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nommé pour me remplacer M. de Massiac, lieutenant général des armées navales. La considération dont il jouit à si juste titre dans le corps, son expérience, et la distinction de ses services, sont la cause que je me fais un véritable plaisir de vous annoncer ce choix de Sa Majesté. » (29 mai 1758).
C'est ensuite M. de Massiac qui fait ses offres de services aux députés du commerce : « Je me flatte, Messieurs, que vous avez appris avec plaisir le choix que le roi a bien voulu faire de moi pour remplacer M. de Moras. — Vous savez l'intérêt que j'ai toujours pris à ceux de votre ville, et j'ai été plus à portée que personne de connaître le zèle de ses habitants. » (5 juin 1758). (1)
Le nouveau ministre de la marine a donné les ordres les plus empressés, pour faire mettre en campagne un certain nombre de navires de guerre, qui ont la mission de protéger le commerce : Les galères la Hardie et le Rusé, les frégates la Pléiade et la Chimère, enfin la Gracieuse, dès qu'elle sera de retour des concessions d'Afrique, où elle est allée porter les fonds de la Compagnie (8 juin).
De temps en temps les Juifs reparaissent et les négociants s'en débarrassent le plus promptement possible. Le 12 juin 1758, ils obtiennent un arrêt du Parlement de Provence qui
(1) Les vœux des officiers de la marine étaient en voie de s'accomplir, ils voyaient, pour la première fois, à la tête de leur département, un ministre sorti de leurs rangs. Mais M. de Massiac n'était pas l'homme qu'il fallait pour maintenir cette prérogative. Accoutumé, à Toulon, à penser et à agir d'après les suggestions de ses alentours, parmi lesquels il avait été heureux de trouver quelques hommes de tête, il apporta au ministère, dans sa personne, une nullité qu'il ne sut pas voiler. » V. Brun. Guerres maritimes de la France, t. i, p. 409.
interdit aux Juifs de venir à Marseille, pour y acheter et vendre des marchandises, et qui leur enjoint d'en sortir trois jours après leur arrivée.
Le duc de Villars, fait ses offres de services à la Chambre : « Mb' le duc de Villars, gouverneur en Provence, devant incessamment partir pour Paris, est entré aujourd'hui à quatre heures de relevée, dans la salle de la Loge, où s'assemblent ordinairement MM. les négociants, et leur ayant annoncé son voyage prochain pour la Cour, leur a fait offre de services en général et en particulier. (20 octobre 1758).
Le lendemain 21 octobre 1758. — Deux de MM. les échevins en chaperon et MM. les députés, accompagnés de l'archivaire, entrèrent dans la Loge à onze heures du matin, et invitèrent MM. les négociants à se joindre à eux pour faire une visite à M. de Villars et lui souhaiter un bon voyagé. La plus grande partie de MM. les négociants les ayant suivi à l'hôtel de M. le duc, il les reçut avec beaucoup de démonstration d'affection et leur promit de s'occuper particulièrement des affaires qui pouvaient intéresser Marseille, particulièrement de celle qu'elle a soutenue contre la province de Languedoc, qui demande ainsi que quelques ports du royaume, de pouvoir faire le commerce du Levant sans être assujetties à faire ses retours à Marseille; après quoi, MM. les échevins ayant "pris congé, ils furent reconduits, ainsi que toute leur suite, jusqu'à l'escalier.
Nota. — Il n'y avait à cette visite que deux de MM. les échevins en chaperon, parce que les deux autres se trouvaient absents.
Le nouveau ministre de lamarine, nommé le 1" novembre
1758, M. Berryer (1), écrivit, dès le 3, aux députés du commerce pour leur en donner avis : « Le roi ayant reçu la démission de M. de Massiac, a bien voulu me nommer secrétaire d'État au département de la Marine. Je vois avec peine que les circonstances présentes ne sont pas aussi favorables au commerce de la Méditerranée que je l'aurais désiré, mais j'y donnerai une attention particulière et j'espère trouver dans votre administration tout ce que je dois y attendre de votre part, pour n'avoir que des marques de confiance et de satisfaction.
Cependant, les députés du commerce deviennent les banquiers du service de la Marine. La Chambre dut emprunter successivement des sommes considérables : à la Compagnie d'Afrique 300.000 livres, 1757 ; à un grand nombre de particuliers une somme suffisante pour avancer à la Marine, 4.243.480 livres, qu'elle rembourse en trois mandats, le 10 novembre 1758.
La Chambre avance des fonds au Trésor royal, sans savoir si le remboursement sera autorisé ou si la dépense sera rejetée par le Ministre.
Par suite d'un malentendu plus ou moins sincère, le consul de Madère avait été pris par un chebek Algérien, et si bien dévalisé, qu'il lui était impossible de faire constater son
-îl
(1) Nicolas-René Berryer, né à Paris, le 24 mars 1703, mort le 15 août 1762. Il fut successivement conseiller au Parlement, puis maître des requêtes, intendant du Poitou, en 1743, lieutenant de police, en 1747, conseiller d'Etat en 1757. 11 devint membre du Conseil des dépêches, ministre de la Marine le i cr novembre 1758, et enfin garde des sceaux en 1761. « Ce courtisan mourut après avoir fait, suivant l'expression de Duclos, beaucoup mieux les affaires de La Pompadour que celles de l'Etat. » Biographie générale.
identité. Cependant le consul de France intervint, et son éloquence, appuyée de nombreux présents, ouvrit les yeux aux autorités qui lui abandonnèrent son malheureux collègue. Mais il fallut donner une soucoupe à pied et une grande cafetière d'argent au dey, et divers objets non moins coûteux à ses officiers; le raïs, capitaine du chebek, dut recevoir un cafetan « pour s'assurer de son rapport »; enfin, il fallut acheter des vêtements au consul de Madère, que Ton rendit à peu près nu. Toute cette dépense fut payée par la Chambre de commerce, sauf remboursement par le Trésor royal (20 novembre).
La guerre enlève au Commerce toutes ses ressources. Les armateurs marseillais se tranforment en corsaires!... « Avant d'autoriser divers armateurs de Marseille à faire le commerce, le Ministre désire connaître : i°Le nombre de corsaires qu'il y a dans ce port, leurs noms, leur force en canons, les noms des armateurs, les dépenses déjà faites et s'ils sont en état de se procurer une suffisante quantité de navires, et de volontaires, pour en former leurs équipages avec le petit nombre de gens classés qu'on pourra mettre à leur disposition (21 novembre).
Qjaand il faut payer ou récompenser les services rendus, les députés se montrent généreux :
♦La Chambre de commerce avait obtenu de M. de Massiac, alors ministre de la marine, la permission d'offrir un diamant de mille écus à M. de Sade, pour reconnaître le service que cet officier venait de rendre au commerce en s'emparant du corsaire le Tigre. Le nouveau ministre, après avoir pris les ordres du roi, admet cette dépense dans les comptes de la
Chambre. Il n'est pas dit si M. de Sade a accepté ce présent. Il est vrai que l'un de ses collègues de la marine royale avait refusé une gratification, mais il s'agissait d'une somme d'argent, et ici les députés du commerce ont eu la délicate attention d'acheter un bijou qui ne saurait être refusé (n décembre 1758).
La Chambre de commerce avait été chargée de réaliser, pour le compte du service de la marine royale, divers emprunts importants. Cette opération qui ne lui incombait pas, avait cependant exigé une augmentation de travail de tous ses employés. Dans la séance du 14 décembre 1758, le semainier (député qui présidait la Chambre pendant une semaine) informa l'assemblée des soins extraordinaires que les officiers de la Chambre se sont donnés, pour les opérations qui ont rapport à l'affaire concernant l'emprunt qu'elle a fait pour la Marine; il a exposé à celle-ci, que cette affaire a entraîné une administration particulière; qu'il a fallu tenir des écritures séparées des sommes empruntées à cette occasion; enregistrer les mandats que le trésorier de la marine de Toulon a tirés sur la Chambre, expédier ensuite, à chaque particulier porteur des dits mandats, des billets de la Chambre, en dresser des états particuliers, et faire, en un mot, ce qui était nécessaire pour mettre cette partie en règle; qu'il y avait même une occupation journalière et momentanée pour tenir un compte de l'emploi que la Chambre fait des annuités, et que ce travail long et pénible, et continuel, lui paraissait mériter un traitement particulier, il prie la Chambre d'y pourvoir.
