‹ La Chambre de commerce de la Province de NormandieChapitre 30 sur 89 · I.K BATIMENT CONSUI.AIKI; I · texte numérisé non relu

I.K BATIMENT CONSUI.AIKI; I

le sic,t;c chercher les moyens coiivenahles d'v arriver et les iiiitoriscr Je faire les f^raliticalions convenables à ceux i.|ui pourraient aider à obtenir l'ellct voulu, soit à Uouen. soil a Paris.

Lacompai^nie, à laquelle le prieur avait rapi-iorté son entretien avec l'intendant, délibéra d'abord que MM. du Siège iraient chez l'intendant lui faire les remontrances nécessaires au sujet des réparations à faire au Bailliage et à la Vicomte, et de demander que, si l'on était obligé de payer quelque somme conjointement avec l'octroi de la ville, du moins elle fut lixe. Klle délibéra en outre que MM. du Siège, conjointement avec .MM. I.e (buteulx des .\ubris et i'ommeraye ( i ) se retireraient vers l'intendant pour obtenir, avec la permission de bâtir la juridiction, les fonds à ce nécessaires; elle les autorisa à faire toutes les dépenses utiles pour y parvenir, soit à Rouen ou à l*aris, par gratifications, dépenses de voyage ou autrement ; après la permission obtenue, MM. De la Rue et Fossard seraient priés de se joindre à MM. des Aubris et Pommeraye pour faire faire le devis et tout ce qui serait nécessaire à ce sujet (12 octobre 17 19).

Mais bientôt la réparation ne suffit plus. La maison consulaire était si ancienne et si caduque qu'elle ne se soutenait dans la plus grande partie que par des étais posés en dedans et au dehors. L'emplacement d'ailleurs était d'une trop petite étendue, surtout pour la bourse qui ne pouvait contenir tous les marchands qui étaient obligés d'y venir pour leurs négociations. Kn 1724 la juridiction lit des représentations au contrôleur général et sollicita la démolition du vieux bâtiment, la construction d'un nouveau et l'acquisition des maisons nécessaires pour ce dernier, en demandant que ces dépenses fussent prises sur l'octroi des marchands régi par la compagnie.

M. Dodun répondit de Versailles le 8 avril 1724 a M. de Gasville. intendant, qui avait présenté et appuyé la requête des consuls, par la lettre suivante :

11 J'ay receu la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 24' du mois passé au sujet de la permission que demandent les juges consuls et communauté des marchands de la ville de Rouen de démolir le vieux bâtiment de la bourse, pour en construire une nouvelle, avec les autres bâtiments néces-

(i) Le Couteulx des Aubris, qui avait e.\ercc la juridiction consulaire avant la création de la chambre de commerce, avait été nommé syndic de celle-ci pour deux ans en décembre 171 1 ; Pomnierave, élu procureur-syndic en 1709, prieur en 171 1.

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saircs pour tenir la juridiction consulaire, les assemblées de la chambre de commerce et le bureau de Toclroy des marchands, .le trouve, ainsy que vous, que l'on peut leur acct)rder cette t;race. Mais il est nécessaire que vous fassie/ au préalable un devis estimatif de tous ces ouvrages et que vous sachiez à quoy pourra monter le prix des maisons qu'ils doivent achepter pour l'emplacement de ces nouveaux édifices, à l'ellét de lixer sur le pied de ces dépenses la proloni^ation de l'octroy sur lequel ces frais doivent estre pris. Après quoy |e vous prie de ni'envover un projet d'arrest pour terminer cette a Ha ire. »

Mais l'octroi des marchands, qui devait fournir les fonds nécessaires pour réaliser les projets de la juridiction, eut à cette époque à répondre à d'autres besoins, tels que la réunion d'offices, pour laquelle il eut à payer deux cent trente mille livres tant au trésor royal qu'aux traitants : ce qui ajourna l'exécution de ce que demandait la lettre du contrôleur j^énéral.

