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DE LA. RESPIRATION DANS LA JEUNESSE ET DANS L’AGE ADULTE

En supprimant le contact de l’air, nous avons vu que la vie ne cesse pas à l’instant; qu’à la vérité elle se réduit alors à une très courte durée; mais que les limites dans lesquelles elle se trouve

resserrée ne sont pas invariablement fixées, qu’elles peuvent s’éloigner et se rapprocher dans certaines mesures, suivant des conditions que nous avons cherché à déterminer.

Après avoir ainsi observé comment la durée de la vie se modifie lorsque les animaux sont privés d'air, examinons maintenant l’action de ce fluide, en commentant par les rapports les plus simples.

L’air en contact avec deux surfaces du corps, vï l'extérieur avec les téguments, à l’intérieur avec les poumons, agit bien plus puissamment sur les derniers pour entretenir la vie.

A peine a-t-on intercepté l’entrée de l’air dans les poumons des animaux à sang chaud, quoiqu’ils restent en contact avec ce fluide par toute la surface extérieure du corps, qu’ils éprouvent la môme gène que s’ils étaient entièrement plongés sous l’eau; et, si l’on continue à empêcher l’entrée de l’air, ils périssent si promptement qu’on n’a pas observé de différence entre ce mode d’asphyxie et celui qui a lieu par submersion. Si au contraire on supprime le contact de l’air avec la peau par l’immersion dans l’eau, tandis que l’air a un libre accès dans les poumons, il ne paraît en résulter aucun inconvénient, pourvu que la température du liquide soit convenable; ou si l’animal en éprouve quelque gêne, on ne l’attribue pas à la suppression du contact (le l’air avec la peau.

Ces faits, connus de tous les temps, ont dû néces-

sairement conduire les hommes à considérer les poumons comme le seul organe destiné à entretenir la vie par le contact de l’air, et à regarder les fonctions de la peau comme nulles à cet égard. Nous admettrons cette opinion pour le moment; nous ne considérerons d’abord que l’organe pulmonaire dans ses rapports avec l’air pour entretenir la vie, et nous examinerons dans la suite si la peau ne participe pas à cette fonction.

Le premier rapport de l’air avec les poumons dépend de leur capacité. Comme ce fluide ne peut agir qu’au contact, il faut aussi considérer l’étendue de la surface avec laquelle il est en rapport; mais la structure des poumons est tellement compliquée, et leurs cellules si petites et si nombreuses, qu’on ne peut en déterminer la mesure exacte. La différence de volume que présentent les animaux à sang chaud indique une différence semblable dans le volume de leurs poumons, et par conséquent dans leurs rapports avec l’air. Mais, lorsqu’on borne la respiration d’animaux de dimensions différentes à l’air contenu dans les poumons, ce qu’on peut faire en liant la trachée-artère, les grands ne vivent guère plus longtemps que les petits. On pourrait en déduire que l’étendue des poumons, chez les animaux de même classe, est proportionnée au. volume du corps. Ce n’est qu’un premier aperçu sur lequel nous reviendrons à mesure que l’occasion l’exigera.

La vie ne se prolonge pas par le contact conti-

nué du môme air. Il se renouvelle sans cesse: ad-

mis dans les poumons par la dilatation de la poitrine, il en est expulsé par un mouvement contraire. La nécessité de ce renouvellement est démontrée par les accidents qui arrivent lorsque, par une cause quelconque, ces mouvements sont suspendus. Cependant tout l’air contenu dans les poumons ne se renouvelle pas par une inspiration et une expiration. Telle est la construction de la poitrine que jamais ses parois ne se rapprochent assez pour produire cet effet. Dans l’instant qui précède l’inspiration, les poumons contiennent beaucoup d’air. L’inspiration, en augmentant la capacité de la poitrine, y admet une nouvelle quantité de ce fluide. L’expiration ramenant cette cavité à ses dimensions premières, en fait sortir une quantité d’air qui sera égale à celle qui vient d’être inspirée, si, dans l’intervalle, cet air n’a subi aucune altération. La portion d’air qui entre et qui sort des poumons, dans ces deux mouvements alternatifs, est celle qui contribue essentiellement à, l’entretien de la vie. Tant que l’organisation des poumons et la constitution de l’individu restent les mêmes, cette mesure dépend de l’étendue des mouvements de la poitrine, étendue qui est semblable dans l’inspiration et l’expiration. Chacun sait que l’inspiration peut être plus ou moins grande par l’action de la volonté et d’autres causes inhérentes à l’économie animale.

