‹ La chambre ardenteChapitre 7 sur 23 · I. Jlrrct0 Du parlement ht fam contre lc$ futl) crient · texte numérisé non relu

I. Jlrrct0 Du parlement ht fam contre lc$ futl) crient

yavtxl à octobre \54Z (')

2 mai 1547- — Raquin, sergent à verge au Châtelet, mettra par devers le procureur général du roi, «dedans huy», les lettres «du feu Roy» ordonnant à M« G. Bourgoing, conseiller, d'envoyer, par devers le bailli d'Orléans, certaine procédure criminelle faite contre frère Jehan de la Lande, religieux accusé d'hérésie, demeurant à Nevers (2).

(i) Tous ces arrêts sont simplement, mais fidèlement, résumés. Ceux de décembre sont empruntés aux registres du Conseil où il n'y a que de rares allusions aux procès d'hérésie, mais le registre criminel dont presque tous les autres sont extraits, ne dépasse pas le semestre d'été de l'année 1547. De là les dates inscrites en tête de cette première série de documents.

(2) Cet arrêt se trouve dans les registres du Conseil, X^a, i56o, à la date. Tous les autres arrêts sont, sauf indication contraire, tirés du registre criminel X^», io3.

3 mai. — Maître Etienne Ballet '^) , à la Conciergerie par le sénéchal d'Anjou ou son lieutenant à Angers, pour blasphèmes, etc., vu l'arrêt du 23 avril dernier qui le relâchait, la Cour ordonne un supplément d'informations.

— — « Jehan Bouchart, tixerant en toilles, Jehan le Moyne, crocheteur, et Symonnet Dorguevault, foullon », à la Conciergerie par le bailli de Meaux, pour blasphèmes et « meschantes chansons en françoys au grand marché » de cette ville et autres lieux (I aux scandalles de la foy catholicque et irrision de justice », — Le Moyne ayant déjà ci-devant fait amende honorable avec plusieurs autres (2), — sont élargis avec admonition. — Prononcé le 6 mai.

— — Jehan Bertheville, (( patenostrier », natif de Herouville (3) près Pontoise, Catherine Prévost y sa femme, native d'Anneville (4) près Creulx {sic) en Normandie, Nicolas Bertheville (leur fils), Jacques Bouctarty Charles Flamel, organiste, et Nicolas le Savatier, à la Conciergerie pour blasphèmes et avoir été trouvés saisis de livres réprouvés, — seront emprisonnés à Saint-Germain-djs-Prés en attendant de faire amende honorable devant l'église de Saint-Sulpice

(i) Voy. l'arrêt du 14 mai.

(2) Jean le Moyne avait fait amende honorable, lors de l'exécution des quatorze martyrs de Meaux, le 7 octobre 1546, voy, Crespin, éd. de Toulouse i885, t. I, 496 ss.

(3) Herouville, Seine-et-Oise, ar. de Pontoise, com. de risle-Adam.

(4) Peut-être Anneville-sur-Seine, près de Rouen.

à Paris, sauf Bouctart qui est élargi. — Prononce le 7 mai.

4 mai. — Aufhoiue Coustonf, à la Conciergerie par le bailli d'Auxerre, pour blasphèmes, etc. — La Cour ordonne un supplément d'informations.

6 mai. — Bertrand Picon (ou Picou?), à la Conciergerie par M'^ Claude Dezasses, conseiller commis en cette partie (0 (à TOUPS), élargi avec admonition.

7 mai. — Loys Mesttreitr , seigneur de Champrenault (-), à la Conciergerie par M® Antoine Le Coq (3), conseiller et commissaire député de par la Cour à faire le procès des luthériens de Blois. — Nommera ses témoins à décharge et consignera 24 livres pour parfaire son procès. En attendant, il sera élargi, par la ville de Paris seulement, et moyennant une caution de 200 livres.

— — Marie Junoys, prisonnière accusée de blasphèmes, etc., récuse Marie Du Mesnil Aury, témoin à charge. La Cour ordonne un supplément d'informations et, en attendant, l'élargit par la ville de Paris seulement.