« Sur quoi, la Chambre, entrant dans les considérations que M. le semainier a exposées, a délibéré d'accorder, sur le
des annuités de la courante année, une gratification Eficiers de la Chambre en la manière suivante; savoir : livres au sieur Isnard, secrétaire archivaire; 2,000 livres ur Agnel, trésorier; 1,500 livres au sieur Cousinery ; 600 au sieur Vivian ; }6o livres au sieur Ponsard; 300 livres ur Sauvaire et 300 livres au sieur Grimaud ; le tout sous ïbation du Ministre » (fol. 688).
: question intéressante pour la Chambre de commerce étude. Il s'agit d'enlever l'administration de la commune igociants, et de la confier aux gentilshommes, comme Listait avant 1660.
ice du 4 janvier J7J9. — « Bureau de la Chambre du erce de Marseille, tenu dans l'hôtel de ville, après une :ation faite en la manière accoutumée, ce jourd'hui, 4 janvier 1759,34 heures de relevée, où ont assisté : [M. Joachim Surian; Joseph Rosant; N. Delisle; Guil- Paul, échevins.
[M. Sauveur Beaussier; Jean-François Conil ; Guillaume d; Joseph Amie; Joseph Crozet; Jean-Baptiste Latil; rançois Cassard; Louis Guintrand; Jean-Baptiste d ; Jean-Ange Porry ; Augusti n Bert houx et Pierre Blanc, s.
i. le semainier a dit que la Chambre ayant demandé la sion de faire une députation à la cour, pour s'opposer mande que MM. les Gentilshommes ont faite du prelaperon de cette ville, M. Berryer, ministre et secrétaire lui a répondu qu'elle pouvait s'en tenir à dresser les ires nécessaires à ce sujet et qu'il les appuyerait; et,
qu'ayant été dressé en conséquence un mémoire, pour s'opposer à la prétention de MM. les Gentilshommes à soutenir la prérogative des négociants pour le premier chaperon, il serait nécessaire que la Chambre voulût bien en prendre lecture, et lecture faite du dit mémoire, la Chambre la unanimement approuvé. (Le mémoire est transcrit à la suite de cette délibération) (fol. 4).
Le capitaine Sabatier, commandant la barque Y Ursule, dite La Victoire, armée par le commerce marseillais, s'est admirablement conduit dans un combat contre une frégate anglaise, de 24 pièces de canon, qui le poursuivait. Le récit de cette affaire est transcrit dans les registres de la Chambre (25 janvier 1760). (1).
La Chambre arme une frégate, appelée La Fortune, et passe un contrat avec divers fournisseurs (5 mars 1760).
Les corsaires Anglais sont maîtres de la Méditerranée, et portent un très grand] préjudice à la marine et au commerce. Le Ministre regrette infiniment de ne pouvoir armer, en ce moment, quelques vaisseaux de guerre pour leur faire la chasse. Le trésor est obéré et ne peut disposer d'aucuns fonds en faveur de la marine (18 février).
Le navire commandé par le capitaine Villeneuve a été pris par les Anglais au mouillage du cap Spartivento, en Sicile. Des représentations seront faites à la Cour de Naples, parce qu'il a été porté atteinte, dans cette circonstance, à la neutralité du territoire de ce pays (2 5 février).
Le Ministre a remis au sieur de Gardanne une traite de 300
(1) Voir, à l'appendice, la copie de ce document.
sequins barbaresques, sur la Chambre de commerce: « cette somme a été employée à obtenir la liberté de six Français, qui se trouvaient esclaves à Tripoly, de Barbarie, par des circonstances fort extraordinaires, et à divers articles particuliers pour le service du roi et les intérêts de la nation, lesquels articles, par leur nature ne pouvaient être mis en ligne de compte » (10 mars).
Au milieu des préoccupations de la guerre et des difficultés que le Gouvernement éprouvait pour faire face aux dépenses des armements, le Ministre de la marine continuait à entraver le mouvement commercial. Le capitaine qui voulait se rendre dans les Colonies, devait y être autorisé par le roi, et faire connaître d'avance la nature et le détail de son chargement. Le sieur Jacques-Vincent Fardeloux fut autorisé, au mois d'avril 1760, à porter à Saint-Domingue le chargement suivant :
450 barriques de vin ;
100 caisses de savon marbré;
50 caisses de chandelles de suif;
60 canavettes d'huile; 2 caisses de vin muscat de Syracuse 200 paires de souliers.
Ce capitaine s'engage à ne prendre à son bord que vingt hommes, et a n'y admettre aucun Anglais (l cr avril).
La Chambre est toujours mise en mouvement quand il faut trouver de l'argent.
Le Ministre comprend qu'il faut, sans retard, armer des
vaisseaux pour les envoyer au secours du commerce, mais comme la pénurie des ressources de l'Etat y met obstacle, il a demandé au roi, d'autoriser la marine royale de s'entendre avec la Chambre de commerce de Marseille, pour trouver des fond^(3 avril). Le 30 mai, elle a déjà fourni des fonds à la marine royale, qui vient d'armer quatre vaisseaux et deux frégates, cette petite escadre pourra mettre à la voile le 15 juin (30 mai).
Aussi, ne lui ménage-t-on pas les autorisations quand elle est obligée d'emprunter. Arrêt du conseil d'Etat, qui permet à la Chambre de commerce de Marseille, d'emprunter une somme de 700,000 livres, pour ses dépenses courantes (2 mai 1760).
En France, la Chambre fait des avances et, dans le Levant, elle se ruine en indemnités.
La tartane du capitaine Raynaud a été délivrée, à Scio, des mains des Anglais ; mais il a fallu donner 100 sequins aux Turcs qui ont ordonné la mise en liberté de ce navire. (17 novembre).
La marine royale qui avait recours à la Chambre pour obtenir des fonds, ne se prêtait pas volontiers aux besoins du commerce. Les sieurs Gérin, Gassin et Napollon ont demandé, au ministre de la marine, la frégate YOpale pour l'armer en course, sous le commandement du sieur Gassin, capitaine marchand. Cette frégate est nécessaire pour le service, et d'ailleurs le roi a décidé, qu'à l'avenir, aucun navire de l'Etat ne serait mis à la disposition du commerce dans ces conditions (2 mars 1761).
Mais, par le récit qui va suivre, on constatera que la
Chambre s'était ruinée, ruinée littéralement pour fournir de l'argent à la marine royale, qui ne payait même pas les intérêts échus et pour l'acquittement desquels la Chambre avait souscrit des billets.
Notons que la fin de non-recevoir opposée aux réclamions de la Chambre fut des plus singulières.
Séance du $ mars ij6i. — « Bureau de la Chambre de commerce de Marseille, tenu dans l'hôtel de ville, après due convocation faite en la manière accoutumée, ce jourd'hui jeudi 5 mars 1761, à quatre heures de relevée, ou ont été présents :
« MM. Jean-François Conil ; Jean-Baptiste Camoin et Guintrand, échevins ; et MM. André Beaussier, semainier ; Joseph Crozet ; Jean-Baptiste Latil ; François Cassard ; François Surian ; Jean-Baptiste Amand ; Pierre Blanc ; Augustin Bertoux ; Ange Porry ; Honoré-Daniel Ricaud ; Pierre Chaudière et Honoré Roux, députés.
« Auquel Bureau, il a été fait lecture des remontrances qu'il fut délibéré de faire au roi, dans la dernière assemblée, au sujet des poursuites et des exécutions qui ont été faites contre la Chambre, par l'impuissance où elle se trouve d'acquitter les engagements qu'elle prit, en 1757, pour libérer la marine de Toulon, et lecture faite desdites remontrances, le Bureau les a approuvées et a délibéré de les adresser au secrétaire d'Etat ayant le département de la marine, et d'en envoyer des exemplaires à tous les membres du conseil des dépêches, ayant en même temps été arrêté qu'elles seront ciaprès enregistrées.
Très humbles et très respectueuses remontrances que font au roi, les écbevins et députés de la Chambre du commerce de Marseille.
« Sire,
« Les échevins et députés de la Chambre du commerce de Marseille, représentent très humblement à Votre Majesté, que le désordre et la confusion sont dans le service de ladite Chambre, que toutes les opérations en sont suspendues et qu'elle touche à sa destruction.
« Telle est, Sire, la situation où l'ont réduite les dettes qu'elle a contractées pour libérer la marine de Toulon. Elle ne saurait maintenant acquitter les engagements qu'elle prit à cet égard, si Votre Majesté ne daigne venir à son secours.
