‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 34 sur 89 · FÊTES, RÉCEPTIONS ET CONGRÈS DURANT L’EXPOSITION · texte numérisé non relu

FÊTES, RÉCEPTIONS ET CONGRÈS DURANT L’EXPOSITION

Le soir de l’inauguration officielle de l’Exposition coloniale, tandis que des retraites aux flambeaux parcouraient les divers quartiers de Marseille, une grande réception était offerte à l’hôtel de ville en l’honneur de l’escadre et des autorités. M. le Maire et les membres du Conseil municipal reçurent fort aimablement leurs invités, parmi lesquels M. l’amiral Touchard, les généraux Dodds, Mathis et du Moriez, M. le Préfet, M. le Syndic de Gênes et les maires de plusieurs villes de France, M. Desbief, M. Jules Charles- Roux et les principaux commissaires de l’Exposition. Le « clou » de la soirée fut le splendide feu d’artifice tiré de la plate-forme du pont transbordeur à l’entrée du Vieux-Port, et que toute la population put ainsi contempler des divers points de la ville. Les monuments publics étaient illuminés et pavoisés à profusion, donnant l’aspect, avec la foule joyeuse qui remplissait les rues, d’un exceptionnel caractère de réjouissance.

Le lendemain matin, jour de Pâques, l’Exposition coloniale ouvrait ses portes au public avide d’en contempler les merveilles, et l’empressement fut tel qu’à 7 heures du soir on ne comptait pas moins de 14.872 entrées payantes , sans parler des entrées au titre d’exposant, ni des cartes d abonnement

et de service. Parmi les visiteurs de marque, nous devons citer en première ligne M. Stephen Pichon, alors Résident général de France en Tunisie, qui, arrivé le matin même parla Ville-de-Naples, se rendit immédiatement à l’Exposition coloniale en compagnie de Mme Pichon et de M. Hugon, directeur de l’ Agriculture en Tunisie. Citons aussi M. Ilg, conseiller de Ménélik, arrivé la veille par le paquebot de Djibouti. Dans l’après-midi, l’affluence fut particulièrement considérable, et un festival musical fut donné avec beaucoup d’éclat dans l’enceinte du parc.

A 8 heures du soir, M. Jules Charles-Roux, commissaire général, offrait un banquet de 250 couverts au Palace-Hôtel de la Corniche. Toutes les personnalités officielles, civiles et militaires, s’y retrouvèrent, ainsi que le corps consulaire et de nombreuses notabilités politiques et commerciales. Au dessert, M. Charles-Roux donna lecture des télégrammes de félicitations envoyés par M. Leygues, ministre des colonies, par S. A. S. le Prince de Monaco, par Sir Charles Hardinge, au nom du roi d’Angleterre, puis il porta la santé des principaux chefs d’Etat et de leurs représentants et remercia de nouveau ses collaborateurs de leur précieux concours. Après lui, des toasts chaleureux furent portés successivement par M. Chanot, maire de Marseille ; parM. le général Cerutti, syndic de Gênes ; par M. Skinner, consul des Etats-Unis, au nom du corps consulaire ; parM. Lecointe, qui avait été le second de l’expédition antarctique de la Belgica , au nom des délégués étrangers ; par M. Desbief, président de la Chambre de Commerce ; par M. Raille, commissaire de l’Indo-Chine, au nom de ses collègues, et par M. Girard, délégué du Portugal. Les illuminations des voies centrales, le concert des Allées et l’embrasement de la colline de Notre-Dame de la Garde avaient, pendant ce temps, attiré dans les rues la plus grande partie de la population, dont l’animation se prolongea fort avant dans la nuit.

Le lendemain, lundi de Pâques, l’amiral Touchard offrit

à bord du cuirassé Suffren un déjeuner en l’honneur des autorités ; des toasts cordiaux furent échangés, puis les invités se retirèrent, enchantés de l’accueil qu’ils avaient reçu des distingués officiers de notre marine. L’escadre appareillait ensuite et quittait à 3 heures la rade d’Endoume pour rentrer à Toulon.

Le total des entrées payantes à l’Exposition pendant cette seconde journée fut de 13.103 , ce qui portait à près de 30.000 le nombre des tickets délivrés en deux jours au Rond-Point du Prado. Une pareille affluence ne pouvait que faire bien augurer du succès de l’Exposition, qui fut, on le sait, triomphal.

Inauguration du Grand Palais

L’inauguration spéciale du Grand Palais, ou Palais de l’Exportation, eut lieu le jeudi 26 avril, à 3 heures de l’aprèsmidi, sous la présidence de M. Lucien Estrine, président de la Commission de Réception des Produits, et membresecrétaire de la Chambre de Commerce, dont il est aujourd’hui vice-président. M. le docteur Heckel, commissairegénéral adjoint, et le haut personnel de l’Exposition assistaient à celte cérémonie, ainsi que de nombreux exposants et une foule de visiteurs appartenant au monde commercial et industriel de notre ville.

Voici le texte de l’allocution qui fut prononcée à celle occasion par M. Lucien Estrine :

«Le programme de celle fêle de famille, j’insiste sur celte appellation, porte en tète : « Pas de discours », car nous ne pourrions que répéter ce qui a été si bien dit le jour de 1 inauguration par des orateurs tous plus autorisés que je ne saurais 1 être. Je dois pourtant faire entendre une parole de remerciement pour les

présidents des syndicats qui, réunis en assemblée générale à la Société pour la Défense du Commerce, sous la présidence de M. Artaud, alors son président, ont, en une séance mémorable, confié an Syndicat d’initiative le soin d’étudier les moyens pratiques de réaliser l’idée qui nous hantait tous : une Exposition coloniale à Marseille. Ce devoir m’est d’autant plus agréable que nous devons beaucoup à ce groupement des syndicats, et que nous en attendons plus encore, si possible, dans l’avenir.

Le Syndicat d’initiative, à peine investi de cette périlleuse mission, se mit à la besogne, prenant pour base de son projet le concours des corps constitués.

Sur la demande du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ce projet, à peine ébauché, fut exposé par le bureau du Syndicat devant cette assemblée réunie en commission plénière, et, grâce à l’appui de M. Estier, de notre regretté ami Bayol, vice-président du Syndicat d’initiative, de M. Dorlhacde Borne et de nombreux conseillers, la première subvention de 250.000 francs fut votée, on peut le dire, littéralement séance tenante; or vous savez qu’en toutes choses c’est le premier pas qui coûte, et le premier pas était franchi. Peu après, M. Clianot, maire de Marseille, fit voter par le Conseil municipal la généreuse allocation d’un million, et la Chambre de Commerce y joignit une contribution de 250.000 francs. Le rêve était devenu une réalité.

Dès le début, sous l’impulsion énergique de M. le Commissaire général, le travail se subdivisa en deux grandes classes ; la Métropole et les Colonies. Leurs merveilleux palais et leurs élégants pavillons font défiler sous vos yeux les innombrables et riches produits que nos diverses possessions peuvent fournir à la Métropole, elles ressources immenses, la plupart inconnues ou inappréciées hier encore, qu’elles mettent au service de la France. El ici, permettez-moi de vous citer un exemple personnel : hier, guidé par leurs représentants, j’ai visité deux de nos grandes colonies, en compagnie de quelques industriels marseillais que leur modestie me défend de nommer, et j’ai assisté à un échange de renseignements et d’idées qui, infailliblement, amènera la modification de certaines cultures indigènes, et, je le souhaite, des transactions avec des pays jusque-là ignorés de notre importation.

Par ce temps de protectionnisme à outrance, nous voyons se

restreindre tous les jours nos relations avec les nations voisines, et reparaître sous forme de droits de douane les obstacles qui, vaincus par la vapeur et l’électricité, arrêtaient les grands courants d affaires . Mais nos colonies suppléent déplus en plus largement aux débouchés qui nous sont enlevés, et contribuent par leurs importations à développer notre commerce et à procurer ainsi à notre population l’abondance et le bien être.

L’organisation et la direction des expositions des diverses colonies étant autonomes, nous n’avons pas eu à y prendre la moindre part, et nous nous sommes bornés en ce qui les concerne à admirer le travail accompli et à nous émerveiller de l’inconnu révélé à nos horizons commerciaux.

Notre rôle, réduit à la Métropole, n’en est pas moins demeuré très considérable, car nous avions pour programme d’enseigner aux coloniaux tout ce que nous pouvons leur fournir, et de leur montrer comment nous savons transformer les matières premières qu’ils nous expédient.

Les membres de la Commission des produits nous ont soutenus de leur concours et de leurs cordiales sympathies, nos secrétaires et nos cliers vice-présidents ont vaillamment contribué à la réussite de nos travaux, je les en remercie, mais je dois une mention spéciale à MM. Usslaub, Rocca et Gouin pour leur zèle inlassable et leur collaboration éclairée. Je n’aurai garde d’oublier MM. les Délégués qui, dans leurs délicates fonctions, ont essayé avec nous de satisfaire un chacun ; y avons-nous réussi ? Nous n’osons l’espérer, bien qu’ayant la conscience d’avoir fait tout ce qui dépendait de nous pour atteindre ce but. Et puisque je rappelle les services rendus à la grande manifestation de notre commerce et de notre industrie, c’est au premier rang qu’il faut citer la Commission des corps gras, son président, M. Usslaub, et son délégué, M. Milliau.

C’est ainsi, qu’avec l’aide de tous, nous sommes arrivés à pouvoir vous faire visiter dans un instant, malheureusement pas encore complètement achevée, mais très présentable pourtant, l’Exposition métropolitaine.