— — M^ Laurens Garnyer, avocat à Blois, pri-

(i) Claude Des Asses, conseiller au parlement de Paris, avait été commis pour la répression de l'hérésie en Anjou et Touraine, en avril ibâ^b, (voy. ci-dessus, p. XXXIII). On a donc ici un des derniers résultats de sa mission.

(2) Champrenault , Côte-d'Or, ar.de Semur.

(3) Antoine Lecoq succéda sans doute à Louis Gayant, qui fut député à la même époque que Claude Des Asses.

sonnier dans Paris, par M^ A. Le Coq, — élargi en faisant les soumissions accoutumées.

12 mai. — Jehan Bressey, dit Lévrier, clerc de finances, accusé de blasphèmes, etc., par M^ A. Le Coq (Blois), — élargi dans Paris seulement, à charge de se représenter, pendant qu'on informera plus amplement sur lui.

13 mai. — Estienne Lardier, à la Conciergerie par le sénéchal du Maine, après avoir été présenté à la question, — élargi avec admonition.

— — Nicolas Lego, « texier en toilles », poursuivi par Claude Musset, lieutenant général à Blois, et transmis par lui à M^ A. Le Coq, — élargi pendant qu'on prendra un supplément d'informations.

14 mai. — Estienne Ballet i^), avocat à Angers, a été reconstitué prisonnier par les menées de M® René Allusson, — se plaint aussi d'avoir déjà été longtemps en prison avant l'arrêt du 3 mai ; la Cour le réélargit.

— — Le procureur général dit qu'à Orléans il y a beaucoup de personnes « entachées » d'hérésie, « mesmes d'aucuns qui faisoient conventicules et dogmatisoient », et requiert la Cour d'y députer (( aucun des conseillers d'icelle » , pour y mettre ordre C-).

(i) Voy. l'arrêt du 3 mai.

(2) Cet arrct est extrait des registres du Conseil, X^-' i5Go, à la date.

l6 mai. — Frmiçoys de Byncs (?), painctre et victrier, poursuivi par M»^ A. Le Coq (Blois) pour blasphèmes, etc., — élargi avec admonition.

— — Hilairc Bodincau , libraire à Blois, poursuivi pour la même raison par le même conseiller, — élargi de même.

i8 mai. — Pierre C//<?r^//<?^ ouvrier à Blois, accusé de blasphèmes, etc., par M" A. Le Coq, élargi pendant qu'on prendra un supplément d'informations.

— — Henry Morice, relieur de livres, par M® Claude Dezasses , vu les dénégations à la question que lui a présentée le bailli de Touraine, fera amende honorable devant la principale porte de l'église Saint-Gargan de Tours, où il confessera qu'il a relié et mis en vente plusieurs livres pernicieux, etc., dont il se repent, puis gardera son bannissement.

20 mai. — Clémence, femme de Jehan Huteau, à la Conciergerie, par M^ A, Le Coq (Blois), pour propos, etc., — élargie pendant qu'on continuera à informer sur son compte.

21 mai. — Pierre Foucher, apothicaire à Blois, accusé par M^ A. Le Coq, reçoit une admonition, puis est élargi.

— — Marguerite Duboz, femme de Pierre Lorc, prisonnière dans Paris, par le même (Blois), — aussi élargie avec admonition.

~ — Pierre Lévrier ou Louvrier, autrement appelé Vendosme, poursuivi par le même (Blois), — élargi de même.

21 mai. — Lucas Morin, chaussetier, demeurant es faulxbourgs de Foix-les-Blois, prisonnier dans Paris, par le même, — élargi avec admonition pendant qu'on continuera à informer contre lui.

25 mai. — Julienne Desprez, chambrière de la Tissarde, à la Conciergerie par M« Estienne Fleury (i) (Bas-Vendosmois), — élargie pendant qu'on continuera à informer.

