I.i: IIAIMMICNT roxSUI.MKF. I.J
hcsdiii d'un nncst qui nous y aulhori/àt. Il ne le comprcnoit pas ainsv : il me rcpdiKJii qu'il fcroil J<iiic cxpOdicr un autre arrcst lui fine. .le luy reprcscntav que tout cela se pcunoit taire par un seul et mesnie arrest; que je croyoïs qu'on en avoit u/.é ainsy pour la maison de M. le premier président \\. lù«se fut présent à la conversation, et c'est principalement a
luy que nous devons le succès de cette allaire . . . ; il n'y a point de mystère à en taire, pour que ceux qui ont voulu traverser mes sollicitations et mes démarches, en ressentent plutôt la contusion .... •'
Deux jours après, M. Amaury écrivait de nouveau : « ... Samedy je persuadai .M. Fagon que la permission d'acquérir et de bâtir devoit cstrc par un mesme arrest. Sur quoy il donna ordre à M. Danot son premier commis d'en faire le projet afin d'accélérer. .le vis les plans, tout forme un bâtiment magnifique et bien mieux qu'on devoit l'espérer. Hier je fus jusqu'à deux heures avec M. Fagon : il me donna le projet d'arrest pour l'examiner et y réformer ce qu'il seroit nécessaire : ce que je fis dans le moment et ensuite il fut lu et relu et aprouvé. 11 me promit de le faire signer aujourd'huv à \'ersailles à M. le (Contrôleur général ; ensuite il sera expédié en parchemin et passera au sceau, parce qu'il est en commandement à cause des acquisitions à 'faire de gré à gré ou, au défaut, à deue estimation.
(< H n'est pas fait mention dans l'arrest de permission d'emprunter, parce que \ous l'avez, .le dois vous dire encore que l'arrest ne vous limite aucune somme : vous acquérerez et vous payerez du produit de l'octroy; vous ferez bâtir sur les plans et vous payerez l'adjudication de même : point de difficulté, tout cela est au mieux et votre dépense montât-elle à 5oo mil livres, vous êtes en règle.
w J'ay l'honneur d'être avec un puissant attachement, etc.
I' Amalrv. »
L'arrêt avait été rendu le 22 décembre i-33. il ne put être scellé que le 14 janvier suivant-, M. Amaury en remettait l'expédition le 19 aux mains du prieur qui en fit donner lecture à la compagnie assemblée le 21 janvier. L'arrêt autorisait la compagnie à faire démolir les bâtiments servant actuellement à usage de juridiction, chambre de commerce, bourse et octroi, d'acquérir même les maisons voisines jusques à la petite rue aboutissant de la rue des Charrettes à la rue de la Lanterne, pour, sur le terrain, être construit le nouveau bâtiment, à l'adjudication duquel il serait, par l'intendant.
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procédé incessamment, conformément aux plans et devis estimatifs dressés le 7 septembre précédent par le sieur Hlondel : le prix des ouvrages, ainsi que celui des maisons acquises, devant être payé sur les ordonnances de l'intendant par les directeurs de l'octroi des marchands des deniers provenant du produit dudit octroi.
Comme on comptait travailler incessamment à la démolition des bâtiments, le prieur fit adopter par la même assemblée des mesures propres à assurer un local convenable pour tenir les audiences du siège et les assemblées de la compagnie, pour loger le greffe de la juridiction et la direction de l'octroi. Les Cordeliers avaient offert de céder deu.x grandes salles de leur maison, qui pouvaient servir aux audiences et aux assemblées ; on olfrait, d'un autre côté, une maison à portée du port qui paraissait convenable pour y mettre le bureau général de l'octroi, le greffe de la juridiction et le logement du greffier.
L'assemblée arrêta que MM. du siège, conjointement avec M. Amaury, présenteraient l'arrêt à l'intendant pour avoir incessamment son attache. W. de La Bourdonnaye le fit suivre de son ordonnance datée du 25 janvier.
La compagnie leur avait adjoint trois commissaires, MM. Le Couteulx des Aubris, H. de Saint-Aubin et Pommeraye, pour tout ce qui devait s'ensuivre de l'arrêt.