M. Desbief, le distingué président de la Chambre de Commerce, nous a autorisé à planter, au centre du Grand Palais,

l’exposition de cette Compagnie. Le tableau de notre beau port y est le véritable drapeau autour duquel sont venus se grouper les exposants, les syndicats et industriels, au nombre de plus de mille.

Tout le monde sait que Marseille est le premier port de France, et que c’est par là qu’il faut passer pour aller en Algérie, dans le Levant ou en Extrême-Orient. Marseille commerciale est connue de tous; dire que Marseille est la vraie Métropole coloniale, dans cet admirable parc où sont réunis les représentants de nos vieilles et jeunes F rances d’outre-mer, serait un pléonasme. Il restait à démontrer la puissance de Marseille industrielle, tel a été le but de tous nos efforts, et c’est ce qu’a prouvé sans réplique, en des graphiques aussi vibrants qu’instructifs, notre collègue M Artaud.

Nous serons amplement payés de nos peines, si, après vous avoir pilotés à travers les galeries de ce Palais de l’Exportation, nous pouvons faire de vous des propagandistes de la vérité suivante : Marseille est un grand port, sa marine promène fièrement notre pavillon national dans le monde entier, les trocs et échanges y restent en grand honneur, mais Marseille est devenue en quelques années, grâce au courage, à l’énergie, à l’esprit d’entreprise et de persévérance de ses enfants, une ville industrielle qui ne le cède à aucune autre en variété et en importance ».

Assemblée des Présidents des Chambres de Commerce de France

La première grande solennité qui suivit l’inauguration de l’Exposition fut l’Assemblée des Présidents des Chambres de Commerce de France. Nous en empruntons le récit au Compte Rendu des travaux de la Chambre de Commerce pendant Cannée 1906 , p. 306-324 :

«A l’assemblée des Présidents des Chambres de commerce de France tenue à Paris le 20 novembre 1905, M. Desbief avait proposé, au nom de la Chambre de Commerce de Marseille, de tenir dans cette ville la prochaine assemblée semestrielle et de visiter l’Exposition coloniale qui devait s’y ouvrir au printemps de 1906.

« Cette proposition avait été adoptée et la date de l’assemblée fut fixée au 30 mai 1906.

« La Chambre de Commerce a décidé d’organiser à cette occasion, des visites et des réceptions qui permettent aux représentants des chambres de commerce de France d’apprécier en même temps l’activité industrielle, maritime et commerciale de Marseille, ainsi que l’Exposition coloniale. A cet effet, le programme suivant a été dressé pour les trois journées des 29, 30 et 31 mai.

Mardi 29 mai. — Visite à l’Exposition coloniale ; rendez-vous, à la Chambre de Commerce, à 2 heures précises après midi ; mardi soir, Fête de Nuit à l’Exposition coloniale.

Mercredi 30 mai. — Le malin, à 9 heures, assemblée des Présidents des chambres de commerce ; le soir, à 2 heures, visites industrielles ; à 7 heures et demie, banquet dans la salle des fêtes de la Chambre de Commerce.

Jeudi 31 mai. — Le matin, à 8 heures, départ en remorqueurs au quai de la Fraternité ; visite des Ports ; embarquement sur deux paquebots de la Compagnie Transatlantique et de la Compagnie Fraissinet pour la visite des Chantiers et Ateliers de Provence à Port-de-Bouc ; déjeuner à bord ; visite du canal de Caronte, de la ville de Martigues et de l’Étang de Berre ; retour à Marseille à 6 heures.

« Ce programme a été parfaitement réalisé et dans les conditions les pins favorables.

« Soixante-deux chambres de commerce avaient répondu à

l’invitation qui leur avait été adressée et se trouvaient représentées ainsi qu’il suit :

Agen, par M. Monnayrand, membre-secrétaire.

Ajaccio, par M. Jean Lanzi, président.

Alençon, par M. Bohin, président.

Annonay, par M. Meyzonnier, président.

Aubenas, parM. Cuchet, président.

Avesnes, par M. Lesaffre, président.

Avignon, par MM. Ruât, président; Verdet, secrétairetrésorier.

Bayonne, par M. Edmond Foy, président.

Béziers, par M. Gaillard, membre-secrétaire.

Bordeaux, par M. Besse, président.

Brest, par M. Marfille, président.

Caen, par M. Mullois/ président.

Calais, par M. Henri Henon, président.

Carcassonne, par M. Drevet, président.

Castres, par M. Bardou, président.

Cette, par M. Frisch, président.

Chalon-sur-Saône, par M. Bonny, vice-président. Clermont-Ferrand, par M. Chalus, président.

Digne, par M. Perrier, président.

Dijon, par M. Lucien Richard, secrétaire-trésorier.

Douai, par M. Wauthy, président.

Dunkerque, par M. Hutter, membre-secrétaire.

Elbeuf, par M. Chedeville, vice-président.

Fécamp, par M. Adolphe Bellet, président.

Gap, par M. Tourres, président.

Gray, par M. Jacquot, président.

Grenoble, par M. Marius Viallet, membre-secrétaire.

Guéret, parM. Rousseau, vice-président.

Le Havre, par M. Joannès Couvert, président.

Honlleur, par M. Ullern, président.

Lille, par M. Faucheur, président.

Lons-le-Saulnier, par M. Droz, président.

Lyon, par MM. Auguste Isaac, président ; Coignet, vice^ président ; Vindry, membre-secrétaire.

Mâcon, par M. Piguet, vice-président.

Le Mans, par M. Hedin, président.

Mazamet, par M. Sarrat, président.

Meaux, par M. Jules Preyet, président.

Monlauban, par M. Doumerc, président.

Montpellier, par M. Gervais, président.

Nancy, par M. Dreux, vice-président.

Nantes, par M. Jules Buffet, vice-président, et M. Foulon, secrétaire.

Nevers, par M. Magnard, président.

Nice, par M. Gillette-Arrimondy, président.

Nîmes, par M. Causse, président.

Orléans, par M. Dessaux, président.

Paris, par MM. Lesieur, président ; Duerujeaud et Garnier, vice-présidents ; Lacroix, directeur du secrétariat.

Perpignan, par M. Battle, président.

Pont-Audemer, par M. Saffrey, président.

Roanne, par M. Bajard, président.

La Roche-sur-Yon, par M. Gaudriau, vice-président. Saint-Brieuc, parM, Huet, président.

Saint-Dizier, par MM. Ripert, membre-secrétaire et Fleury, membre.

Saint-Etienne, par MM. Aulagnon, membre-trésorier; Duplay, membre ; Gras, secrétaire général.

Saint-Quentin, par M. Touron, sénateur, vice-président. Saumur, par M. Girard, président.

Tarbes, par M. Medebielle. membre.

Toulon, par M. Jules Paul, président, ioulouse, par M. Bourgeat, président.

Tours, par M. Deslis, président.

Valence, par M. Charles Mossant, président.

Villefranche, par M. Moreau, président.

Alger, par M. Castan, président.

S’étaient excusées les chambres de commerce d’Albi, Angoulême, Annecy, Armentières, Audi, Auxerre, Barle-Duc, Beauvais, Belfort, Bergerac, Blois, Bolbec, Boulogne, Bourges, Cambrai, Chambéry, Charleville, Chartres,

Cherbourg, Dieppe, Evreux, Foix, Fougères, Granville, Laval. Mende, Mostaganem, Oran, Périgueux, Péronne, Le Puy, Quimper, Reims, Rennes, Rochefort-sur-Mer, La Rochelle, Roubaix, Rouen, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Saint-Omer, Sens, Tarare, Tourcoing, Le Tréport et Valenciennes.

« Le mardi 29 mai, à 2 heures de l’après-midi, les délégués des chambres de commerce se rendirent dans la salle des fêtes de la Chambre de Commerce richement décorée pour la circonstance, où ils furent reçus par M. Deshief, président ; MM. Sube et Grand-Dufay, vice-présidents ; Estrine, membre secrétaire de la Chambre de Commerce, entourés par les membres de cette Compagnie.

« M. le président Desbief, en souhaitant la bienvenue à ses invités, les a remerciés d’avoir accepté l’invitation de la Chambre de Commerce et leur a brièvement indiqué quel serait le programme de leurs journées des 29, 30 et 31 mai. Il les invite ensuite à prendre place dans les voitures spéciales de la Compagnie des Tramways qui les attendaient pour les conduire à l’Exposition coloniale.

cc A la porte principale de l’Exposition se trouvait M. Jules Charles-Roux, commissaire général, ayant à ses côtés tout le haut personnel de l’Exposition : M. Heckel, commissaire général adjoint ; M. Morel, directeur; M. Giry, directeuradjoint ; M. Malo, chef de cabinet du commissaire général ; M. Hesse, secrétaire général de la Direction ; MM. les Commissaires des diverses colonies : MM. Max Robert, de l’Afrique occidentale; Outrey, de la Cochincbine ; Gérard, de l’Algérie ; Pavillier, de la Tunisie ; Jully et Lemoine, de Madagascar; Gustave Gravier, de l’Inde française; Payan, de la Martinique, etc.

« Les honneurs étaient rendus par la section des tirailleurs tonkinois, les tirailleurs sénégalais et les spahis, tandis que la musique malgache jouait la Marseillaise.

«Le cortège se mit en marche et se dirigea par l’allée cen-

tialc vers le Grand Palais de l’Exposition. C’est dans la salle de îéception de ce Grand Palais, où les soldats indigènes formaient une haie d’honneur, que prirent place les membres de l’Assemblée.

« M. le président Desbief, prenant le premier la parole présenta à M. J. Charles-Roux, commissaire général de l’Exposition, MM. les Présidents des Chambres de Commerce, ayant tà leur tête M. Lesieur, président de la Chambre de Commerce de Paris.

