‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 22 sur 89 · ET DÉPENDANCES · texte numérisé non relu

ET DÉPENDANCES

L’Exposition de l’Afrique occidentale française, une des plus remarquables de la belle manifestation de 1900 couvrait une superficie approximative de 10.000 mètres carrés au sud de la grande esplanade. Elle occupait une position

symétrique de celle de l’Indo-Chine, située en face d’elle au nord de l’esplanade.

Œuvre de M. Deglane, l’architecte du Grand Palais des Champs-Elysées, l’Exposition de l’Afrique occidentale avait été organisée par les soins de MM. Gabelle et Max-Robert, commissaires, et comprenait un bâtiment principal et diverses dépendances, notamment un village soudanais et une ferme pour le bétail indigène.

L’aspect général de ces constructions s’inspirait aussi fidèlement que possible de l'architecture étrange et caractéristique des villes de la région du Bani et du Haut-Niger : grandes murailles crépies en argile, toitures en terrasses ou en chaume, abris saillants en charpentes primitives. Aussi M. Pierre Mille, bon juge en pareille matière, consacrait-il dans le Petit Marseillais du 25 avril 1906 les lignes suivantes au Palais de l’Afrique occidentale :

« Il est un édifice qui frappe tout particulièrement, car les lignes en sont sévères, graves, puissantes, la couleur chaude ; tout l’aspect en est neuf et original, sans blesser cependant nos yeux : c’est le pavillon de l’Afrique occidentale. Je ne connais pas celui qui en a conçu le- plan, mais je le voudrais féliciter. Il s’est inspiré des grands tatas, des palais-forteresses que construisaient, que construisent encore les noirs musulmans du Niger : celui du roi Mademba à Sousanding... les grandes demeures d’Assikasso, maintenant détruites, et surtout les singuliers et magnifiques édifices de Dienné, qui frappèrent tellement leurs premiers visiteurs européens qu’ils voulurent attribuer leur construction à une tribu égyptienne émigrée très anciennement des bords du Nil sur ceux du Niger. L’origine de cette architecture est peut-être encore plus mystérieuse : les belles recherches du lieutenant Desplagnes permettraient presque de croire que, dans la nuit des temps, à l’époque préhistorique où les hommes ne connaissaient pas encore l'usage du bronze ou du fer et se servaient d’armes et d’outils en pierre taillée, une civilisation assez avancée et d'un type presque uniforme s’étendait de l’Egypte au Niger en passant par le Tchad. Et ainsi les visiteurs de l’Exposition de Marseille

PALAIS DK I.’aFRIQUK OCCIDENTALE FRANÇAISE

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