‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 7 sur 89 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

INAUGURATION DE LEXPOSITION

Le 14 avril 1906, eut lieu l'inauguration solennelle de l’Exposition coloniale de Marseille. Favorisée par un temps magnifique et rehaussée par la présence de l’escadre de la Méditerranée en rade d’Endoume, cette cérémonie mémorable obtint un plein succès, et les prévisions les plus optimistes se trouvèrent dépassées.

A midi, M. Chanot, maire de Marseille, réunit au Palace- Hôtel de la Corniche les principales autorités locales et leur offrit un déjeuner auquel assistaient notamment : l’amiral Toucha rd et les principaux officiers de son escadre ; les généraux Dodds, Mathis et du Moriez ; M. Mastier, préfet des Bouches-du-Rhône; le général Cerutti, syndic de Gênes; MM. Maillard, maire du Havre ; Dumon, maire de Dunkerque, et Escartefigues, maire de Toulon ; M. Pénissat, administrateur en chef de la Marine ; M. Desbief, président de la Chambre de Commerce; M. Jules Charles-Roux, commissaire général de l’Exposition; M. le DrHeckel, commissaire général adjoint ; le Conseil municipal, divers officiers supérieurs, et le haut personnel de l’Exposition. En tout, une soixantaine de convives.

Après des toasts pleins de cordialité, M. le Maire et ses invités se rendirent en tramways réservés au Rond-Point du Prado, où des détachements de troupes formaient la haie,

pour assister à l’ouverture officielle de l’Exposition qui devait avoir lieu à 3 heures. Précédé par la musique malgache, le cortège se dirigea vers la salle des Fêtes du Grand Palais, où de nombreux invités appartenant aux corps constitués, au Tribunal et à la Chambre de Commerce, aux groupements et syndicats de notre ville, se trouvaient déjà réunis. MM. Saint- Germain, sénateur d’Oran; J.-B. Ripert, député des Bouchesdu-Rhône, et Nicolas Estier, président du Conseil général, rejoignirent les autres autorités sur la tribune d’honneur.

M. Jules Charles-Roux, prenant le premier la parole, salua, en termes éloquents, les collaborateurs de la grande œuvre entreprise sous sa direction. Nous reproduisons in-extenso le texte de son discours :

Messieurs,

Une partie de notre Exposition étant internationale, mon premier devoir est de saluer respectueusement le corps consulaire et de prier Messieurs les Consuls de transmettre à leurs gouvernements respectifs l’expression de notre profonde reconnaissance pour le précieux appui qu’ils ont bien voulu nous prêter.

Je salue M. Bidlingmaier, délégué officiel de l’Allemagne ; M. Lecointe, second de l’expédition de la Belgica, délégué officiel de la Belgique; le capitaine Wilson Barker, commissaire de la Grande-Bretagne ; le docteur Herbert Fowler, secrétaire général et M. Bruce, chef de l’expédition de la Scotia ; M. Bernicli, conseiller intime et délégué de S. A. S. Mgr le Prince de Monaco; M. Max Weber, délégué officiel des Pays-Bas, et sa courageuse femme, biologiste distinguée ; M. Richard, délégué du Portugal.

Je salue l’honorable syndic de Gênes, le général Alberto Cerutti, et je le prie d’être assuré de toute la part que nous prénons aux épouvantables catastrophes résultant de l’éruption du Vésuve, et de notre traditionnelle sympathie pour son pays.

Je salue le général Dodds, si aimé de tous les coloniaux et que nous avons été si heureux d’acclamer, les premiers, à son retour du Dahomey.

Je salue M. le maire de Dunkerque et M. le maire du Havre, à

qui, dans quelques jours, je rendrai sa visite et que j’aurai l’honneur de recevoir à bord de la Provence, qui va effectuer son premier voyage aux États-Unis.

