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CHAPITRE VII

Les Russes envahissent la Morée. — Situation des savonneries de Marseille.— Conflit avec la Municipalité au sujet des préséances. — Honorable conduite du sieur Roland qui paie les dettes de ses frères. — Affaire des jetons de présence. — Anoblissement de l'archiviste Isnard. — Dépenses des Consulats payées par la Chambre. — Etablissement de comptoirs dans les Indes où le commerce est devenu libre. — Dépenses pour rendre l'embouchure du Rhône navigable. — Convocation des Etats généraux. 1770- 1789.

On ne saurait se faire une idée, à notre époque, des difficultés que le pouvoir central opposait à la création de certaines industries. Comment supposer, par exemple, que la Chambre de commerce dut se réunir et discuter ensuite très longuement l'utilité de l'établissement d'une nouvelle verrerie à Marseille ? Et tout le mouvement que la Chambre de commerce elle-même dut se donner pour obtenir du Ministre l'autorisation nécessaire !

Nous transcrivons ci-après, in extenso la délibération qui fut prise, le 26 avril 1770, sur la demande de M. de Ferry :

— « Il a été fait lecture de la lettre écrite à la Chambre, le 24 de ce mois, par Monseigneur de La Tour, par laquelle il lui fait parvenir un placet, présenté à M. Le Contrôleur Général par le sieur Joseph de Ferry-Paris, qui demande de pouvoir établir une verrerie à Marseille, sa patrie, où il a

travaillé et exercé l'art de faire du verre, dans l'espérance de pouvoir y élever un jour une fabrique.

a La Chambre estime que la demande du sieur de Ferry est susceptible de toute la faveur qu'il réclame, qu'on doit s'attacher principalement à tout ce qui peut convenir dans cette proposition au bien du commerce et à l'utilité publique, et qu'en partant de ces principes, on trouve que plus il y aura de verreries dans Marseille, plus le commerce en recevra des facilités, pour lui procurer tous les ouvrages en verre dont il pourra avoir besoin, soit pour les expéditions de l'Allemagne, soit pour celles du Nord et autres; qu'on aura ces ouvrages au moment qu'on les demandera et à meilleur compte qu'on ne les aurait, s'il fallait s'en pourvoir ailleurs, et que le public et les citoyens de Marseille en seront mieux et plus facilement servis et à moins de frais,

a D'ailleurs nulle considération ne saurait balancer celle de la progression et augmentation de la ville et de son commerce, ce qui ne peut avoir lieu qu'autant qu'on attirera à Marseille les fabriques et les manufactures de toute espèce qui peuvent s'y élever. Par l'édit d'affranchissement du port de Marseille, Sa Majesté a eu en vue de faire de Marseille une ville considérable de commerce et un entrepôt général de tout ce qui est nécessaire et relatif à son exploitation. Des vues aussi sages ne sauraient être remplies qu'autant qu'il se formera, dans cette ville, des manufactures de toute espèce nécessaire aux expéditions maritimes. Le nombre des verreries n'est pas fixé dans cette ville ; il ne conviendrait pas même qu'il le fût, et il paraît a la Chambre, qu'il en doit être de ce qui les concerne, comme des autre fabrications dont le nombre n'est point limité dans Marseille.

« A toutes ces raisons générales, viennent encore se joindre les raisonsde justice, qui militent en faveur du sieur de Ferry. Il est originaire de Marseille, il y a proprement fait son apprentissage ; il y a sa famille, il est juste de lui faciliter le moyen de la soutenir et de se fixer invariablement dans cette ville, en lui évitant la nécessité où il serait d'aller porter son industrie ailleurs ; ces différents motifs ne peuvent que faire désirer à la Chambre, que la demande du sieur de Ferry-Paris soit accueillie favorablement et qu'il puisi»e en obtenir l'effet.» (fol. 238.)

M. Cayrac donne quelques détails sur la révolution soulevée par les Russes en Morée : a Les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons, dit-il, sont des plus critiques par rapport à la rébellion des Magniotes, qui a été occasionnée par l'arrivée en Magne des armements russes, avec le secours desquels ils s'étaient emparés de presque toute la Morée, d'où ils ont été chassés et obligés de rentrer dans la Magnie, où les Turcs les tiennent aujourd'hui renfermés. La quantité de troupes albanoises que cette rébellion a attirées, a mis la désolation dans toute la Morée. Il n'y a plus de sûreté pour personne dans aucune ville. Le bien des Français leurs maisons, rien n'a été respecté. Nous avons su que M. Lemaire, notre consul général s'est embarqué avec la nation de Modon, Coron et Navarin, pour se rendre à Malte ou en France. M. Rose avec sa nation de Patras et Volstiche s'est réfugié au Zante. Il ne reste dans toute la Morée d'autres Français que nous. La mer n'est guère plus praticable par la quantité de bateaux qui, enhardis par les succès de l'armée navale russe, font impunément la course sur les mers sans faire nulle attention aux droits des gens. (30 juillet 1770.)

