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consul, puis prieur le i' août 1747. Après qu'il fut élu députe, il avait acquis, en 1761, la charge de conseiller secrétaire du Koi, maison et couronne de France et de ses finances. Il fut plus tard réélu syndic de la chambre de commerce, tout député qu'il était, le '^i décembre ijl'i.^ et le .U décembre 1772, parce que le tableau ramenait chaque fois son tour de rôle.
Avant d'être député de la chambre prés le conseil de commerce, Joseph Behic avait reçu d'elle plusieurs missions à l'aris. Durant la députation de Louis Pasquier, en mai-juin i74<), de novembre i74<) à février 1747, en avril-juin 1747, il avait séjourné à Paris pour solliciter l'aHaire de la compétence de la juridiction consulaire, et pour porter au conseil les représentations de la chambre à propos de l'hypothèque sur les meubles. En décembre 1749, le prieur l'avait pris avec lui, quand il alla à Paris conférer avec les intendants du commerce MM. de .Montaran et de Quincy sur les dilférentes questions qui intéressaient le commerce, relatives à l'inspecteur des toiles à Saint-Georges, aux toiles peintes, aux villes de .Marseille et de Dunkerque, concernant le commerce prohibé que ces ports francs étaient accusés de faire aux colonies françaises, relatives aussi au privilège demandé par une chambre royale d'assurances à Paris.
J. Behic fut le modèle du député actif et laborieux : la volumineuse correspondance qu'il entretint avec la chambre de commerce pendant les vingttrois ans de sa députation en est le témoignage.
Pendant le temps de la députation de J. Behic, la chambre de commerce fut de nouveau occupée de son ancien député Godeheu, administrateur de la compagnie des Indes. Le 6 février 1765, le procureur syndic mettait sur le bureau un mémoire que M. Godeheu lui avait fait remettre pour être présenté à la chambre, mémoire portant réfutation des faits imputés à M. Godeheu par M. Dupleix. La chambre s'était bornée à mettre le mémoire aux archives et à remercier M. Godeheu de son attention.
.Mais, dans le numéro du 14 avril i -jôq des Annonces, ajfichcs et avis dii'crs de la haute et basse Normandie, avait paru un article sans nom d'auteur ayant pour titre : Réponse à la lettre sur Alain Cliartier, page 5i des Annonces du 3i mars 1769, article qui prenait vivement à partie l'ancien député de la chambre Godeheu à propos de ses démêlés avec Dupleix à la compagnie des Indes et qui lui opposait son prédécesseur M. Mesnager. Lors de l'assemblée du 22 avril, la séance étant finie, le prieur donna lecture à la
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compa^înie de l'article des Annonces c{ lui rendit compte de l'impression qu'il av.'iit faite sur les esprits.
« il n'y a personne, dit-il, qui n'eut applaudi à l'éloge justement donné dans cet article à M. Le Mesna^er, qui tut le premier député du commerce de cette province et qui eut Thonnenr d'être revêtu par le choix de Sa Majesté du caractère de son ambassadeur et ministre plénipotentiaire lors de la paix d'Utrecht. L'auteur avait mérité la reconnaissance de chaque lecteur en rappelant les importants services que ce j^rand homme a successivement rendus au commerce de cette province et à la nation, c'eût été tout faire pour sa [gloire ; M. Le Mesnager doit suffire à sa louange, elle ne devoit pas être fondée sur une comparaison qu'il auroit rejetée lui-même avec indignation.
« Le commerce n'a pu qu'être sensible à un pareil écart qui devient commun à Fauteur et à l'éditeur. 11 désire que ses sentiments d'estime et de reconnoissance pour ceux qui ont successivement rempli la place de député à la suite de .\L Le Mesnager et pour celui qui la remplit à présent avec tant de distinction, soient rendus publics.
« Sur quoi les avis de la compagnie pris, i"la chambre déclare que les députes du commerce de Rouen qui ont succédé à M. Le Mesnager en ladite qualité, ont tous eu et mérité par leurs services, dont les registres de la chambre font journellement foi, l'estime et l'approbation publique, qu'ils ont soutenu dans leurs fonctions leur réputation distinguée et l'opinion de mérite qui a fixé sur eux les suffrages ; 2° la chambre qui auroit dédaigné de répondre à la critique personnelle de l'anonyme, ne peut se dispenser de se plaindre de la publicité qu'il a osé lui donner par l'impression. Elle croit qu'il est de son devoir de rétablir la vérité blessée par une assertion téméraire contre des citoyens qui ont bien mérité de la patrie et contre celui qui rend à présent au commerce les services les plus importants : pour quoi a été arrêté que MM. du siège en leur qualité de syndics de la chambre de commerce sont priés de se rendre chez M. le Premier Président et chez M. le Procureur général pour leur dénoncer l'article de la feuille hebdomadaire qui a donné lieu à la présente réclamation du commerce, qu'ils leur remettront copie de la présente délibération et qu'ils les supplieront d'intéresser la cour à l'effet d'ordonner la suppression de l'article et de faire insérer dans les AfficJics l'arrêt qui sur ce interviendra et copie de la présente.
