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« Sur quoi, le Bureau a résolu qu'il sera écrit à M* 1 le comte de Maurepas, que la Chambre s'intéressera pour 300 actions, de 2,000 livres chacune, dans la nouvelle Compagnie d'Afrique qui doit se former; qu'à cet effet, elle sera autorisée pour emprunter le fonds à ce nécessaire ; mais qu'il sera, en même temps, représenté au Ministre, qu'il conviendrait que l'ancienne Compagnie, dont le bail se trouve expiré depuis le 3 1
du mois passé, continuât d'exercer pendant l'année courante, »»
afin de prendre les mesures nécessaires pour faire la nouvelle régie sans précipitation, et que, pour cet effet, le roi trouverait bon d'indemniser les régisseurs des pertes qu'ils pourraient faire, sur le compte qu'ils rendraient de clerc à maître (1). »
Le secrétaire archiviste de la Chambre, pourvu de nombreuses filles, a le bonheur de les marier.
30 janvier 1741. — MM. les échevins et députés ont assisté au contrat de mariage de la seconde fille du sieur Isnard, secrétaire archivaire de la Chambre, avec M e Artaud, avocat, orateur et conseiller de la ville, et procureur du roi et de la police.
Le 3 1 janvier, jour des épousailles, ces Messieurs ont dîné chez le sieur Isnard, et ont fait à la mariée un présent d'une bourse de 30 louis d'or, au nom de la Chambre (2).
(1) Cette délibération provoquée par le Ministre lui-même, fut autorisée sous la date du 15 mars :
« Le Ministre ne peut qu'approuver la délibération que la Chambre de commerce a prise, pour emprunter 300,000 livres qui seront employées à Tachât de 300 actions de la nouvelle Compagnie d'Afrique, et pour garantir les actions de cette Compagnie, à raison de 6 0/0 d'intérêt, conformément à la teneur de redit de création. »
(2) L'année suivante, la Chambre fit le même présent à la troisième fille de l'archiviste.
Séance du 22 février 1742. — a M. le premier député expose que le sieur Isnard, secrétaire archivaire de la Chambre, devant marier incessamment la demoiselle sa troisième et dernière fille, avec le sieur Siau, négociant de cette ville, la Chambre devrait, en cette occasion, donner à la dite demoiselle un présent à peu près de la même valeur de ceux qu'elle donna, il n'y a pas longtemps, aux demoiselles ses soeurs, lors de leurs mariages, et ce en reconnaissance des longs services du dit sieur Isnard.
« Le Bureau délibère de faire présenter à la demoiselle Isnard, au nom de la Chambre, un bijou de la valeur d'environ 700 livres » (fol. 98).
Les échevins et les députés du commerce seront chargés, avec M. Boulle et M. Icard, inspecteur du commerce, de la direction des affaires de la nouvelle Compagnie d'Afrique (10 avril) (1).
Plaintes des rafïineurs de Bordeaux contre ceux de Marseille : « Ces rafïineurs prétendent que Marseille est une des principales causes de la diminution de leur travail ; que cette ville fait des versements considérables de sucre en pain de ses raffineries, ou des sucres raffinés et terrés qu'elle tire du commerce de l'Amérique, où elle ne porte en grande partie que des denrées et marchandises étrangères, qu'elle trouve facilement chez elle et à moindre prix que celles du royaume, par l'avantage dont elle jouit de la franchise de son port » (22 mai 1741).
Le navire Le *Phénix, chargé de blé, a pris feu dans le
(1) M. Icard mourut le mois suivant et fut remplacé par M. Pignon, le 10 mai.
t de Marseille. MM. de Maulevrier et de Montgrand en avisé le Ministre, et lui ont annoncé que malgré les surs des galères et de l'Arsenal, on n'est parvenu à !ter les progrès de l'incendie qu'en coulant bas Le nix ; les autres navires renfermés dans le port ont pu ; heureusement préservés (29 août 174 1).
nsuffisamment protégée par la marine royale, la navigation enaît très pénible, et la Chambre de commerce se vit îgée d'armer elle-même en guerre deux vaisseaux. Le 12 rier 1742, elle traite avec le capitaine Antonin Icard, imandant l'Hirondelle, pour l'armement de son vaisseau, le 24 janvier, elle est autorisée à armer deux autres ;seaux .