Cependant la maison consulaire menaçait de plus en plus une ruine prochaine. Dans l'assemblée du 8 mars ly^i, le prieur Béhic rappelle la délibération du 12 octobre 1719; il remontre la nécessité de rebâtir la juridiction dont le fondement s'effondre, qu'il faut étayer et fréquemment réparer à grands frais, sans conjurer le péril pour ceux qui y vont et viennent. Sur sa proposition, la compagnie ratifie et confirme la délibération d'octobre 1719, renomme les mêmes commissaires, qu'elle autorise à faire tant à Paris auprès du ministre qu'à Rouen auprès de l'intendant toutes les démarches utiles pour faire aboutir leur requête, dont ils feront valoir les motifs dans un placet auquel ils sont priés de travailler avec Messieurs du Siège.

Cette résolution ne parait pas avoir produit d'effet : car le 10 décembre 1732, sur la représentation que fit le prieur qu'il n'avait été rien statué, et que la nécessité d'une réédification totale s'imposait, la compagnie délibéra : I" qu'il convenait de travailler à ces besoins pressants, qu'à cet efièt, pour tenir un ordre, il serait fait un registre de délibérations au commencement duquel les deux délibérations des 12 octobre 1719 et 8 mars 1^3 1 seraient transcrites et ensuite tout ce qui serait décidé dans les assemblées qui se

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feraient à ce sujet (i); 2° qu'il serait présenté requête à l'intendant pour, sur son ordonnance, être dressé procès-verbal de l'état des bâtiments.

I,a requête datée du 10 décembre s'exprimait ainsi :

" Supiient humblement les prieur, ju^es consuls et procureur sindic des marchands de cette ville de Rouen, disant que le bastiment où se tiennent la jurisdiction consulaire, la bourse publique des marchands, la chambre de commerce, la recette et la direction de Toctroy sur les marchandises, est si caduque par sa vétusté, que depuis plusieurs années et récemment en cellecy, on a esté obligé de placer plusieurs étays en ditlérents endroits au dedans et au dehors et de soutenir la plus grande partie des sommiers qui sont rompus, a\ec de torts liens de ter d'espace en espace, en sorte que tout y menace une ruine prochaine et met les supliants ainsy que ceux que les alt'aires amènent à la juridiction, à la bourse couverte, à la chambre de commerce et à Toctroy, dans un péril imminent de leurs vies. Le commerce a mesme esté obligé d'emprunter le cloistre des Cordeliers pour tenir la bourse et les religieux n'entendent le prester que pour peu de temps.

« .A ces causes, Monseigneur, il vous plaira ordonner qu'il sera fait visite des lieux, nommera cet ellél un architecte pour en dresser procès-verbal, sur lequel à vous raporté sera statué ainsy qu'il apartiendra et vous ferez justice. «

L'intendant de la Bourdonnaye répondit dès le surlendemain à la requête en ordonnant que par le sieur Martinet, ingénieur du Roi, il serait dressé procès- verbal de l'état actuel des bâtiments de la juridiction consulaire, pour, sur ledit procès-verbal, les suppliants se pourvoir ainsi qu'ils aviseraient bien être.

Six jours après, le procès-verbal était fait. « Tout le bâtiment, dit-il, est construit de bois très ancien et caduc; le plancher au dessus de la bourse publique est soutenu par des poutres, sur 1^ milieu desquelles sont construites les cheminées de la salle d'assemblée et de la salle du conseil, avec encore celles du logement du greffier, les cloisons de séparation des distributions, tout portant à faux ; aussy y en a-t-il de cassées, d'autres ployées en contre-bas, par conséquent le dessus des planchers très enfoncé, presque tous hors de leurs assemblages avec les pots qui les doivent porter, de ma-

(i) C'est le registre qui est actuellement aux archives du département et dans lequel nous puiserons les documents de ce qui va suivre.

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nièrc que la principale face du bâtiment sur la rue des Consuls est écartée du plancher d'environ trois pouces.

