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CHAPITRE VI

quand la rivicro était haute, ces mêmes eaux filtraient dans toutes les fondations des bâtiments : aussi n'avaient-ils aucune solidité et la plus grande partie étaient desserres et hors de leur aplomb. Ces enfoncements nouveaux avaient occasionné les brisements et les fractures qui avaient été entendus. Pour prévenir les accidents, l'expert estimait qu'il convenait étayer les travers des soliveaux des planchers depuis le fond de la cave dans tous les étages jusqu'au grenier, ce qui n'avait pas été fait, parce que lesdits étaiements rendraient ces bâtiments inhabitables.

Le 10 septembre, M. Amaury rendait compte en personne de toutes les démarches qu'il avait faites tant auprès du contrôleur général que de M. Fagon, pour obtenir le nouveau bâtiment sur le plan qui en avait été envoyé par l'intendant, et de toute la bonne disposition en laquelle le contrôleur général était d'accorder cette demande. Pour y parvenir, le ministre avait commis, par ordre du Roi, le sieur Blonde!, architecte, pour visiter les anciens bâtiments de la juridiction, ainsi que ceux qui y sont contigus et qu'il convient d'acquérir, et M. Amaury avait reçu ses ordres pour donner les instructions nécessaires au sieur Blondel pour l'exécution de sa commission.

Dans le courant du mois, l'architecte Blondel était venu à Rouen et avait rendu compte de sa visite au contrôleur général, dont la conviction était faite. Car le i5 octobre, M. Fosse écrivait à la compagnie : « .l'oserois vous assurer du succès et que vous aurez mieux que ce dont vous vous étiez flattés, à moins qu'il n'arrive quelque contre temps que je ne puis prévoir. Je feray en sorte de mettre les choses en état que M. Amaury, avec son talent de bien dire et de persuader, ne soit pas obligé de faire icy long séjour et qu'il en reparte avec une décision à votre satisfaction. »

M. Amaury écrivait de Paris, le 12 décembre, à la compagnie :

« Messieurs, j'eus hier l'honneur devoir M. Fagon ; j'en fus receu très favorablement. Après l'avoir entretenu d'affaires particulières, je lui demanday si je pouvois enfin espérer une décision favorable au sujet du bâtiment que nous demandions. Il me dit avec satisfaction qu'il avoit mis cette afiaire en règle pour ne me pas faire languir à mon arrivée, que les plans, devis estoient prests ; que j'eusse à les voir en son bureau ; que tout estoit au mieux et enfin que M. le contrôleur général m'accordoit ma demande, qu'il feroit dresser incessamment l'arrest, après que nous aurions conféré ensemble sur l'arrangement et la forme dans laquelle il doit estre conceu ; que nous n'avions qu'à acheter les maisons en question. Je luy dis que nous avions

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