.es armements de la Chambre prennent une certaine >ortance; elle décide, le 12 février 1742, qu'elle offrira un sent à M. le Bailli de Bocage, chargé des affaires du roi à [te, pour le remercier, soit de son concours pendant qu'elle ait faire ses armements â Malte, soit pour les convois qu'il jrmés lui-même dans le but de protéger les navires du imerce contre les corsaires : « Il sera adressé à M. le [li de Bocage, par le premier navire, un présent en vin et rées ou provisions de garde, comme café, prunes, figues, fitures et thon mariné, pour la valeur de 400 livres. » ,e 21 avril, la Chambre règle le départ des navires allant s les Echelles, afin de le faire concorder avec les escortes. ,e commerce avec les Echelles devait être une source sidérable de profits, si on en juge par les sacrifices que Chambre s'imposait, soit pour garantir la navigation contre pirates, soit pour se rendre favorable toutes les autorités içaises ou musulmanes.
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L'ambassadeur du Grand Seigneur est de passage à Marseille. La Chambre s'assemble aussitôt et lui vote un magnifique présent.
Le budget de la Chambre s'était élargi ; les dépenses prenaient des proportions très grandes : Le 12 août, elle emprunte 80,000 livres, dont 60,000 pour les affaires de Tunis, et 20,000 pour celles d'Alger. Et, par un arrêt du 21 août, le Conseil d'Etat lui permit de se rembourser, sur le droit de 35 sous par quintal sur les huiles d'Italie, des 180,000 livres par elle empruntées pour les armements de Malte, de Tunis et pour payer « l'avarie d'Alger».
Les frais d'armements se chiffraient par des sommes très fortes. Le 1 1 octobre, la Chambre règle le compte du capitaine Jean-Baptiste Camoin, commandant le vaisseau le Grand Alexandre, pour l'armement en guerre de ce vaisseau et pour son désarmement, qui s'élève à 56,000 livres.
Cependant, les commerçants de Marseille se plaignent amèrement d'être sous une tutelle trop rigoureuse à laquelle ils attribuent, à tort ou à raison, l'insuccès de leurs entreprises .
Gênés, fatigués et ruinés par les entraves que le Ministre de la marine et du commerce ne cessait d'apporter, sous prétexte de protection, dans toutes les questions commerciales et industrielles, les principaux négociants de Marseille rédigent un mémoire, par lequel ils demandent la liberté du commerce dans le Levant, où il n'était plus permis de résider, de vendre, d'acheter, de trafiquer sans l'autorisation du ministre. Ce mémoire, transmis à M. de Maurepas par la Chambre de commerce, était signé par les négociants les
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honorables : les Remusat, les Pastoret, les Caire, les aian, les Auriol, les Dudemaine-Girard, lesDevoulx, les m, les Peirier, les Compian ; les premières maisons de veille y étaient toutes représentées.
>ici quelques extraits de ce remarquable mémoire, qui évidemment rédigé par un homme rempli de savoir et jérience.
Le droit naturel permet à chaque particulier de disposer >n bien comme bon lui semble, et on ne saurait penser les négociants de Marseille veuillent en faire un mauvais e. Chacun est présumé maître dans son art, d'où il suit les négociants doivent être réputés, et sont réellement, leur pratique dans le commerce dont ils se mêlent, plus les que s'ils ne le connaissaient que par spéculation, qui >ujours infiniment au-dessous de l'expérience. Il y a dans : des négociants, comme dans toutes les autres professions, ;ens habiles et d'autres qui le sont moins, mais ils con- ;ent leurs intérêts bien mieux que tous les autres, et en , il s'est formé une quantité de bonnes maisons à Mar- :, lorsqu'on a eu la liberté de faire, sans nulle sorte de gêne, mmerce du Levant.