« La marine de Toulon devait encore, à la fin de 1757, 4,331,434 livres de l'exercice de 1756; Votre Majesté ne voulant pas ralentir le mouvement des armements qui s'y faisaient, y destina uniquement les fonds du département, et elle jugea convenable d'employer le crédit de la Chambre de commerce de Marseille pour y ouvrir un emprunt capable de liquider les dettes de la marine de Toulon. Un de vos ministres envoya, à cet effet, ici, l'inspecteur du commerce de Marseille, qui se trouvait à la Cour. Votre Majesté rendit le I er octobre 1757, un arrêt qui permit aux échevins et députés du commerce de Marseille, d'emprunter jusqu'à la concurrence de quatre millions cinq cent mille livres, pour être, ladite somme, envoyée et remise au trésorier général
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« D'un autre côté les m mm - i Personnes oui ticnnc „,,V r 7' S ' te '"-^ -ou.es les 1 iftnntnu la Chambre, qui ne subsistent que
par leurs emplois, et qui ne sont point payés, se trouvent aux expédients. Le service du port de cette ville, à l'entretien duquel la Chambre fournit, est arrêté, parce que le prix des ouvrages reste dû aux entrepreneurs. Il arrive journellement des pays étrangers à Marseille, des matelots disgraciés dont la Chambre avançait autrefois le passage et la nourriture pour le compte de Votre Majesté, et désormais lorsque les matelots seront disgraciés, ils seront perdus pour l'Etat.
« Mais tous ces inconvénients ne sont rien, en comparaison de l'effet qui va résulter du non paiement des lettres de change que la Chambre a été obligée de laisser protester. La plupart de ces lettres lui ont été tenues du Levant. Les Echelles se trouvant dépourvues de fonds pour les besoins des consulats, les députés, pour s'en procurer, ont tiré des lettres de change sur la Chambre ; ces lettres protestées seront renvoyées aux députés qui les ont tirées ; ils seront obligés d'en rembourser la valeur, la plupart ne sont point en état de le faire.
« C'est ainsi que les poursuites humiliantes, qui ont été faites contre la Chambre, sont capables, en la détruisant, d'entraîner la ruine du commerce national du Levant, et par une suite funeste, celle des fabriques et manufactures du royaume, de la navigation française dans la Méditerranée. C'est ainsi que l'Etat peut perdre les ressources qu'il a si souvent trouvées dans le zèle et la fidélité des échevins et députés pour le service de Sa Majesté.
« En conséquence, les échevins et députés supplient très humblement Votre Majesté, d'ordonner qu'il soit remis, dés
à présent, à la Chambre du commerce de Marseille, une somme de 500,000 livres, et que pareille somme lui soit également remise encore pendant huit années consécutives pour opérer la liquidation en principal et intérêts, des engagements qu'elle a pris pour la marine de Toulon. » (fol. 226-333).
Le 30 mars, le Ministre secrétaire d'État répondit aux échevins et députés du commerce, qu'ils n'avaient pas le droit d'adresser des remontrances au roi.
« J'ai reçu, Messieurs, leur disait-il, avec votre lettre du 1 1 * de ce mois, le mémoire que vous y avez joint, pour exposer de nouveau la situation où votre Chambre se trouve, par la suspension forcée du paiement des annuités. Ce mémoire ne contient rien, quant au fond, dont on ne soit déjà bien instruit et qui n'ait été reconnu avec le désir d'y pourvoir; il n'ajoute rien aux précédentes représentations et que j'ai moimême fortement appuyées auprès de M. le contrôleur général, et on ne pourrait en faire que le même usage. Quant à la forme que vous avez cru pouvoir donner à ce mémoire, sous celle de remontrances arrêtées et présentées au roi, vous n'auriez pas dû ignorer qu'elle est réservée aux cours souveraines, autant que S. M. leur en laisse la liberté, et que rien n'autorise celle que vous avez prise, en voulant y donner de la publicité par la voie de l'impression, sans que l'un ni l'autre pût vous être permis en chose de cette nature. Vous y avez été mal conseillé et je n'attribue qu'à l'embarras où vous vous trouvez, de n'avoir pas senti assez les conséquences de l'irrégularité de cette démarche ; mais il est indispensable que
vous retiriez tous les exemplaires de cet imprimé, pour les remettre entre les mains de M. de La Tour et à ses ordres, de manière que vous puissiez répondre qu'ils n'ont pas été répandus et qu'il n'en reste aucun. C'est l'intention de Sa Majesté et j'ai prescrit au sieur Simian, en même temps, de m'envoyer les exemplaires que vous lui avez adressés.
« Je suis, Messieurs, entièrement à vous. Signé : Berryer.
« Enregistré (en marge du registre des délibérations de la Chambre) en vertu de la lettre de M& r de La Tour, écrite à la Chambre, le n avril 1761, en conséquence des ordres de M« r Berryer, ministre et secrétaire d'Etat » (fol. 326).
C'était, il faut le reconnaître, un moyen bien commode de ne pas envoyer de l'argent. Les remontrances de là Chambre étaient, par ce seul fait annulées, et la réprimande du Ministre tenait lieu de réponse.
Comme faible compensation à cette lamentable situation, le Ministre fit signer au roi des lettres-patentes, qui donnaient gain de cause aux négociants dans la question du choix des magistrats municipaux.
<r Lettres-patentes, interprétatives des édits concernant Yécbevinage de la ville de Marseille, concluant ainsi : « Déclarons que l'intention du feu roi et la nôtre, ont toujours été de n'admettre à l'échevinage de Marseille que les seuls commerçants en gros, par préférence aux bourgeois, pour le premier chaperon, et en concours avec eux pour le second, et que le mot marchand, dans les articles xi et xlviii des édits des mois de mars 1660 et 17 17, doit être appliqué au bourgeois vivant noblement, qui fait le commerce soit par terre, soit par mer.» (n juillet 1761.)
La Chambre ne laissait en souffrance aucune affaire intéressant le commerce et l'industrie dé Marseille. Le 4 octobre, elle adressa au Ministre un mémoire sur la concurrence qui est faite aux faïenceries de Marseille par les fabricants de Gênes, qui sont autorisés à introduire leurs produits, sans payer un droit suffisant pour protéger l'industrie nationale (4 octobre 1761). (1)
Le comte de Choiseul, nommé ministre des affaires étrangères, est chargé en même temps de la direction des affaires commerciales. Les autres attributions du ministre de la marine restent entre les mains du duc de Choiseul, son cousin. « Le roi, écrit-il, en me nommant secrétaire d'État des affaires étrangères, a réuni à ce département toutes les correspondances du dehors, qui dépendaient ci-devant de celui de la marine, et que S. M. en a détachés. L'administration maritime de Marseille et de votre Chambre étant relative au service des consulats et affaires du Levant et de Barbarie, dont je serai dorénavant chargé, S. M. l'a comprise dans le même arrangement » (16 octobre 1761).
Les présents étaient toujours le remède aux maux soufferts par nos nationaux dans les Échelles :
Le sieur Lieutaud, négociant au Caire, a été assassiné; tous les résidants étaient menacés; le consul,. M. d'Amerat, a
(1) Pétition sur le môme objet adressée à l'Intendant par 18 fabricants de faïence de la ville de Marseille. Noms des pétitionnaires: Massuque, Fresquet, Nicolas, Varsy, Lambert, David, Chaix, Gallie, Augier, Giraud, Bontoux, Tlasse, Perchin, Jeaumeton, Reboul, Granié, Chailan et Gautier.
Etat des ouvriers faïenciers sortis de Marseille depuis environ dix ans pour s'établir dans les pays étrangers. Plusieurs sont allés en Espagne, notamment les peintres Gras et Oleris et le mouleur Carbonnel (1762).
arrêté les désordres, et a obtenu une justice éclatante; mais ce n'a pas été, selon l'usage, sans dépenser beaucoup d'argent : « Les donatives ont monté à la somme de 1264 sequins zermaboules » (30 novembre).