« Puis, M. Desbief souligna en quelques mots le caractère important de la visite de l’Exposition par ceux « qui ont pour mission de défendre les intérêts commerciaux du pays et d’accroître sa prospérité ».

« 11 termina en déclarant à M. Charles-Roux qu’une telle visite était la véritable consécration de son œuvre et de celle de ses collaborateurs.

« M. Charles -Roux prononça ensuite un discours très applaudi :

Je suis profondément reconnaissant, dit-il, à la Chambre de Commerce de me faire le grand honneur de recevoir ici les représentants si autorisés du Commerce de la France. J’attache un grand prix à votre visite, Messieurs. En formant le projet d’une Exposition coloniale, nous n’avons pas voulu seulement la montrer à nos concitoyens, mais la faire apprécier par les habitants de toute la France.

Et M. le Commissaire général fit l’éloge de l’esprit de méthode suivi par MM. les Commissaires généraux de chacune des sections coloniales de l’Exposition.

Nous ne sommes pas tous d’accord, ajouta-t-il, sur les questions économiques, mais il existe un terrain sur lequel nous pouvons nous entendre : le terrain colonial. Nous le travaillerons ensemble pour la grandeur et la prospérité de uos colonies.

« Traitant à cette occasion la question de la marine mar-

chaude, M. Charles-Roux montra quelle grande influence elle peut avoir sur l’avenir de nos colonies. Il exprima le vœu que non seulement les habitants des ports s’y intéressent, mais aussi que tous les départements français contribuent à augmenter son activité et sa prospérité. A ce point de vue, il verrait, dit-il, avec plaisir les chambres de commerce inscrire à l’ordre du jour de leurs délibérations l’autonomie des ports. On diminuerait par ce moyen la tutelle gouvernementale, en instituant un régime qui a fait la prospérité de Hambourg, de Brême et qui est en train de faire celle de Gênes.

« En terminant, M. le Commissaire général a invité les membres des chambres de commerce à le suivre pour visiter l’Exposition.

« On se rendit alors successivement au Grand Palais de l’Exportation et aux pavillons de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Afrique occidentale, de Madagascar et de l’Indo-Chine, où d’intéressantes explications furent données par les Commissaires respectifs. L’organisation méthodique, le caractère sérieux autant qu’artistique de cette exposition ont été très appréciés des visiteurs qui ont adressé de chaleureuses félicitations à M. Charles-Roux et à ses dévoués collaborateurs.

<( La journée s’est terminée par une fête de nuit donnée par le Commissaire général en l’honneur des présidents des chambres de commerce Les invités ont admiré des projections cinématographiques représentant desvues ou des scènes de la vie coloniales, des fontaines lumineuses et une illumination générale très réussie des jardins et des pavillons.

« Le mercredi 30 mai, à 9 heures du matin, les Présidents des Chambres de Commerce se sont réunis dans la salle d’honneur du Palais de la Bourse pour tenir leur assemblée semestrielle.

«. Le compte-rendu détaillé de cette réunion a été publié, comme d’usage, par les soins de la Chambre de Commerce de Paris.

(c L’après-midi, lesinvités se sont partagés en deux groupes pour les visites industrielles. Les uns ont visité la raffinerie Saint-Louis et l’huilerie Rocca, les autres la savonnerie Baron et la stéarinerie Fournier. Le trajet de la Bourse aux usines a été effectué dans des voitures spéciales de la Compagnie des Tramways.

« Le soir, à 8 heures, dans la salle des Fêtes de la Bourse, brillamment décorée et illuminée, la Chambre de Commerce de Marseille a offert un grand banquet aux représentants des Chambres de Commerce, aux autorités locales et aux commissaires de l’Exposition coloniale.

« En dehors des membres de la Chambre de Commerce de Marseille, et de ceux déjà cités des autres Chambres de Commerce de France, assistaient à ce banquet : MM. Mastier, préfet des Bouches-du-Rhône et son chef de cabinet, M. Dellel; le général du Moriez, gouverneur de Marseille et son officier d’ordonnance; MM. Peytral et Leydet, sénateurs des Bouches-du-Rhône; MM. Chanot, maire de Marseille et Eugène Pierre, 1er adjoint; MM. N. Estier, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône; Artaud, président delà Commission départementale; Paul Boudon, président du Conseil d’arrondissement; MM. Charles-Roux, commissaire général ; Victor Morel, directeur; Auguste Giry, directeur-adjoint de l’Exposition; Gabriel Boyer, président, et Galinier, premier juge du Tribunal de Commerce; MM. Batard-Razelière et Bourgougnon, ingénieurs en chef du Service maritime ; Capetter, commandant du port de Marseille; Barjeton, trésorier-payeur général des Bouches-du- Rhône ; Ponsinet, chef du Service colonial; Skinner, consul général d’Amérique, doyen des consuls; de Saizieu, directeur de la Banque de France; Golléty, inspecteur principal de la Compagnie P.-L.-M. ; Guilland, président de la Société pour la Défense du Commerce de Marseille ; Léotard, secrétaire général de la Société de Géographie ; les commissaires et délégués des différentes colonies, les représentants de la Presse, etc.

Le menu du banquet avait été préparé par la maison Imbert de Castelmuro.

Au dessert, M. Desbief, président de la Chambre de Commerce de Marseille, a prononcé le discours suivant :

Messieurs,

Au nom de la Chambre de Commerce, je salue toutes les hautes personnalités qui nous ont fait le très grand honneur de répondre à notre invitation et je les remercie du précieux témoignage de sympathie qu’elles ont bien voulu nous donner.

C’est pour nous une bien vive satisfaction de voir parmi nous, ce soir, MM. les présidents et délégués des Chambres de Commerce de France et d’Algérie qui, sur notre demande, sont venus à Marseille tenir leur assemblée semestrielle

Il m’est particulièrement agréable de dire encore combien nous sommes touchés de cette affirmation nouvelle de leurs sentiments de bonne confraternité.

La Chambre de Commerce de Paris a toujours donné son concours le plus empressé pour organiser ces assemblées, ayant pour but de coordonner tous les efforts et de donner aussi plus d’autorité aux décisions prises en vue du bien public.

Je serai certain de traduire fidèlement la pensée de tous nos délégués en rendant, ici, hommage à l’aménité, au tact et à l’impartialité de M. le président Lesieur, à qui incombe la délicate mission de diriger les débats.

Grâce à la cordialité des relations nouées au cours de ces réunions périodiques, nous avons vu la Chambre de Commerce de Paris prendre une large participation à l’établissement d’un second lil téléphonique devant relier Paris à Marseille, et nous l’en remercions bien vivement.

Les avantages que présente l’étude en commun de certaines questions d’intérêt général ont été mis également en lumière par la Chambre de Commerce de Lyon, lorsqu’elle a fondé l’Office des transports qui continue à nous rendre les plus grands services.

C’est ainsi que par l’accord unanime des Chambres de Commerce du Sud-Est a été obtenue la promulgation de la loi du 24 décembre 1903, déclarant d’utilité publique les travaux du canal de jonction du Rhône à Marseille.

Le décret devant autoriser la Chambre de Commerce de Marseille à contracter un emprunt n’est pas encore rendu, il est vrai, mais M. le Ministre des Travaux Publics vient d’ouvrir à M. l’ingénieur en chef Bourgougnon un crédit suffisant pour lui permettre de procéder prochainement à l’adjudication des premiers travaux.

C’est là un événement dont nous avons d’autant plus lieu de nous réjouir qu’il a été plus longtemps attendu et paraît coïncider avec la présence à Marseille de tous ceux qui, à des titres divers, ont très largement contribué à faire aboutir un projet dont notre Compagnie poursuivait la réalisation depuis un quart de siècle.

L’Exposition coloniale de Marseille est née aussi de l’union de toutes les bonnes volontés.

M. le Dr Heckel, commissaire général adjoint — dont je regrette l’absence ce soir — a pris, vous le savez, Messieurs, l’initiative de celle grandiose manifestation de notre activité nationale, et je me fais un réel plaisir de lui renouveler, devant vous, nos plus vives félicitations.

Mais c’est grâce au concours moral et matériel des colonies, grâce à la collaboration étroite — ce dont nous ne saurions trop nous applaudir — du Conseil général des Bouches-du-Rhône, de la Ville de Marseille et de la Chambre de Commerce, que l’œuvre projetée a pu être entreprise.

C’est enfin à notre éminent concitoyen M. J. Charles-Roux, qui a su s’entourer de collaborateurs de talent, que nous en devons la réalisation.

Et je suis heureux de rendre à sa haute compétence et à sa rare énergie un nouvel hommage dans cette salle de la Chambre de Commerce où il a laissé, comme membre de notre Compagnie, de si brillants souvenirs.

Cette œuvre, Messieurs, vous avez pu la juger et nous espérons que vous en avez apprécié toute l’utilité pratique au point de vue du développement de nos relations extérieures.

Mais nous sommes certains que vous avez rendu justice à l’esprit d’ordre et de méthode qui a présidé à la formation des belles collections offertes à l’admiration des visiteurs et qui constituent l’inventaire complet des richesses artistiques, agricoles et industrielles de notre vaste empire colonial.

Et ceci est tout à l’éloge des représentants autorisés de nos colonies qui, se livrant à l’étude patiente et raisonnée des conditions d’existence des populations qu’ils ont le mandat d’administrer, savent les guider dans la voie de la civilisation et savent aussi faire aimer la France.

Qu’ils reçoivent ici, au nom du Commerce français dont ils facilitent ainsi puissamment la tâche, nos plus sincères remerciements avec nos plus vives félicitations.