Le projet dune Exposition coloniale à Marseille date déjà de plusieurs années. Dès 1901 , mon honorable collègue, M. le docteur Heckel, lançait cette idée dans la presse et les milieux coloniaux et, le 28 octobre 1902, le Conseil municipal émettait le vœu d’une Exposition coloniale en 1906.

Quelques jours auparavant, dans une réunion des syndicats, groupés autour de la Société pour la Défense du Commerce, M. Ad. Fouque, rapporteur du projet de création du Syndicat d’initiative de Provence, indiquait aux applaudissements de l’assemblée qu’un des premiers actes du syndicat en formation devait être la recherche des voies et moyens pour l’exécution de cette œuvre et, à peine formé, le Syndicat d’initiative entreprit cette étude. Son président, M. Estrine, se mit en rapport avec diverses personnalités qui avaient concouru à l’Exposition universelle de 1900. S’inspirant de cette organisation même, le syndicat élabora un projet administratif et financier, qui est celui régissant notre fonctionnement actuel et ce projet fut présenté aux corps constitués, appelés, dans l’esprit du syndicat, à assurer le capital nécessaire à celte entreprise, avec le concours de nos colonies.

A la suite de ces démarches, le Conseil général votait, le 22 octobre 1903, le principe d’une subvention de 250.000 francs. Le 17 novembre, le Conseil municipal fixait à un million la participation de la ville et, peu après, le 4 décembre, la Chambre de Commerce s’inscrivait pour une subvention égale à celle du Conseil général.

Aussitôt ce dernier vote émis, M. le Maire formulait auprès du gouvernement la demande à laquelle, deux mois plus tard, le décret présidentiel du 1er mars 1904 donna satisfaction.

C’était la première fois que, dans une Exposition ayant lieu ailleurs que dans la capitale ou à l’étranger, le commissaire général et le commissaire général-adjoint étaient nommés par décret du Président de la République ; et, au nom de M. le docteur Heckel et au mien, j’exprime a notre gouvernement toute notre reconnaissance pour le grand honneur qui nous a été

fait et le caractère officiel qui en est ainsi résulté pour notre Exposition.

La première question qui s’imposa à notre examen a été celle de l’emplacement et elle fut résolue, non sans difficultés, par une Commission nommée à cet effet et placée sous la présidence de M. Girard-Cornillon, qui a laissé de si excellents souvenirs à notre Tribunal de Commerce, et qui préside actuellement avec tant de distinction notre bureau de bienfaisance.

Les terrains du Rouet étant occupés par le ministère de la guerre, je remercie le général Matliis, commandant le XVe corps d’armée, et le général du Moriez, gouverneur de Marseille, de toute la bonne grâce qu’ils ont mise à nous faciliter les moyens d’opérer le transfert du champ de manœuvres dans le voisinage.

L’architecte en chef de la ville, M. Muller, assisté de MM. Bentz et Rambert, fut chargé, par nous, de dresser le plan général de l’Exposition, et je suis heureux de rendre hommage à l’intelligence et au goût dont il a fait preuve, non seulement dans l’élaboration du plan, mais dans son exécution. J’ajouterai que M. Despagnat, directeur général des travaux, dont nous avions pu apprécier toute la compétence et le dévouement en 1900, nous a rendu les plus éminents services.

Le premier arbre fut planté le 10 février 1905, et nous entrâmes en contact direct avec les gouverneurs de nos diverses colonies, par l’intermédiaire du ministre, auprès duquel nous avons toujours rencontré l’appui le plus bienveillant et le plus empressé. Sous le ministère de l’honorable M. Doumergue, comme sous celui de M. Clémentel, et actuellement sous celui de M. Leygues, le Pavillon de Flore a été, pour nous, la maison la plus hospitalière, et je vous demande la permission, Messieurs d’exprimer toute notre reconnaissance aux chefs, aux directeurs et aux nombreux employés supérieurs avec lesquels nous avons été en rapport depuis deux ans.

