EREXIT
ANNO DOMINI MDCCXXXV.
Du palier l'escalier remontait par deux volées latérales jusqu'à la galerie régnant à l'étage au-dessus du rez-de-chaussée, entre les appartements de la juridiction au nord et ceux de la chambre de commerce au sud, avec la grande porte d'entrée de la salle d'audience dans le milieu à l'arrivée de l'escalier.
Avec sa salle d'audience et sa chambre du conseil, la juridiction occupe près des deux tiers de la façade principale jusqu'à la rue des Charrettes. Dans la salle en regard du siège se dresse l'autel, entouré d'une balustrade en fer et orné d'un Christ peint par Vanloo, où le chapelain de la juridiction dit la messe avant l'audience, comm^' avant l'élection annuelle des consuls, présidée par les commissaires du parlement qui assistent à l'oflke en cérémonie avec toute la compagnie consulaire. La moitié de la salle dallée en pierre avec petits carreaux de marbre noir sert d'auditoire; au-delà du barreau le prétoire est parqueté; vers le fond est le triple siège du prieur et des deux consuls, la petite table du greffier par devant. Autour de la salle, aux parois des murs sont pendus douze portraits des Rois de France qui étaient dans l'ancienne juridiction et qui ont été revernis et réparés et mis dans des cadres dorés plus grands. La salle du conseil, parquetée et lambrissée de chêne, possède une cheminée de marbre. Elle communique avec la buvette, grande salle dallée en pierre et marbre noir et lambrissée de chêne, qui se trouve dans l'aile en retour sur la rue des Charrettes et ouvre sur l'extrémité de la galerie. A l'autre extrémité de la galerie, dans l'aile en retour sur la rue de la
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Lanlcrnc, est l'cntrcc de la chamhrc des asscmhlccs de la chanihre de commeive, i^rande pièce parquetée et lambrissée de chêne, avec une cheminée en pierre. Une porte la fait communiquer avec la salle plus grande qui remplit l'espace de la façade sur la rue des Consuls resté libre derrière la cloison de la juridiction. Ccnc salle dallée en pierre et marbre noir est lambrissée et possède une sortie sur la galerie; elle a une cheminée de marbre dans le milieu du mur entre les deux portes. Elle s'appjla dans l'origine la salle du concert ( I ). Mlle servait aux assemblées générales de la compagnie. Les ailes du nord et du sud ont des appartements au re/.-de-chaussée, à l'entresol et audessus des salles de la buvette, d'une part, des assemblées ordinaires de la chambre, d'autre part. Sur la rue des Charrettes, la juridiction avait son grefFe au rez-de-chaussée, son concierge à l'entresol, le logement de son greffier au sixond étage. Du côté de la rue de la Lanterne, la chambre de commerce avait le bureau de l'octroi au rez-de-chaussée, son secrétariat à l'entresol, le logement de son secrétaire au second étage. Ces appartements accessoires étaient desservis par les petits escaliers logés dans l'angle de chaque cour. Les rez-de-chaLissée étaient carrelés, les entresols et les seconds étages planchéiés, et le tout lambrissé de sapin.
Ainsi se trouvaient répartis dans la jouissance commune d'une même maison les services de deux corps qui ne font qu'une même compagnie, produite tout entière par le seul recrutement de la juridiction consulaire. Le siège, constitué par le prieur et les deux consuls, forme avec le procureur syndic le corps de la juridiction. L'adjonction à ce corps des syndics nommés en
(i) Nous avons trouve d.ins l.i preniicrc liasse du carton n" 4(5 la mention il'une requête adressée le S avril 1747 par les prieur et juges consuls à l'intendant lui exposant que les dispositions pour réparer le plancher sous l'auditoire de la juridiction et la chambre du conseil ont été faites et permettent d'y travailler plus tôt qu'ils ne l'auraient cru, en sorte qu'il leur a fallu penser assez rapidement à établir leur audience dans la salle qui est contiguc à la salle où le concert se tient. Obligés de pourvoir à la tranquillité de l'audience, du lundi prochain, ils ont parlé à MM. les directeurs du concert, qui ont promis de renvoyer au lendemain le concert du lundi. Mais c'est à l'intendant qu'ils s'adressent pour obtenir que la repétition et le concert demeurent fixés à des jours qui ne soient pas des jours d'audience tels que le mardi, le jeudi ou le dimanche, tant qu'ils seront dans le cas de tenir l'audience dans cet appartement.
