‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 15 sur 89 · IV. — Palais de la Mer · texte numérisé non relu

IV. — Palais de la Mer

En quittant l’Indo-Chine par les Portes de l’Annam, on apercevait à gauche la masse imposante du Palais de la Mer , section internationale d’Océanographie, des pêches maritimes et des produits de la mer, organisée sous le haut patronage de S. A. S. le Prince de Monaco. On sait en elfet que Mgr le Prince de Monaco est le créateur et le zélé propagateur de la science océanographique, dont il a pris la peine de venir exposer lui-même les progrès et l’utilité pratique dans une conférence donnée à la Chambre de Commerce le 24 mars 1904.

Le Palais de la Mer, œuvre de M. Robert Foui nez, architecte, avaient été aménagé intérieurement par MM. Charles

Bénard, commissaire, et Henri Malo, commissaire-adjoint ; il faisait face aux dépendances de la Tunisie et s’ouvrait sur une grande allée parallèle à l’avenue centrale. A droite et à gauche de rentrée principale, des bateaux de pêche, de sauvetage et de recherches océanographiques s’allongeaient contre les pavillons d’ailes. Les marches franchies, on se trouvait dans le vestibule d’honneur, où tous les souvenirs de l’expédition Charcot au pôle Sud avaient été réunis. Au fond du vestibule, c'est-à-dire au centre du palais, s’ouvrait la salle d honneur réservée à S. A. S. le Prince de Monaco. Cartes, graphiques, instruments océanographiques, plans de fonds sous-marins, publications luxueuses avaient été disposés dans cette salle par les soins de M. Bernich, conseiller privé de Son Altesse, et de M. le docteur Richard, directeur du Muséum de Monaco. A gauche du vestibule et de la salle d’honneur, on parcourait successivement les expositions du Ministère de la Marine, des écoles de pêches, du Yacht-Club, le panorama du bassin d’Arcachon, l’exposition de la société d’Qcéanographie du golfe de Gascogne, et celle de la Hollande, avec ses anciennes cartes du plus haut intérêt. A droite, les expositions de l’ Allemagne, de la Grande-Bretagne, du Portugal, de la Belgique, de l’Espagne, de la Suède, de la Norwège, etc., complétaient cette magnifique collection de spécimens et de documents, qui projetait un véritable faisceau de clartés sur les mystérieuses richesses des fonds sous-marins. L’Exposition du Palais de la Mer constituait, en effet, la première exposition universelle d’Océanograpliie, science appelée à un développement qu il est encore impossible de mesurer, mais certainement destinée a rendre les plus grands et les plus utiles services tant au point de vue des pêches (par l’étude des fonds et par celle des migrations des poissons) qu’au point de vue météorologique, géologique et biologique.

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