Comme en 1900, j’ai trouvé en M. Morel, directeur de l’Exposition, le collaborateur le plus utile, le plus pratique et le plus avisé, et je remercie le ministère des colonies de l’avoir officiellement nommé directeur de l’Exposition.

Mais, Messieurs, c’est à nos vaillantes colonies, jeunes et vieilles, c’est à nos pays de protectorat que nous devons un large

tribut de reconnaissance ; sous l’impulsion de leurs distingués gouverneurs et résidents généraux, la nouvelle France a fait un effort considérable, dont vous vous rendrez facilement compte dans un instant, en visitant leurs palais. La nouvelle France n’a îeculé devant aucun sacrifice pour prouver à la métropole le lôle toujours grandissant quelle joue dans notre mouvement commercial. Mon ancien collègue et ami, M. le sénateur Saint- Germain, dans son dernier rapport sur le ministère des colonies, évalue à près de deux milliards l’importance de nos échanges avec notre France d’outre-mer, et l 'Office Colonial, dans ses récentes statistiques, constate que les échanges par mer, avec nos colonies, grandissent avec rapidité, et que la part de notre navigation nationale augmente proportionnellement davantage que celle de la navigation étrangère. C’est de bon augure pour l’avenir de notre marine marchande, maintenant surtout que le Parlement vient de définitivement voter la loi que nous attendions avec tant d’impatience.

Puisque toutes nos colonies ont fait intégralement les frais de leur exposition, je tiens à remercier du fond du cœur MM. les Résidents supérieurs, Gouverneurs généraux, Gouverneurs et Commissaires du Gouvernement qui les dirigent, chacun de leurs commissaires et chacun de leurs architectes.

Je n’aurai garde d’oublier ici les services qui ont été rendus à notre œuvre par M. Clément Delliorbe, directeur- adjoint, ancien commissaire de Madagascar en 1900, et colonial de vieille date.

En dehors du comité supérieur, présidé par le maire de Marseille, et dont le vice-président actuel est M. l’adjoint délégué aux finances, et de la commission aux emplacements dont j’ai déjà parlé, sept grandes commissions ont été constituées :

La commission des finances, présidée par le comte Albert Armand, président du Syndicat des Armateurs ;

La commission du règlement, présidée par M. Adrien Artaud ;

La commission des constructions et travaux présidée par M. Batard-Razelière, ingénieur en chef des ponts et chaussées maritimes ;

La commission des publications et notices, présidée par M* Delibes, ancien conseiller général et présideilt de la Société

Au palais du ministère des colonies, dont les plans sont dus h M. Sébille, a été appliquée la plus grande partie de la subvention de 150.000 francs, votée par le Parlement. Les ailes sont affectées aux divers services du ministère, ainsi qu’aux Expositions de 1 office colonial, des sociétés de géographie et des associations coloniales. Au centre, une grande salle éclairée par le haut est réservée aux peintures des orientalistes modernes, présidés par 1 éminent M. Bénédite, directeur du musée du Luxembourg, et deux autres salles aux grands orientalistes anciens, tels que Delacroix, Decamps, Chasseriau, Fromentin, Fanlin-Latour, Régnault, etc. Dans une autre salle sont réunies les peintures de jeunes altistes concouiant pour des bourses de voyage dans une de nos colonies. Enfin, une salle spéciale, dont l’habile et dévoué M. Meyer a surveillé l’arrangement, a été consacrée à ce que j’appellerai « les reliques de nos grands explorateurs ». Cet ensemble fait le plus grand honneur à l’esprit d’initiative de M. Dumoulin, commissaire des beaux-arts au ministère des colonies, et à son adjoint M. Silbert. M. Dumoulin n’est pas seulement un peintre de talent, que je connaissais depuis longtemps, puisqu’il avait largement contribué, en 1900, h la décoration de la belle salle souterraine des Khmers de l’exposition indo-chinoise ; mais c’est un organisateur de premier ordre, qui a su de plus s’assurer l’utile et fructueuse collaboration de deux amis des arts, les frères Bernheim, auxquels nous devons la belle collection des anciens orientalistes, dont je viens de parler. Nous adressons à MM. Dumoulin et Silbert ; à M. Bénédite et à ses collaborateurs ;à M. Meyer et à MM. Bernheim, nos plus chaleureux remerciements.

