‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 17 sur 89 · VI. — Section tunisienne · texte numérisé non relu

VI. — Section tunisienne

Poursuivre l’ordre topographique que nous avons adopté, nous citerons la Section tunisienne avant la Section algérienne, car la piemière faisait encore partie du groupe d’édifices situé à gauche de l’avenue centrale. Cette section, comprise entre le Pavillon du Ministère des Colonies et l’esplanade du grand Palais, avait été organisée par les soins de M. Pavillier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, commissaire, de M. Douane, commissaire adjoint et de M. Resplandy, architecte ; elle occupait une surface de 8.000 mètres carrés environ, et se composait de divers bâtiments construits, d’après les types de l’art arabe tunisien, autour d’une vaste cour centrale.

Dès l’entrée, gardée par de larges grilles envoyées de Tunis, le visiteur gagnait directement le Pavillon principal qui s’étendait à l’est de la cour, tout le long du café-restaurant Linder. Ce pavillon, élevé sur un soubassement formant sous-sol, reproduisait divers motifs de mosquées; un large escalier d’angle conduisait au vestibule d’entrée et de là dans le patio, pièce carrée à arcades, éclairée par de hautes fenêtres.

On y admirait notamment : l'Exposition du Service des Forêts , où se trouvaient rassemblés de nombreux échantillons de chêne-liège et des panneaux de photographies repro-

(1) Rappelons ici que le Comité marseillais de l'Alliance française a été successivement présidé par M. Paul Desbief, président de la Chambre de Commerce, et par M. Adrien Artaud, membre de la même Compagnie.

duisant les régions boisées de la Tunisie — le Plan en relief de la région de Nefta , représentant les travaux effectués par l’Administration pour arrêter les sables du Sud-Tunisien — en face, autour d’un plan d’ensemble, toutes les brochures, photographies et collections de documents se rapportant à Y Ecole coloniale d' Agriculture de Tunis, au Jardin d' Essais, à la Station Agronomique , à YHuilerie d’Essais, à Y Institut Pasteur de Tunis , tous établissements ressortissant à la Direction de l’Agriculture et du Commerce. Les produits les plus renommés de l’industrie indigène formaient un cadre chatoyant à cette intéressante exposition centrale : étoffes de soie, burnous et chéchias de laine, tapis de Kairouan, nattes d’alfa et de joncs, cuirs brodés, chaussures, etc.

A gauche du patio, s’ouvrait une salle réservée à Y Exposition du Service des Travaux publics de la Régence, et comprenant les plans en relief des ports et des villes ainsi que des documents graphiques très complets sur les travaux d’architecture, d’adduction d’eau et d’aménagements des côtes exécutés par l’Administration. La Direction des Travaux publics avait également groupé là des échantillons de toutes les productions ayant trait aux industries extractives: pierres, chaux, plâtre, ciment, minerai, et surtout ces phosphates de chaux dont les magnifiques gisements découverts à Gafsa font la fortune de la Tunisie où ils ont permis de créer 500 kilomètres de chemins de fer et d’alimenter les ports de Sfax et de Tunis. Plus loin, c’était le tour des produits de la mer, éponges, sel et poissons, avec leurs modèles d installations et d’engins.

On revenait alors sur ses pas, et l’on pénétrait dans une salle qui occupait, à droite du patio, une position symétrique de celle des Travaux publics. C’était la salle de / Agriculture, spécialement consacrée aux nombreux envois des agriculteurs français et indigènes, vins blancs et rouges, vins de liqueur, muscats, eaux-de-vie, huiles d olive, blés dui s et blés tendres, orges, avoines, maïs, fruits, miel, cire, plantes

textiles, etc. Des instruments agricoles, des ruches, des types de fermes, des graphiques variés complétaient cette intéressante synthèse des ressources naturelles de la Tunisie.

Venait ensuite une salle octogonale surmontée d’une coupole en plâtre, qui rompait l’enchaînement des expositions d’un caractère économique pour offrir aux yeux des visiteurs un élégant salon décoré de riches étoffes, de meubles arabes, de tableaux et d’œuvres d’art. Le reste du pavillon abritait encore les expositions du Service des Postes et Télégraphes, de l’Enseignement public , du Secrétariat général et des Monopoles. Une dernière pièce, située en contre-bas et terminée par une large baie grillagée, servait de salle de lecture et de renseignements de colonisation. Les documents qui s’y trouvaient rassemblés en grand nombre permettaient de se rendre compte des progrès surprenants accomplis par la Tunisie sous l’active impulsion de nos administrateurs et de nos colons, secondés loyalement d’ailleurs par le gouvernement beylical et la population indigène.

A la sortie du pavillon principal, le visiteur se trouvait de nouveau dans la cour centrale, où il pouvait contempler un campement de nomades fabriquant des tapis sous leur tente, et, plus loin, la section pittoresque des souks , ou marchés orientaux. Cette section comprenait d’abord une partie ouverte , où des potiers, épiciers et confiseurs vendaient des produits variés de leurs industries, puis une partie couverte , réduction fidèle du Souk Ettrouk de Tunis, où, sous un toit de planches laissant filtrer la lumière, étincelaient les riches assortiments des bazars arabes : étoffes, tapis, chaussures, harnais, broderies, parfums, bijoux, armes anciennes, meubles, coffrets, etc. Ce souk se terminait au fond par un café indigène , où une musique criarde, entremêlée de chants, se faisait entendre sans discontinuer jusqu’à l’heure de la fermeture. En haut du Souk, une porte latérale, à

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