Les mêmes troubles se sont produits dans l'Echelle d'Acre : a J'ai reçu votre lettre du 23 du mois dernier, écrit le Ministre aux députés du commerce, les avis que vous avez eus du pays d'Acre sur les troubles qui s'y sont élevés, et sur le danger auquel les Français y sont exposés; j'en étais déjà informé, ainsi que des mesures que le sieur de Clairambault (le consul) avait prises, pour les engager à abandonner ce pays dans des moments aussi critiques, et qui pouvaient devenir encore plus fâcheux pour eux. Mais j'ai appris avec surprise qu'ils s'y étaient refusés, et puisqu'ils ont voulu encourir le hasard, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux s'il leur en mésarrive. Il y a longtemps qu'ils devraient être prévenus du peu de sûreté d'un pays livré à la violence et menacé de guerre civile ou du ressentiment du Grand Seigneur. »
Par une ordonnance du 23 juin 1760 le roi s'était démit en faveur de la Chambre des deux tiers des prises qui pouvaient être faites par l'escadre de M. deRochemon. L'armement de cette escadre donnait lieu à une dépense qui s'élevait, le 24 décembre 1761, à 632,782 livres.
Et à cette date même, alors qu'elle était aux abois, la Chambre se décide à faire un suprême sacrifice, pour faciliter les armements maritimes, qui sont absolument nécessaires en ce moment; elle a voté le don d'un vaisseau de guerre. « Je me suis empressé, écrit le Ministre aux échevins et députés du commerce, de porter au roi, au nom de votre Chambre et
k'.lï
des négociants de Marseille, la délibération que vous avez prise pour offrir à S. M. un vaisseau de 74 canons. Cet effet du zèle le plus marqué et le plus recommandable, dans la circonstance la plus importante pour l'État, et la plus difficile pour votre place, a été d'autant plus agréable à S. M. qu'il réunit tout ce qui pouvait le rendre plus méritoire auprès d'Elle. Je n ai point laissé ignorer à S. M. que le dérangement et la situation critique du commerce augmentaient le prix de ce service, et elle s'est rappelée elle-même toutes le^ occasions où elle avait trouvé des ressources sûres dans la fidélité active, dans les sentiments distingués des Marseillais. . . S. M. a nommé sans hésiter le vaisseau que vous lui avez destiné, le Marseillais 9 et elle a été bien aise qu'il portât le nom de votre ville dans sa marine. » (28 décembre 1761.)
Un corsaire inconnu, que l'on suppose appartenir à la régence d'Alger, pillait les navires qui sortaient du port de Marseille. La Chambre de commerce a cru pouvoir armer des navires pour faire la chasse à ce corsaire. Le duc de Praslin blâme vivement cette action qui peut provoquer des représailles de la part des Algériens : « Je ne comprends pas que vous ayez pu agir avec aussi peu de réflexion. Une seule vous fera sentir combien vous vous êtes fait illusion à vousmêmes, et combien vous vous êtes écartés essentiellement de votre devoir et de votre état, en suivant au hasard une impulsion de chaleur et de crainte, qui vous a porté à la délibération la plus inconsidérée qu'un corps municipal pût prendre : c'est que vous avez établi, de votre chef, des représailles possibles qu'il n'appartient qu'au roi d'ordonner et que vous avez exposé le pavillon de Sa Majesté à une rupture presque inévitable avec Alger. » (14 février 1763).
Les appréhensions du Ministre se réalisèrent sans doute, car, vers la fin de cette année, on appris que le Bey d'Alger avait mis à la chaîne le Consul français.
Séance du 6 octobre 176). — « M. le semainier a exposé que la Chambre ayant reçu des lettres du sieur Vallière, consul de Franee à Alger, et du capitaine Bonnarie d'Agde, venant de Barbarie, par lesquelles elle a appris que le dit sieur Vallière avait été mis à la chaîne avec toute la nation, aurait dépêché à M. le duc de Praslin, un courrier extraordinaire pour lui faire porter les paquets venus à cette occasion à son adresse, pour lui faire part de l'alarme que ce fâcheux événement avait répandu sur la place, et pour lui témoigner que les circonstances devant faire tout appréhender de la part des Algériens, on examinerait s'il ne conviendrait pas d'expédier des tartanes pour aviser nos bâtiments venant du Levant de se méfier des armements algériens.
«t Le Bureau a pensé qu'il n'y avait pas lieu, quant à présent, d'expédier des tartanes, parce qu'il serait fort incertain que les tartanes rencontrassent nos bâtiments à la mer. » (fol. 633).
Dans le but de prévenir les hostilités, le chevalier de Fabry, capitaine de vaisseau, avait été envoyé en mission auprès du Bey d'Alger.
« Tous les griefs passés ont été réparés avec une entière satisfaction à tous égards, et une égale sûreté pour le commerce, Le dey a même consenti à signer des articles exprès, pour prévenir tout ce qui pourrait occasionner des méprises en mer, ou de nouveaux embarras, et pour rétablir la Compagnie d'Afrique dans ses droits et privilèges. Le traité de paix
intervenu porte la date du 16 janvier 1764.
.Chambre de commerce est autorisée à emprunter une
me de 4 ou 500,000 livres, qui sera affectée à laconstruc-
du vaisseau te Marseillais (1" février 1762).
1 premier à-compte de 1 50,000 livres pour la construction
(arseillais, est versé à la marine par la Chambre de com-
;e (16 août).
: sieur Isnard, ancien archiviste de la Chambre, et qui,
lis sa mise à la retraite, avait conservé la direction de la
pagnie d'Afrique, a fait connaître au ministre que son
d âge ne lui permettait plus d'assister aux assemblées, et
occuper des affaires qui y sont traitées. Il propose son
iour le remplacer. M. le comte de Choiseul consulte la
Tibre, sur la suite qu'il convient de donner a cette
ande.
ir l'avis formulé parla Chambre, M. Isnard est nommé
:teur de la Compagnie d'Afrique à Marseille (29 novem-
>uis Simon, commandant la frégate La Modeste, de Mar- ;, armée par M. de Roux, s'est conduit avec distinction lant la campagne qu'il vient de faire sur la côte de Guinée Saint-Domingue, et dans le combat honorable qu'il a enu, dans le détroit, contre la frégate anglaise La Païïas, 6 canons. Le roi « pour lui marquer sa satisfaction de ce bat, des différentes prises qu'il a faites, et de ses bonnes œuvres pour échapper aux ennemis, l'a décoré d'une :. v (21 octobre 1762).
fance du 9 février 1764. — « M. le semainier expose, que différends avec la régence d'Alger ayant été entièrement
terminés par les négociations de M. le chevalier de Fabry, M. Vallière, consul de France en la dite Echelle, a écrit à la Chambre qu'il lui paraissait nécessaire d'offrir les présents d'usage, en confitures, sirops, salaisons et fruits secs, et qu'il conviendrait même de les augmenter de quelque chose, parce qu'il avait à reconnaître les services de beaucoup d'officiers qui étaient dans les intérêts de la nation, et que Ton ne pouvait s'y entretenir que par de pareilles donatives.
t Sur quoi, il a été délibéré de faire préparer les présents dont il s'agit, et d'en porter l'objet jusques à environ quatre mille livres, au lieu de trois mille, auxquelles ils étaient fixés ordinairement » (fol. 17).
Séance du 26 juillet 1764. — « Le commerce intéressant, qui se fait dans l'Echelle d'Athènes, a engagé la Chambre à proposer au Ministre, d'établir un consul en titre pour protéger les bâtiments français qui y abordent, et le sieur Gaspary a offert de remplir cette place sans appointements, sans y lever aucune sorte de droits, et à la charge même de supporter, en son particulier, les donatives d'usages que cet emploi pourrait le mettre dans le cas de faire; le Ministre n'a pas paru éloigné de donner les mains en général à cette proposition, mais il n'a pas encore été rendu de décision à cet égard. Le sieur Gaspary étant pressé de retourner à Athènes, il pourrait convenir de le munir, en partant, de quelque commission qui pût le mettre à portée de rendre quelques services au commerce et à la navigation françaises, qui se font dans l'Echelle d'Athènes. En conséquence, M. le semainier propose de nommer ledit sieur Gaspary agent de la Chambre de commerce à Athènes et ses dépendances, pour y percevoir les droits dus à ladite Chambre sur les bâtiments
français, qui chargeront dans le département d'Athènes, pour les pays étrangers de la chrétienté, ainsi que sur les bâtiments caravaneurs.
« Cette proposition est adoptée » (fol. 66).