— — Guillaume du Monceau i^), seigneur de la Brosse, poursuivi par le prévôt de Paris, nommera ses témoins à décharge.

26 mai. — Hubert Despal, « varlet de chambre et joueur de lue (sic) du Roy, natif du pays de Suisse », prisonnier dans Paris, par M« A. Le Coq (Blois), — élargi comme dessus.

— — Jehan DesprezK')), à la Conciergerie par « M® Estienne Fleury, conseiller et commis à faire les procès aux accusés d'hérésie au pays de Vendosmois, « — élargi avec admonition.

— — Jehan Godehert, marchand mercier, demeurant à Blois, prisonnier dans Paris, par M*^ A. Le Coq, — élargi ut suprà.

27 mai. — Pierre Toilleau , à la Conciergerie pour avoir fait écrire une chanson scandaleuse,

(i) Je ne connais pas plus la date de la commission d'Etienne Fleury, qui était aussi conseiller au parlement de Paris, que celle d'Antoine Le Coq.

(2) Voy. ci-après les n«»s 20, 7^, iJ?9, 2-6^ 28g.

(3) Peut-être le mari de Julienne Desprej {zb mai).

poursuivi par le bailli de Blois, qui l'a fait interroger par M'' A. Le Coq. — Sa chanson sera lacérée en sa présence, lui étant tète et pieds nus en l'auditoire du bailliage de Blois, et on l'admoneste vertement.

27 mai. — Françoys Solloneau, sergent de la justice de Saint-Thomas de Blois, poursuivi par M'' A. Le Coq, — élargi en élisant domicile à Paris pour le cas où l'on aurait à revenir sur son procès.

3 juin. ■ — Marguerite Limer ay y femme de Denys Ferrant, à la Conciergerie par M'' A. Le Coq, pour blasphèmes, etc., condamnée à assister à une grand'messe à Saint- Jehan-les-Blols , à genoux, etc. et admonestée.

— — Françoise de Beaurepere, poursuivie pour hérésie par le gouverneur de la Rochelle, ainsi que Nicolas Rouillonncaii, Robert et Hierosme Foucault, père et fils, pour bris de prison. La Cour ordonne un supplément d'informations pour cause de récusation de témoins.

6 juin. — • Jehan Brosdeau, orfèvre à Montoipe, à la Conciergerie par M^ E. Fleury, pour propos, — après avoir nié en la torture, — assistera à une haute messe en l'église Saint-Laurens, dont il est paroissien et est admonesté en conséquence.

8 juin. — Jehan Rivet dit le seigneur de la Piardiere, à la Conciergerie par M^ A. Le Coq (Blois), pour blasphèmes, etc. La Cour ordonne un supplément d'informations pour cause de récusation de témoins.

13 juin. -^ Jehan Bourgeon ('', à la Conciergerie par M*' A. Le Coq (Blois), pour propos, etc. On interrogera frère Jehan de Guj'-encourt, jacobin.

15 juin. — Pierre Godet, procureur à Blois, prisonnier par la ville de Paris, par M^ A. Le Coq, pour hérésie, — élargi en faisant les soumissions accoutumées.

— — Anthoine Constant, maître de la Forge de Croisy i^), prisonnier dans Paris, par le bailli d' Auxerre, pour propos, etc., — condamné en 3o livres parisis envers le roi et à tenir prison jusqu'à complet payement de cette amende.

— — Jacques Barfhault,com.^2ignoïïSQVT\irier,Y\diX.\\ de Lagny, à la Conciergerie par le prévôt de Paris, vu ses dénégations en la torture modérée, — élargi avec admonition.

18 juin. — Jehan Lignaige, savetier, à la Conciergerie par le bailli de Meaux, assistera à une messe en commémoration des trépassés, qui sera dite le jour de Saint-Baptiste prochainement venant à l'église des CordeUers de Meaux, à genoux, etc. et admonesté.

20 juin. — « Frère Nicole Boucherat (S/, bernardin,

(i) Voy. l'arrêt du 25 juin.