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Dans une lettre, en date du 16 juillet 1770, que nous transcrivons ci-après, M. de Peyssonnel (1) fait connaître aux députés du Commerce à Marseille, le trouble profond provoqué par l'arrivée de l'escadre Russe et la destruction de la flotte ottomane :

« Les négociants de cette Echelle ne pouvant donner de leurs nouvelles à Marseille, ni par mer, ni par terre, je profite d'un courrier que les consuls réunis expédient à Constantinople, avec la permission du gouvernement, pour vous donner avis de la situation cruelle où se trouvent toutes les nations Européennes établies dans cette Echelle.

« Dimanche matin, 8 dn courant, la nouvellç de la des-* truction totale de la flotte ottomane par les Russes, a occa^ sionné ici une émeute de la populace et de la milice, dans laquelle environ 350 grecs ont été massacrés. Tous les Européens ont couru le même risque. M. Gallo, drogman de Hollande et M. Gargani, négociant toscan ont été tués dans ce tumulte ; presque toute la nation s'est enfuie dans les bâtiments, à l'exception de quelques négociants, qui sont demeurés barricadés dans leurs maisons. Le gouvernement a d'abord fait défense, à tous les bâtiments de la rade, de partir, avec menace de couler à fond ceux qui oseraient se présenter devant le château. Il ne s'en est pas tenu là, et a fait saisir le timon et les voiles de tous les navires; de sorte que les capitaines Ravel, Beaumont, Barthélémy, Martichou, Jeansoulem et Hermitte, qui devaient partir en convoy

(1) Charles-Claude de Peyssonnel, associé et correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris et de celle de Marseille, fils de Charles de Peyssonnel, consul de Smyrne, de 1748 à 1756, avait épousé le 9 septembre 1765, Thérèse-Marie d'Albert, fille d'un Colonel du Corps royal d'artillerie.

samedi au soir, veille du désastre, sont ici détenus, sans que nous sachions quand ils seront relâchés. Le gouvernement nous a forcé de lui livrer les deux bâtiments des capitaines Audran et Reboul, et les a fait couler à fond à l'entrée de la rade, dans la vue d'interdire le passage à l'armée Russe, dans le cas où elle voudrait venir bombarder ou faire contribuer cette ville. LesRagusois ont été également forcés de donner deux bâtiments, mais les plus maltraités ont été lesHollandois, auxquels on a pris, pour le même objet, une grosse flûte chargée de 900 balles et prête à partir. On l'a désestivée et conduite au château, pour y subir le même sort des autres nations. Il y a huit jours que nous sommes dans l'état le plus affreux, la nation est toujours à bord des bâtiments, le commerce est totalement interdit, toutes les boutiques sont fermées et tout le monde est encore en armes, sans que nous puissions savoir quel sera le terme de ces calamités. Depuis hier, il semble qu'il y a dans la ville un peu plus de calme, mais les choses tarderont vraisemblablement de reprendre leur cours ordinaire, et la confiance et la sécurité reviendront bien lentement parmi les citoyens. Nous avons à craindre le moment de l'apparition des Russes qui sera terrible, et plusieurs autres événements qui nous présentent la plus désagréable perspective. Je vous prie, Messieurs, de vouloir bien rendre ma lettre publique, pour que toute la place de Marseille soit informée de ce qui se passe ici, et que chaque négociant puisse s'arranger de la manière la plus convenable à ses intérêts. »

Les Russes ont conquis la Morée et ont obligé les consul, vice-consuls et négociants français à l'abandonner. M. Lemaire s'est réfugié à Malte. Détails intéressants sur cet événement,

plaintes contre les négociants qui n'ont pas voulu se rendre à Constantinople. (Lettres datées de Malte de 10 et 24 juillet 1770).