L'expérience ne prouve que trop que, depuis que l'on a i des fixations de prix et de répartition aux achats et es des marchandises dans le Levant, le commerce de ce a langui, et en a reçu un dommage considérable, dont lations étrangères ont profité, parce qu'au moyen de la té dont elles jouissent, les Français n'achètent que ce les autres nations ont rebuté, s
Ministre sentit vivement la critique, et, comme cela
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n'arrive que trop souvent, ne voulut pas même discuter une question dans laquelle il sentait bien qu'il serait vaincu. Il répondit, avec hauteur, aux députés du commerce : « Je vous renvoyé le mémoire des négociants de votre place, qui était joint à votre lettre du 5 de ce mois, n'ayant pas estimé à propos d'en faire aucun usage. Je vous défends de vous charger de m'en adresser de semblables à l'avenir (29 octobre 1742).
Le Ministre, qui a défendu à son représentant de lui transmettre les plaintes du commerce, continue à s'immiscer dans les affaires des négociants et à leur imposer des dépenses.
La paix a été signée avec le bey de Tunis, le 9 novembre 1742; il convient de lui faire quelques présents pour le rendre favorable au commerce ; M. de Maurepas prie les députés de faire acheter divers objets, qui seront portés, avec les autres présents, par la frégate ÏAtalante. On offrira au bey trois douzaines de boîtes de confitures, dont une de pistaches, dragées et autres, et vingt-quatre pains de sucre, de cinq livres l'un. — Les beys Yoanes, Mahmet et Soliman auront deux douzaines de boîtes de confitures et vingt pains de sucre, enfin les ministres recevront six douzaines de boîtes de confitures, deux caisses contenant chacune vingt-quatre . pots d'anchois, deux quintaux de sucre, et une caisse contenant vingt-quatre canavettes Rossoli (9 janvier 1743).
Les questions relacives aux Echelles sont toujours l'objet des ordres les plus précis du Ministre :
Il n'y aura, à l'avenir, que cinq maisons de commerce à La Canée : celles de MM. Rozan, Guieu et Remusat, Trophime Guilhermi, et deux autres à désigner, en remplacement des maisons dont les représentants doivent rentrer en France après quinze ans de résidence (i er mai). 10
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est pas permis à un négociant d'établir deux maisons
imerce dans les Echelles. La Chambre est invitée à ne
r aucun certificat de négociant, pour les nouveaux
its, lesquels ne seront proposés et choisis pour s'établir
: Levant, qu'après que le roi aura bien voulu les agréer
irs).
y aura que quatre maisons de commerce à Tripoly de
:t huit au Caire (i er avril).
ieur Surian, négociant à Constantinople, étant obligé
:rer en France pour rétablir sa santé, le roi lui a permis
; régir sa maison par le sieur Jean-Baptiste Armand,
nmis(8 mai).
eut Jean-François Cassard, négociant à Smyrne, rentre
ice; il sera remplacé par le sieur Joseph Caire (12 juin).
uifs protégés par la France peuvent, dans les Echelles,
lagner les consuls dans les visites aux autorités,
ent ils doivent prendre rang à la queue du cortège
llet).
îieurs Crozet et Bigard, députés de la nation à Tunis,
: rendu des services pendant la guerre, demandent un
nage de reconnaissance de la part de la Chambre de
:rce. Le Ministre est d'avis qu'il convient de leur
:r une gratification (9 septembre).
Dnsul d'Alep persiste à penser qu'il ne convient pas
nettre aux juifs protégés, d'accompagner la nation dans
monies et visites. Le Ministre l'a autorisé à ne pas les
|uer(ji octobre).