11 suit de là que la mesure de l’air qui entretient

la vie d’un animal n’est pas constante. Si elle l’était, il nous importerait peu de la déterminer, du moins pour lés applications pratiques; car ce qui nous intéresse le plus à savoir est ce que nous pouvons modifier suivant nos besoins.

Ces mouvements respiratoires se reproduisent dans un cours non interrompu; suivant les circonstances, ils sont plus ou moins amples ou rapides, et de là une plus ou moins grande quantité d’air employé dans un temps donné. La volonté n’agit que x momentanément pour modifier ces mouvements. Dans le cours habituel de la respiration, ils s’exercent sans l’intervention de cette faculté. En général, ils sont instinctifs ou involontaires, et dans l’état de santé et hors les cas où il existe des causes manifestes de perturbation, ils ont une grande tendance à l’uniformité. Dans les circonstances ordinaires, il y a un certain nombre de mouvements respiratoires sensiblement égaux, qui se reproduisent habituellement dans le même espace de temps. Ce rhythme caractérise la respiration de l’individu : il est nécessaire de le connaître pour juger convenablement des dérangements de sa santé. En ne considérant que cette régularité des mouvements, en faisant abstraction des changements accidentels, on voit qu’il doit y avoir un rapport déterminé entre l’individu et la quantité d’air qui sert à l’entretien de sa vue, tant que sa constitution est la même; mais elle change à différentes époques, ce qui détermine de nouveaux rapports que nous al-

Ions examiner. Dans la première jeunesse, il est évident, par les dimensions des poumons, que ces organes ne peuvent pas contenir autant d’air qu’à l’âge adulte, et, quelles que soient les différences qui résultent des mouvements respiratoires, on reconnaît facilement que les quantités absolues d’air employées dans la respiration sont nécessairement moindres dans les premiers temps de la vie. Si l’on veut apprécier les proportions relatives au volume, voici ce que l’on reconnaît, en évitant les difficultés inextricables où l’on s’engagerait par la recherche d’une mesure exacte.

A en juger par la simple vue, la proportion des poumons relative à celle du tronc diffère peu suivant l’âge. En admettant que ces organes sont relativement plus petits dans la jeunesse, il y a incontestablement, dans la rapidité des mouvements respiratoires, une disproportion qui peut au moins compenser cette différence. Si la capacité des poumons est un peu moindre, la succession des mouvements respiratoires est, en général, plus rapide, de sorte que dans le même espace de temps la quantité d’air qui se met en contact avec la surface pulmonaire d’un jeune animal est proportionnellement égale, sinon supérieure, à celle qui est inspirée par un adulte. Quoi qu’il en soit de ce rapport, il est certain au moins que, pour un grand nombre d’espèces le renouvellement de l’air dans la respiration est plus fréquent dans la jeunesse, et surtout dans les premiers temps, que dans un âge plus avancé.

La nécessité du renouvellement de Pair suppose quelque altération de ce fluide. Il en est deux qui sont évidentes. L’air inspiré devient plus chaud lorsque la température de l’atmosphère est au-dessous de celle du corps, ce qui a presque toujours lieu; et de plus il se charge de vapeurs qui, en sortant de la poitrine, deviennent sensibles lorsqu’on respire dans un air froid. Mais ces altérations physiques ne sont que d’une importance secondaire.

On a reconnu que, lorsqu’un animal est renfermé dans une quantité limitée d’air, il en altère la composition chimique, et l’on a déterminé la nature de ce changement. On sait que l’air atmosphérique est un mélange de deux gaz, l’oxygène et l’azote, qui se trouvent réunis dans des proportions constantes. Dès qu’il est inspiré, ces proportions changent: celle de l’oxygène diminue; la quantité qui disparaît est remplacée, en tout ou en partie, par du gaz acide carbonique. L’air est expiré dans cet état. Comme il n’est pas de mon sujet d’entrer ici dans un examen approfondi des changements chimiques de l’air, je me contente d’exposer ce qu’il y a de plus certain sur cette matière, me proposant de la traiter plus à fond dans une autre occasion.

C’est un fait constaté que l’altération de l’air par la respiration consiste principalement dans la conversion d’une grande partie de l’oxygène en acide carbonique. Il est facile, d’après cet exposé, de se rendre compte de ce qui se passe dans une quantité limitée d’air renfermée de toutes parts, dans

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