Messieurs,

Je lève mon verre en votre honneur et à l’union indissoluble des Chambres de Commerce de France et des Colonies. Je bois à la prospérité de la France coloniale. ( Applaudissements ).

« M. Lesieur, président de la Chambre de Commerce de Paris et de l’assemblée des présidents, a répondu à M. Desbief dans les termes suivants :

Messieurs,

Les représentants des Chambres de Commerce réunis à Marseille m’ont fait le très grand honneur de me désigner pour être leur interprète, et un certain nombre de Chambres de Commerce qui n’ont pu se faire représenter m’ont prié de vous en exprimer leurs regrets et de vous dire qu’elles étaient de cœur avec nous.

Au nom de tous, j’adresse à la Chambre de Commerce de Marseille nos très vifs remerciements pour sa gracieuse invitation; je les adresse à tous ses membres qui nous ont réservé un accueil si empressé et si sympathique. ( Applaudissements ).

Je remercie spécialement son distingué président, dont la bonne grâce exquise et la grande cordialité pouvaient seules

nous entraîner à faire une dérogation à l’habitude de nous réunir à Paris, et qui s’est ingénié à encadrer nos séances de travail dans un charmant programme de fêtes et de réceptions. ( Applaudissements ).

Malgré l’éloignement, je constate avec plaisir que nous sommes venus très nombreux, et cet empressement témoigne en quelle estime nous tenons nos collègues de Marseille et leurs travaux.

Nous avons voulu également rendre un hommage spécial à l’institution vénérable dont ils sont les dignes continuateurs. La Chambre de Commerce de Marseille est, en effet, l’ainée de toutes les Chambres de Commerce, puisqu’elle a devancé d’au moins un siècle la plus ancienne de nos compagnies. Elle est aussi de celles qui ont les états de service les plus brillants.

Dès sa fondation, au seizième siècle, nous la voyons étendre son action bien au delà des mers et établir des relations commerciales avec des pays éloignés, notamment avec les Echelles du Levant, où elle entretenait des consuls.

Si Marseille est le premier port maritime de France, s’il se place parmi les plus importants du Continent, c’est assurément à son admirable situation, mais aussi beaucoup aux efforts de sa Chambre de Commerce qu’il le doit.

Toujours pleine de vaillance et d’ardeur, votre Compagnie continue à multiplier les sacrifices pour assurer la suprématie de son grand port.

C’est ainsi que bientôt nous aurons la satisfaction de voir activement poussés les travaux de ce canal de Marseille au Rhône qui, mettant en relations directes les mers du Midi et du Nord, imprimera à toutes nos AToies navigables une activité nouvelle, qui ne pourra que développer davantage les transactions de votre belle cité devenue une ville industrielle de premier ordre. Marseille n’est plus seulement, en effet, une ville commerciale et maritime merveilleusement organisée et outillée, elle est de plus en plus, grâce aux usines qui 1 entourent, un de nos principaux centres de fabrication.

A l’avant-garde du commerce de l’Orient, c’est par les bassifis de votre port que passent plus de la moitié de nos affaires coloniales. Il était donc particulièrement qualifié pour recevoir cette

magnifique Exposition coloniale que nous avons admirée hier dans sa belle ordonnance, et qui nous a fait entrevoir le réconfortant spectacle de l’avenir plein de promesses que nous réserve la mise en valeur de notre vaste empire colonial. Que M. Charles- Roux, réminent commissaire général, à qui revient l’honneur du succès de cette organisation, me permette de lui adresser nos très sincères félicitations. Il vient de s’acquérir un titre de plus à la reconnaissance du commerce français, qui lui doit déjà tant et à la défense duquel il consacre sans compter son dévouement et son talent. ( Applaudissements .)

Toutes les chambres de commerce ne peuvent assurément prétendre participer aussi brillamment à la prospérité générale que celle de Marseille, dont la situation est privilégiée, mais toutes peuvent y contribuer, par des moyens divers, dans une large mesure. Ce qu elles ne peuvent faire seules, elles le peuvent par le groupement de leurs efforts. Les législateurs de 1898 ont été, à ce point de vue, très libéraux et intelligemment prévoyants, en leur facilitant l’association pour l’entreprise des grands travaux, comme ceux en faveur desquels nous avons émis des vœux ce matin, et qui visent à développer notre outillage national et à améliorer nos moyens de transport.

La loi de 1898 a autorisé un autre genre d’association également précieux, en nous permettant de nous concerter et de nous unir pour les questions d’intérêt général.

Nous avons sur beaucoup d'autres assemblées l’avantage d avoir un but bien défini, qui est de maintenir notre rang commercial parmi les nations, d’assurer la prospérité nationale et de la défendre avec vigueur contre tout ce qui peut y porter atteinte au dedans et au dehors.

Obligés par nos occupations de prendre un contact journalier avec les besoins sociaux, placés en dehors de tout esprit d’école ou de parti, nous avons l’impérieux devoir, au moment où les questions sociales, ouvrières et économiques prennent une importance qu’elles n’avaient jamais eue, de faire entendre notre voix, de signaler les côtés pratiques de ces problèmes dont avec tous les hommes de progrès nous nous efforçons de bâter la solution, mais en même temps d’indiquer les périls de certaines expériences et d’user de toute notre influence pour les faire

écarter, de faire en un mot l’éducation économique du pays en l’amenant à partager notre souci de ses véritables intérêts.

C’est à l’action et à l’union sur ce terrain que je vous convie, mes chers collègues, en vous invitant à lever nos verres en l’honneur de la Chambre de Commerce de Marseille, qui nous a procuré une occasion nouvelle de sympathiser en ces fraternelles agapes. Je bois à la Chambre de Commerce de Marseille, à notre vaillante et glorieuse doyenne ! (Vifs applaudissements.)

« M. Mastier, préfet des Bouches-du-Rhône, prenant ensuite la parole, s’est félicité de se trouver au milieu d’une réunion d’élite des représentants de l’industrie et du commerce français. Il a tenu à leur dire combien il avait apprécié le concours donné par les chambres de commerce aux intérêts économiques du pays, et les a assurés de la sollicitude du gouvernement de la République pour ces mêmes intérêts. Enfin il a porté un toast au commerce national et à la prospérité de Marseille. ( Vifs applaudissements .)

« M. Bourgeat, président de la Chambre de Commerce de Toulouse, et M. Hénon, président de la Chambre de Commerce de Calais, ont ensuite exprimé, dans des toasts fort applaudis, leurs remerciements aux membres de la Chambre de Commerce de Marseille et leurs vœux pour la prospérité de leur grande et laborieuse cité.

« Les invités se sont ensuite répandus dans les salons de la Chambre de Commerce et n’ont quitté que fort tard celte réunion empreinte de la plus grande cordialité.

« Le lendemain jeudi 31 mai,M. le Président de la Chambre de Commerce de Marseille et M. Charles-Roux, commissaire général de l’Exposition coloniale, avaient invité les représentants des chambres de commerce à prendre part à la visite des ports de Marseille et des chantiers dePort-de-Bouc, ainsi qu’au déjeuner qui devait avoir lieu à bord des bateaux de la Compagnie générale Transatlantique et de la Compagnie Fraissinet. Le rendez-vous était à 8 heures du matin, au pavillon bottant delà Société nautique, quai de la Fraternité.

Les invités se sont embarqués à bord des remorqueurs Marseillais nos 18 et 28, affrétés par la Chambre de Commerce à la Compagnie Chambon.

« En dehors des membres des chambres de commerce et de quelques dames de leurs familles, avaient pris place à bord : M. le Préfet des Bouches-du-Rhône, et son chef de cabinet, M. Deltel ; M. le sénateur Peytral ; M. le Maire de Marseille ; MM. les adjoints au maire Budd, Baylle, Brémond, Milhaud, Vidal ; M. le Président du Conseil général des Bouches-du- Rhône ; M. le Président du Conseil d’arrondissement ; M. Skinner, doyen des consuls ; M. le général du Moriez, gouverneur de Marseille ; MM. Barjeton, trésorier-payeur général; Causeret, inspecteur d’Académie ; Labadille, directeur des Postes et des Télégraphes ; Torel, directeur de la Santé ; Mimaud, directeur des Douanes ; Merlat, maire de Martigues ; M. le Maire de Port-de-Bouc ; MM. Batard- Razelière et Bourgougnon, ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées maritimes ; Capetter, commandant du Port ; de Pélissot, directeur des Docks et Entrepôts; Paul Cyprien- Fabre, armateur ; Lecat, administrateur délégué des Messageries Maritimes ; Nemesker, agent général de la Compagnie Transatlantique ; d’Allest, administrateur délégué des Chantiers et Ateliers de Provence à Port-de-Bouc ; Giry, directeur adjoint, Gaffarel et Paul Masson, secrétaires généraux de l’Exposition; Guis, Max Robert, Outrey, Jully, Hauser, et plusieurs autres commissaires de l’Exposition, les mandarins cochinchinois Xung et Binli ; MM. Eugène Velten, Gustave Couve, anciens membres de la Chambre, etc.

« La visite des ports, effectuée par un temps splendide, a vivement intéressé les notabilités présentes, et a permis d apprécier la vaste étendue des bassins, l’importance de leur outillage et l’intensité du trafic sur les quais.

« Arrivés au bassin de la Pinède, qui est encore en cours de construction, les paquebots Maréchal-Bug eaud , de la Compagnie générale l ransatlantique, et Golo, de la Compagnie

Fraissinet, se sont partagés les invités, puis ont fait route à grande vitesse sur Port-de-Bouc. M. Charles-Roux faisait les honneurs à bord du Maréchal-Bug eand, assisté deM. Ludovic Sube, vice-président de la Chambre de Commerce, tandis que M. Desbief, président de la Chambre de Commerce, et M. Alfred Fraissinet, administrateur-directeur de la Compagnie Fraissinet, recevaient à bord du Golo.