(2) Croisy, Cher, ar. de Saint-Amand, corn, de Nérondes.

(3) Frère Nicolas Boucherat, de Troyes, licencié, septième, le 24 janvier i5i4, maître en théologie le 21 novembre suivant, parait avoir été emprisonné, a super quibusdam frivolis informationibusn, en décembre 1346. On verra plus

estant de présent par ordonnance d'icelle prisonnier au couvent des Chartreux de ceste ville, sera par l'un des huissiers d'icelle Court mené et conduit en l'abbaye Sainte-Geneviève du Mont de Paris, pour y tenir prison soubz la garde et charge de l'abbé de la dicte abbaj'e auquel la dicte Court a enjoinct et enjoinct le recevoir et faire garder seurerucnt »).,.. (0.

23 juin. — « Sur la requeste verbale du procureur du Roy, la Court ordonne que l'evesque du Mans baillera vicariat pour parfaire le procès à frères Loys Chesnaye, Denis Gillette, Charles Le Maire et Macé Meilleure dict du Coing (2), relligieux de l'ordre sainct Augustin demourans ou couvent des Augustins de Monthoire, accusez du crime d'hérésie, constituez prisonniers au chasteau du dict Monthoire, de l'ordonnance de M" Anthoine Le Coq, conseiller en la dicte Court, commissaire de par le Roy et la dicte Court en ceste partie, à la requeste du substitud du dict procureur général, et assistera le dict Le Coq pour le cas privilégié. »

— — Sébastian Jarron, tonnelier, se plaint d'avoir été, sous couleur d'hérésie, emprisonné par long

loin, sous la date du 25 juin, grâce à quelle ingénieuse combinaison, il parvint finalement à se faire relâcher. Il devint plus tard abbé de Pontigny près d'Auxerre, Voy. Bull, de la Soc. d'Hist. du Prot.fr. XXXVII (1888), p. 253.

(i) Cet arrêt et le suivant se trouvent dans le registre du Conseil, Xi% i56o, à la date.

(2) Voy. les n**» 265 et 353.

— lO —

espace de temps, par l'ordre de l'official d'Orléans, au lieu d'avoir été traduit devant le bailli qui est juge royal. — Élargi avec admonition.

25 juin. — Jehan de Bourgeon {^), à la Conciergerie par M^ A. Le Coq (Blois), vu les livres qu'il avait et l'interrogatoire de frère Jehan de Guyencourt, docteur en théologie, et la censure de la Faculté de théologie, élargi avec admonition, après que les dits livres auront été brûlés devant lui à la Conciergerie. — Exécuté le même jour.

— — Les religieux abbé et couvent de Sainte- Geneviève -du -Mont demandent à être exemptés de la garde de frère Nicolle Boucherai, bernardin (2), qui leur a été confié par arrêt du 20 juin. La Cour ordonne qu'il sera transféré aux Bernardins de Paris (3) sous la caution de ses deux frères Edmond et Guillaume Boucherat, avocats au Parlement.

28 juin. — Benoist Ramasset (4\ natif de Bourgen-Bresse, à la Conciergerie par le sénéchal de Lyon pour blasphèmes, etc. — La Cour ordonne un supplément d'informations.

I^^ juillet. — Michel Moyreauis), à la Conciergerie par le bailli d'Orléans, pour crime d'hérésie.

(i) Voy. plus haut, l'arrêt du i3 juin.

(2) Voy. plus haut, sous la date du 20 juin.

(3) Le couvent des Bernardins était situé entre le boulevard Saint-Germain, les rues de Pontoise, de Poissy et Saint-Victor.

(4) Voy. ci-après, sous la date du 10 septembre.

(5) Voy. les n^"^ 56 et 5j.

Etienne Champyon et Tribouteaii , nommes par la déposition de Toussainctz Grison et Silvain Champyon, comme ayant entendu les propos sacramentaires du prévenu, seront examinés dans le délai d'un mois par le bailli ou son lieutenant autre que maître Nicolle Berruycr son lieutenant générali^), sauf à voir si cet examen sera fait aux dépens de ce Berruyer.