18 octobre 1764. — « La Chambre assemblée, M. le marquis de Roux, échevin, lui a fait part du mariage de mademoiselle sa fille avec M. le baron de Glandevès, et a prié tous les divers membres de la Chambre de lui faire l'honneur d'assister à la noce, qui aura lieu le 25 du courant mois, jour de jeudi. »
23 octobre 1764. « — M. François Clary, échevin, en chaperon, avec MM. les députés accompagnés de l'archivaire et du trésorier de la Chambre, se sont rendus chez M. le marquis de Roux, il les a reçus à la porte de l'hôtel accompagné de M. le baron de Glandevès, son futur gendre, et les a introduits dans la salle d'assemblée, où ils ont fait compliment à la mariée ; après quoi le trésorier a prié mademoiselle de Roux de vouloir bien agréer le présent d'honneur que la Chambre a jugé à propos de lui faire, à l'imitation de MM. les échevins, en singulière marque d'attachement et de considération pour M. le marquis de Roux, dont la fille, née pendant son premier consulat, est filleule de la ville, et sans que cette distinction puisse en façon quelconque tirer à conséquence pour d % autres échevins qui, comme M. le marquis, marieraient leurs filles pendant leur consulat. Après les politesses d'usage, les divers membres de la Chambre se sont retirés et ont été accompagnés jusqu'à la rue par M. le marquis de Roux, le baron de Glandevès père, le baron de Glandevès fils.
Nota. — Le présent consistait en vingt-quatre paquets de
bougies, six douzaines de paires de gants blancs, un carton contenant un bouquet de fleurs artificielles, diverses guirlandes, pompons, plumets, etc., propres pour la coiffure ; un carton rubans assortis de diverses espèces, un sac à ouvrage à filoche d'or, un étui à aiguilles en or, une boîte contenant divers pots de pommade et essences, un sac de campagne parfumé, poches et jarretières parfumées, le tout proprement mis dans deux corbeilles couvertes de taffetas blanc avec des agréments de ruban bleu et blanc. »
25 octobre 1764. — « Les divers membres de la Chambre, après avoir assisté chacun en particulier aUx épousailles qui furent faites avec tout l'éclat et la pompe possible en pareil cas, assistèrent au repas des noces qui fut servi avec beaucoup de propreté, de profusion et de magnificence. »
26 octoble 1764. — a M. le marquis de Roux, a remercié la Chambre de l'honneur qu'elle lui avaitfait d'assister à la noce de sa fille.
27 octobre 1764. — « Madame la baronne de Glandevès, madame la marquise de Roux, MM. le baron de Glandevès père et fils, et tous les parents et alliés des deux familles se sont rendus à l'Hôtel de Ville en grand cortège pour remercier MM. les échevins et MM. de la Chambre du commerce de leurs politesses. Toute cette troupe a été reçue au bas de l'escalier de la rue par MM. les échevins en chaperon, qui avaient fait ranger leurs gardes en haie dans la grande salle du conseil, MM. les députés, qui avaient été prévenus de cette visite, ont reçu ces dames et leur cortège au milieu de la grande salle, et après les compliments ordinaires et avoir resté quelques instants dans l'Hôtel de Ville, MM. les échevins, toujours en chaperon, se sont réunis avec
mbres de la Chambre pour accompagner tout ce cortège l la rue. »
■udget de la Chambre de commerce atteignait en 1764 ffre très considérable et qui, certainement, n'a jamais >assé de nos jours, si on considère que le pouvoir de t était à cette époque quatre fois plus grand qu'il n'est ement. Ainsi, les 1,500,000 francs de recettes effecendant cette année représenteraient aujourd'hui six is. Nous donnons, ci-après, le compte qui fut rendu par jrier de la Chambre, à la fin de 1764 :
«es 1.503.382 livres.
rnses 1.399.748 »
e encaisse, au 31 décembre........ 103.634 livres.
Voici le détail des dépenses :
:nses ordinaires de la Chambre 54. 120 livres.
;nses extraordinaires de la Chambre. . . 67.697 »
:nses du droit de 20 0/0 7 . 062 i>
;nses du droit de Consulat 210.764 »
:nses du service du roi 5 . 880 »
êts de l'emprunt pour le rachat du droit
efranche '1-985 »
boursement des capitaux et intérêts. ,. 339.675 »
•êts de l'emprunt de 200 . 000 livres .... 5 . 047 »
boursement : capitaux et intérêts 73.880 »
'êts de l'emprunt de 100.000 livres. . . . 5.000 »
êts de l'emprunt de 400.000 livres 11.755 B
boursement : Capitaux et intérêts du
A reporter 892 . 624 livres.
Report 892 . 624 livres.
Intérêts de l'emprunt de 700.000 livres. ... 25 . 165 »
Remboursement : Capitaux et intérêts 187. 167 »
Intérêts de l'emprunt de 500.000 livres. . . 21.937 »
Remboursement de partie des capitaux 32.936 »
Curage du Port et entretien des quais. .... 22.724 » Remboursement du droit de l'avarie des
échelles 27 »
Dépenses concernant le droit du 1/2 0/0. . . 962 » Dépenses relatives a la construction du vaisseau le Marseillais 22 . 3 53 »
Dépenses pour libérer diverses Echelles du
Levant 186. 050 »
Intérêts des billets cédés par M. Cousinéry. 3 .480 »
Solde dû à la caisse des annuités 7 »
Frais du présent compte 4.3 16 »
Total 1 . 399. 748 livres.
Le Grand-Seigneur a fait publier un catachérif, portant destitution de tous les rayas, qui ont exercé, jusqu'à ce jour, des consulats ou vice-consulats des nations européennes alliées de la Porte. « Cet événement, dit M. Lemaire, paraît très-favorable à la France, car les Grecs, qui exerçaient les consulats d'Angleterre en diverses Echelles pendant la guerre, ont fait souffrir de grand dommages à notre commerce. Il y avait beaucoup d'Echelles, où les revenus des consulats étrangers ne suffisaient pas pour entretenir un consulat national, et où le titre seul était un objet digne de l'ambition des Grecs. Ces sortes d'établissements vont tomber par Tordre du Grand Seigneur; notre commerce en sera moins gêné et notre navigation plus protégée » (6 février 1765).
ce du 14 mars 176$. — « M. Roux, premier échevin, a : le plus grand nombre des négociants et des courtiers de cette place, ont tenu un comparant à la Chambre, quel ils exposent, que la Loge où ils s'assemblent joutent pour traiter de leurs affaires mercantiles fut consily a plus d'un siècle, et proportionnée au nombre de înts qui se trouvaient pour lors à Marseille, lequel était jcoup inférieur à celui d'aujourd'hui, parce que l'on ne ssait point encore le commerce de l'Amérique et que res, qui se font à présent a Marseille, étaient pour ainsi nsleurenfance, mais que les différents commerce qui se jverts aujourd'hui pour cette ville, y ayant considémbleugmenté le nombre des négociants, la Loge se trouvait i'hui trop petite pour les contenir tous, à l'heure où issemblent pour traiter de leurs affaires ; que la foule y ement grande qu'ils ont de la peine à s'y rencontrer les ; autres, et que souvent les affaires les plus importantes t suspendues par cet inconvénient; ce qui ne peut sans faire du tort au commerce et porter du préjudice gociants. En conséquence de quoi, lés dits sieurs négo- ;t courtiers requièrent et prient la Chambre, de vouloir ur affecter un local plus vaste et plus étendu pour y itir une nouvelle Loge, observant à ce sujet qu'ils n'en nt point de plus convenable que celui de la place
ir quoi, lecture faite du comparant dont il s'agit, la >re après mûres réflexions, a reconnu que la Loge e n'est pas suffisante pour contenir le grand nombre ociants de Marseille, et que, dans la nécessité d'en faire jire une nouvelle plus grande et plus spacieuse que
celle d'aujourd'hui, on ne pouvait trouver un endroit plus convenable que la place Neuve dont le sol ne coûtera rien.
« En conséquence, le Bureau a nommé MM. Pierre-Honoré Roux, Joachim Surian et Louis Guintrand, pour examiner par par quelles mesures on pourrait parvenir plus facilement à en réaliser le projet, afin d'en rendre compte ensuite à M. le duc de Praslin, pour en obtenir l'approbation. » (fol. 149).