Les Russes ne peuvent pas garder la Monte : « Il est Venu des nouvelles" de Morée, écrit M. Lemaire, portant que des secours considérables que la Romélie a fournis, ayant fait connaître aux Russes qu'il y avait tout à risquer pour eux en s'opiniâtrant dans leur entreprise, nonobstant le renfort de neuf vaisseaux qu'ils avaient reçus peu de jours après mon départ, ils ont pris sagement le parti de se retirer, après avoir fait sauter les fortifications de Navarin et avoir emporté l'artillerie. Un capitaine français a rencontré les deux armées vis-àvis le golfe d'Athènes, à la distance de huit lieues l'une de l'autre, le vent étant a l'est, les Turcs ayant le dessus du vent et cherchant à éviter le combat, qui ne peut aboutira rien d'utile, de quelque côté que la victoire se déclare. Les Russes sont trop faibles en troupes de débarquement, pour pouvoir tirer le moindre avantage du combat naval, et les Turcs sont assez forts par terre, pour n'avoir pas besoin de se risquer contre des gens que la faim et les maladies obligeront bientôt de se retirer. Leur unique intérêt consiste, aujourd'hui, à nettoyer leurs côtes des écumeurs de mer. Il est à présumer que le général Orlow ne cherche qu'à gagner un trophée de quelque espèce que ce soit, afin de ne pas retourner à Pétersbourg avec la confusion entière de son expédition manquée. » Mais si les Russes s'éloignent; la Morée n'en sera pas moins perdue pour les négociants français : « Les secours de Romélie, ajoute le consul, qui ont sauvé la Morée, consistent en vingt mille hommes, la plupart Arnaouts et Dulcinotes. Ce sont des enragés, plus avides de pillages et plus meurtriers encore

que les maniotes et les autres rebelles; ils massacrent tous les gens et n'épargnent pas même les Turcs naturels. Dans cette circonstance, si la nation française se trouvait sur les lieux, elle risquerait infiniment davantage que ci-devant, et si, comme il y a appare, ces gens-là se fixent en Morée, en s'emparant des biens fonds qui n'ont plus de maîtres, il sera bien difficile aux négociants de continuer leur résidence avec sûreté auprès des forteresses et sur les côtes de la mer. » (Malte, 14 juillet 1770).

La Morée est livrée aux rapines des Albanais. On écrit de Zante au consul : « Les Turcs Albanais, qui sont venus au secours de la Morée, y commettent les plus grands excès, non-seulement à l'égard des Grecs, mais aussi à l'égard des Turcs qui ne sont pas en état de leur résister. Le nombre des gens massacrés ou fugitifs, monte déjà à cent mille, ceux qui restent se sont retranchés dans les montagnes où ils ne tarderont pas d être forcés, de sorte que la province va être tout-àfait désolée et déserte pour longtemps. — Le général comte Orlowet l'amiral Spiridoff ont pris le parti défaire retraite vers l'Europe, après avoir donné un renfort de cinq vaisseaux de ligne au contre-amiral Helphingston, lequel, avec dix vaisseaux et quatre frégates, est actuellement occupé à chercher l'armée navale turque aussi forte que la sienne en nombre, mais plus forte en équipages et en science militaire, » (16 juillet 1770).

Séance du i) décembre 1770. — a M. le semainier a ensuite exposé, que les différents de la France avec le bey de Tunis venaient d'être terminés glorieusement et avantageusement pour le commerce général du Levant et pour celui de la Compagnie d'Afrique en particulier, et qu'il paraissait juste,

après une campagne qui faisait finir une guerre dont le poids et les effets auraient totalement retombé sur Marseille, que la Chambre témoignât sa vive reconnaissance aux personnes qui avaient été employées dans la négociation ; qu'une pareille détermination ne pouvait que recevoir l'approbation des supérieurs sans laisser aucun exemple qui pût tirer à aucune conséquence. A l'effet de quoi, M. le semainier a proposé de demander l'agrément à M. le duc de Praslin, pour présenter à M. de Broves, commandant l'escadre de S. M. et à M. de Saisieu, consul de France à Tunis, un bijou de la valeur de trois mille livres à chacun, et le Bureau, se réunissant à l'avis de M. le semainier, a délibéré d'écrire en conformité à M. le duc de Praslin. » (fol. 301).

Pendant la période de 14 ans, de 1757 à 1770, le commerce marseillais a perdu 937 navires Certaines années ont été particulièrement malheureuses : En 1757, on a eu a déplorer la perte de 241 navires; en 1758, 139. Mais, ensuite, les chiffres sont moins élevés et, en 1770, on ne compte plus que 30 pertes.