Suivant l'arrêt du 22 décembre, les maisons devaient être acquises par les consuls et en leur nom. Mais, par un autre arrêt du 6 février 1734, le Roi jugea à propos d'ordonner qu'elles seraient acquises par Sa Majesté et en son nom, et qu'au surplus, l'arrêt du 22 décembre serait exécuté selon sa forme et teneur, c'est-à-dire le prix payé par les directeurs de l'octroi des deniers provenant du produit dudit octroi.
En conséquence, dès le iq février, l'intendant ordonnait aux différents locataires des maisons à acquérir, de vider, pour Pâques prochaines, les maisons qu'ils occupaient, disant qu'ils seraient dédommagés à proportion du temps qu'il auraient à jouir desdites maisons suivant leurs baux et des frais qu'ils auraient à faire de Pâques à la Saint-.Tean, et pour arbitrer les dommages, renvoyait devant MM. Le Couteulx et Pommeraye, commissaires nommés à cet effet, lesquels cependant agiraient en présence de
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MM. les prieur et consuls, saut en cas de contestation à venir devant {■intendant, l't le 27 mars ly!^, en vertu d'une déclaration donnée par le procureur général au nom du Roi, pour parvenir au décret des héritages à acquérir, turent achetées au nom et au prolit du Koi, en vue de la c(jnstructioii de la maison consulaire, les cinq maisons suivantes :
1 De .lacques Roger, deu.\ maisons joignantes Tune lautrc, l'une ayant sa principale entrée sur la rue de la Lanterne, ayant onze pieds de face au rez-de-chaus.sée sur ladite rue et seize pieds ou environ au-dessus de la porte qui sert d'entrée à la ruelle qui sert de passage pour communiquer de la rue de la Lanterne à la rue des Charrettes, attendu les bâtiments qui dépendent de ladite maison qui sont construits sur ladite ruelle : ladite maison bornée d'un côté par le bas au rez-de-chaussée ladite ruelle, et par le haut les héritiers de Franqueville ; d'autre côté, le sieur Caille ; d'un bout la maison ci-après, et, d'autre bout, le pavé du Roi en ladite rue de la Lanterne.
L'autre desdites maisons ayant son entrée par ladite ruelle, bornée d'un côté par le bas ladite ruelle et par le haut lesdits héritiers de Franqueville ; d'autre côté la juridiction consulaire ; d'un bout le sieur Varin, procureur du Roi en la vicomte de Rouen, et d'autre bout en partie la première vendue et en outre le sieur Caille.
Par le prix de treize mille cent livres ;
2° De Pierre Varin, une maison de fond en comble, ayant son entrée sur la ruelle qui sert de passage pour communiquer de la rue des Charrettes à celle de la Lanterne, bornée d'un côté ladite ruelle, d'autre côté la juridiction consulaire, d'un bout le sieur Roger -, compris dans la présente vente la portion des bâtiments de ladite maison qui s'étend sur ladite ruelle entre les bâtiments de la maison du sieur Leduc et la soupente qui dépend de la maison du sieur Roger.
Par le prix de cinq mille cinq cents livres -,
3" De Charles Caille, une maison de fond en comble, bornée d'un côté les juges-consuls, d'autre côté le sieur Roger; d'un bout par derrière lesdits juges-consuls en partie et, en outre, en partie ledit sieur Roger, et d'autre bout par-devant le pavé du Roi en la rue de la Lanterne.
Par le prix de trente-cinq mille livres ;
4° De Nicolas-Michel Leduc, un tènement de maisons appliqué en deux louages, sis rue des Charrettes, borné d'un côté le sieur Martin, d'autre côté au rez-de-chaussée la ruelle qui sert de passage pour communiquer de la rue
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des Charrettes à la rue de la Lanterne, et par le haut le sieur Roger, à cause des bâtiments qui font partie de ladite maison qui sont construits sur ladite ruelle jusqu'à ceux qui dépendent de la maison du sieur Varin ; d'un bout et par derrière le sieur Varin et d'autre bout par devant le pavé du Hoi en ladite rue des Charrettes.
Par le prix de treize mille livres ;
5° De François Martin, une maison de fond en comble consistant en plusieurs appartements, tant sur le devant que sur le derrière, assise rue des Charrettes, bornée d'un coté les juges-consuls représentant Lascanier, d'autre côté le sieur Leduc, marchand à Rouen -, d'un bout la juridiction consulaire, d'autre bout la rue des Charrettes.
Par le prix de neuf mille cinq cents livres.