■ un but qui n'est pas expliqué, le grand armateur
le Corse juge opportun de renoncer publiquement à la
ion de négociant :
Séance du 23 décembre 174). — M. de Roux fait enregistrer une déclaration portant qu'il renonce au commerce :
oc L'an 1743, et le 24 décembre après midi, par devant nous, notaire royal héréditaire, en cette ville de Marseille, soussigné, fut présent Messire Georges Roux, écuyer, chevalier de Tordre du roi, et premier échevin de cette ville, lequel, pour rendre publique la cessation de tous les commerces qu'il faisait de son gré, a déclaré et déclare par les présentes, qu'actuellement il ne fait aucune sorte de commerce, et qu'il ne veut ni prétend en faire aucun à l'avenir, dont et de tout ce que dessus ledit messire de Roux nous a requis et demandé acte, pour lui servir comme de droit, que lui avons concédé.
« Fait et publié audit Marseille, dans l'Hôtel de Ville, en présence des sieurs Joachim Martin et Barthélémy Ferrandin, témoins requis et signés avec ledit messire de Roux, à l'original. Contrôlé le 23 décembre 1743. Collationné par nous, notaire royal héréditaire audit Marseille, soussigné : Olivier, notaire.
« Enregistré par nous, secrétaire archivaire de ladite Chambre, soussigné : Isnard. » (fol. 293.)
M. de Maurepas, ministre de la marine depuis plus de vingt ans, avait pris un goût très vif pour les affaires commerciales et l'administration des Echelles ; nous avons vu que son ingérence n'était pas toujours bien accueillie par la Chambre de commerce, qui lui avait soumis timidement quelques observations. Il y avait répondu, en 1742, par la défense expresse à l'Intendant de Provence de lui transmettre à l'avenir les doléances des négociants.
Cependant il comprenait qu'il fallait étudier les questions
de plus près, et il eut la bonne pensée- de venir à Marseille pour en causer directement avec les Echevins et les Députés du commerce. Le Cérémonial donne des détails précis sur ce voyage :
26 mai 1744. — « M& r le comte de Maurepas, ministre et secrétaire d'Etat, est arrivé à Marseille à l'heure de midi. MM.les echevins l'ont reçu à la porte de la ville, en chaperon; M e Artaud, avocat procureur du roi, de la police, Ta complimenté; on a fait tirer 200 boîtes à son entrée. Il s'est rendu à l'intendance des galères, où il a logé. Le trésorier de la ville lui a présenté le présent delà communauté consistant en vin, confitures, bougies et flambeaux de nuit. Environ les six heures du soir du même jour, la Chambre a eu l'honneur de faire sa visite au ministre. MM. les echevins en chaperon, MM. les députés et l'archivaire avec un accompagnement du plus grand nombre de négociants (qui avaient été priés par billets), sont sortis de l'Hôtel de Ville, et ont marché en ordre à l'hôtel de l'Intendance, où étant, M. Roux, premier échevin, a présenté la Chambre et les négociants au ministre, et M. Latil, premier député, lui a fait un compliment qui a été applaudi. Peu de temps avant la visite de la Chambre, le ministre avait visité la galère Réale et s'était embarqué sur une autre galère qui sortit du port. Comme la Chambre avait fait mettre en rade dix vaisseaux marchands, et leur avait fourni de la poudre pour saluer du canon lorsqu'il viendrait sur le port, ces vaisseaux firent une salve de toute leur artillerie lorsqu'il entra dans la Réale, et ils en firent une seconde, lorsque la galère sur laquelle il s'était embarqué rentra dans le port.
« La Chambre avait fait préparer de riches étoffes de la manufacture pour présenter à M& r le comte de Maurepas, mais en ayant été prévenu, il fit dire qu'il remerciait, et elles ne furent point présentées. »
« 28 mai 1744. — Monseigneur le comte de Maurepas est parti à midi pour Toulon et a laissé espérer qu'il reviendrait à Marseille dans quelques jours.
17 juin 1744. — Monseigneur le comte de Maurepas est arrivé de Toulon à Marseille à 7 heures du soir. MM. les échevins l'ont visité en chaperon, et dans l'instant ils lui ont présenté MM. les députés.
