‹ La Chambre de commerce de la Province de NormandieChapitre 29 sur 89 · I.l; IIATIMLNT C.(JNSUI.AIRI. IjJ · texte numérisé non relu

I.l; IIATIMLNT C.(JNSUI.AIRI. IjJ

Ix'S avis de kl compa^nit' pris, il fut délibéré d'avis uniforme que le téneiiieiit de maisons appartenant aux frères Uézuquet serait acheté au nom de la compagnie et qu'il en serait passé contrat de vente incessamment aux conditions convenues et la compagnie nomma le prieur, les deux consuls et le procureur-syndic commissaires pour passer ledit contrat de vente, les priant de voir l'intendant pour obtenir la décharge des droits d'amortissement tant de la maison Bé/.uquet que de celle ci-devant acquise de la dame Cuillier, attendu que lesdites maisons sont pour lusage de la juridiction et des marchands et pour le service du public -, et au surplus, la compagnie délibéra que la somme de quatorze mille livres qu'il conviendrait débcnirser pour ladite acquisition, serait prise sur les deniers adjugés à la compagnie par arrêt du Conseil du S août 171 ;^ sur l'octroi, et le tout conforme audit arrêt ( i).

Le 26 novembre 1717, la vente était faite par Pierre Bézuquet marchand à Rouen demeurant rue des Charrettes, maître Nicolas Bé/uquet prêtre curé de Biville-la-Riviére, et Louis Bé/uquet marchand à Lyon, héritiers de dame Anne Le François leur mère, aux prieur et juges consuls des marchands, d'un grand corps de maison attenant et joignant la juridiction consulaire, ayant entrée et sortie tant par la rue des Charrettes que par la rue de l'Estrade, consistant en une grande cour, puits, quatre caves, une cuisine, une grande salle, un magasin, une écurie, avec toutes les chambres, cabinets et les greniers par dessus, le tout de fond en comble, borné d'un côté et d'un bout les susdites rues de l'Estrade et des Charrettes, d'autre côté les sieurs Millet et Blanchard ou leurs représentants, et d'autre bout la juridiction consulaire : ladite vente faite aux prix et charges acceptés par la délibération du 6 juillet.

La juridiction possédait maintenant sur la rue de l'Estrade tout l'espace compris entre la rue des Charrettes et la rue de la Lanterne, c'est-à-dire le terrain qui sera au xvni° siècle éditié du bâtiment consulaire qui est encore aujourd'hui en façade sur la rue Nationale.

Elle s'occupa presque aussitôt d'étudier la construction à faire sur l'étendue de sa nouvelle acquisition en vue de loger la chambre de commerce et les services en souffrance. Elle nomma quatre commissaires, MM. De la Rue, Fossard, Guillebon et Chenu (2), directeurs des bâtiments de la juri-

(i) Arch. Seine-Inf. C. 216.

(2) De la Rue (Jacques), élu second consul en 1707 ; Fossard (Pierre), procureur-syndic en janvier 171S,

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diction. Le 12 septembre 1718 (i), l'un d'eux, M. De Ui Rue, communiquait à la chambre de commerce le plan dressé par le sieur Jarry architecte du nouveau bâtiment à construire, pour ce qui concernait la chambre el, après l'examen, le sieur Jarry avait promis de donner à l'assemblée procliaine un devis pour la dépense à faire (2). Dans l'assemblée suivante (19 septembre), la chambre examinait, avec les directeurs nommés pour les bâtiments de la juridiction, le plan desdits bâtiments dressés par le sieur Jarry (3). Le procèsverbal reste muet sur la critique qui en fut faite ; mais dans l'assemblée i^cnérale tenue le 14 décembre suivant, la compagnie a fait entrer le sieur Jarrv qui a présenté un nouveau plan des bâtiments (4). Après quoi on n'entend plus parler ni de Jarry ni de plans pour la chambre de commerce, il semble qu'on ait renoncé à cette construction particulière pour envisager une reconstruction générale, dont la vétusté des bâtiments va imposer la nécessité.

En lyiq, la juridiction fut un moment troublée par la communication que lui lit l'intendant des ordres qu'il avait reçus du Conseil au sujet des réparations du Bailliage et de la Vicomte, que le Régent souhaitait être faites à frais communs par l'octroi de la ville et par celui du commerce, dont la dépense pouvait monter à douze mille livres. MM. du Siège avaient remontré à l'intendant qu'il conviendrait beaucoup mieux accorder ces fonds à la juridiction pour la bâtir, que de lui en demander pour la réparation du Bailliage et de la Vicomte. L'intendant avait fait réponse que cette affaire donnait ouverture à leur demande, que, comme la compagnie avait déjà délibéré que l'on chercherait les moyens d'obtenir les fonds pour bâtir la juridiction et faire une place couverte pour la commodité des marchands, si elle était encore dans les mêmes sentiments, il serait à propos d'y penser sérieusement -, et comme l'on ne pourrait parvenir à ce dessein que la compagnie s'était proposé, sans mettre quelques personnes dans ses intérêts, il conviendrait que la compagnie nommât des commissaires pour, conjointement avec

prieur en 1716 ; Guillebon (Jacques-Claude), procureur-syndic en juillet 1715, prieur en 1717 ; Chenu, deuxième consul en 1716.

(i) C'est sans doute à cette occasion que fut relevé le plan de 171S conservé à la Bibliothèque nationale (Départ, des Estampes Va 382), dont le calque, pris sur l'original par M. Charles Wallon, architecte, a été réduit par lui pour la présente publication.

(2)Reg. desdélib., III, 85.

(4) Ilmi., 96.

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