(( Pour remédier aux accidents qui n'auroient pas manqué d'arriver, il y a quatre étais de placés dans ladite rue, apliquez contre la face pour arrester, autant que faire se peut, son écartement et l'accroissement de son surplomb \ et pour empescher la chute des poutres cassées et ployées et des planchers, elles sont armées de fer ; encore mieux, l'on a posé dessous des pots avec des semelles et des lacets, tant au rez de chaussée qu'au premier étai^e.

« Toutes ces précautions sont bonnes pour faire subsister le bâtiment encore un peu de temps, mais non pas sans danger tant de leur chutte que de l'incendie, les cheminées estant toutes lézardées.

(I Joignant à ce bâtiment, sur la même face de la rue des Consuls, est une petite maison qui sert de logement à deux concierges de la juridiction et de l'octroy. Dans Tune des chambres l'on a pratiqué une buvette avec un

cabinet pour serrer les robbes -, dans laquelle chambre et cabinet nous

avons remarqué que les planchers sont enfoncez, les poutres ployées et pourries ; dans le mur contre le voisin, sur lequel il y a une gouttière, une desdites poutres est cassée environ au tiers de sa longueur et pour en empescher la totale ruine et les accidents, elles sont armées de fer et étavées avec des pots, semelles et lacets.

" Ensuitte nous avons visité le petit bâtiment où est placé le bureau de la

recette de l'octrov Ayant descendu dans la cave sous ledit bureau de

recette et examiné les poutres et les soliveaux qui portent le plancher, nous les avons trouvés entièrement consommez de pouriture, ce que nous avons reconnu aprez les avoir sondez en divers endroits. Quoiqu'il y ait sous ce plancher plusieurs étais, ils n'ont pu empescher son enfoncement, la pouriture des bois n'ayant pu soutenir le poids des autres étais qui sont placez au rez de chaussée dans le bureau de recette sous une poutre cassée et l'autre pourie dans ses bouts.

« Au premier étage au dessus du bureau de recette, il y a une chambre qui servoit cv devant de buvette, qui est abandonnée à cause de la prochaine ruine qu'elle anonce par ses fréquentes fractures et l'allaissement du plancher qui prend chaque jour de l'accroissement, quoique les poutres soient étayées. L'on est cependant obligé de la traverser avec le corridor qui la suit pour aller à la buvette et dans le cabinet où Ton met les robbes. Au dessus de cette chambre au second étage en est une autre en pareil état, le

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plancher du f;renicr est aiissy semblahle; Ton iic peut habiter ces heiix sans une juste crainte d'estre accablé sous les ruines, les bois estant use/ de vétusté et ix)uriture.

" Kn face du bâtiment de l'octrox el vis à vis est un autre petit bâtiment qui ne tire son jour que sur la mesme petite cour : le re/. de chaussée sert de bûcher, dans le premier étai^e est une chambre où sont dépose/, les registres et papiers des banqueroutiers. Ce bâtiment ne nous a point |\iru aussy caduc que celuy de l'octroy, cependant très ancien ; nous n'avons rien trouvé qui nous puisse anoncer une ruine prochaine autre chose que la galerie qui communique dans ladite chambre, qui est atraissée, dont partie des bois sont pouris.

" De tout ce que dessus nous avons rédigé notre présent procès verbal, pour servir ainsv qu'il aparliendra, que nousavons signé à Rouen le iS" décembre 1 7;-Î2.

« Maktinkt ».

.\vec ce procès-verbal de l'ingcnieur du Roi, la compagnie adressa un placet au contrôleur général pour obtenir sur Toctroi des marchands les tonds nécessaires pour la réédilication du bâtiment consulaire (9 janvier ijlv^).

