‹ La Chambre de commerce de la Province de NormandieChapitre 54 sur 89 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

de son administration. L'arrêt d'établissement de la chambre avait créé la fonction et en avait compris le traitement dans les quatre mille livres attribuées à la ciiambre pour les frais d'entretien sur les fonds qui lui étaient fournis par la caisse de l'octroi des marchands. L'arrêt portait que le secrétaire était nommé par la chambre pour deux ans : il était indéfiniment rééligible pour une égale période.

Le 28 juillet 170^ (1), la chambre choisit pour secrétaire Claude Carnay, dont ellelixa, le3i octobre (2), les appointements à mille deux cents lixres. il est à croire que le fait, constaté plus tard, que le secrétaire était logé, sinon par les soins, du moins aux frais de la chambre, exista dès le début, comme indemnité légitime de la garde qu'il devait faire chez lui des papiers de la compagnie. Carnay fut continué dans son emploi, aux mêmes conditions en 1705, en 1707, en 1709, en 1711. Tombé malade en 1712, sa fonction fut remplie depuis le i" août jusqu'à la tin de l'année par Panel, greffier de la juridiction consulaire. Le 28 décembre, Carnay, malade, gardant le titre de secrétaire avec sept cents livres de ses appointements annuels et le jeton d'argent par assemblée qui y avait été ajouté, la chambre nomma pour faire la besogne un commis, le sieur Saint-Paul, auquel elle donna les cinq cents livres par an qui restaient disponibles du traitement du titulaire.

Le secrétaire signait et envoyait les billets par lesquels les syndics étaient convoqués à chaque assemblée, aussi bien les ordinaires que les extraordinaires (3). Le billet était porté par le valet de la chambre au domicile de chacun. Jean Vallée faisait cet office depuis le 3i octobre 170? (4), qu'il avait été nommé par la chambre pour rendre le service nécessaire à la compagnie les jours d'assemblée, porter les billets d'avertissement et faire tout ce qui lui serait ordonné, avec quarante livres par an pour ses gages. Le salaire du serviteur demeura tel pendant vingt-deux ans.

En 1725, Vallée ayant représenté que cette somme était trop modique pour la cherté des vivres et denrées, obtint une augmentation de vingt livres(5). Trente-deux ans plus tard (16 mars 1757), Kichard Bastard dit Grandville, concierge serviteur de la juridiction, requit une nouvelle majo-

(i) Rcg. des (Jélib., I, 3J.

(2) ibuL, 1,66.

(0 IbiJ., II, 86.

(5) Jhid., IV, 265.

SECutTAIRi: DF. LA C.HAMBRi: 329

ration, en disant que soixanti.' livres payaient hien nioJeslenient le Ira\ail qu'il faisait dans le cours d'une année, distribuant les semonces de la compaf^nie et portant journellement les lettres à signer chez chacun de MM. les syndics, travail devenu depuis quelques années heaucoup plus considérable : la chambre doubla ses gages ( i ).

La rédaction des procès-verbaux, déjà très sommaire \\\r la plume de Carnay, était devenue plus maigre encore sous la main de son suppléant. Il n'en est pas moins, à la lin de chaque année, de ijk^ à 17 1<), continué pour un an aux mêmes conditions (2). l.a chambre lit entin cesser ce service provisoire en donnant à Claude Carnay un successeur par la nomination de Delaunay comme secrétaire, en août 1717(3). Elle réduisit à quatre cents livres la pension de Carnay, en lit une de trois cents à Saint-Paul, et comme pour payer ces sept cents livres la chambre n'avait d'autres fonds que les douze cents livres affectés annuellement au traitement du secrétaire, le nouveau titulaire dut pendant quelque temps se contenter de cinq cents livres d'appointements et du jeton d'argent par assemblée (4).

Avec Delaunay, la rédaction des délibérations prend un peu plus de développement : assez brève au début, elle arrive à donner, après l'analyse succincte de la correspondance du député, le sens de ce qu'y répond la chambre. Les procès-verbaux ne reproduisent rien de la discussion : ils n'indiquent que la question et la décision prise. Si, renvoyée à des commissaires, elle est rapportée avec un mémoire d'observations, on ne mentionne que l'approbation du mémoire, sans en dire les motifs ni souvent même en donner les conclusions.

La chambre, ayant lieu d'être contente des services de Delaunav, répondit en 172.Î au désir qu'il avait plus d'une fois exprimé, " attendu le haut prix où toutes choses sont montées, d'être pourvu d'une augmentation d'appointements », en doublant par chaque assemblée le jeton du secrétaire, qui désormais en toucha deux, comme les svndics.

Le renouvellement biennal de la nomination du secrétaire ordonné par l'arrêt de création avait, par la durée même de ses fonctions, cessé de se faire pour Delaunay : il s'était si bien installé dans sa place, qu'il était comme le

(i) Reg. des dcrib.. X. .|8i.

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