« A l’arrivée des deux vapeurs à Port-de-Bouc, ils ont été mis à l’ancre et un déjeuner a été servi à bord du Bugeaud et du Golo. Sur ce dernier, M. Desbief a porté un toast applaudi aux organisateurs de l’excursion et à la généreuse hospitalité des Compagnies Transatlantique et Fraissinet.

«. Une intéressante visite des chantiers et ateliers de Portde-Bouc, dontM. Charles-Roux est président du Conseil, a été faite ensuite sous la direction de M. D’Allest, administrateur délégué. On a pu voir à flot le cargo-boat Saint-Seruan , de 1.300 tonneaux, en construction pour la Compagnie Transatlantique, et, sur cale, un autre vapeur du même type, l'Hérault. Les matériaux pour la mise en chantier d’un grand transport de 8.300 tonneaux, destiné également à la Compagnie Transatlantique, étaient réunis dans les ateliers. Un bateau feu pour la Commission internationale de la Mer Noire venait d’être lancé.

« Après cette visite, les deux remorqueurs de la Compagnie Chambon, qui avaient suivi les paquebots à Port-de-Bouc, ont transporté les excursionnistes jusqu’aux Martigues, à travers le canal de l’étang de Caronte. La « Venise provençale » a été fort admirée, puis une partie des voyageurs a regagné le Golo et le Bugeaud à Port-de-Bouc, pour rentrer par voie de mer, tandis qu’un autre groupe prenait place dans un train spécial organisé par la Compagnie P.-L.-M. sur la demande de la Chambre de Commerce, et qui est entré à 6 heures en gare de Marseille.

« La brillante réception des représentants des chambres de commerce dans notre ville s’est ainsi très heureusement terminée ».

Voyage du Roi du Cambodge a Marseille

Le 11 juin avait lieu l’arrivée à Marseille de S. M. Sisowath, roi du Cambodge. Le souverain asiatique fut reçu officiellement par les représentants du Gouvernement et les autorités locales sous le hangar du môle de la Pinède, décoré pour la circonstance. On remarquait notamment la présence de M. Vasselle, directeur au Ministère des Colonies ; de M. le Préfet ; de M. le Maire accompagné de M. Pierre, premier adjoint ; de M. Estier, président du Conseil général ; du général Du Moriez, gouverneur militaire de Marseille ; de M. Desbief, président de la Chambre de Commerce ; de M. Baille, commissaire général de l’Indo- Chine, et des autres commissaires, dont M. Baudoin, commissaire du Cambodge ; de M. le docteur Hahn, ex-résident maire de Pnom-Penh, attaché à la personne du roi pendant son séjour en France, de MM. Morel et Giry, directeur et directeur-adjoint de l’Exposition coloniale ; Dupuy, président de la Chambre de Commerce de Pnom-Penh ; Ponsinet, chef du Service colonial ; Batard-Razelière, Ingénieur en chef du Service spécial maritime; Capetter, commandant des ports ; Pénissat, administrateur en chef de la Marine ; Durbec, agent général de la Compagnie des Chargeurs Réunis, etc.

Le souverain était vêtu d’un habit à la française et d’une culotte de soie dite « sampot d ; il portait la plaque de la Légion d’honneur et tenait à la main une épée d’une grande richesse ; son chapeau melon était orné d’aigrettes de diamants. Les dignitaires de sa suile étaient tous vêtus de brillants uniformes. S. M. Sisowath, après avoir reçu les compliments et les souhaits de bienvenue des autorités présentes, les remercia, par l’entremise de son interprète, de la réception solennelle qui lui était faite et affirma ses senti-

ments de fidélité enveis la France; il serra ensuite cordialement la main aux nombreux Français, fonctionnaires ou colons du Cambodge, qu’il reconnut dans l’assistance.

landis que le roi prenait possession à la Préfecture des appartements qui lui étaient destinés, la troupe des danseuses royales qui l’accompagnait était logée à l’ancien domaine Campredon, rue Liandier, en attendant de figurer dans les fêtes indo-chinoises qui se préparaient.

Le surlendemain, 13 juin, S. M. Sisowath visita l’Exposition coloniale, en compagnie de la plupart des personnalités citées plus haut, et fut reçu par M. le D> Heckel qui prononça une brillante allocution, aussitôt traduite au souverain.

Le jeudi 14 juin, tandis qu’une grande bataille de fleurs avec pousse-pousse enguirlandés, filanzanes malgaches et chars exotiques avait lieu à l’Exposition, la Chambre de Commerce organisait en l’honneur du roi du Cambodge une visite des ports qui s’effectua dans les meilleures conditions. Conduit, vers 4 heures, au quai de la Fraternité, le souverain fut reçu à bord du pavillon flottant de la Société Nautique par MM. Desbief, président; Sube et Grand-Dufay, vice-présidents, et Estrine, membre secrétaire de la Chambre de Commerce; Eatard-Razelière, ingénieur en chef du Service Maritime; Capetter, commandant du port, et Rocoffort, président de la Société Nautique. Ce dernier souhaita la bienvenue au roi, puis M. Desbief prononça une brève allocution, exposant l’importance de notre port et les progrès de son outillage.

S. M. Sisowath, après avoir vivement remercié de l’accueil qui lui était fait, prit place à bord du Cannois, avec tout le cortège, pour la visite des ports. Précédé d’une chaloupe à vapeur, le Cannois se dirigea sur le bassin de la Joliette, traversa les bassins des Docks, fit le tour du Bassin National où le souverain assista à la manœuvre de la grande bigue de la Chambre de Commerce, puis gagna le bassin de la Pinède, où s’opéra le débarquement après un lunch à bord du

Cannois. Un appontement avait été préparé sur le quai de rive, et S. M. Sisowath put remonter en voiture avec sa suite, enchanté de sa promenade.

A 9 heures, une soirée de gala fut donnée en l’honneur du roi du Cambodge à la salle des fêtes du Grand-Palais; les danseuses cambodgiennes y figurèrent dans leurs costumes originaux, et leurs évolutions chorégraphiques ne furent pas un des moindres attraits de ce brillant spectacle, complété par deux figures exécutées par le corps de ballet de notre Opéra municipal. La foule, massée sur l’esplanade, assistait pendant ce temps à une représentation cinématographique coupée de séances de fontaines lumineuses, avec illumination générale des palais et des avenues et embrasement final de l’Exposition.

Après quelques jours passés encore dans notre ville en excursions et en visites, S. M. Sisowath partit le lundi soir, 18 juin, pour Paris, d’où il revint ensuite s’embarquer à Marseille pour rindo-Chine, enchanté de son voyage en France et des merveilles de notre Exposition coloniale.

Les fêtes du Conseil général

Nous n’aurions garde d’oublier les fêtes organisées le 17 et le 18 juin par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, à l’occasion de l’Exposition coloniale. M. Desbief, président delà Chambre de Commerce, y avait été invité, ainsi qu’un grand nombre de personnalités appartenant au monde politique, administratif et consulaire. Après les discours très applaudis de MM. Estier, président du Conseil général ; Flaissières, sénateur ; Barbier, président du Conseil général de la Seine ; Lefèvre, vice-président du Conseil municipal de Paris, Chambaud de la Bruyère, vice-président du Conseil général du Rhône ; Vigne, député et président

du Conseil général du Var ; Jouffroy, président du Conseil général de Vaucluse ; Gaussorgue, président du Conseil géiiéial du Gaid, et Herriot, maire de Lyon, un grand banquet de 450 couverts eut lieu dans le music-hall de l’Exposition. A la table d’honneur, outre les principaux personnages déjà cités, se trouvaient MM. Pelletan, Carnaud, Cadenat, Boyer, députés, et Charles-Roux, commissaire général de l’Exposition coloniale, qui arrivaient de Paris pour assiste 1 a ces fêtes. Quand les toasts, très nombreux, eurent pris fin, les in\ ités du Conseil general visitèrent longuement et pai gioupes les I alais de 1 Exposition. Le soir, une superbe fête de nuit fut donnée avec promenade du Dragon de l’Annam, défilé colonial, représentation indo-chinoise et illumination générale du Parc.

Ces fêtes se terminèrent le lendemain très agréablement par une promenade en mer à bord de F Eugène Pereire delà Compagnie Transatlantique.

Réception de la Fédération des Industriels et Commerçants Français

La Fédération des Industriels et des Commerçants français s’étant réunie exceptionnellement à Marseille à l’occasion de l’Exposition coloniale, les fêtes en son honneur commencèrent le dimanche 24 juin par une superbe promenade en mer à bord du paquebot Sénégal des Messageries Maritimes, qui fit route, à midi, vers Toulon, en emmenant 250 invités, parmi lesquels plus de cent membres de la « Fédération )). Les honneurs du bord étaient faits par MM. André Lebon, président des Messageries Maritimes et aussi de la Fédération, et Lecat, administrateur délégué de la Compagnie. Parmi les notabilités présentes se trouvaient : MM. le général du Moriez ; Pénissat. administrateur en chef de la Marine ; Desbief, président, et Grand-Dufay, vice-pré^

sident de la Chambre de Commerce ; J. Charles-Roux, commissaire général de l’Exposition ; Guilland, président, et Turcat, vice-président de la Société pour la Défense du Commerce ; dePélissot, directeur des Docks; Mimand, directeur des Douanes ; Capelter, commandant du Port ; Albert Armand, Estier, Hubert-Giraud, Fabre, armateurs ; Sayous, secrétaire général de la Fédération ; Paul de Bousiers, secrétaire du Comité central des Armateurs de France, etc.