Il me reste à vous entretenir, Messieurs, de l’Exposition internationale d’océanographie et des pèches maritimes, de l’Exposition rétrospective d’art provençal et de celle de nos industriels métropolitains.

C’est à M. Bénard, officier de marine de réserve, membre du Conseil général de la Gironde et président de la Société d’Océanographie du golfe de Gascogne, que revient l’honneur de l’idée de la première exposition internationale d’océanographie qui ait été faite. Nous l’avons naturellement placée sous le haut patronage de S. A. S. le prince de Monaco, qui nous a puissam-

ment aidés dans cette difficile entreprise, et sous ceux de nos ministres de la Marine et des Travaux Publics. Le commissaire adjoint de M. Bénard est mon chef de cabinet, M. Malo, qui a rempli les mêmes fonctions en 1900, et qui a pendant plusieurs mois parcouru les grandes villes de France et les principales Chambres de Commerce, pour y donner des conférences sur l’Exposition de Marseille.

La préparation de cette exposition internationale. Messieurs, n’a pas été facile. Je remercie notre ministère des Affaires Etrangères et tout particulièrement le directeur politique, M. Henry, de nous avoir accrédités, auprès des gouvernements étrangers. M. Bénard et le professeur Pérez ont visité la Belgique, la Hollande, l’Allemagne, le Danemark et la Suède, pour y porter la bonne parole. M. Malo s’est rendu à diverses reprises en Angleterre. Partout ils ont reçu le meilleur accueil et les merveilles qui ont été envoyées à Marseille, les personnalités marquantes qui ont été chargées de leur classement et de leur présentation, et que je me suis empressé de saluer dès le début de mon discours, ne nous laissent aucun doute sur le retentissement qu’aura notre Exposition et les conséquences qui en résulteront pour la propagation et le développement d’une science, qui n’est qu’à ses débuts, mais que nous croyons appelée à rendre à nos pêcheurs et à nos marins les plus efficaces services.

M. Bénard a choisi pour transporter ses belles collections un moyen peu banal. 11 les a chargées à bord de ses bateaux de recherches, que montaient ses dévoués collaborateurs, M. le professeur Pérez, M. Arné, M. Cléry, MM. Barincou, père et fils, et, prenant la tête de la flottille à bord du Daniel- Guétier, il est venu de Bordeaux à Cette par les canaux, et de Cette à Marseille par mer. Ce hardi voyage a été effectué sans avarie et vous verrez, tout à l’heure, ces bateaux disposés tout autour du Palais de la Mer. Que M. Bénard et ses sympathiques compagnons reçoivent nos modestes félicitations.

M. Darboux, professeur à la Faculté des sciences, M. Steplian, chef du laboratoire d’Endomne, et M. Léon Gautier, délégué pour le 5e arrondissement maritime, se sont tout particulièrement et utilement occupés de la région provençale et de nos

prud’homies et ce ne sera certes pas la partie la moins intéressante du Palais de la Mer, dont les plans sont dus au jeune et habile architecte M. Fournez.

Nous avons enfin tenu, Messieurs, à affirmer notre caractère îégional, en plaçant à l’entrée de l’Exposition, dans un mas de Piovence, 1 étoile à sept rayons dont chacun illuminera un de nos plus beaux sites, ou l’un des coins les plus pittoresques de nos villes. Le commissaire du mas de Santo-Estello est M. Izouard, le président du Cremascle ; et l’architecte, M. Sénés. M. Moutte a peint le diorama de Marseille ; M. Casile, celui des Baux ; M. José Siîherl, celui d’Aix; M. Valère Bernard, celui d Arles ; M. Montenard, la Sainte-Baume; M. Vivès-Apy, Martigues, et M. Décanis, Avignon.