M. de la Bourdonnaj'e leur répond de Paris le 10 qu'il approuve l'arrangement pris par les directeurs du concert avec les prieur et juges consuls pour le changement des jours du concert, et il ajoute : « Bien entendu que ce ne sera que pendant le temps que vous serez obligés de tenir vos audiences dans la pièce qui sert de chambre de commerce et que lorsque vous reprendrez l'usage de votre salle ordinaire, nous reprendrons aussi nos jours. »
On voit ainsi que des concerts se donnaient régulièrement dans cette salle qui est aujourd'hui la salle des Tableaux et ces exécutions musicales avaient une attache officielle.
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conséquence de Tarrèt du 19 juin 170^ et choisis parmi les anciens prieurs ou consuls, en fait la chambre de commerce, ilé-unis en assemblée générale, sous la présidence du prieur en exercice, les anciens prieurs, consuls et syndics, avec les membres de la juridiction et ceux de la chambre de commerce en exercice constituent la compagnie. La chambre de commerce prend parmi les membres de la compagnie les directeurs caissiers de l'octroi des marchands.
Le superbe bâtiment dans lequel la compagnie s'installait avait considérablement dépassé le prix de l'adjudication à cause d'une quantité d'ouvrages qui n'avaient pas été compris dans le devis. Les fondations avec leurs pilotis n'y figuraient que pour mémoire : l'estimation en avait été réservée pour être l'objet d'une adjudication spéciale après que la démolition des vieilles maisons eût permis de reconnaître l'état et la nature du sol. La dépense en fut faite par augmentation et s'éleva à cinquante-huit mille huit cents livres pour fournitures et ouvrages de pilotis, charpente, gros fers et maçonnerie. Une augmentation d'environ dix-neuf mille livres fut causée par d'importantes additions en lambris, parquets, menuiserie dans les bureaux, bancs dans la bourse ; de trois mille cinq cents livres par des travaux de serrurerie, sans doute la ferronnerie de la rampe de l'escalier et du couronnement des grilles formant les cinq portes au dehors-, de mille quatre cents livres pour le pavage extérieur au pourtour du bâtiment. En outre la partie artistique de l'œuvre n'était pas au compte de l'entreprise : on paya au sculpteur Ladatte un mémoire de huit mille neuf cent cinquante livres qui devait comprendre la sculpture, au grand fronton de la façade, des armes du Roi et des attributs du commerce, et sur chacun des milieux des petites faces celle des armes de la province de Normandie et des armes de la ville de Rouen; dans la cage d'escalier et dans la galerie, la décoration de l'encadrement des baies et du panneau et de la niche du mur du fond, celle du piédestal de la statue du Roi. Celle-ci, avec les frais du transport et de la pose avait coûté trois mille cent trente-huit livres-, la balustrade de la chapelle quatre cent quatre-vingt-dix-neuf livres, le tableau de Vanloo huit cents livres, la restauration des douze portraits de rois sept cent quatre-vingts livres. Les ouvrages payés par augmentation montèrent à près de cent mille livres. Après la réception du bâtiment, les directeurs de l'octroi versèrent le mois suivant, juin 1741, à l'entrepreneur Pillet, une somme de quatre mille treize livres huit sols pour solder ses mémoires montant ensemble à deux cent dix-sept mille trois cent treize livres
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huit sols, (UigniLMitations comprises. Avec les Irais des l'iilotis des lond;iiions el les payements faits aux artistes en dehors de l'entreprise, la dépense totale du bâtiment montait à quatre cent quatre mille cinquante-huit livres huit sols, i^our la solder, avec le prix et les frais des acquisitions d'immeubles qui représentaient une somme de quatre-vin^t-huit mille huit cents livres, l'arrêt du .»•' décembre \-'M^ aurait du ouvrir à la juridiction un crédit de plus de quatre cent mille livres ( i ); il n'avait limité aucune somme; on était encore resté en deçà des cinq cent mille li\rcs dont parlait .\1. .\maury dans sa lettre du 14 décembre ly.v-!.
I.a question des droits réclamés par le directeur des domaines, du contrôle, centième denier, insinuation et autres droits était restée en suspens. I,e fermier n'en avait pas requis la décision du Conseil auquel l'avait renvoyé l'ordonnance de l'intendant du 1 avril i~^^. Après un silence de cinq années, le 20 octobre l'j-^q, il représenta une requête à l'intendant qui la rejeta le 6 février suivant par une ordonnance motivée, son avis étant que les droits n'étaient pas dus pour les acquisitions faites au nom et au protildu Roi-, ce qui était le cas, puisque le prix de ces acquisitions avait été
(1) I" Prix d'.icli.it des cinq maisons l6. loti <>
Contrôle, centième denier et quatre sols pour livre i .225 4