Séance du 11 avril 1765. — « M. le marquis de Roux(échevin), a dit qu'il a tenu, le 29 du mois dernier un conseil municipal dans lequel il a été délibéré, à la pluralité des suffrages, de céder à la chambre le sol de la place Neuve, pour y faire construire une nouvelle Loge; qu'il devait être question maintenant, de pourvoir aux moyens de réaliser ce projet, mais qu'il avait cru devoir s assurer auparavant des exemples qui peuvent servir à faire décider, si véritablement le commerce doit supporter lajdépense de la construction de ce nouvel édifice, et que, dans la recherche qui en a été faite, on avait trouvé que lorsque l'Hôtel de Ville fut construit, on imposa sur le commerce général qui se faisait alors à Marseille, pour payer la dépense que la Loge occasionnerait, ainsi qu'il conste de la délibération de la Chambre du 19 décembre 1653 (1); qu'il ne restait plus, en pareille circonstance, qu'à
(1) Assemblée générale tenue pour les affaires du commerce, le 19 décembre 1653, dans rhôtel de cette ville de Marseille par mandement de Messieurs les consuls et députés du commerce.
A laquelle assemblée a été proposé par mon dit sieur de Félix, premier consul 1 que, comme il est notoire à un chacun, la maison de ville Tannée dernière tombait en ruine, et y avoit un évident péril de quelque spectacle ; cela aurait obligé ses devanciers dt- la m.'ttre à bas, pour la réédifur de nouveau, de sorte que, depuis que lui et ses collègues sont entrés en charge ; il est survenu diverses affaires qui jusques à maintenant les ont empêchés de pourvoir des fonds convenables à cette fabrique, et d'autant, qu'on leur a fait entendre que Messieurs les négociants désirent d'avoir sous la dite maison un lieu pour leur servir de loge, et se retirer
faire travailler au devis de la construction de celle qui est projetée, et d'examiner quels sont les expédients, par lesquels on pourra parvenir le plus convenablement à remplir les désirs des négociants à ce sujet.
« Sur quoi, il a été délibéré que MM. les commissaires, nommés par la délibération du 14 du mois dernier, voudront bien faire travailler au devis dont il s'agit, et proposer les
de l'incommodité qu'ils souffrent en demeurant le long de la rue, que depuis si longtemps ils ont fait servir de lieu pour leur place de négoce, i quoi les dits Messieurs ses collègues, sous le bon plaisir du conseil, ont facilement incliné si bien que, puiqu'ils veulent occuper ledit quartier, il est très raisonnable que le commerce en souffre la dépense que conviendra faire pour le bâtiment de la dite loge et contribue a la dite construction, et parce que le commerce n'a aucun fonds, si ce n'est par le moyen des impositions, ils ont fait convoquer la présente assemblée avec Messieurs les députés du commerce, pour que tous ensemblement trouvent les moyens nécessaires pour subvenir à leur intention, requérant de délibérer.
A été délibéré, sous le bon plaisir du Roi et de nos Seigneurs (du Parlement), qu'il sera imposé, pour subvenir aux frais du bâtiment du quartier de la loge, un droit sur toutes les marchandises sortant par terre ou par mer de cette ville, à la réserve de celles sujettes au droit de demi pour cent et à la gabelle du poisson salé, et. i cet effet ; les soies payeront 4 livres pour balle, qui est i raison de 8 livres la charge ; drogueries fines aussi 4 livres la balle ; drogueries grossières, a livres la balle, qui est à raison de 4 livres la charge ; coton filés et quinquaillcs, 20 sous la balle, qui est i raison de 2 livres la charge; cotons et laines et galles 10 bous la balle, qui est i raison de 20 sous la charge ; laines de toutes sortes, S sous la balle, qui esta raison de 16 sous la charge ; cuirs de toute sorte, à raison de 1 sous la pièce; buffles, i 2 sous pièce ; papier, 10 sous le ballon ; papiers, estrasses, 10 sous le ballon; bourres, 20 sous la caisse; amandes, 10 sous le sac; miel, ; sous le baril ; savons de toute sorte, 6 deniers par pain; huiles, 20 sous le tonneau de dix milleroles. et pour toute autre sorte de marchandises sortant de cette ville non sujette au droit de demi pour cent et gabelle de poisson salé, payera à raison de 10 sous pour balle, grosse ou petite, sans distinction du poids; et les deniers en provenant seront reçus par le Trésorier de la ville et employés au seul effet de la dite fabrique et les mandats seront payés à l'indication de Messieurs les directeurs des dits bâtiments.
Signés par Messieurs les consuls et les députés du commerce: Félix, consul ; F argues, consul ; Renoux, consul ; Saint-Mayrae, député ; Félix Beau'ieu, député ; Faudran, député, Crozet député et moi secrétaire : Brëmond, {Registre J's délibérations, fol. 177}.
expédients qu'ils croiront les plus convenables pour remplir l'objet de la présente délibération » (fol. 155).
Séance du 21 mai 176$. — « M. le semainier a exposé, que Ton avait été surpris de voir venir en dernier lieu quelques bâtiments étrangers, dont les uns avaient chargé du blé à Salonique et d'autres avaient pris divers articles de marchandises àTunis ; qu'il n'y avait, en temps de paix, que le pavillon français qur dut être employé à faire le commerce du Levant en France ; que les dispositions de l'édit du mois de mars 1669 avaient pour objet d'éloigner les étrangers de ce cabotage et que, lorsque la paix était survenue, M. le duc de Praslin avait pris la précaution d'écrire à la Chambre, que l'usage du pavillon étranger pour faire le commerce du Levant en France devait être interdit ; que pour prévenir désormais de pareilles contraventions et le préjudice qui peut en résulter pour notre navigation, il conviendrait d'en écrire aux députés des Echelles, et la chose mise en délibération, il a été unanimement arrêté d'écrire à ce sujet une circulaire aux députés des Echelles du Levant et de Barbarie » (fol. 177).
Le Grand -Seigneur n'avait pas une grandç autorité en Egypte: « Je ne doute pas, écrit l'ambassadeur aux députés du commerce de Marseille, que vous n'ayez été bien touchés de l'avanie de 28,000 pataquès, à laquelle Khalil-Bey a soumis notre nation au Caire. La Porte, sur mes représentations, a adressé au pacha des ordres tendant à nous procurer la restitution de cette somme exorbitante, et à pourvoir à notre sûreté intérieure. Partout ailleurs j'en espérerais de bons effets, mais l'autorité du Grand-Seigneur impose si peu en Egypte, que je n'ose pas me flatter que les ordres de Sa hautesse, quoi-
précis, nous assurent la juste satisfaction qui nous est » (9 septembre 1767).
m a fait courir le bruit que les Anglais avaient l'intention réer un entrepôt général de marchandises du Levant, dans ort de Nice. Le commerce de Marseille s'en est ému. educ de Praslin n'a reçu aucune communication à cet
d. Du reste, ce n'est pas la première fois, qu'on a entre- , à Nice, des projets de commerce qui ont eu peu d'effets ; partie de l'industrie de ce pays vient des Français qui l'y portée (18 septembre 1765).
ertificat constatant que le procédé employé par M. Poisnier pour rendre l'eau de mer potable est excellent: ous, échevins et députés du commerce, certifions avoir >té à l'une des opérations qui ont été faites publique- ;t par M. Poissonnier, dans le jardin de lTntendance de seille, pour rendre l'eau de mer potable, avoir bu et ivé bonne l'eau que cette opération a produite. » (28 octo- 1765.)
es diverses expériences qui ont déjà été faites ont pleineit réussi, à Marseille comme dans les autres ports : « J'ai ;vec une véritable satisfaction, par le certificat authentique vous m'envovez, qu'elles n'ont pas moins réussi à Mar-
e, non-seulement pour la qualité de l'eau, mais pour la plicité et la commodité de la machine, dans l'usage que i les navires en peuvent faire. » (25 novembre.)
a Chambre de commerce contribuait à toutes les bonnes .'res : une quête générale, provoquée par les archevêques ;s évêques, est faite dans toute la France, dans le but de ettre les sommes nécessaires pour le rachat des esclaves
retenus dans le Maroc (i); la Chambre de commerce de Marseille est autorisée à y affecter 2,400 livres (3 1 mars).