«c 20 juin 1744. — Il est venu à l'Hôtel de Ville et a assisté à un bureau du commerce tenu sur les cinq heures du soir.
« MM. les échevins en chaperon, les députés et les conseillers de la Chambre l'ont reçu à la porte de la rue, au bruit de 50 boîtes.
« Dans la salle d'assemblée, était placé (sur un grand tapis) un fauteuil en bois doré garni de damas cramoisi à la tête du bureau, et des chaises de damas vert dont une vis à vis et les autres sur deux rangs, moitié à droite mqjtié à gauche, pour y placer les officiers. Monseigneur, y étant entré, prit sa place au fauteuil. M. Pignon, inspecteur du Commerce, prit la sienne vis à vis de lui, MM. les anciens échevins, députés et conseillers, remplirent par ordre le rang à droite du Ministre, et MM. les nouveaux échevins, députés et conseillers se placèrent au rang du côté gauche, MM. les échevins étant en chaperon. »
Le procès-verbal de cette séance est très intéressant, et
qu'il soit un peu long, nous en donnons ci-après la copie tenso :
ance du 20 juin 1744. — Présidée par M. de Maurepas, istre et secrétaire d'Etat. (1)
Assemblée extraordinaire, tenue dans la Chambre du merce de Marseille, le samedi vingtième juin 1744, cinq es de relevée, en présence de Me r le comte de Maurepas, istre et secrétaire d'Etat, et où a assisté M. Pignon, ins- 2ur du commerce, les membres qui ont composé l'asblée étant :
MM. Georges de Roux, chevalier de l'ordre royal de t-Michel ; Balthazar Mille; noble Pierre de Gail, écuyer, et
Pourriéres, échevins; Honoré Latil, François-Dominique rand, Mathieu Truilhîer et Sauveur Beaussier, députés; hélemy Boullé, François Fléchon; Charles Rémusat; içois Crozet; Jean-Joseph Dauphin, et Joseph-François tin, conseillers de la dite Chambre.
Monseigneur ayant permis à chacun de prendre séance n rang, M. Roux, premier échevin étant debout, a eu nneur de le complimenter, et il en a reçu une réponse gracieuse, ainsi que l'assemblée.
Dans une précédente séance du 21 mai, il avait été voté un présent pour ce tre.
M. le comte de Maurepas, ministre et secrétaire d'Etat, devant venir en ville, il serait à propos d'examiner si la Chambre doit prendre la liberté de frir quelque présent, en lui faisant la visite qu'elle lui doit, iur quoi, le Bureau a délibéré de présenter à ce Ministre des pièces d'étoffes manufacture de cette ville, pour la valeur d'environ cinq ou six mille livres, lui donner une marque de sou respect et de ses attentions. » (F. 310).
« On a ensuite fait entrer séparément les personnes qui avaient affaire au Bureau.
« Le sieur Honoré Reinaud s'est présenté, et a demandé à Monseigneur, qu'il plût à sa grandeur d'accorder à son frère Marc-Antoine, qui réside à Acre, la grâce de ne faire compter sa résidence que depuis le 10 octobre 1734, auquel jour il commença à négocier, au moyen d'une société qu'il contracta avec le sieur Beaussier, et de permettre qu'il reste dans cette échelle jusques à pareil jour de l'année 1749, attendu qu'étant passé à Acre avec un certificat de la Chambre de l'année 1730, il n'a fait aucun commerce jusques au dit jour.
« Monseigneur, après avoir fait opiner l'assemblée, a accordé la demande du sieur Reinaud.
« Il a été fait lecture d'un placet, présenté à Monseigneur au nom du sieur Louis Artaud, résidant à Lattaquié, par lequel il demande de pouvoir y rester encore quelques années, attendu qu'il n'y est établi que depuis sept ans.
« Et, après que le Bureau a eu opiné, Monseigneur a accordé au sieur Artaud une prolongation de huit ans de résidence à Lattaquié, à compter de ce jour.