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s'en r.ippoitant à la prudence de la cour pour reprimer l'auteur ainsi qu'elle le jugera à propos. »
I.a chambre reçut à cette (Kcasion de son député liehic, sous la date du 3o avril, une lettre dont la teneur suit :
«' Messieurs, j'eus hier la première connoissance par M. Du Verger mf)n neveu de l'article des Petites affiches de Houen concernant M. Le Mesnager votre premier député et ses successeurs, de l'impression que cet article a faite sur vos esprits et sur vos cœurs, de la délibération que vous avez arrêtée, et de la démarche que vous avez bien voulu faire en faveur de vos députés successeurs de M. Le Mesnager. .le suis comblé, Messieurs, de vos bontés, de vos honnêtetés et de l'intérêt que vous avez pris à cet événement. Je le suis. Messieurs, au point de manquer d'expression pour vous témoigner ma reconnoissance et ma sensibilité. Mais vous trouverez l'étendue de l'une et de l'autre dans le sentiment des âmes honnêtes comme les vôtres et vous ne les trouverez que là. Je suis avec un profond respect, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur. — Behic votre député. »
Le 19 août 1769, la chambre avait connaissance de l'arrêt du conseil qui suspendait l'exercice du privilège de la compagnie des Indes. Llle recevait a la même époque le mémoire de l'abbé .Morellet sur la situation actuelle de ladite compagnie.
Pendant vingt-trois années consécutives, Joseph Behic fut le correspondant et le collaborateur assidu de la chambre de commerce. Il lui en administra la preuve matérielle lorsque, après s'être démis de ses fonctions, il lui offrit la collection des papiers qu'un si long labeur avait amassés à son domicile ( I ). Il avait, disait-il en faisant cette offre, passé dans ses mains quantité d'affaires sur nombre desquelles la chambre de commerce avait eu la bonté de l'aider et de l'éclairer, soit par les lettres qu'elle lui avait fait l'honneur de lui écrire, soit en lui envoyant les ampliations des mémoires qu'elle avait adressés aux ministres et magistrats du département dont les affaires dépendaient. A ces lettres et ampliations qu'il avait conservées, il avait joint nombre de mémoires des autres chambres de commerce et places du royaume, qu'il avait d'ailleurs rassemblés dans l'intervalle de son exercice, un assez grand nombre de décisions du Conseil, qui avaient été rendues sur
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les difficultés f^éncralcs et p;irticuliùrcs qui s'étaient clevccs entre les négociants des dillércntes places et provinces et les adjudicataires des fermes i^énérales ou d'autres termes séparées des fermes ^'énérales.
Dans la vue d'être, en sa qualité de député, d'autant plus utile au commerce, il avait traité avec la veuve d'un premier secrétaire des fermiers généraux de Sa Majesté, lequel secrétaire était considéré comme un homme très instruit dans la partie des fermes générales; il avait traité, disait-il, d'un projet de dictionnaire des fermes, dans lequel ce secrétaire avait sur chacun des mots insérés aux tarifs de iGC)^, iGG-] et autres, rapproché sur un bulletin la date de toutes les lois et arrêts du Conseil qui avaient rapport à ce qu'il entendait traiter et sur lesquels il avait couché par écrit ses observations particulières; il ne s'était porté à cette acquisition que pour être d'autant plus en état d'apprécier les principes dont les parties s'appuyaient, lors des dillicultés qui sur\'enaient fréquemment entre le commerce et les fermes.
Après cette longue période d'exercice, se sentant fatigué, « craignant que son âge avancé et les incommodités qui suivent ordinairement le travail ne lui permettent plus d'apporter la même activité, et désirant prévenir le temps où les etîets de son zèle pourroient malgré lui devenir moins utiles, il supplia Sa Majesté d'agréer la démission qu'il ofliVoit de sa place et de lui accorder une marque de la satisfaction qu'elle avoit de ses anciens services. »
Le Roi accorda sa requête. « Sa Majesté informée de la bonne conduite du sieur Behic, de l'honnêteté et de la capacité avec lesquelles il a rempli ses fonctions et voulant sur ce luy pourvoir, ouy le rapport du sieur Taboureau conseiller d'Etat et ordinaire au Conseil royal, contrôleur général des finances^ le Roy étant en son Conseil, a agréé et agrée la démission offerte par ledit sieur Behic de la place de député du commerce de Rouen, ordonne que sur le produit de l'octroy des marchands de la ville de Rouen, il luy sera payé annuellement pendant sa vie une somme de trois mil livres, de laquelle somme les deux tiers montants à deux mil livres seront réversibles sur la tète de dame Amable Françoise Claude Magdelaine Testard son épouse; enjoint Sa Majesté aux directeurs receveurs dudit octroy de payer ladite somme audit sieur Behic de quartier en quartier, à partir de la date du présent arrest, quoy faisant il leur en sera tenu compte en rapportant