Il Comme l'octroy des marchandises ne tire son produit que du

commerce des supliants. dit la requête, et que sur ce mesme octroy ont esté assigne/ des fonds pour dépenses estrangèrcs au commerce (si l'on excepte Je lazaret du Hocq) comme la construction du bâtiment de la Romaine, la réparation du pont de bateaux, celle du bailliage, celle du collège des jésuites, et en dernier lieu celle pour la décoration du chœur de l'église cathédrale de Rouen, les supliants se tîattent, Monseigneur, que "Votre Grandeur se portera encore plus volontiers à leur accorder sur l'octroy des marchandises la grâce de faire une dépense qui est essentiellement utile au commerce.

« Ce considéré. Monseigneur, plaise à Votre Grandeur accorder aux supliants arrestqui ordonne qu'il sera incessamment procédé à la démolition du vieux bâtiment de la maison consulaire et à la construction d'un nouveau, tant pour y faire une nouvelle Bourse que pour bastir les lieux nécessaires à tenir la juridiction consulaire et son greffe, celui des assurances, les assemblées de la chambre de commerce, la direction et la recette de l'octroy des marchandises-, qu'au préalable le plan pour la nouvelle construction, les toisé et devis estimatif des ouvrages seront dressez sous les ordres de M. le

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commissaire dcparty ; qu'il sera permis aux supliants d'acquérir les maisons nécessaires pour l'emplacement, moyennant les prix, clauses et conditions que M. le commissaire départy estimera les plus convenables, et que le montant de l'adjudication desdits ou\rat;es, ensemble le prix des maisons à acquérir, seront pris sur le produit des droits d'octroy des marchandises, soudes et bois de teinture, parce que les supliants seront autorisez de faire l'emprunt des sommes nécessaires par contrats de constitution ou obligations, et d'y affecter les deniers provenants dudit octroy, dont sera prorogée la jouissance pendant le temps que Votre Grandeur jugera à propos, pour en compter, comme il est accoutumé, par devant M. le commissaire départy, et les supliants continueront leurs vieux pour la santé et la prospérité de Votre Grandeur. »

La compagnie avait envoyé une copie du placet à M. Pasquier, député, en lui écrivant, ainsi qu'à son prédécesseur et beau-père M. Godeheu, pour les prier de l'appuyer et d'en solliciter les fins. Tous deux assurèrent la compagnie de leur concours. Mais, M. Pasquier étant tombé malade, et le prieur ayant représenté dans l'assemblée du 2 r février que la nécessité de rééditier le bâtiment de la juridiction était plus pressante que jamais, parce qu'il se répandait dans la ville des bruits que d'autres communautés, à l'exemple des pères Jésuites et de MM. du chapitre de Notre-Dame, demandaient à prendre des fonds sur l'octroi pour bâtir, la compagnie arrêta de députer à Paris M. Amaury, ancien prieur, pour solliciter assidûment et conjointement avec MM. Pasquier et Godeheu l'arrêt du Conseil. M. Godeheu approuva la compagnie d'avoir pris le parti le plus solide, en chargeant M. Amaury de se rendre à Paris dans le temps que M. de la Bourdonnaye y ferait son séjour.

Cependant M. Pasquier, rétabli, avait été voir M. Fagon. Il rendit ainsi compte de son audience : « M. Fagon me dit qu'il en avoit conféré avec M. le contrôleur général; qu'avant toute chose, M. le contrôleur général vouloit qu'il fust dressé un plan figuratif des bâtiments tels qu'ils sont, qu'ensuite on en fist un autre de ceux que l'on se propose d'élever, avec un devis estimatif juste de ce que ces ouvrages cousteront; qu'à cet effet M. le contrôleur général doit écrire à M. l'intendant pour faire faire ces plan et devis, de les luy envoyer et après cela il décidera ce qu'il y aura à faire. »

Le contrôleur général Orrv écrivit en effet le 3 mars à l'intendant pour le prier de donner ordre au sieur Martinet de dresser un plan fort exact de

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rétat aclucl des bàlinicnts, Je marquer sur ce plan les endroits défectueux, de joindre à ce même plan les Kitiments qui en dépendent, de dresser un plan de redressement de ces hâtiments et un devis circonstancié de ce qui en coûterait, de donner un autre plan d'une construction nouvelle et d'v joindre un devis exact et circonstancié de ce qu'elle coûtera.