L'ensemble des acquisitions faisait un prix total de soixante-seize mille cent livres, qui fut payé des deniers de l'octroi des marchands. Les contrats furent portés au contrôle le i" avril; ils furent contrôlés et insinués; mais les droits montant à deux cent soixante livres pour le contrôle, à sept cent soixante et une livres pour le centième denier, et formant avec les quatre sols pour livre une somme de mille deux cent vingt-cinq livres quatre sols, ne furent pas payés. L'intendant, vu l'arrêt du 6 février 1734, considérant que les droits n'étaient pas dus pour les acquisitions faites au nom et au profit du Roi, avait ordonné qu'ils demeureraient sursis jusqu'à ce que le Conseil eût décidé la question.
Les plans du bâtiment à élever avaient été dressés par l'architecte du Roi BlondeL qui avait été envoyé à Rouen, au mois de septembre précédent, par le contrôleur général pour visiter les bâtiments de la juridiction. Ils étaient ainsi expliqués :
« La superficie du terrain où sera posé ce bâtiment contient environ 223 toises ;
« La face du costé de la rue des Consuls, 24 toises 5 pieds compris les avant-corps ; celles en retour, dont l'une au nord et l'autre au midy, 1 2 toises 2 pieds chacun, sur 45 pieds de haut, depuis le dessus du pavé de la rue pris au milieu de la rue des Consuls jusqu'au dessus de l'entablement.
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u ( x- Iwiiiiiciit SLTii coiuposO d'un ^rilnd corps de lo^is sur lu rue des (Consuls, de deux ailes cil retour sur les deux rues, et d'un corps de hàlimeiit dans le milieu pour le ^raiid escalier, dijux petits escaliers de déga^emenl et deux parties de bâtiment adossées au ^^rand corps pour servir de comniunicaiioii et de dégaf^emeiit ; dans l'enceinte seront pratiquées deux cours.
" I .cdit bâtiment sera élevé d'un rez-de-chaussée de 20 pieds de haut sous planchers, d'un premier éta^e de 22 pieds en ce qui sera sur la rue des Consuls, et les deux autres auront 18 pieds de haut entre les deux planchers ^ sera pratique des logements au-dessus dudit premier étage dans les deux ailes seulement, pour servir l'un pour le greJlier, l'autre pour le secrétaire; sera aussi pratiqué des entresols dans les deux ailes, le tout suivant les . grandeurs et distributions ligurees et cottées sur les plans, prolils et élévation. »
L'adjudication eut lieu publiquement le 20 mai devant Louis-François, marquis de La Bourdonnaye, mtendant de la généralité de Rouen. En premier lieu, des adjudications séparées par nature d'ouvrages furent faites conditionnellement. L'intendant en ayant fait la récapitulation et ayant trouvé que le total montait à cent soixante-dix mille trois cents livres, jugea que ce prix n'était point assez avantageux pour le Roi et proposa aux adjudicataires présents que si quelqu'un d'eux, conformément à la clause portée dans l'atfiche, voulait se charger de l'adjudication totale, il y serait reçu, en faisant par lui un rabais. Sur l'ollVe du sieur Bernard de se charger de l'entreprise moyennant cent soixante-huit mille livres, des enchères eurent lieu et l'ouvrage fut adjugé pour cent soixante-trois mille livres au sieur Jacques- André Fromageau, qui fournit caution le même jour.
Mais, dans la huitaine, le sieur Henry Pillet fit signilier à l'intendant un triplement de l'adjudication en déclarant un rabais de quatre mille cinq cents livres. Le 27 mai, sur ce prix de cent cinquante-huit mille cinq cents livres, au premier feu, le sieur Fromageau déclara ne vouloir mettre aucun rabais, et Pillet fut déclaré adjudicataire.
Le même jour, l'architecte Blondel faisait approuver par l'intendant le devis des ouvrages pour être exécutés suivant ses plans.
