III. — Voies navigables A. — Mékong
Le Mékong, qui est le trait d’union économique entre le Laos, le Cambodge et la Cocliinchine, peut se diviser, de son embouchure à la frontière de Chine, en quatre biefs principaux :
Le bief inférieur va de la mer à Kratié. Il est navigable en toute saison, ce qui permet aux vapeurs des Messageries fluviales de Cocliinchine de desservir régulièrement Cliaudoc, Pnom-Penh et Kratié. Pendant la saison des hautes eaux, les vapeurs peuvent même remonter jusqu’à File de Rhône; mais, aux basses eaux, les rapides de Sambor les forcent à s’arrêter à Kratié, où un service de pirogues, puis de chaloupes, mène les voyageurs et les marchandises jusqu’à Rhône- Sud. Le transbordement de Khône-Sud à Rhône-Nord est assuré par une voie ferrée de 5 kilomètres.
Le second bief est situé entre Rhône et Ban-Rhoum (principales escales : Khong, Bassac et Pakmoun, à l’embouchure de la rivière Moun); grâce à des travaux de balisage récents, il peut être considéré comme praticable aux hautes eaux. Mais, en
amont de Ban-Khoum, s’échelonnent les rapides de Kemmarat sur un parcours de 130 kilomètres, et le trajet à travers ce redoutable défilé n'est possible en vapeur que pendant les moyennes eaux, généralement en novembre; le reste du temps, on est forcé comme à Sambor de recourir aux pirogues. Les rapides de Kemmarat cessent à Honen-Hin, où les vapeurs reprennent leur service jusqu’à Sciuannaket.
Le troisième bief s’étend de Savannaket à Vien-Tiane, capitale du Laos ; il est navigable en toute saison, sur un parcours de 515 kilomètres.
Enfin, de Vien-Tiane à Luang-Prabang (426 kilomètres), les bateaux à vapeur de faible tonnage et de faible tirant d’eau peuvent effectuer le voyage aux hautes eaux.
En résumé, sauf un transbordement nécessaire à file de Khône, le Mékong est navigable pendant les hautes eaux jusqu’à la frontière du Yunnan, c’est-à dire sur une longueur de 2.600 kilomètres. Malheureusement celle période est courte, de sorte que les difficultés de la navigation poussent le commerce du Laos à emprunter le cours de la rivière Moun, puis la voie ferrée Bangkok-Ivorat, et à se détourner ainsi de la Cocliinchine au profit du Siam. La construction d’une voie ferrée de Kratié à Kemmarat serait donc grandement désirable, si des raisons financières ne s’opposaient à la réalisation de ce projet.
Nous n’avons envisagé jusqu’ici que la navigation sur le Mékong. Mais on sait que des services réguliers de vapeurs desservent tout le delta de la Cocliincliine, et, qu’à partir de Pnom-Penh, les bateaux des lignes du Cambodge quittent le fleuve pour remonter jusqu’au Grand Lac, et même jusqu’à Battambang pendant les hautes eaux.
B. — Fleuve Rouge et affluents
Dans le Delta du Tonkin, les nombreux bras du Fleuve Rouge constituent un réseau de routes fluviales extrêmement serré. Divers services de navigation, maintenant doublés par le chemin de fer jusqu’à Laokag, desservent Haiphong , Hanoï, Sontay, Viétri, Yen-Bay, etc... sur le Fleuve Rouge. D’autres bateaux, dont la tête de ligne est à Viétri, font le service de Tuyen - Quang sur la Rivière Claire, et de Clio-Bo sur la Rivière Noire.
Agriculture. — Forêts. — Mines. — Industrie (1).