sorto de commuai mesure entre les températures "* "itralfls. C'est un tjpo qu'on peut adopter cooimc très génÉral.
; 37',3S i 4 beurcs du soir.
HiniiDum : 38*,45 i 3 beures et i beurcs du matlD. Écart moyen ; C.S.
H. Romer a indiqué la courbe quotidienne de la température périphérique comparée à la température centrale ; la température périphérique étant mesurée dans la paume de la main . Les oscillations sont alors considérables, pouvant atteindre 6° en une journée. De 6 heures du matin à 9 heures du matin, la température périphérique baisse ; puis elle se relève jusqu'à une heure pour redescendre ensuite, et à 3 heures atteindre un minimum ; de 3 heures à 8 heures la température se relève de nouveau, et de 8 heures du soir, jusqu'à 6 heures du
matin elle reste à peu près stalionnaire, quoiqu'elle ait une tendance à descendre.
M. Romer pense que rabaissement de la température périphérique coïncide avec Télévation de la température centrale, et réciproquement. Ainsi, alors que la température rectale est supérieure à la moyenne dans la journée, la température périphérique, dans la journée, est inférieure à la moyenne.
De tous ces chiffres, qui sont trop nombreux pour être facilement retenus, il faut déduire une moyenne générale, applicable autant que possible aux températures centrales, comme aux températures périphériques.
C'est ce que nous ayons essayé de faire dans le graphique ci-joint, qui résume toutes les courbes précédentes, et qui est en quelque sorte la moyenne des moyennes (ûg. 10).
On voit que le maximum est à 4 heures du soir 37'',35, et le minimum à 3 heures et 4 heures du matin 36*^,45, avec un écart moyen de 0*,9. Pendant huit heures, c'est-à-dire de midi à huit heures du soir, la température est au-dessus de tn*" ; de huit heures du soir à midi, la température est au-dessous de 37^ Mais le chiffre de 37* peut être regardé comme la moyenne totale normale.