« Le sieur Pastour s'est présenté, et a demandé un certificat pour aller résider à Lattaquié en qualité de négociant ; Monseigneur n'a pas trouvé à propos de le lui faire accorder quant à présent.
« Le sieur Roze, négociant, a présenté à Monseigneur un placet, dont il a fait lecture, par lequel il le supplie très humblement de lui accorder la première place de négociant qui vacquera dans l'échelle de Smyrne, et Monseigneur la lui a promise.
ce M. Latil, premier député, portant la parole, a eu l'honneur de faire à Monseigneur le rapport des affaires particulières de la Chambre, et de celles qui peuvent intéresser le commerce du Levant, en général, et les autres commerces de cette ville dans les différents pays étrangers, essentiellement celui d'Amérique. Il a, de plus, fait connaître les besoins que l'on a d'une protection qui puisse assurer tous ces commerces et la navigation de nos bâtiments dans les circonstances où Ton est à présent, à cause de la guerre.
« M. Latil a supplié Monseigneur de faire abolir la répartition et la fixation du prix des draps dans les Echelles de Constantinople, Smyrne et Salonique, et de remettre les choses à cet égard sur le même pied où l'on en était dans ces échelles avant qu'on y eût établi cet arrangement.
« Monseigneur a témoigné qu'il aurait égard à cette demande.
« M. Latil lui a ensuite représenté, que les négociants de cette ville souhaiteraient qu'il leur fût libre d'établir, dans les Échelles du Levant, autant de maisons de commerce qu'ils trouveraient à prqpos, en donnant pour ces établissements bonne et suffisante caution, reconnaissant que la fixation de ces maisons à un certain nombre, dans chaque échelle, peut les rendre en quelque manière héréditaires, outre que ceux qui y sont associés, et qui les font le plus travailler, pourraient, par la suite, s approprier le commerce particulier de chaque échelle, et en exclure les autres négociants.
<c Monseigneur n'a rien décidé sur ces représentations, ayant témoigné qu'il convenait de voir auparavant l'effet que produirait la réforme qui a été faite sur cette matière.
« La situation présente où Ton se trouve par rapport à la guerre, exposant la navigation, Monseigneur a été prié d'accorder des vaisseaux et des barques du roi, pour l'assurer dans la Méditerranée, et même de faire tenir les deux galères, qui sont actuellement armées, sur le cap Couronne et jusques à Bouc, pour assurer la côte d'ici à Arles, afin que les bâtiments, qui portent les marchandises pour la foire de Beaucaire, ne soient pas exposés à être pris par les Anglais.
« Il a eu la bonté de répondre qu'il a déjà été pourvu à ce qui est demandé, par l'expédition de deux frégates et deux barques, qui doivent sortir incessamment de Toulon pour aller croiser vers Malte, qu'il fera remplir par ces galères le service qu'on en souhaite, et qu'il aura toutes les attentions, pour procurer d'ailleurs la sûreté de la navigation. De quoi, il a été très humblement remercié.
« Le port de Pomègue, servant à y mettre les bâtiments en quarantaine, ayant besoin d'être curé, ne l'ayant pas été depuis plus de quarante ans, il a été proposé à Monseigneur de le faire curer, et de prendre le fonds de la dépense à faire sur les vingt-cinq mille livres destinées annuellement à la cure du port et à l'entretien des quais de la ville.
« Monseigneur a eu la bonté d'approuver cette dépense.
« Quelques négociants se sont présentés à l'assemblée et ont représenté, qu'attendu la guerre, on n'ose plus risquer par mer les marchandises dont le royaume a besoin, et qu'on faisait passer par le Havre et dans les autres ports du Ponent dans les temps de paix ; que, dans ces circonstances, il conviendrait d'établir un transit par terre, pour les marchandises qui seraient destinées pour les pays étrangers.
« Il a été arrêté qu'il serait dressé des mémoires pour établir cette proposition et en former la demande .