M. l^isquier repris de son indisposition, M. Amaurv était venu à l'aris, où W. Fosse, inspecteur général du commerce, voulut bien se joindre à lui pour solliciter l'arrêt. Le 5 avril il rend ainsi compte de l'audience du contrôleur général. M. Fagon l'avait introduit lui-même dans le cabinet du ministre : « Voilà à présent M. Amaurv que je vous présente en député de sa compagnie pour vous demander un bâtiment. — je n'av vraiement pas trop d'envie de cela, répondit M. le contrôleur général, nous ne sommes guère en estât de bastir. » M. Fagon répliqua : " 11 faudra voir cela. Vous avez demandé trois choses à M. de la Bourdonnave. Quand elles vous auront esté envoyées, nous raisonnerons avec M. Amaury pour prendre un parti. — Il faudra bien faire quelque chose pour luy ». répondit M. le contrôleur général. Alors je pris la parole pour le remercier, et j'entray dans un détail déraisons pour demonstrer la nécessité de bastir pour donner une juridiction et une bourse au commerce de Rouen, pour faire voir que notre demande n'avoit pour objet que l'utile et que s'il vouloir bien nous donner sa confiance et s'en raporter à nous, nous ferions une dépense qui seroit extrêmement ménagée. Je lis voir que notre emplacement ne pouvoit pas suffire, etc., en un mot je débitay ma marchandise pendant une petite demv-heure sans estre interrompu, et enlin M. le contrôleur général, en riant de tout son cœur, et regardant M. Fagon, dit : <> Voilà vrayement de belles et bonnes raisons, je ne say pas comment nous nous en tirerons ». M. Fagon répondit : « Quand nous aurons tous les plans, nous voirons au juste de quoy il sera question. Cela n'est pas prest encore. Ainsy les solicitations de M. Amaury vont se tranquiliser. Nous le voirons en attendant pour autre chose. Tout fut dit avec beaucoup de bonté et d'amitié. M. Fosse apuva bien sur ce que nous ne demandions que le nécessaire et comme il estoit deux heures et que Ton annonçoit le disné de M. le contrôleur général, M. Fosse et mov nous nous retirâmes et le laissâmes avec M. Fagon. . . »

Au mois de mai, les plans et devis avaient été envovés par l'intendant au contrôleur général. .M. Amaurv n'était pas retourné aussitôt à Paris, parce qu'il avait été informé qu'il ne serait rien décidé sur le bâtiment qu'au retour

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du vovage de Compiègnc et jusqu'à ce que M. Fagon fût aussi de retour de sa campagne au commencement d'août.

Le 27 août, le prieur représentait à la compagnie « que depuis quelques jours les bâtiments de la juridiction paroissent menacer plus que jamais une ruine prochaine, plusieurs des étays qui ont cy-devant esté mis tant sur le rez-de-chaussée qu'au dedans desdits bâtiments, paroissant prest à sortir de leur assiette par le mauvais estât d'iceux ; ce qui ne peut estrc occasionné que par la caducité des fondements, ainsv qu'il a esté employé au procèsverbal qui a esté dressé le mois de décembre dernier, sous les ordres de M. l'intendant, que depuis ce temps certains endroits desdits bâtiments ont baissé de près de deux pouces. Pourquoy il seroit à propos d'informer M. Amaury, député de la compagnie auprès de M. le contrôleur général, pour solliciter de relever à neuf lesdits bâtiments de ce nouveau dépérissement, afin que ledit sieur Amaury soit en estât de luy faire connoistre de plus en plus l'interest que le public a à ce que le placet soit répondu promptement; que Ton pouvoit mesme écrire à M. Fosse répondant à la lettre qu'ila écritte à la compagnie le 19 mars, pour le remercier de ce qu'il veut bien se joindre à M. Amaury pour solliciter les fins de notre placet et l'engager à redoubler ses soins pour y réussir; qu'il seroit encore à propos de présenter requeste à M. l'intendant pour estre permis de faire dresser procès verbal du déchet desdits bâtiments depuis celuy qui fut dressé au mois de décembre, pour ensuite l'envoyer à iVÏ. Amaury en ce qu'il poura s'en aider pour convaincre M. le contrôleur général de la justice des remontrances que la compagnie luy a faites à ce sujet »

