‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 9 sur 89 · PAVILLON DU LAOS · texte numérisé non relu

PAVILLON DU LAOS

Ce fut ensuite le tour de M. Estier, président du Conseil général, qui se plut à constater l’importance de la ville exotique bâtie sur le champ de manœuvre du Rouet et la réussite du magnifique projet consacrant Marseille comme métropole coloniale de la France.

Après lui, M. Chanot, maire de Marseille, rappela les difficultés surmontées et la preuve de vitalité donnée par la Ville de Marseille, en menant à bien, avec le concours des colonies, une œuvre aussi digne de l’importance commerciale, industrielle et maritime de notre port. De cette œuvre, marseillaise autant que nationale, M. Chanot déclara qu’un souvenir tangible devrait rester sous la forme d’un parc plus populaire que le parc Borély et qui constituerait un nouveau joyau pour notre chère cité. Il demanda à tous de contribuer à réaliser cette heureuse conception et conclut en décernant un juste tribut d’éloges à tous les artisans de l’Exposition.

Enfin, M. Desbief, président de la Chambre de Commerce, prononça l’allocution suivante :

Messieurs,

La solennité à laquelle nous avons été si gracieusement conviés cet après-midi laissera une trace ineffaçable dans l’histoire de notre chère cité, puisqu’elle prélude en quelque sorte à la glorification de la grande œuvre du rayonnement extérieur de l’influence française.

L’Exposition coloniale — que nous allons être appelés à visiter dans quelques instants — fera certainement honneur à Marseille comme à ceux qui en ont conçu et exécuté le projet.

Et je suis très heureux de dire ici à M. Jules-Charles Roux, commissaire général ; à M. le D1' Heckel, commissaire général adjoint; à MM. les Commissaires généraux des colonies, ainsi qu’à tous leurs habiles et dévoués collaborateurs, combien nous leur sommes reconnaissants de n’avoir pas reculé devant la lourde tâche qui leur incombait et dont l’accomplissement pouvait se heurter à d’insurmontables difficultés.

Grâce au puissant concours de nos colonies, grâce à l’union de toutes les bonnes volontés locales, grâce aussi à la haute compétence et à l’énergie de notre éminent concitoyen Cliarles- Roux, qui a su coordonner tous les efforts, ce qui pouvait paraître un rêve hier est devenu la brillante réalité d’aujourd’hui.

Aussi est-ce de grand cœur que je prie M. le Commissaire général, au nom de ce commerce de Marseille dont il a toujours défendu les intérêts avec un inlassable dévouement, de recevoir pour lui et pour tous ceux qui l’ont si vaillamment secondé nos plus vives et nos plus sincères félicitations.

Quand les applaudissements eurent cessé, les sociétés chorales et la musique militaire exécutèrent avec un art consommé la superbe cantate de MM. Galerne et Vincent Fosse Salue Massilia, tandis qu’un lâcher de pigeons voyageurs s’effectuait sur l’esplanade.

Le cortège officiel se formait aussitôt après sous la conduite de M. Jules Charles-Roux et visitait successivement les divers palais de l’Exposition. Le souvenir de ces monuments, aujourd’hui disparus, et des richesses accumulées sous leur frêle architecture est encore trop présent aux mémoires marseillaises, pour que nous insistions longuement sur leur description. Un coup d’œil en arrière est cependant nécessaire pour replacer les fêtes de l’inauguration dans leur décor exotique et pimpant, et surtout pour montrer toute l’importance de l’œuvre accomplie en quinze mois par l’effort collectif du Commissariat général, des corps élus, des notabilités commerciales et artistiques de notre ville et des distingués commissaires coloniaux, parmi lesquels nous citerons en première ligne, MM. Baille, Gérard, Jully, Max Robert et Pavillier (1).

(1) Nous empruntons les principaux éléments de celte revue rétrospective des palais de l’Exposition soit au Guide officiel, soit aux articles publiés par M. Adrien Artaud dans le Monde Economique en 1906.

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