MARSEILLE ET L’EXPANSION COMMERCIALE FRANÇAISE
Pour mieux faire comprendre l’intérêt tout particulier que notre Compagnie attache au mouvement colonial, il convient, semble-t-il, de rappeler brièvement ce qu’elle a fait jadis pour seconder l’expansion française, dont on peut dire qu’elle a été l’un des plus opiniâtres et des plus utiles pionniers.
Le rôle glorieux de la Chambre de Commerce de Marseille dans le passé colonial de la France a déjà fait l’objet de savantes études et de laborieuses recherches (1). Nous n’avons donc pas dessein de reproduire ici 1 histoire détaillée de cette ère de grandeur et de prospérité, mais simplement
(1) O. Teissier : Inventaire des archives historiques de la Chambre de Commerce de Marseille (1878); Inventaire des archives modernes de la Chambre de Commerce (1882); La Chambre de Commerce de Marseille (in-8°, 411 p., (1892). — P. Masson : Histoire du Commerce français dans le Levant au xvii" siècle (ouvrage couronné par l’Académie française). Paris, Hachette (18.16) , Histoire des'Établissements et du Commerce français dans l'Afrique barbaresque, de 1560 à 1793. Paris, Hachette (1903) ; Les Compagnies du Corail, étude historique sur le Commerce de Marseille au xv.° siècle et les ongmes de la colonisation française en Algérie-Tunisie (in-8° Marseille, 1908). Mai mile et la Colonisation française, Marseille, Barlatier 1HH> (o9 . P-) <nen
Artaud : Un armateur marseillais, Georges Roux (in-8; Paris, Champion 1890). - Représentation des intérêts commerciaux français a l étranger (rappoi t adopté par la Chambre de Commerce de Marseille dans sa seanee du 10
novembre 1905).
de la résumer à grands traits à l’aide de documents puisés aux sources que nous venons d’indiquer (1), afin de montrer l’unité de vues avec laquelle la Chambre de Commerce de Marseille a toujours présidé à l’œuvre d’expansion commerciale de notre ville.
« Issue du dernier effort du monde hellénique dans le bassin occidental de la Méditerranée, Marseille, dit M. Paul Masson, a ajouté un dernier chapitre à l’histoire de la colonisation grecque dans ces parages. Et ce qui lui fit grand honneur, ce n’est pas tant d’avoir parsemé de comptoirs et de villes nouvelles des côtes peuplées de barbares, depuis Monaco jusque vers Gibraltar; c’est d’avoir jeté abondamment sur le sol gaulois la semence féconde de la civilisation, et d’avoir préparé nos ancêtres pendant plus de trois siècles à profiter si rapidement de la conquête romaine. Glorieuse aussi fut cette double mission coloniale d’Euthymènes et de Pythéas, dont les statues décorent la façade de notre Palais delà Bourse. Si Euthymènes avait été précédé par des Carthaginois sur les côtes d’Afrique jusqu’au delà du Sénégal, Pythéas, à la fois le plus savant et le plus hardi des grands découvreurs de l’antiquité, fut le premier à pousser jusque dans les régions polaires, qu’aucun homme du Midi ne devait revoir avant des siècles, la recherche de nouvelles routes commerciales et de nouveaux pays. »