13 juillet. — Jehan Thojnas, « paticier», à la Conciergerie par le bailli de Chartres, fera amende honorable devant l'auditoire de Dreux, puis assistera, tète et pieds nus, à une messe et refera amende honorable devant le grand portail de l'éghse, payera 20 livres parisis d'amende et tiendra prison jusqu'à complet payement.

21 juillet. — Regnault Foucquier, menuisier, à la Conciergerie pour propos, etc., par le bailli de Sens à la requête du substitut du procureur général et à l'instigation de M'' Pierre Callyn, — récuse ses témoins à charge,— ce qui entraîne un supplément d'informations.

— — Bertrand Pelloquin, à la Conciergerie pour propos, etc., par le gouverneur de la Rochelle, élargi avec admonition. Prononcé le 23.

29 juillet. — Pierre Leduc {?■), de Fourveau, poursuivi par le sénéchal d'Anjou, pour blasphèmes, etc., nommera ses témoins à décharge.

2 août. — Guillaume Oris (3), à la Conciergerie

(i) Evidemment ce lieutenant général était suspect.

(2) Voy. le n** 305.

(3) Voy. à la date du 20 août.

pour blasphèmes, etc., par le sénéchal d'Anjou, « sera mis à la torture et question telle qu'il la pourra endurer » (^\ par le prévôt de Paris.

3 août. — Jacques du Prunier dit Pommelin et Jehan Sire dit Surault fugitif, poursuivis par le bailli d'Auxerre. Le premier sera élargi avec admonition.

8 août. — Jacques de Beaulme, à la Conciergerie pour propos, etc., par le gouverneur de la Rochelle, élargi avec admonition.

13 août. — Marguerite Duché y veuve de feu Jean Thomas, poursuivie pour blasphèmes, etc., par le gouverneur de la Rochelle, élargie avec admonition.

17 août. — Marin Bellanger ^\. Robert Damesmes, à la Conciergerie par le bailli de Chaulmont, pour blasphèmes, etc. ; le livre trouvé en leur possession sera brûlé en leur présence, puis ils seront élargis. — A été exécuté le 18.

— — Jehan Morin dit Thuon, à la Conciergerie par le prévôt de Laigny, pour blasphèmes exécrables, exactions, etc., « sans égard à la clericature alléguée par lui, de laquelle la Cour le déboute », sera étranglé, puis brûlé au grand marché de Lagny et ses biens confisqués, avec le Retentiun usuel (2).

— — Jean Chrestien, à la Conciergerie par le prévôt de Paris pour blasphèmes, etc., sera élargi par le préau en attendant l'interrogatoire d'Antoine

(i) Sans doute parce qu'il était malade. (2) Il n'est pas absolument certain qu'il s'agisse ici d'un hérétique.

Richer, et si cet interrogatoire n'est pas fait dans la huitaine, sera relâciié.

17 août. — Adrien Catta/i^), à la Conciergerie, accuse d'être porteur de livres scandaleux et erronés, a été confronté à M*-' Jehan Fremyn, lieutenant des prévôts des maréchaux en Champagne et Brie, frère Nicole François, sous-prieur du couvent des Jacobins de Langres, et plusieurs autres (le parchemin est rongé à cet endroit). Mais Canal récuse plusieurs de ses accusateurs et nomme à cet eifet une série de témoins à décharge, Mathieu, potier d'étain, un cordonnier demeurant à Langres, à la porte au pain, et un nommé Michel, compagnon de Ragot, demeurant à Conchervaux (?), l'un de ceux qui amenèrent le dit Canal de Langres à la Conciergerie. Ils seront examinés pour contrôler ses récusations. Et l'on surseoira au procès contre Etienne Mularti?-), compagnon dudit Canal, aussi accusé d'être participant du port des dits livres prohibés et défendus.