Après avoir visité La Ciotat et la rade de Toulon, le paquebot vira de bord et rentra à Marseille vers 5 heures 1/2. Une brillante réception eut lieu ensuite au siège de la Société pour la Défense du Commerce, où prirent tour à tour la parole, en des discours très applaudis, M. Michel Guilland, président de la Société, M. André Lebon, président de la Fédération des Industriels et Commerçants français, et M. Jules Charles-Roux.

Le lendemain, après une visite à l’Exposition coloniale et un grand banquet, suivi d’une remarquable conférence de M. Paul Masson, professeur à l’Université d’Aix-Marseille, sur le rôle colonial de Marseille , les membres de la Fédération se rendirent à cinq heures de l’après-midi au Palais de la Bourse, où une réception avait été organisée en leur honneur par la Chambre de Commerce.

M. Paul Desbief, président, assisté de MM. Sube et Grand- Dufay, vice-présidents, et de M. Lucien Estrine, membresecrétaire, ainsi que de plusieurs membres de la Chambre, y reçurent leurs invités, et M. Desbief remercia les membres de la Fédération de la sympathique visite qu’ils venaient rendre à Marseille sur l’initiative de la Société pour la Défense du Commerce. Après avoir rappelé que la Chambre avait déjà reçu, quelques semaines auparavant, les délégués des chambres de commerce de France dont elle est la doyenne, M. le Président salua M. André Lebon, président de la Fédération, qui rendit de signalés services dans ses passages au ministère du Commerce et de l’Industrie, et qui continue à donner le

précieux concours de sa haute intelligence à de grandes entreprises auxquelles est liée la prospérité nationale. M. Desbief constata ensuite que les chambres de commerce, organes officiels des intérêts généraux du commerce et de l’industrie, se félicitaient de pouvoir compter sur le concours d’associations privées telles que la Fédération, qui a su conquérir une situation hors de pair en France. Le développement de notre domaine colonial est notamment un terrain d’entente commune, et l’Exposition de Marseille fournit une démonstration définitive de l’importance des colonies françaises. D’ailleurs, la Chambre de Commerce de Marseille, en concourant à cette grande œuvre, n’a fait que suivre sa tradition séculaire, d’après laquelle l’avenir de la France est au dehors. Il faut, en conséquence, répandre les notions sur les colonies parmi les commerçants et les familles de notre pays et décider les financiers à y faire fructifier leurs capitaux, aujourd’hui souvent inutilisés. Avec cette propagande et l’union des bonnes volontés, nous verrons, conclut M. Desbief, s’étendre au loin le rayonnement de l’influence française.

M. André Lebon, remerciant cordialement la Chambre de Commerce et son ami M. Desbief, constata qu’il y avait en effet place en France pour des groupements plus souples et plus libres, comme la Fédération, à côté des organismes commerciaux officiels qui n’en doivent pas moins être respectés et soutenus par une action parallèle. Rendant un hommage spécial à la Chambre de Commerce de Marseille, il conclut sa brillante allocution en souhaitant qu’il restât quelque chose de durable de l’Exposition coloniale, par les soins du commerce et de l’industrie de notre ville, pour l’enseignement pratique des ressources et des besoins des colonies.

Le bureau de la Chambre de Commerce convia ensuite ses invités à passer au buffet qui avait été préparé, et où des toasts cordiaux furent échangés.

Réception de M. Beau, gouverneur général de l’Indo-Chine.

Le 22 août, le gouverneur général de l’Indo-Chine française, M. Paul Beau, arrivait à Marseille à bord du Tonkin , paquebot des Messageries Maritimes.

M. Beau était accompagné de M. de Sesmaisons, secrétaire général; du commandant Bonin et du lieutenant de vaisseau Jacquemart, officier d’ordonnance. Parmi les nombreuses notabilités qui étaient venues le saluer à son débarquement, on remarquait la présence de MM. Mastier, préfet des Bouches-du-Rhône ; Desbief, président de la Chambre de Commerce; Charles-Roux, commissaire général de l’Exposition ; Ponsinet, chef du service colonial ; Baille, commissaire général de l’Indo-Chine , accompagné des autres commissaires de notre grande colonie ; Estrine, membresecrétaire de la Chambre de Commerce ; Deltel, chef de cabinet de M. le Préfet ; Girv et Delhorbe, directeurs-adjoints de l’Exposition, etc.

Ces Messieurs souhaitèrent la bienvenue à M. Beau qui les remercia cordialement, en déclarant qu’il avait fait un excellent voyage.

A 4 heures 1/2 de l’après-midi, le Gouverneur général se rendit avec sa suite à l’Exposition coloniale pour visiter spécialement la belle section Indo-Chinoise, dont MM. Charles Roux et Baille lui firent les honneurs, avec tout le haut personnel.

Au cours de sa visite, M. Beau exprima maintes fois sa satisfaction des efforts réalisés et des succès obtenus, et félicita chaleureusement tous les organisateurs. Puis il parcourut le Grand Palais et plusieurs pavillons coloniaux, en attendant le dîner que lui offraient à 8 heures, au Restaurant Français, la Chambre de Commerce et le Commissaire général de l’Exposition.

Parmi les convives, réunis au nombre d’une centaine, on remarquait la présence, aux côtés de M. Beau, de MM. Paul Desbief, président de la Chambre de Commerce, et J. Charles- Roux, commissaire général de l’Exposition ; venaient ensuite : M. le Préfet des Bouches-du-Rhône ; le général Du Moriez, gouverneur de Marseille ; MM. Estrine, membresecrétaire de la Chambre de Commerce et vice-président de la Société de Géographie ; Baille, commissaire général spécial de l’Indo-Chine à l’Exposition ; Ponsinet, chef du service colonial ; Letlambe, chef du service de la marine ; le haut personnel de l’Exposition, les membres de la Chambre du Commerce et du Commissariat de l’Indo-Chine, ainsi que des autres colonies, les fonctionnaires accompagnant M. Beau, etc.

Au dessert, M. Paul Desbief, président de la Chambre de Commerce, a pris le premier la parole et a prononcé le discours suivant :

Monsieur le Gouverneur Général,

En acceptant avec tant de bonne grâce l’invitation de la Chambre de Commerce et de M. le Commissaire général de l’Exposition coloniale, qui ont tenu à honneur de vous souhaiter la bienvenue et de vous accueillir à votre passage à Marseille, vous nous avez donné à tous un témoignage précieux de sympathie et d’intérêt dont nous vous sommes profondément reconnaissants.

Messieurs,

Nous vous remercions d’avoir bien voulu répondre à notre appel et vous joindre ainsi à nous pour saluer respectueusement l’administrateur éminent qui — justifiant pleinement la confiance du gouvernement de la République — conduit avec autant de prudence que de décision notre belle colonie de l’Indo-Chine dans la voie du progrès moral et matériel.

Je suis certain de traduire fidèlement votre pensée en offrant à Monsieur le Gouverneur général, pour l’œuvre de pacification poursuivie en ces dernières années, l’hommage de nos sentiments de très sincère admiration.

Nous sommes heureux, Monsieur le Gouverneur général, de vous recevoir au milieu des représentants autorisés des colonies qui ont contribué si puissamment au succès de notre Exposition.

On ne saurait, en effet, proclamer trop haut que, malgré l’union de toutes les bonnes volontés locales, le bel exemple de décentralisation qui vient d’être donné, serait resté à l'état de projet sans le concours si large et si empressé de toutes nos colonies.

Ce concours ne s’est pas affirmé seulement par le vote des crédits nécessaires, mais encore et surtout par la collaboration de Commissaires généraux , architectes, administrateurs et délégués commerciaux du plus grand mérite, qui, tous, ont été guidés par le sens artistique le plus sûr et dominés par le souci constant de l’exactitude dans l’accomplissement de leur délicate mission.

Je me fais un devoir très agréable de leur renouveler devant vous, Monsieur le Gouverneur général, nos très sincères félicitations et de les remercier du service qu’ils ont rendu au commerce de la métropole, en lui fournissant tous les documents de nature à l’éclairer sur les ressources et les besoins de notre vaste Empire d’outre-mer.

Qu’il me soit permis d’ajouter que, si dans la grandiose manifestation de notre activité nationale à laquelle nous assistons en ce moment, toutes nos possessions sont brillamment représentées, l’Indo-Chine occupe, sans contredit, la place la plus importante avec son grand Palais central, ceux de la Cochinchine, de l’Annam, du Tonkin, du Cambodge et du Laos.

Lorsqu’on parcourt ces palais, lorsqu’on examine les riches collections qu’ils contiennent, on est frappé de l’esprit d’ordre et de méthode qui a présidé au classement des innombrables produits qui sollicitent l’attention du visiteur.

C’est, en quelque sorte, une mine inépuisable de renseigne-

ments qui seront utilisés en vue de développer les relations, déjà si étendues, de Marseille avec l’Indo-Cliine — ce dont nous ne saurions trop nous applaudir.

Mais , laissez-moi vous exprimer toute notre gratitude , Monsieur le Gouverneur général, pour la part prépondérante que vous avez prise, par votre impulsion personnelle, à l’œuvre de vulgarisation sans précédent qui a été réalisée à Marseille et dont la portée économique s’accentue tous les jours plus nettement.

Nous n’en voulons pour preuve que l’empressement de nos concitoyens à seconder la Chambre de Commerce dans la réalisation du projet qu’elle avait conçu de transformer et de développer l’Institut Colonial.