« Il a ensuite été lu un mémoire dressé par les négociants de Marseille qui font le commerce de l'Amérique, par lequel ils exposent la nécessité qu'il y a que les équipages de leurs vaisseaux soient composésd'un tiers de Français pour la sûreté de leurs effets, qu'il est également nécessaire qu'ils soient garantis des insultes des Anglais avec qui nous sommes en guerre, et que, pour cet effet, il conviendrait de faire croiser deux frégates jusques au détroit de Gibraltar. Ils ont représenté de plus, par ce mémoire, qu'ils sont exposés à de plus grands frais et à plus de risques, depuis que le Bureau du domaine d'Occident, établi dans cette ville, se trouve placé au quartier de Rive- Neuve, et qu'ils sont obligés d'y faire porter leurs marchandises à l'embarquement et au débarquement, ce qui leur fait désirer que ce Bureau soit établi aux environs de l'Hôtel de Ville, et qu'il leur soit permis de faire peser les marchandises sur les palissades, où elles sont entreposées lors du débarquement, ainsi qu'il en avait toujours été usé.
« Sur ces représentations, et autres contenues dans ce mémoire, Monseigueur a promis qu'il serait pris des mesures dont les négociants seront satisfaits, et s'est chargé du mémoire.
« MM. les Echevins ont rendu compte à Monseigneur, qu'en conséquence de ses ordres, ils ont fait percevoir, par l'extraordinaire, un droit sur tous les bâtiments génois qui se sont expédiés en cette ville, pour leurs pays et autres endroits, et ils ont demandé s'ils devaient faire continuer cette perception.
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« Monseigneur a décidé de faire cesser l'exaction de ce droit, et que ce qui en a été reçu sera employé à l'utilité du commerce, ou en deux ancres placées à l'entrée du port.
« Et finalement, M. Latil, premier député, a présenté à Monseigneur, les différents états de recettes et dépenses concernant h Chambre, pour lui faire connaître en quoi consistaient les droits qui lui sont attribués, et quel est l'emploi qu'elle en fait, auxquels états il en a joint un autre des engagements qu'elle a contractés. Et Monseigneur, après les avoir examinés, a témoigné être satisfait de Tordre gardé dans la Chambre par rapport à son administration, et a bien voulu l'approuver, ayant retenu ces mêmes états » (fol. 325,331).
Le Cérémonial rend compte ensuite de la fin de cette séance, et du séjour de M. de Maurepas à Marseille.
« Cette assemblée a tenu deux heures. Monseigneur le comte de Maurepas a été attentif à tout ce qu'on y a proposé, et aux délibérations qui ont été prises sur chaque matière ; il a eu la bonté d'approuver verbalement la plupart des résolutions qui ont été prises, et de promettre sa protection pour les affaires où son autorité doit être employée.
« Etant sorti après la séance, il a été accompagné jusqu'à la rue, de la même manière, et avec le même salut qu'il avait reçu.
« Et tout desuite il est entré dans la salle de la Loge; MM. les échevins et députés l'y ont accompagné ; il y est resté quelque temps pour voir l'assemblée des négociants et les dispositions de cette salle, et en est sorti par la grande porte, du côté de la place du port, où MM. les échevins et députés l'ont conduit jusques au bas des degrés.
ce 21 juin. — MM. les échevins et députés (ces premiers en chaperon) ont fait une visite à Monseigneur le comte de Maurepas, pour le remercier de l'honneur qu'il leur avait fait d'assister à une assembléedela Chambre, et pour lui souhaiter un heureux voyage, devant partir le lendemain matin.
« 22 juin 1744. — Monseigneur le comte de Maurepas est parti en carrosse sur les six heures du matin, et a pris la route de Languedoc. »
Peu de mois après, la Chambre faisait un cadeau à la femme du Ministre des affaires étrangères :
« 17 novembre 1744. — M. le marquis de Viileneufve, conseiller d'État, a été nommé le trois de ce mois, par le roi, son ministre des affaires étrangères.