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l.a dOmcilition des vieux bâtiments allait rendre immédiatement nécessaire une installation provisoire. Dès le 1 5 février, la compagnie avait adopté un devis pour la construction d'une salle d'audience et d'une chambre de conseil pour les prieur et juges consuls, salle et chambre qui devaient être pratiquées dans le couvent des cordeliers, voisin de la maison consulaire, tant dans le grand que dans le petit chapitre et appartement y joignant au bout. Le 3 avril, sur la requête du procureur syndic des marchands, expositive que le transport de la juridiction des consuls dans l'enclos des pères cordeliers, pendant le temps de la bâtisse, pourrait être de prétexte aux parties chicaneuses d'incidenter de l'exécution de leurs sentences, ou aux officiers leur devant service, de s'en abstenir, la cour du parlement rendit un arrêt qui fut imprimé et affiché. La reproduction de Tarrêt était sur Fafiiche suivie de cet avis : « Le public est averti qu'à commencer le mercredy 5^ jour de may 1734, l'audience de M" les prieur et consuls de cette ville de Rouen se tiendra dans l'enclos des R. R. P. P. cordeliers, que l'entrée de la juridiction se trouvera par la petite ruelle qui communique de chez lesdits pères cordeliers à la rue Saint-Etienne, et ce pour autant de temps qu'il conviendra à celuy de la démolition et réédification des bâtiments qu'ils occupoient cy devant-, le tout ainsy qu'ils y sont authorisez par l'arrest de la cour dessus copié, à ce que les y dénommez et justiciables ayent à s'y conformer. A Rouen, ce 22 mai 1734. »
Pour loger les autres services, la compagnie lit un bail de trois ans, de Pâques 1734 à Pâques 1737, par lequel Messire Charles Le Gendre, chevalier, seigneur de Romilly, Berville et autres lieux, maréchal des camps des armées du Roi, commandeur de l'ordre militaire de Saint-Louis, louait aux prieur et consuls une maison de fond en comble sise derrière les murs, paroisse Saint- Vincent, moyennant la somme de neuf cents livres par an. On y mit le bureau général de l'octroi, le greffe de la juridiction, les assemblées ordinaires de la chambre de commerce et celles de l'octroi, le chartrier de la juridiction de la chambre et de l'octroi, ainsi que le logement du greffier Panel.
Enfin le i5 mai, on loua encore, pour cent vingt livres par an, une maison
Il; h\timi;nt consui.airi: i > }
pour loiicilc coiiiniis-i;rLHicT des assurances Thihault peiuiant la bâtisse de la juridiction.
('elle bâtisse demanda plusieurs années à édifier. Ce n'est que le S mai 1711 que l'architecte Hlondel reçut les ouvrages livrés par l'entrepreneur Pillet.
Le nouveau bâtiment répondait largement et noblement à tous les services qu'il avait à satisfaire : bourse commune pour les marchands, juridiction consulaire, chambre de commerce. Chacune de ces destinations était indiquée par une inscription latine qui taisait allusion à son objet, inscription gravée en lettres d'or sur une plaque de marbre noir dans un cartouche sculpté au-dessus des trois portes qui donnaient accès de la rue à chacun des services. A l'entrée de la bourse, sur la rue des Consuls, on lisait :
FOVENDIS
QUOTIDI.\NO CONGRESSU
CO.MMERCIIS
Au-dessous de la porte de la juridiction, dans la rue des Charrettes :
DISCUTIENDIS
COMPENDOSIO JURE
COMMERCIIS
Enthi, à l'entrée de la rue de la Lanterne, pour la chambre de commerce :
PRO.MOVENDIS
PRUUENTI COS'CILIO
CO.MMERCIIS
La grande salle de la bourse, dallée en pierre, occupait tout le rez-dechaussée du bâtiment principal en façade sur la rue des Consuls jusqu'aux deux rues latérales, avec une vaste entrée par le milieu donnant par trois portes juxtaposées, un libre accès à la foule des négociants. En face de cette entrée un large passage entre colonnes conduisait au pied du grand escalier en traversant le milieu de la galerie qui allait de la porte de la rue des Charrettes à la porte de la rue de la Lanterne. Dans la cage de l'escalier éclairée
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par deux liantes baies sur chacune des faces donnant sur les cours, un large dei;ré de pierre montait d'une volée, bordé d'une balustrade en Ter travaillé, jusqu'à un palier a mi-hauteur posé contre le mur du fond. Au milieu de ce mur un grand panneau de pierre contenait une niche où sur un piédestal sculpté en pierre se dressait en face de la montée une statue en pierre du roi Louis XV^, œuvre de François Ladatte. Le piédestal portait en lettres d'or, gravée sur un marbre blanc, la gratitude du commerce de Rouen, dans l'inscription suivante :