Vous connaissez ce projet, Monsieur le Gouverneur général, soit par les communications que nous avons eu l’honneur de vous faire, soit par la publicité qui lui a été donnée si obligeamment par la presse marseillaise et coloniale.

Je ne m’étendrai donc pas sur les considérations qui ont amené notre Compagnie à l’élaborer, et je me bornerai à indiquer que l’Institut Colonial Marseillais, placé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies, est aujourd’hui fondé.

Dans une réunion, présidée par M. le Préfet des Bouches-du- Rhône -- qui a tenu à marquer ainsi, une fois de plus, sa sollicitude à l’égard des intérêts de notre région qui se confondent plus que jamais avec ceux des colonies — une association déclarée a été constituée et le Conseil d’Administration, comprenant des personnalités du monde universitaire, colonial, maritime, commercial et industriel, a été nommé.

Dans la même réunion, il a été voté, à l’iinanimité, d’offrir à M. le Gouverneur général de l’Indo-Cliine une des présidences d’honneur et je n’ai pas besoin de dire combien nous serions heureux et flattés de son acceptation.

Le siège de l’Institut est dans un immeuble de la rue Noailles, c’est-à-dire au cœur même de la ville et à portée du grand public, dont on pourra ainsi entreprendre de faire 1 instruction en ce qui concerne la diffusion des notions coloniales.

C’est là que seront installés prochainement : le Musée Colo-

niai, créé par M. Heckel ; les cours d’enseignement colonial, fondés, il y a quelques années, par la Chambre de Commerce, et le Musée commercial que nous nous proposons d’organiser, si l’on veut bien nous autoriser à puiser dans les belles collections contenues dans les merveilleux palais qui nous entourent.

Ce musée, qui sera une exposition permanente de produits coloniaux et métropolitains, comprendra un bureau de renseignements destiné à faciliter les rapports entre les commerçants des colonies et de la métropole.

Enfin, la Société de Géographie, dont nous apprécions tous le rôle si important dans notre mouvement d’expansion coloniale, occupera un des étages de l’immeuble.

Il paraît superflu d’insister sur l’utilité de coordonner des efforts jusqu’ici épars ou insuffisants et sur les avantages qui en découleront pour la mise en valeur et la prospérité de nos

D’ailleurs, nous avons eu la satisfaction de voir notre initiative approuvée par M. Roume, gouverneur général de l’Afrique Occidentale, qui, dès le mois de juin, nous a informés par dépêche qu’il allouait à l’Institut une subvention annuelle de 5.000 francs, et nous nous réjouissons à la pensée que, dans quelques jours, nous pourrons lui renouveler nos remerciements.

D’autre part, grâce aux sacrifices que s’impose la Chambre de Commerce, grâce aux généreuses souscriptions déjà recueillies, il est permis de croire que, dans les débuts tout au moins, le budget de l’Institut pourra s’équilibrer.

Mais il ne vous échappera pas, Monsieur le Gouverneur général, que, pour assurer l’avenir, l'appui d’une colonie telle que celle de l’Indo-Chine nous est indispensable, et nous nous permettons d’espérer que vous voudrez bien, par un concours efficace, nous encourager à persévérer dans la voie où nous nous sommes engagés pour le plus grand bien, croyons-nous, du pays tout entier.

Nous vous en exprimons, dès à présent, toute notre reconnaissance.

Messieurs,

Je vous convie à lever nos verres en l’honneur de M. Beau, gouverneur général de l’Indo-Chine Française.

Après cette allocution applaudie, c’est M. Charles-Roux qui s’est levé, pour convier les assistants à porter la santé du Président de la République, en exprimant l’espoir que le voyage projeté à Marseille par M. Fallières ne tarderait pas davantage à se réaliser, au cours du mois de septembre. Le Commissaire général a invité MM. le Gouverneur général et le Préfet à se joindre à lui pour obtenir le résultat désiré, qui revêt une importance capitale pour les coloniaux, auxquels la consécration du chef de l’État est légitimement due en raison de leurs efforts couronnés de succès.

Le toast de M. Charles-Roux a soulevé les applaudissements, puis M. Beau a pris à son tour la parole.

Le Gouverneur général de l’Indo-Chine a remercié MM. Desbief et Charles-Roux, ainsi que les coloniaux présents, du sympathique accueil qui lui était fait. Marseille, a-t-il dit, n’est indifférente à aucun de ceux qui prennent la route de l’Extrême-Orient, et qui sont tous un peu citoyens de la Cannebière. Le lien économique est également puissant, car Marseille possède une large part dans les 200 millions de francs du commerce que l’Indo-Chine fait par an avec la métropole.

Il était donc tout naturel, a constaté M. Beau, que nous répondions à votre appel, pour concourir à cette magnifique Exposition et atteindre le but utile. L’organisation de la section indo-chinoise a été l’objet de grands efforts, et nous avons voulu faire place à la fois à ce qui instruit et à ce qui distrait.

Le Gouverneur général a ensuite rendu hommage à tous ses collaborateurs, qui ont déployé beaucoup de zèle et d’ardeur dans cette belle œuvre, et il a félicité aussi l’élément annamite qui donne tant d’animation aux palais indo-chinois. M. Beau a ajouté, que si des voyageurs aigris proclamaient parfois la faillite de la colonisation française en Indo-Chine, les résultats obtenus étaient cependant satisfaisants. Nous n’avons pas atteint la perfection, mais s’il reste beaucoup

à faire, on a déjà réalisé de bonne foi bien des réformes, dans la recherche constante du mieux. Nous avons tous, a conclu M. Beau, le désir de conduire 1 Indo-Chine vers un idéal de bien-être et de perfectionnement toujours plus grand, et nous ne repoussons pas les critiques légitimes. Le Gouverneur général a terminé en remerciant MM. Paul Desbief et Charles-Roux, ainsi que la presse, et en portant un toast à Marseille. Ce discours a été chaleureusement applaudi, et le banquet a pris fin.

Les antoiites et M. Beau ont parcouru ensuite l’Exposition, superbement illuminée, et où la fête de nuit avait attiré une foule énorme.

Le lendemain, à midi, les commissaires et fonctionnaires de rindo-Chine à l’Exposition coloniale ont offert à M. Beau un déjeuner, auquel assistaient MM. Charles-Roux et Desbief. Des toasts cordiaux ont été échangés, et le Gouverneur général a tei miné dans 1 après-midi la visite complète de l’Exposition coloniale, dont il s’est montré absolument émerveillé. Le soir même, il partait pour Paris par le rapide de 8 heures.

Congrès Colonial National de Marseille 1906

(5-9 septembre 1906 )

Le Congrès Colonial National de Marseille 1906 mérite une place d’honneur dans les fastes de notre Exposition, tant à cause de l’importance des sujets qui y furent traités que de la part très considérable prise à son organisation et à sa tenue par le Président et la plupart des membres de notre Compagnie.

Ce Congrès, suite de celui qui s’était réuni à Paris lors de 1 Exposition de 1900, devait primitivement avoir lieu en 1905, mais on eut l’heureuse idée de l’ajourner jusqu’en 1906, afin de lui permettre de coïncider avec l’Exposition de Marseille. Ses travaux avaient d’ailleurs été préparés par ceux de la

Commission des Publications et Notices de l’Exposition, cjui, sous la savante direction de M. E. Delibes, son regretté président, avait fait en treize volumes le bilan des améliorations et des conquêtes coloniales de 1900 à 1905. Déjà en 1900, sous la direction de M. J. Charles-Roux, des notices coloniales très étudiées et très détaillées avaient vu le jour. Elles furent mises au point et grandiosement complétées par la série d’ouvrages dont nous venons de parler et dont il nous semble utile de donner ici la liste intégrale.

Les Colonies françaises an début du XXe siècle (cinq ans de progrès, 1900-1905). — Trois volumes avec caries et diagrammes,

Tome I. — La Colonisation Française au début du XXe siècle, par P. Masson ; Algérie, par G. Valran ; Tunisie, par E. Toutey, 497 pages, 9 fr. 50.

Tome II. — Afrique Occidentale, par J. Léotard, R. Teisseire, A. Rampal, E. Gasquet, J. -B. Samat ; Congo, par H. de Gérin- Ricard ; Côte des Somalis, par P. Roubaud ; Madagascar, par H. Bardon ; Réunion, Mayotte, Comores, par A. de Duranty, 566 pages, 11 francs.

Tome III. — Indo-Chine, par Paul Girbal ; Inde, par P. Rolland ; Nouvelle Calédonie et Établissements d'Océanie, par H. Barré ; Guyane, par H. Pellissier ; Antilles, par R. de Bévottjî ; Saint-Pierre et Miquelon, par G. Darboux, 454 pages, 9 francs.

Nos Richesses Coloniales 1900-11)05. — Quatre volumes avec cartes et gravures, 25 francs :

Les Ressources agricoles et forestières des Colonies françaises, par Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences et à l'Institut Colonial de Marseille, 442 pages, 9 francs.

Les Productions minérales et l'extension des Exploitations minières, par L. Laurent, chargé de cours à la Faculté des Sciences, professeur à l’Institut Colonial de Marseille, 150 pages, 22 planches, 4 fr. 50.

L'Industrie des Pèches aux Colonies (deux volumes) , par G. Darboux, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille, P. Stephan, J. Cotte, F. Van Gaver, 261 et 516 pages, 6 et 12 francs.

Mouvement de la Législation Coloniale (Colonies françaises et Pays de Protectorat, 1896-1906), par H. Babled, professeur à la Faculté de Droit d’Aix et h l’Institut Colonial de Marseille, 554 pages, 11 francs.