La compagnie écrivit le même jour à M. Fosse et à M. Amaury pour les prier de redoubler leurs soins et elle ajoutait en post-scriptmn à la lettre adressée à celui-ci : « Le déchet de notre bâtiment est si considérable que, depuis notre lettre faite, nos anciens consuls nous menacent de cesser de se trouver aux assemblées ordinaires d'octroy et de commerce, mesme de nous aider aux affaires de jurisdiction, si nous ne leur procurons pas un apartement où ils se croient en sûreté. Enfin il vient d'estre convenu que toutes assemblées se feront en la chambre de buvette, comme la meilleure, quoyque, comme vous le savez, elle ait eu besoin d'estre étayée depuis trois ou quatre rnois. . . En vérité l'affaire demande prompte décision pour prévenir les accidents auxquels il n'y auroit plus à remédier lorsque nous les

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voirions. Hicusoit notre garde-, (liunoiis risquons tout à tenir notre nudience dans ces bâtiments »

I.e ■' sc|Mcinbrc, l>i compagnie adressait à l'intendant la requête suivante :

a Suplicnt luinihlemenl les prieur, juges consuls et procureur sindic des inarcliands de cette ville de Rouen, disant que le iS décembre dernier, en conséquence de votre ordonnance du 12, il a esté dressé procès verbal de la caducité des bâtiments de la jurisdiction, bourse publique des marchands, chambre de commerce et direction de l'octrov ; que, quoy quil soit constant parce procès verbal que Ton ne peut hanter ces bâtiments sans risque, les supliants n'ont encore pu obtenir au C-onseil, où ils se sont pourvus, la permission de rebâtir à neuf, ce qu'ils ont interest d'obtenir incessamment tant pour la seureté publique que pour la leur propre, d'autant que ces bâtiments dépérissent tous les jours, soit enlin en ce que plusieurs des étaysqui ont esté posez pour le faire subsister, force/ par le tardeau de ce qui est au dessus, quittent leur aplomb, que parce que quelques planchers se disjoignent de nouveau des paroys, de sorte que M" les anciens prieurs, juges consuls, sindics de la chambre de commerce et directeurs de l'octroy, ne trouvant plus de seureté dans lesdits apartements, ne veulent plus \- tenir leurs assemblées.

« Ce considéré, Monseigneur, il vous plaise ordonner qu'il sera fait une nouvelle visite des lieux, à cet ellet nommer un architecte pour dresser procès verbal du dépérissement desdits bâtiments depuis le mois de décembre dernier, et ledit procès verbal vous estant raporté, ordonner qu'il en sera délivré une copie aux supliants, aux fins par eux de se pourvoir de nouveau au Conseil de Sa Majesté sur la nécessité de rebâtir à neuf tous lesdits bâtiments. Et vous ferez bien . »

Dès le lendemain, la requête était répondue et le procès-verbal dressé. .M. Martinet avait trouvé que le plancher de la chambre du greffier au-dessus de la chambre du conseil, était beaucoup plus enfoncé; qu'il s'était écarté du mur de refend d'environ un pouce, ce qui avait occasionné la cassure des plâtres et la chute de quelques morceaux des entrevoux des soliveaux dans ladite chambre du conseil ; que, dans le bureau de la recette de l'octroi, les pieds des étais s'étaient enfoncés dans les poutres, à cause de la pourriture, de trois quarts de pouce: les étais, qui étaient posés sous le plancher de la cave, étaient aussi enfoncés dans la terre, qui était souvent remplie d'eau -,

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