Dans la salle où nous avons l’honneur de vous recevoir, vous pouvez voir le beau panneau de M. Montenard : Marseille colonie grecque; celui d’Alphonse Moutte et les quatre toiles de Miche- Ion. Dans le Palais de la Mer, les deux toiles de Maglione et celles d Auguste Vimar. Nous avons ainsi la satisfaction d’avoir fait appel à bon nombre de nos peintres provençaux et à plusieurs de nos principaux sculpteurs, MM. Aldebert, Jean Hugues, dont l’œuvre couronne le faîte du Grand Palais : Constant Roux, avec sa statue colossale ; Carli et Delanglade.

Comment oublier, en effet, Messieurs, notre origine phocéenne ! Comment ne pas nous souvenir que chez nous les arts ont toujours marché de pair avec le commerce, la marine et l’industrie; que Marseille est la patrie de Puget; que la Provence et le Comtat, dès les xv" et xvie siècles, ont été le centre d’une école de peinture qui brillait du plus vif éclat ! Aussi, avons-nous applaudi des deux mains à l’initiative prise par M. Milhau, adjoint délég ué aux Beaux-Arts, un groupe de Mécènes et M. Auquier, directeur du musée de Longchamp, d’organiser une Exposition rétrospective d’art provençal et n’avons-nous pas hésité à mettre à leur disposition une des ailes du Grand Palais.

D'ailleurs, comme le dit Lenthéric, le meilleur et le plus vécu . de nous-mêmes n’est-il pas notre passé? L’avenir est incertain ; l’insaisissable présent n’exisle pas et l’heure même, où nous croyons être, s’ajoute fatalement à celles qui ne sont plus. Heu-

réux ou triste, le passé seul est réel. A chaque minute, nous entrons dans l’iiistoire ; demain , nous serons à peine un souvenir.

Et les souvenirs que rappellera noire Exposition rétrospective seront des souvenirs flatteurs et glorieux, et nous aurons la satisfaction, à l’occasion de notre Exposition coloniale, de renouveler la grande manifestation artistique de 1861, qui fut la première révélation des primitifs des Ecoles d’Aix et d’Avignon, et comme le prélude de la récente exposition du pavillon de Marsan.

En m’adressant, à la fin de mon discours, aux honorables exposants métropolitains qui ont bien voulu prouver ainsi de visa la puissance industrielle de notre cher pays, notre reconnaissance, à leur égard, n’en est pas moins aussi profonde que vive. Cette manifestation faisait partie intégrante de notre programme, eide même que les colonies étaient venues se grouper autour de la mère-patrie et lui apporter leurs matières premières, — la mère-patrie devait avoir à cœur de leur montrer le parti qu’elle savait tirer de ces matières premières pour les réexpédier, soit dans les colonies, soit à l’étranger, sous forme de produits fabriqués. L’exposition de notre Chambre de Commerce de Marseille, entourée de celles de nos Compagnies de Navigation, apprendra au public, par ses savants graphiques, ce qu’est la puissance industrielle de notre ville, — vérité qui n’est pas suffisamment connue, surtout en France, où l’on persiste à croire, que nous ne sommes qu'un port maritime, un port de transit, tandis que nous avons eu la sagesse et l’intelligence de nous convertir en ville industrielle et de transformer sur place la plus grande partie des produits que nous recevons de nos colonies et de l’étranger : huileries, savonneries, stéarineries, fabriques de soude et de produits chimiques, minoteries, raffineries, tanneries, raffineries de soufre, fabriques de vermouth et de liqueurs, chantiers et ateliers de construction navale, hauts fourneaux, usines à plomb, etc., etc. Toutes les industries sont représentées à Marseille, sauf celle de la soie dont Lyon possède le privilège ; mais nous avons le plaisir de recevoir dans notre port et de réexpédier à notre chère voisine, les soies brutes avec lesquelles elle produit les merveilleux tissus qui font

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