L Organisation Sanitaire aux Colonies, par le Docteur Treille, ancien inspecteur du Service de Santé des Colonies, professeur à l’École de Médecine, 144 pages, 3 francs.

L' Enseignement Colonial en France et à l'Étranger, par le Docteur Heckel, membre correspondant de l’Institut, professeur à la faculté des Sciences de Marseille, commissaire général adjoint de l’Exposition, et C. Mandine, 198 pages, 3 fr. 50.

Histoire de l'Expansion Coloniale de la France, depuis 1870 jusqu’en 1905, par P. Gaffarel, professeur à la Faculté des Lettres, secrétaire général de l’Exposition, 426 pages avec cartes, 8 fr. 50.

Voyageurs et Explorateurs Provençaux, par H. Barré, bibliothécaire de la ville de Marseille, M. Clerc, P. Gaffarel, G. de Laget, E. Perrier, R. Teisseiiie, 341 pages, 7 francs.

Marseille et la Colonisation Française (essai d’histoire coloniale), par P. Masson, professeur à la Faculté des Lettres et à l’Institut Colonial, secrétaire général de l’Exposition.

Ouvrage couronné par l’Académie des sciences morales et politiques (Prix Audiffred), 592 pages avec cartes, diagrammes et gravures, 12 francs.

Pour faire pleinement saisir la portée du Congrès colonial de 1906, nous allons indiquer brièvement sa composition et son règlement.

Placé sous la présidence d’honneur de M. Eugène Étienne, ancien président du Groupe colonial de la Chambre des Députés, et de M. le Ministre des Colonies, le Congrès colonial de 1906 avait à sa tète les personnalités suivantes :

Président :

M. Jules Charles-Roux, ancien député, président de V Union coloniale française et du Comité de Madagascar, président honoraire de la Société de Géographie de Marseille, commissaire général de l’Exposition coloniale de Marseille ;

Vice-Présidents :

M. Ballande, négociant-armateur, membre de la Chambre de Commerce de Bordeaux, député ;

M. F. Bohn, administrateur-directeur de la Compagnie française de l’Afrique occidentale, membre de la Chambre de Commerce de Marseille, vice-président de la Société de Géographie de Marseille ;

M. J. Chailley, député, directeur général de Y Union coloniale française ;

M. P. Desbief, président du Conseil d’ Administration de la Société nouvelle des Raffineries de sucre de Saint-Louis, président de la Chambre de Commerce de Marseille ;

M. Foncin, inspecteur général de l’Instruction publique, président de Y Alliance française ;

Dr Heckel, directeur de Y Institut colonial de Marseille, vice-président de la Société de Géographie de Marseille ;

M. Th. Mante, de la maison Mante frères et Borelli de Régis aîné, de Marseille ;

M. René Millet, ambassadeur, ancien résident général de France en Tunisie ;

M. Ulysse Pila, de la maison Ulysse Pila et Cie, membre de la Chambre de Commerce de Lyon.

Secrétaires généraux :

M. Ch. Depincé, chef des services de l’Asie, de l’Océanie et de Madagascar à Y Union coloniale française , membre du Conseil supérieur des colonies ;

M. Duchène, sous-directeur au ministère des Colonies ;

M. Gaffarel, doyen honoraire de la Faculté des Lettres de Dijon, président de la section coloniale à la Société de Géographie de Marseille.

Trésorier :

M. Pourrière, directeur de la Société Marseillaise de Crédit Industriel et Commercial à Paris.

Secrétaires :

M. Léotard, secrétaire général de la Société de Géographie de Marseille ;

M. Masson, professeur à la Faculté d’Aix-Marseille ;

M. Froidevaux, docteur ès-lettres, secrétaire de 1 Office colonial de la Sorbonne ;

M. Métin, professeur à l'École coloniale de Paris.

Le Comité d’organisation du Congrès se composait de 31 membres, et notamment de :

MM. De Caix, directeur du Bulletin de l’Asie française ; Clément Delhorbe, secrétaire général du Comité de Madagascar ; Hubert-Giraud, armateur, membre de la Chambre de Commerce de Marseille ; Le Cesne, administrateur-délégué de la Compagnie française de l’Afrique occidentale ; Albéric Néton, chef du secrétariat du Gouvernement général de l’Indo-Chine, et Joseph Thierry, député de Marseille.

Le Congrès comprenait huit divisions, subdivisées ellesmêmes en sections, dont voici la nomenclature :

Première Division. — Commerce.

lrc Section. — Les origines de la colonisation marseillaise , président : M. Paul Masson, professeur à l’Université d’Aix- Marseille.

— Section. Marseille et l Afrique du Nord , président ; M Paul Leroy-Beaulieu, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.

3e Section. — Régime économique et organisation commerciale des colonies , président : M. Paul Desbief, président de la Chambre de Commerce de Marseille, président du Conseil d’Administration de la Société nouvelle des Raffineries de sucre de Saint-Louis.

4e Section. — Préparation au commerce dans les colonies, président : M. Frédéric Bohn, administrateur-directeur de la Compagnie française de l’Afrique occidentale, membre de la Chambre de Commerce de Marseille.

Deuxième division. — Industrie.

Section unique. — Le développement industriel des colonies.

Président : M. Ulysse Pila, membre de la Chambre de Commerce de Lyon.

Troisième division. — Navigation et marine marchande

aux Colonies.

Section unique. — Président : M. Ballande, négociantarmateur, membre de la Chambre de Commerce de Bordeaux, député.

Quatrième division. — Agriculture.

lre Section. — Les graines oléagineuses. — Président : M. le Dr Heckel, directeur de l’Institut colonial de Marseille, vice-président de la Société de géographie de Marseille.

2e Section. — Le colon. — Président : M. Esnault-Pelterie, président de l’Association cotonnière coloniale, conseiller du commerce extérieur.

3e Section. — Cultures industrielles. — Président : M. Dybowski, inspecteur général de P Agriculture coloniale, directeur du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne.

4e Section. — Denrées coloniales et cultures vivrières. — Président : M. Edmond Perrier, membre de l’Institut, directeur du Muséum d’Histoire naturelle.

Cinquième division. — Travaux Publics et Mines.

lre Section. — Chemins de fer. — Président : M. Mante, de la maison Mante frères et Borelli de Régis aîné.

2e Section. — L’eau aux colonies ; alimentation, irrigation, digues. Président : M. Guillain, député, ancien ministre des colonies.

3e Section. — Mines et salines. — Président : M. Pavillier, ancien directeur des Travaux publics en Tunisie, ingénieur en chef des Ponts et chaussées.

Sixième division. — Colonisation.

lre Section. — Histoire ancienne des colonies. — Président : M. Alfred Grandidier, membre de l’Institut, président d’honneur du Comité de Madagascar.

2e Section. — Emigration et peuplement. — Président : M. Flandin, député.

3e Section. — Hggiène de /’ Européen ; Prophylaxie des maladies tropicales : Enseignement médical en vue des colonies. — Président : M. Kermorgant, inspecteur général du Service de santé des colonies.

4e Section. — Police sanitaire maritime et terrestre aux colonies. — Président : M. le I)1 Reynaud, professeur à l’Institut colonial de Marseille.

5e Section. — Utilisation des indigènes au point de vue militaire et colonisation militaire. — Président ; M. le général

1 amin, directeur des troupes coloniales au ministère de la guerre.

Septième division. — Questions indigènes.

lre Section. — La réglementation du travail. — Président: M. Gustave Le Bon.

2e Section. — U assistance médicale indigène. — Président: M. Treille, inspecteur général du Service de santé des colonies en retraite, professeur à l’Institut colonial de Marseille.

3e Section. — L éducation des indigènes. — Président : M. de Lanessan, député, ancien ministre.

4e Section. — La Justice; les Magistrats. — Président: M. J. Chailley, directeur général de l’Union coloniale française, professeur à l’Ecole libre des sciences politiques.

5e Section. — Politique des races. — Président : M. René Millet, ambassadeur, ancien résident général de France en Tunisie.

Huitième division. — Législation coloniale.

lre Section. — Mode de rattachement des colonies à la métropole. — Président : M. Arthur Girault, professeur agrégé à la Faculté de Droit de Poitiers.

2e section. — Législation coloniale. — Président : M. Dislère, président de section au Conseil d’État, membre du Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur.

On peut juger, par cette simple énumération, de l’ampleur et de l’éclat que revêtirent les travaux du Congrès colonial réuni en 1906 dans notre ville, à l’occasion de l’Exposition coloniale. Nous ne pouvons malheureusement relater ici l’ensemble des travaux de ce Congrès, qui ont fait du reste

l’objet de publications spéciales. Toutefois, en raison de leur importance et de l’intérêt particulier qu’elles présentent pour notre port, nous citerons les conclusions des travaux de la 3e section de la lre division du Congrès, présidée par M. Paul Desbief, président de notre Compagnie, et relative au régime économique et à l’organisation commerciale des colonies. Après le dépôt et la discussion du remarquable rapport général de M. Adrien Artaud, membre de la Chambre de Commerce, et des rapports spéciaux de MM. Grosjean (Afrique du Nord), Eugène Mathon (Afrique occidentale), Gaisman (Indo-Chine), Bourdillon (Antilles, Guyane et Réunion), Bourges (Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides et établissements français de l’Océanie) et Jully (Mada gascar), la section décida de présenter au Congrès, qui les ratifia à l’unanimité dans sa séance plénière du 7 septembre, tenue sous la présidence de M. J. de Lanessan, ancien ministre de la Marine et ancien gouverneur général de l’Indo-Chine, les conclusions ci-après :

La troisième section de la lrc division du Congrès colonial,

Appelée à étudier le régime économique et I’organisation

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