20 août. — Guillaume Orysb), à la Conciergerie par le sénéchal d'Anjou, pour propos, etc., vu ses dénégations en la torture, fera amende honorable devant la principale porte de la cathédrale d'Angers, et sera banni de la sénéchaussée d'Anjou.

— — Vincent de la Vacquerie, libraire, et Andrieu Bazoche, son serviteur, à la Conciergerie par le bailli de Vermandois ou son Heutenant général au siège

(i) Voy. le n° 88.

(2) Voy. Ibidem.

(3) Voy. à la date du 2 août.

de Reims, pour avoir été trouvés « saisis de plusieurs livres réprouvés et censurés », — vu les dénégations de la Vacquerie en la question extraordinaire à laquelle il avait été condamné le lo mars précédent, — ce dernier fera amende honorable devant la cathédrale de Reims, puis ses livres seront brûlés en sa présence et il sera banni du royaume pour 3 ans. Son domestique, admonesté, assistera à l'exécution de ce jugement.

26 août. — L'évêque de Chartres dit qu'il a fait parfaire par son officiai le procès deCO, accusé d'hérésie, et demande à la Cour de déléguer des conseillers au jugement. Celle-ci lui permet de désigner tels conseillers « que bon luy semblera » '2}.

27 août. — Michel Poincteau (3), au châtelet d'Orléans par le bailli de cette ville, pour propos, etc., sera amené à la Conciergerie du Palais à Paris.

10 septembre. — Benoist Ramasset{^),co\xX.\ir\eVy natif de Bourg-en-Bresse, à la Conciergerie par le sénéchal de Lyon, pour propos sacramentaires, sera mené et brûlé vif à la place Maubert à Paris. — A été exécuté le même jour.

15 septembre. — Noël Marjolm, à la Conciergerie par M® Claude Dezasses, assistera à une

(i) Le nom est resté en blanc.

(2) Cet arrêt se trouve dans le registre du Conseil X^» i56o, à la date, et à été reproduit dans les Preuves des libertés de V Eglise Gallicane, t. II (i63i) p. 716.

(3) Voy. à la date du ler octobre.

(4) Voy. ci-dessus, à la date du 2S juin.

grand'mcssc qui sera dite à la cathédrale de Tours et suivie d'une prédication, puis fera amende honorable devant le grand portail, sera fustigé par trois divers jours par les carrefours de la ville, le dernier de ces trois jours tourné trois fois au pilori (0, et enfin banni du roj'aume à perpétuité et ses biens confisqués.

23 septembre. — Jehan Foursault dit Mezon, à la Conciergerie par le bailli de Troyes pour blasphèmes, etc., fera amende honorable devant la grande église de cette ville, sera fustigé par trois divers jours, banni à perpétuité du royaume, et ses biens confisqués.

I^'" octobre. — Michel Poincteau,{^) à la Conciergerie par le bailli d'Orléans, «attendu la pénitence jà par lui faicte et que lui même s'est déféré (?) )), assistera à une haute messe du Saint Sacrement à Sainte-Croix, suivie d'une prédication, et ne fréquentera plus gens «prêchant» mauvaises doctrines.

— — Jacques Conversai), à la Conciergerie pour

(i) a Le pilori était une tour octogone avec un rez-dechaussée et un seul étage au-dessus, percée tout autour de hautes croisées; au milieu de cette tour se trouvait placée une roue de fer mobile, percée pareillement de trous par lesquels on faisait passer la tête et les mains des patients, exposés aux regards du peuple pendant trois jours de marché, trois heures chaque jour; de demi-heure en demiheure on faisait tourner la roue pour leur faire faire le tour du pilori.» {Paris à travers les âges, les Halles, p. Sg.)

(2) Voy. à la date du 27 août.

(3) Voy. les nos ^5, q6, gj, 116, 145, 148, i5o, 354.

hérésie; Jean Morin, lieutenant civil de la prévôté de Paris est commis pour lui parfaire son procès.

