‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 79 sur 89 · I. — Travaux Publics Divers · texte numérisé non relu

I. — Travaux Publics Divers

En dehors de la voie ferrée d’Hanoi à la frontière de Chine dont nous parlerons plus loin, les travaux publics figuraient

(1) L’impôt foncier, l’impôt des patentes et la ferme des pêcheries ont rapporté en 1907 le chiffre global de 17 millions de francs; les taxes personnelles’ 10.447 .000 francs ; les droits d’immatriculation, 3.742.000 francs, etc .

dans l’emprunt de 80 millions, dit de l’Annam-Tonkin, pour une somme de 20 millions répartie, savoir :

Amélioration du port de Haïphong . F. 6.750.000

Amélioration du port de Hongay . 1.000.000

Eclairage et balisage des côtes . 1 .250.000

Bâtiments civils . 4.000.000

Routes . 4.500.000

Irrigations, dessèchements et autres travaux utiles à l’agriculture . 2 500 000

Total . F. 20.000.000

Ce programme n’appelle aucun commentaire, car les travaux qui en font l’objet sont entièrement achevés depuis plusieurs années. Mais, en dehors de l’utilisation des fonds d’emprunt, nous allons rappeler brièvement les divers travaux publics déjà réalisés ou en projet pour le développement économique de notre grande colonie d’Extrême-Orient.

Ports maritimes. — Les travaux d’amélioration du port de Saïgon, déclarés d’utilité publique par arrêté du 12 novembre 1900, sont actuellement très avancés. Ils comportent la construction d’un mur de quai d’une longueur de 1.100 mètres, soutenant un terre-plein arasé à 0m40 au dessus des plus hautes mers, et divers ouvrages complémentaires nécessités par de récents mouvements de terrains. Le projet primitif prévoyait une dépense de 7.800.000 francs, entièrement supportée par Je budget général, mais cette évaluation sera probablement dépassée.

Quant au port d’Haïphong, les améliorations déjà effectuées sur les fonds de l’emprunt de 1896 ne pouvant suffire aux besoins grandissants du commerce et de la navigation, une Commission spéciale fut nommée par arrêté du Gouverneur général de l’Indo- Chine, en date du 19 juin 1907, afin de dresser le plan de nouvelles améliorations. Cette Commission vient d’accepter dans l’ordre suivant les travaux à exécuter pour compléter l’outillage du port :

1° Prolongement de l’appontement actuel des docks et son renforcement, pour recevoir la voie d’un mètre.

2° Établissement de la gare maritime dans les docks.

3° Construction d’une forme de radoub de 140 mètres de longueur.

Les dépenses résultant de ces travaux ont été évaluées, pour l’ensemble, à 7 millions de francs, et la Commission du port, d’accord avec la Chambre de Commerce d’Haïphong, propose pour y faire face :

1° Une taxe de péage sur les marchandises de 0 p. 20 par tonne à l’importation, et de 0 p. 10 à l’exportation, taxe destinée à garantir un emprunt qui sera contracté par la Chambre de Commerce ;

2° Une taxe d’outillage de 0 p. 05 par tonne sur toutes marchandises entrant ou sortant du port, le produit de cette taxe devant couvrir les frais généraux d’exploitation des docks, l’éclairage, l’assurance et l’entretien des bâtiments et de l’outillage ;

3° Une taxe de 0 p. 05 par tonne, perçue au bénéfice de la Chambre de Commerce, pour l’assurance des marchandises entrant dans les docks et n’ayant pas de police spéciale.

Enfin, le port de Tourane a, lui aussi, tout un programme de grands travaux qui comporte le curage du port, la construction d’un quai en maçonnerie et l’établissement d’une forte jetée de protection. On est en train de procéder aux dragages destinés à mettre la rivière de Tourane en communication avec l'Ilot de l’Observatoire, doté depuis peu d'un superbe appontement.

Voies fluviales. — Les voies fluviales ne sont pas non plus négligées. Nous examinerons plus loin leur état de navigabilité. Bornons-nous à indiquer ici que le Gouvernement général se préoccupe depuis longtemps de régulariser autant que possible le cours du Mékong et celui du Fleuve Rouge par des travaux de balisage et de dérochement ; pour le Mékong, notamment, les dépenses faites depuis l’origine des travaux s’élevaient à fin 1906 à 647.000 piastres, et un nouveau crédit de 559.000 piastres est ouvert depuis le 1er janvier 1907 pour de futures améliorations, soit un total de 1.206.000 piastres (3.015.000 francs) consacré au magnifique fleuve qui fait la richesse de la Cochinchine. D’autre part, les dragages des rivières et canaux de Cochinchine et de la passe de Pnom-Penh, l’amélioration de la rivière de Battambang,

le balisage et l’éclairage des grands lacs du Cambodge ont nécessité également depuis plusieurs années l'ouverture de crédits importants.

Routes. — Quant aux routes, des dépenses régulières sont inscrites chaque année dans les budgets en vue d’augmenter le réseau déjà existant ou de l’améliorer. Dans un pays coupé de canaux et de rivières comme l’est l’Indo-Chine, ces travaux entraînent la construction de nombreux ponts, et le budget général a dû fréquemment prendre à sa charge les frais d’établissement de ponts métalliques sur les grandes routes nationales.

Adduction d’eau. — Par décret du 14 août 1907, la colonie de la Cochinchine a été autorisée à contracter un emprunt de 9.500.000 francs pour l’exécution de travaux d’adduction d’eàn potable à Saigon.

Page 1