‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 38 sur 89 · APRÈS L’EXPOSITION · texte numérisé non relu

APRÈS L’EXPOSITION

L’Exposition de Marseille venait définir aussi brillamment qu’elle avait commencé, après une carrière triomphale de sept mois. Son succès consacrait définitivement notre ville métropole coloniale de la France, car, si les hautes capacités de ses organisateurs en étaient la cause prépondérante, il ne faut pas oublier que la généreuse collaboration des colonies entrait dans ce résultat pour une large part, et que seul un courant d’échanges de l’importance de celui qui les rattache à notre port avait pu les déterminer à nous prêter un pareil concours.

Cependant, en dehors de cette satisfaction d’amourpropre, ne pouvait-on craindre que le caractère forcément éphémère de cette grandiose manifestation l’empêchât de porter des fruits durables au point de vue économique et commercial ?

Cet inconvénient ne laissa pas que de préoccuper dès le début tous ceux qui consacraient leur zèle à mener à bien l’œuvre entreprise ; aussi, sans rien négliger pour assurer sa réussite, voulurent-ils lui donner une portée plus haute. On sait quelles heureuses initiatives furent suscitées par leurs recherches et leurs réflexions. Tandis que la Municipalité s’attachait plus spécialement à transformer en jardin public

le parc de l’Exposition coloniale, la Chambre de Commerce de son côté s’occupait activement, dès le commencement de l’Exposition, de la réorganisation de l’Institut colonial par la fondation d’un édifice qui centraliserait le musée et les cours jusque là dispersés, et comprendrait, en outre, un bureau de renseignements et un musée commercial.

Nous allons retracer brièvement les diverses étapes de ces deux améliorations qui, se complétant l’une l’autre et joignant l’agréable à l’utile, réalisaient à merveille le vieux précepte latin.

I. — Transformation en Jardin public du Parc de l’Exposition coloniale

A la suite de l’affectation du champ de manœuvres du Rouet à l’Exposition coloniale et de son remplacement par un autre terrain misa la disposition de l’autorité militaire, les Corps élus de la ville et du département avaient tout naturellement songé à conserver au public la jouissance du superbe parc du Rond-Point. Le succès mondain de l’Exposition ne fit qu’accroître ce légitime désir, et la ville se préoccupa sans retard des voies et moyens propres à en amener la réalisation. Le ministère ayant refusé d’autoriser une loterie destinée à couvrir les frais occasionnés par cette transformation, une délégation, composée de membres du Conseil municipal, du Conseil général et de la Chambre de Commerce, se rendit en octobre 1906 à Paris en vue d’insister auprès des Pouvoirs publics pour obtenir cette autorisation. La Chambre de Commerce, qui venait de donner sa pleine adhésion au projet de la municipalité, désigna, sur la proposition de M. le président Desbief, ses deux vice-présidents, MM. Ludovic Sube et Grand-Dufay, pour la représenter à cette occasion. La délégation finit par avoir gain de

cause, et, le 18 avril 1907, un arrêté ministériel autorisait l’établissement d’une loterie, au capital de deux millions cinq cent mille francs, destinée à la « conservation du parc et des édifices de l’Exposition coloniale ». On peut donc espérer voir notre ville dotée à bref délai d’un magnifique jardin public que les souvenirs de l’Exposition coloniale imprégneront d’un charme particulier, et qui deviendra sans nul doute, avec le parc Borély, la promenade favorite de nos concitoyens. Quant au Grand-Palais, restauré et remis à neuf, il sera, quoique un peu réduit dans ses proportions , d’un précieux secours pour les Expositions futures, et l’Exposition internationale des Applications de l’Electricité, qui se tient actuellement dans notre ville, a déjà su en tirer le meilleur parti.

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