Séance du 10 mai 1766. — a II a été rendu compte à l'Assemblée de diverses prétentions élevées contre la Chambre par MM. les Gentilshommes et bourgeois de cette ville, le tout sur des objets de dépenses dont ils prétendent que la Chambre doit tenir compte à la communauté. »
Pour répondre à cette réclamation, les députés de la Chambre de commerce ont rédigé un mémoire qui est transcrit, in extenso, à la suite de la délibération, et dans lequel nous trouvons quelques renseignements intéressants sur l'origine de la Chambre et sur l'emploi des revenus dont elle disposait :
« Le commerce du Levant et de Barbarie a été de tout temps le commerce de Marseille. La situation de cette ville, le génie de ses habitants et la proximité des Echelles avaient porté les Marseillais à y former des habitudes et un trafic considérable, avant que ce commerce fût connu dans le reste du royaume. Lors même que Marseille était agitée par les troubles et les partis qui divisaient ses concitoyens, leur négoce dans l'empire Ottoman n'en fut point interrompu, et parut mériter les soins et les attentions des magistrats de cette ville.
« Mais à peine Marseille fut-elle délivrée de la tyrannie de Casaulx, que le conseil de ville prit une délibération, le 5 août 1 599, par laquelle il fut arrêté, sous le bon plaisir du roi, qu'il serait annuellement élu quatre principaux négociants, pour veiller aux affaires du commerce du Levant et pour le
(1) La paix fut signée le 30 mai avec le roi de Maroc ; tous les esclaves français furent restitués, le 29 juin 1767.
défendre contre les avanies des gens du pays et les déprédations des forbans et corsaires. Il fut également nommé, par la même délibération, un trésorier du commerce et un contrôleur. Néanmoins, soit que les factions qui agitaient la ville de temps à autre ne permissent pas de suivre et de continuer cet établissement; soit que les titres et les papiers qui regardaient le commerce se soient égarés ou aient été confondus alors avec ceux de la communauté, on ne trouve aujourd'hui, dans les archives de la Chambre de commerce, aucun vestige des opérations de ces officiers, ni aucune trace qui puisse faire présumer que cet établissement ait eu une consistance certaine jusqu'en 1650; on voit seulement qu'il fut fait, le 3 novembre de ladite année : « un règlement par le conseil de « ville, pour établir une Chambre de commerce, composée de « quatre consuls, de quatre députés et de huit conseillers, « que la caisse de cette Chambre serait distincte et séparée « de celle de la communauté, et qu'il serait à cet effet établi « un trésorier et un contrôleur particulier; que la dite Cham- « bre pourvoierait aux abus des Echelles du Levant et aux « impositions qui seraient nécessaires pour les dépenses, « qu'elle avait à supporter; qu'on s'assemblerait tous les jeu- « dis de chaque semaine, pour y traiter des affaires du dit t commerce. » Voilà quel est le premier titre apparent de l'établissement de la Chambre du commerce de Marseille, qui, dès ce moment, fût séparée de la communauté, sans que l'une put jamais répondre des faits et de l'administration de l'autre. Le principal objet de cet établissement, fut de veiller particulièrement aux intérêts du commerce du Levant. Ainsi, toutes les levées de deniers, tous les droits que cette Chambre était autorisée de faire percevoir se faisaient-ils et se
prennent-ils encore sur le seul et unique commerce du Levant ; c'est ce commerce qui supporte toutes les dépenses dont cette Chambre est chargée : le payement des consuls et les dépenses des consulats dans le Levant, la pension de 20,000 livres de M. l'ambassadeur à la Porte Ottomane, celle de M. l'inspecteur du commerce, de l'inspecteur des manufactures, les vingt-cinq mille livres de curage du port et de l'entretien des quais de cette ville, le payement des officiers des divers bureaux de la Chambre ; tous ces articles et d'autres dont l'énumération serait trop longue, qui se montent à des sommes importantes, sont à la charge du commerce du Levant, tandis que tous les autres commerces qui se font par Marseille, à l'exception de celui des îles françaises, qui paie des droits au domaine d'Occident, sont francs et libres de tous droits à cause du port franc de cette ville. L'édit du mois de mars 1669, rendu à l'occasion de cette franchise, n'y permet d'y lever d'autres deniers, que pour la dépense des infirmeries lorsqu'il écherra d'y faire quarantaine, et pour ce qui sera imposé sur toute sorte de voiles qui apporteront des marchandises du Levant et de Barbarie, pour T acquittement des dettes contractées pour les Echelles du Levant, qui ne sont autres que celles de la Chambre de commerce chargée de l'administration générale de ces mêmes Echelles.
« Telle fut la constitution de cette Chambre. Le règlement de la communauté, du 3 novembre 1650, a subsisté pendant un siècle entier, c'est-à-dire jusqu'en 1750, et ce n'est que depuis 175 1 que le roy a jugé à propos de donner une autre forme à cet établissement, par des lettres-patentes qui en font une Chambre et un corps politique de commerce; mais les droits qu'elle perçoit pour les charges de son service (on l'a
dit et on le répète), le cotimo, le consulat, forment des revenus fixes et se lèvent sur les bâtiments venant du Levant et de Barbarie; les autres droits que la Chambre a été autorisée à faire lever à son profit ailleurs qu'à Marseille, cesseront à mesure que les objets extraordinaires pour lesquels ils ont été établis se trouveront remplis, et qu'elle aura été remboursée des dépenses qu'elle a été chargée de faire à ce sujet » (fol. 284).
Séance du 18 juillet ij66. — « M. Chaudière, député, et en cette qualité directeur de la Compagnie d'Afrique, a mis sur le Bureau un état de la situation de la dite Compagnie, par lequel il paraît que ses effets actuels se montent au delà de huit cent trente-quatre mille livres; mon dit sieur le député a ajouté que la traite du blé, faite dans le courant de l'année par la dite Compagnie, lui avait procuré des avantages assez considérables, et qu'elle fondait aussi beaucoup d'espérance sur la pèche du corail de la Madeleine. En conséquence, la Chambre a délibéré, après avoir examiné le dit état, qu'il sera gardé riére les archives de la Chambre, après avoir été certifié et signé par M. Larmeny, directeur principal de la dite Compagnie, et le Bureau a prié MM. les députés directeurs de vouloir bien continuer de donner leurs soins aux affaires de la dite direction avec le même zèle, et de faire part à la Chambre, dans ce temps, de tout ce qui pourra y avoir d'intéressant dans les affaires et le commerce de la dite compagnie » (fol. J22).
Le vaisseau le Marseillais, construit avec l'argent des Marseillais, a été mis à la mer avec plein succès, mais la Chambre de commerce n'a pas été prévenue et n'a pu assister à cette
solennité maritime. Le Ministre a transmis ses plaintes à l'intendant de la marine à Toulon (27 juillet).
Le Ministre accuse réception d'une lettre du 3 1 décembre 1766, par laquelle la Chambre lui a donné avis « de la déclaration de guerre que le dey d'Alger a faite au capitaine de vaisseau Vénitien, qui était allé lui porter, de la part du Sénat, les présents ordinaires » (19 janvier 1767).
Le Ministre avise la Chambre de commerce des facilités qui sont offertes au commerce dans l'empire russe, « C'est un principe constant de cet empire, écrit le Prince de Galitzin, non-seulement de permettre à toutes les nations étrangères d'y venir trafiquer, et s'établir, mais aussi de leur accorder toutes les libertés et facilités qui peuvent leur convenir » (20 juillet).
Séance du )o juillet 2767. — « La Chambre assemblée, il a été fait lecture d'un mémoire qui lui a été présenté par quelques négociants, au sujet du tort que font à notre navigation, les bâtiments hollandais et autres étrangers qui vont charger en Italie les huiles de la rivière de Gênes, pour les porter dans les ports du Ponent, dans lequel mémoire, il est proposé pour empêcher ce préjudice d'imposer un droit de 20 0/0, sur les bâtiments étrangers qui arriveront dans les ports deFrance, après avoir fait leurs chargements d'huile en Italie.
« Sur quoi, lecture faite du dit mémoire, la Chambre l'a unanimement approuvé, et il a été délibéré de le faire parvenir à M. le duc de Praslin, en lui faisant connaître que le droit de tonnelage, nouvellement imposé sur les bâtiments étrangers, n'empêche point que les Hollandais n'ayent un avantage très considérable sur nos propres bâtiments.
a II a été ensuite fait lecture d'une lettre de M« r le duc de Praslin, en date du 20 du courant mois, avec laquelle il fait parvenir à la Chambre la copie de l'explication donnée au sieur Rossignol, consul de France en Russie, par M. le vicechancelier, relativement à la sûreté et à la liberté du commerce que les négociants français pourront être à portée de faire dans les Etats de Russie, le Ministre désirant qu'il en soit donné connaissance aux négociants, afin que ceux qui pourraient avoir dessein de faire des expéditions pour la mer Baltique en ayent plus de confiance,
« Sur quoi, lecture faite de la dite lettre, il a été délibéré de donner avis aux négociants de la place, de ce que marque le Ministre, à* cet égard, par une affiche qui sera mise dans la Loge » (fol. 450).