I^*" octobre. — Jacques Dumouschet U),2i la Conciergerie par le bailli de Sens, pour blasphèmes, etc., nommera les témoins prouvant le bien fondé de ses récusations.

3 octobre. — Jehan Desprez dit du Senlis, à la Conciergerie pour blasphèmes, etc., par le prévôt royal de Chambly C^), fera amende honorable devant l'église de ce lieu, sera fustigé par trois divers jours, banni du royaume à perpétuité et ses biens confisqués.

— — Pierre Gabilleau, à la Conciergerie par A. Le Coq, pour hérésie, fera amende honorable devant l'église du grand marché de Montoire, y écoutera une prédication exhortatoire, puis sera fustigé de verges devant la même éghse.

20 octobre. — Jehan Bonnet, à la Conciergerie par le bailli de Sens, pour hérésie; on contrôlera ses récusations.

3 décembre. — Robert Bouete, conseiller, rend compte de son voyage à Fontainebleau où il a vu le roi de la part de la Cour.... « Finallement le Roy veult et encharge Messrs de la Court, de faire et d'administrer bonne justice et principalement pourveoir sur le faict des lutériens. ))(3/

(i) Voy. le n° i3.

(2) Chambly, Oise, ar. de Senlis.

(3) Cet arrêt se trouve dans le registre du Conseil X^» i56i, à la date.

23 décembre. — « Après avoir ouy par la Court frère René Gnniicr, relligieux, prieur du Couvent des Carmes de Tours, sur les charges et informations contre luy cy-devant faictes sur aucunes propositions par luy preschées à Monstrueil-Bellay ('), et pour raison desquelles il a dit avoir satisfaict à la pénitence à lui infligée par sentence contre luy donnée par Tevesque d'Angers, et après que Le Maistre pour le procureur général du Roy, ayant récité aucunes des responses contenues par les dictes informations, et qu'il a requis, actendu que le dict Garnier estoit Docteur en Théologie, que néantmoing il auroit dogmatizé, et n'estoit la peine à luy ordonnée pour réparation des propos par luy preschés contre la foy chrestienne, condigne à la faute, estre receu appelant comme d'abus de la dicte sentence du dict evesque d'Angers, et tenu pour bien relevé : et en ce faisant qu'il fust de nouvel interrogé, et ce pendant envoyé prisonnier, ou bien que la Court voye la sentence, et ce pendant qu'il tienne prison. Sur quoy, la matière mise en délibération, la Court a ordonné qu'au premier jour les gens du Roy seront ouys en l'appelation comme d'abus par eulx présentement interjectée, et partie adverse au contraire y défendra à toutes fins : et ce faict, estre par la dicte Court ordonné ce qu'il appartiendra par raison, et ce pendant ordonne la dicte Court, en coadjutant la jurisdiction ecclésiastique, que le dict Garnier ira présentement au monastère Saint-Martin des champs en ceste ville de Paris, et y tiendra Tarrest, luy défendant la dicte Court d'en

(i) Montreuil-Bellay, Maine-et-Loire, arr. de Saumur.

partir, et au prieur du dict monastère le laisser sortir, jusques à ce que autrement par la dicte Court en ait esté ordonné, et quant à frères Louys Joulin et René Bodin, relligieux présens, se retireront au Couvent des Carmes en ceste ville de Paris, pour y vivre soubz l'observance régulière du dict couvent » (0.

Chronologiquement on devrait pouvoir insérer ici les extraits du registre criminel de novembre 7/^7 à avril 1J4S. Or j'ai déjà remarqué (p. LXX) que ce registre manque aux Archives nationales. Ce fait, joint à l'importance du registre de inai à octobre 1J48 intégralement reproduit ci-après, m'a décidé à ne numéroter les arrêts qu'à la suite de cette lacune.

(i) Cet arrêt se trouve dans le registre du Conseil X^» 1551 et a été reproduit dans les Preuves des libertés de l'Eglise Gallicane t. II (i65i) p. 728. Voy. aussi le n*^ 1S2.

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