« Sur cette nouvelle, MM. les échevins en corps (et en chaperon) ont fait une visite à Madame de Viileneufve, qui a été haranguée par l'orateur de la ville, et il lui a été fait un présent.
« Le même jour, MM. les députés en corps, ayant à leur tête un de MM. les échevins, ont visité Madame la marquise de Viileneufve, et M. Latil, premier député, lui a fait un compliment au nom de la Chambre et des négociants, qui a été fort applaudi. »
Séance du 11 mars. 1745 . — La Chambre de commerce demande le retrait du privilège exclusif, accordé au sieur Brunel, pour fabriquer des bonnets de Tunis, Elle motive ainsi son avis :
« La Chambre estime qu'il y a lieu de révoquer le privilège obtenu par le sieur Brunel, et de remettre à cet égard les
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choses sur le même pied qu'elles étaient auparavant, et ce par les raisons suivantes :
« i° Parce que les maîtres bonnetiers prouvent qu'ils ont fait et peuvent faire des bonnets, façon de Tunis, comme le sieur Brunel ;
« 2° A cause que ce privilège porte un très grand préjudice à la fabrication des bonnets, en général, et à la communauté des bonnetiers, en particulier ;
a 3° Qji'il en résulte encore un plus grand pour le commerce qui, par la destruction de la fabrication des bonnets, sera privé de cette branche de manufacture, qui fait partie des assortiments qu'on envoie dans le Levant. »
Cette délibération indique bien la voie libérale dans laquelle la Chambre est entrée et désire demeurer.
Le 3 1 du même mois elle proclame ce principe en répondant aux sieurs Simon Ginoux et Dominique Sibié, qui sont en instance pour obtenir l'autorisation d'établir à Marseille une fabrique de flanelle et gouffrures à l'imitation de celles d'Angleterre.
La Chambre ne s'y oppose pas, mais elle est d'avis qu'il ne faut pas accorder de privilège exclusif aux pétitionnaires, attendu que leur système de fabrication est très connu à Marseille, et qu'il faut laisser la liberté aux autres fabricants de produire ces flanelles et gouffrures.
Le capitaine Mégy, de Marseille, commandant une barque, armée seulement de quatre canons et quinze hommes d'équipage, a attaqué un corsaire anglais, armé de dix-huit canons, qu'il a rencontré vers l'île de Sardaigne. L'anglais a été fortement endommagé, et a dû relâcher à Naples pour réparer ses
;. Le consul de France à Naples ayant rendu compte de
; conduite du capitaine Mégy.M. de Maurepas a l'inten-
le demander pour lui, au roi, une épée d'honneur
Met).
de jours après, ce même capitaine a été pris et eonduit
)n, après s'être défendu pendant quatre heures contre
:bek anglais et une barque longue, qu'il a rencontrés à
:eurdeMinorque. Le ministre lui fera remettre l'épée
;e dès qu'il pourra rentrer à Marseille, et lui obtiendra,
re, la demi-solde, si la blessure qu'il a reçue l'empêche
lurner a la mer (jo juillet).
istribution des cadeaux ne chôme jamais.
lâcha de Moréeest destitué. Le consul n'avait pas eu à
ndre de lui, mais il commençait à réclamer des présents,
s sa disgrâce, la nation aurait dû faire un sacrifice. C'est
onomie dont M. de Clairambault se félicite. (6 juillet
onsui a fait, en 1745, une visite au pacha de Tripolissa, très bien accueilli : « j'aurais tout lieu d'être content litesses et des honneurs que ce pacha m'a faits, écrit-il, avidité insatiable qu'il a fait paraître, ainsi que les gens our.» Les deux principaux présents ont été offerts, Mehemed Aga, beau-frère du pacha, et l'autre à Moussa on père, qui, suivant les apparences, doit rester longen Morée, puisqu'il a acheté ce gouvernement à vie, inant 10,000 piastres (20 juillet 1745)-