Le consul raconte deux faits, qui donnent une idée assez exacte des mœurs des Turcs et de leurs procédés administratifs. « On a voulu, Messieurs, dit-il, nous susciter une cruelle avanie à Patras. Le vaïvode et le douanier s'avisèrent d'accuser les matelots des deux chebecks que commandait M. de Champorin, d'avoir assassiné, d'un coup de couteau, un bas officier de la Douane, qui était mort après six mois de maladie. Ils dressèrent une pièce juridique pour tâcher de constater le fait. M. Rose (vice-consul) obtint un Tlam du cady qui détruisait l'accusation, il dépensa de son chef à cette occasion 410 piastres. ». . . . « Autre événement, ajoute le consul : Je viens de recevoir la nouvelle d'une terrible catastrophe arrivée aussi à Patras, la nuit du 29 au 30 août. Dixsept voleurs sont entrés chez le sieur Broucet, par une fenêtre, et l'ayant forcé d'ouvrir sa caisse, ils lui ont pris 2,500 piastres d'argent comptant, son argenterie et quelques autres
effets. Ils se disposaient ensuite à le tuer, lorsque par une espèce de miracle, il s'est sauvé de leurs mains, s'est jeté de sa chambre dans la rue et s'est réfugié blessé chez M. Rose. » (12 septembre 1767).
Les ministres se transmettant certain principe sur le danger de la résidence des femmes dans les échelles, ne les laissaient pas tranquilles. Le Duc de Praslin n'était pas plus galant que ses prédécesseur, il écrivait aux députés du commerce, le 7 février 1768: « J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite, le 19 de ce mois, sur les inconvénients des mariages que les négociants Français contractent au Levant, contre les ordonnances qui ont été rendues sur cet objet. — Ce relâchement, qui s'est introduit à Smyrne, plus encore que dans les autres Echelles, provient des intrigues des Français avec les femmes du pays. Le remède à cet abus aurait été de faire repasser en France toutes les femmes mariées; mais sur ce qui m'a été représenté, qu'un ordre aussi précis pourrait entraîner le dérangement de plusieurs négociants, j'ai bien voulu donner le temps, à tous ceux qui sont en contravention, de prendre des arrangements pour assurer et faciliter le retour de leurs femmes en France » (7 février 1768).
Lorsque les pirates laissent un peu de tranquillité aux navi* gateurs, les négociants français ont encore à redouter la peste; la moindre disgrâce est celle que leur cause la concurrence étrangère : « M. de Saint-Cézaire, commandant le chebeck du roi, écrit M. Lemaire, a croisé dans l'Archipel et visité les principales Echelles, où il a trouvé tout dans l'ordre et en parfaite sécurité ; il va actuellemenl à Patras d'où il virera le bord vers la France. La peste qu'il a rencontrée partout où il a été, ne lui a pas permis de s'arrêter longtemps dans les ports,
été de même à Coron où ce fléau, quoique sur son produit encore des accidents. » . .' .
voici la concurrence qui devient menaçante: « Je e parer un coup, ajoute-t-il, que j'avais lieu de consi- Dmme très funeste au commercedes Français en Morée. ity construire une fabrique de savon; j'ai empêché projet ne fût exécuté. Je me flatte même, qu'avec les s que j'ai prises et celles que vous m'aiderez encore à :, il ne sera plus question de semblables entreprises ;venir. Je n'ai pas pu me dispenser d'acheter deux jns préparés pour cette savonnerie ; ils m'ont coûté stres. » (17 juillet 1768).
intéressant de voir avec quelle sollicitude les agents lires, la Chambre de commerce et le Ministre s'occudes négociants français établis dans les Echelles. Le ter 1769, notre ambassadeur à Constantinople expédie, sûtes du commerce, un jeune Français qui paraît avoir ion de se faire Turc, et,pour s'en débarrasser complête- 1 est d'avis qu'on l'envoie en Amérique. « Je me vois 1 nécessité de faire embarquer un des petits-fils de ix, ancien magistrat, établi à Andrinople. L'autorité, seilset les châtiments ne peuvent refréner la mauvaise tionde ce jeune homme, singulièrement vicieux pour :. Son grand père l'a chassé d' Andrinople, par l'imposde le contenir et de l'empêcher de passer sa vie avec les res, liaisons que son âge rend très suspectes. Des dispoaussi marquées donnent tout Heu de craindre, que le >ux ne finisse par prendre le turban ; sa famille, qui pauvre, m'a prié de le dépayser, je m'y détermine t plus volontiers, que, n'ayant pas moi-même les
moyens de le réprimer une fois qu'il se serait fait Turc, il retournerait peut-être un jour comme tel à Andrinople, où il ne manquerait pas de vexer la nation, chose bien ordinaire aux renégats. Je pense que cette considération est suffisante pour faire passer le petit Roux à l'Amérique » (23 février 1769).
M. de Vergennes, ministre des affaires étrangères, vient à Marseille et fait une visite aux députés du commerce, qui le reçoivent à l'Hôtel de Ville.
17 avril 1769. — M. de Vergennes s'est rendu aujourd'hui à l'Hôtel de Ville à l'heure de midi, après avoir fait prévenir la Chambre de la visite qu'il devait lui faire. Il a été salué en entrant par une salve de 25 boîtes. MM. les maire, échevins et assesseur en chaperon et ce dernier en robe, accompagnés des députés, de l'archivaire, et du trésorier, ont été le recevoir à la porte d'entrée de la grande-salle. M. de Vergennes a témoigné à toute la Chambre, à cette occasion, par un compliment étudié, combien il était flatté des témoignages d'attention et d'amitié qu'on lui donnait, et a fait connaître en même temps qu'il a eu toujours les intérêts du commerce à cœur pendant le temps de son ambassade et combien il aurait désiré que les circonstances eussent pu permettre de le rendre plus avantageux et plus florissant. MM. les échevins, pénétrés de sensibi* lité de l'abondance de cœur avec laquelle M. de Vergennes s'est exprimé, n'ont pu la lui marquer que par une profonde inclination ; M. deVergennes a resté quelque temps assis dans l'appartement de MM. les échevins où il a raisonné sur divers objets, et ayant pris congé, il a été reconduit jusque sur l'escalier, n'ayant pas voulu permettre que la Chambre des-
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:11e l'avait projeté. Il a été salué,
I boites.
t ouvert aux Marseillais. Le
ntiére liberté.
ispend l'exercice du privilège
; Indes et qui ouvre ce vaste
négociants ; « Le roi voulant s d'entretien et de garde des ous pouvez assurer les négo- :reprendre ce commerce, qu'ils rance et de Bourbon, et dans des, toute espèce de protection 'té dans leur navigation ainsi s achats. »
ideur de France à Constantiet usait volontiers de la faculté iris qui le gênaient, « Je vous r, sur le bâtiment du capitaine
exerçait ici la profession de onne pas, à beaucoup près, les vec les gens du pays des dettes ; l'impuissance de payer ... La être plus encore son ignorance, is des Turcs qu'il entreprend très réels, m'a fait prendre le
— Je vous prie de prendre les l'un homme, aussi incommode, ant » (12 août 1769.) s eux-mêmes étaient exposés à
sans doute, été informé, écrit
M. Rose, consul de France à Patras, par M. Lemaire, consul général en Morée, du soulèvement général, arrivé dans ce royaume ; soutenus par les insulaires, sujets de la République de Venise, ils se sont rendus maîtres, sous le pavillon de Moscovie, de Callamata, Androusse et Gastouny; ils sont venus au nombre de près de dix mille hommes jusqu'à Patras, qu'ils ont envahi sans résistance, et ils ont resserré les Turcs dans le Château, qu'ils ont tenu assiégé pendant dixsept jours. Notre nation, justement allarmée de se voir journellement exposée aux menaces et au pillage de cette troupe de bandits, sans chefs et sans discipline, se détermina, le 3 1 du mois passé, de s'embarquer avec tous ses effets sur un senant français, commandé par le capitaine Bertrand, pour se rendre en cette ville du Zante et y attendre les événements.» (AZante, le 22 avril 1770.)