‹ La chaleur animaleChapitre 30 sur 99 · O jj <^- = J · texte numérisé non relu

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dans tous ces cas, la production de chaleur sera à peu près la môme. Une contraction musculaire produit toujours la même somme de calorique, et c'est l'intensité de l'excitation nerveuse qui seule règle la quantité de calorique produit.

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Fig. 22. — Tétanos électrique. — Suite de la figure 121.

Quant à déterminer avec plus de précision quelle est la substance chimique ou quelles sont les substances qui, pendant la contraction, dégagent de la chaleur, voilà ce qui n'a pu être encore établi (1). Quelles que soient les substances qu'on injecte dans le sang, on ne peut, en ajoutant leur combustion propre à la combustion des tissus, augmenter la chaleur générale ; il est vraisemblable qu'il s'agit de composés chimiques qui ne sont oxydables et combustibles que lorsque la fibre musculaire les a assimilés, et qu'ils sont devenus parties intégrantes de l'organisation cellulaire même. Certes il y a des substances qui augmentent la caloriflcation, mais, si elles ont cet effet, ce n'est pas par le fait de leur combustion chimique propre ; c'est par leur action sur le système nerveux qu'elles excitent.

Autant l'influence du sang et des aliments est peu efficace sur les combustions musculaires interstitielles, autant est grande l'influence de l'état du système nerveux, toutes conditions égales, d'ailleurs, surl'hyperthermie que provoque l'excitation électrique.

Cette influence du système nerveux peut s'apprécier, soit par

(i) M. Chauveau, dans de récentes expériences, a apporté quelques faits importants qui prouvent que c'est sans doute la glycose ou le glycog-ène des muscles qui brûle dans la contraction. On le supposait sans pouvoir apporter de fait à l'appui.

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la chloralisation, soit par la section de la moelle ou du bulbe.

Si Ton excite par rélectricité un chien profondément chloralisé, on aura une peine extrême à obtenir autre chose que des secousses musculaires presque isolées, limitées aux points où sont appliqués les électrodes. En tout cas, il n'y aura pas cette harmonie générale, ce coiisensus convulsif qui s'observe chez le chien dont le bulbe n'est pas empoisonné. La courbe ci-jointe (page 165) indique bien la difTérence de l'ascension thermique dans l'un et l'autre cas, puisqu'il s'agissait du même courant électrique et du même chien, à cela près qu'il était intact dans un cas, chloralisé dans l'autre.

De même, quand la moelle est coupée, les contractions convulsives sont beaucoup plus faibles, car le bulbe ne peut plus coordonner les convulsions et contractions musculaires.

En un mot, dans le tétanos électrique, c'est le système nerveux qui, étant excité, commande les contractions; c'est le muscle qui produit de la chaleur en se contractant. Nous le répétons, dans cette contraction musculaire, c'est le muscle qui brûle luimême la substance qui le constitue. Ce qui brûle, ce qui produit de la chaleur, ce ne sont ni le sang, ni les matériaux du sang, ni les aliments introduits dans le sang; mais bien les matériaux du muscle, et très probablement les matières hydrocarbonées qui font partie de sa substance.

Afin de rendre sensible, d'une manière tout à fait éclatante, cette influence des muscles sur la chaleur dégagée, et la relation qui existe entre la chaleur, la combustion chimique et la contraction musculaire, je rapporterai les deux expériences suivantes faites avec mon ami et collègue Hanriot, sur des chiens trachéotomisés.

Ces expériences seront rendues plus claires par le graphique ci-joint. (Voyez aussi fig. 35, p. 245.)

Dans une première expérience, la température d'un chien attaché a été en diminuant lentement de 39%5 à 37°,8, jusqu'au moment où on l'a électrisé. Alors aussitôt la température s'élève, la quantité d'acide carbonique augmente dans des proportions considérables, et monte de ^s"",-! (par kilogr.) à 5°'",2. En même temps la ventilation, déterminée par l'acide carbonique du sang qui excite le bulbe inspirateur, s'accroit en mêmes proportions, et, de 20 litres (par heure et par kilogr. i, monte à 50 litres.

Ainsi simultanément on voit croître la combustion chimique et la température, quand on fait contracter les muscles.

Inversement, quand, par un procédé bien simple, c'est-à-dire

la section de la moelle, on diminue l'activité tonique des muscles, on voit simultanément tomber la quantité d'acide carbonique et la température. A 3 h. on fait la section de la moelle, et la tem-

lig. 2i. — Section de la iiionic sur un chien.

Le trait plein indique en grammes la quantité de 00= exhalé par kil. et par heure. Le trait pointillé indique la ventilation, en litres dair. par heure. La ligne formée de traits interrompus indique la proportion (en volumes de CO- dans l'air expiré. Les traits interrompus par d"s points indiquent la température. L'ordonnée inférieure indique les temps, de cinq minutes en cinq minutes. Les trois ordonnées latérales indiquent les degrés, d? 5« en .')», les poids de CO* en grammes, les volumes d'air de la ventilation eu liX) litres; et la proportion centésimale de CO- dans lair expiré.

pérature (qui avait déjà baissé notablement depuis que le cbicn était atlarbé) baisse encore davantage. La production de CO- qui 4''lait d** -^-^4 (par kil. cl par lieiii'e , tombe à Os%75 en une <iemi heure, pour arriver à 0-%4, cest-à-dire au sixième df la <iiiantilé normale.

Si la tempéralnn; ne <l('scend pas plus vite, c'est (pic, ni.'iiie sur lin (bien mort, l'abaissement thermirpie est loin d'être immédiat. Il se fait une chute df plus en i)lus lente, à mesure que la

différence est moindre entre le corps de ranimai et la température ambiante.

L'influence prépondérante de la contraction des muscles sur la température générale va nous fournir pour ainsi dire la clef de la cause qui détermine, avec telle ou telle substance, une ascension ou un abaissement de température.

Nous pouvons, a priori, admettre que certaines substances relâchent les muscles, que d'autres substances les font se contracter fortement. Il s'ensuit que, dans les empoisonnements, quand les muscles sont relâchés, il y a abaissement de température ; élévation thermique, quand ils sont contractures.

C'est là une loi très simple et qu'il est facile de retenir.

Toutefois, il faut qu'on ait bien présent à l'esprit ce fait que les poisons musculaires, proprement dits, sont extrêmement rares, si tant est qu'il en existe. En outre, un poison musculaire n'agit pas pour provoquer la contraction d'un muscle, mais bien son relâchement.

Donc les poisons qui seuls sont aptes à faire contracter l'ensemble des muscles, ce sont les poisons du système nerveux, dits tétanisants ou convulsivants ; et alors nous avons cette double loi, qui est presque sans exception. Les poisons du système nerveux, quand ils sont convulsivants, élèvent la température ; quand ils sont paralysants, abaissent la température.

Mais, avant de développer les conséquences de cette loi et d'en établir les conditions diverses, il me paraît nécessaire de donner quelques notions élémentaires de toxicologie, ou plutôt^de physiologie générale.

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