Le nouveau ministre, M. l'abbé Terray, annonce sa nomination : « Le roi, sur la démission de M. le duc de Praslin, a bien voulu me confier le département de la marine, et je vous en informe par ordre de Sa Majesté, dont l'intention est, en me chargeant de toutes les affaires, correspondances et services de ce département, qu'il n'en soit rendu compte qu'à moi. » (14 janvier 1771).

Trois nouvelles frégates vont être affectées à la protection du commerce : « YAtalatite, commandée par M. d'Apchon, capitaine de vaisseau, ira d'abord a Tunis, pour y ramener l'envoyé du dey, qui a terminé sa mission en France, et se

rendra ensuite dans l'Archipel. L'Engageante et la Mignonne, y ^:ffi§.

commandées par M. le chevalier de Tressemanes, capitaine de vaisseau, et M. de Chabert, capitaine de frégate, feront route immédiatement en Levant (n mars). »

- L'Algérien Soliman-Ben-Mehemet, qui était esclave en Espagne, a obtenu sa liberté, grâce à l'intervention du gouvernement français. Cet esclave sera rendu par le consul de Carthagène, et conduit auprès du Caznadar du dey d'Alger, qui lui porte un grand intérêt (n mars).

Loin de voir avec plaisir les Algériens nouer des relations commerciales avec les Marseillais et s'établir dans notre ville, la Chambre considère ce fait comme fâcheux. Elle a signalé avec regret au Ministre, les relations commerciales que les Barbaresques ont établies directement à Marseille, M. l'abbé Terray partage leur regret, mais il n'ose pas prescrire des mesures contre les commerçants musulmans, dans la crainte de soulever des réclamations de la part du gouvernement Algérien.

Séance du i) mars 1771. — « Le bilan de la Compagnie royale d'Afrique, pour l'année 1770, a été mis sur le Bureau avec un extrait de la délibération qu'elle a prise le 9 de ce mois, de laquelle il résulte que les fonds réels de ladite Compagnie, au 31 décembre dernier, en effets exploitables, déduc- || tion faite de toutes mauvaises dettes, se montant à //// million, 3 trois cent trente mille, six cent quatre-vingt-dix-huit livres ; elle avait trouvé que rien ne devait empêcher, dans cette circonstance, qu'elle ne fit jouir les actionnaires du dividende, conformément à l'édit de création, et qu'elle avait rétabli ce dividende à raison de soixante livres.

« Sur quoi, après avoir examiné le bilan de la Compagnie

frique, la Chambre a unanimement délibéré de solliciter rès de M. Terray (contrôleur général des finances), l'apbation de ladite délibération de la Compagnie, du 9 de ce is (fol. 33 0(0. »

- M. de Boynes est nommé ministre de la marine : : suis bien aise de vous annoncer, écrit-il, le changement

le roi a jugé à propos de faire dans le ministère de la ine. Sa Majesté a trouvé bon de me confier ce département e me nommer secrétaire d'Etat(i4 avril 1771). » lémoire de la Chambre de commerce pour demander :ranslation de l'Hôtel des monnaies d'Aix à Marseille vril 1771).

e juif Rouget, qui fait le commerce à Marseille depuis ize ans, supplie le Ministre de lui accorder « le brevet légociant, afin de pouvoir armer un ou deux vaisseaux chands pour son compte, et travailler librement. » Ministre demande l'avis de la Chambre de commerce

mai).

229 juillet, la Chambre décide, sans doute après avoir

des ordres formels, qu'il ne sera plus offert de présents ministres ni aux personnahes de la Cour, ar un arrêt du 25 novembre 1771, le Conseil d'Etat une M. de Monthyon, inspecteur du commerce, en reniement de M. de La Tour :

Le roi, estimant nécessaire de remplir la place d'inspec-

Le mois suivant, et sur la proposition de la Chambre, l'intérêt des actions Compagnie d'Afrique est porté à 6 o/o. Elle a réalise des bénéfices consi- .es, la situation de ses fonds excède sou capital. « Sa Majesté, bien assurée ;s pertes qui avaient déterminé la réduction des dividendes à 4 o/o, sont mment réparées, veut bien permettre qu'ils soient remis aux taux où ils it été fixés dans l'origine par l'édii de création (21 avril). »

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teur du commerce de Marseille, vacante par la retraite du sieur de La Tour, afin de maintenir la police et l'exécution des ordonnances et règlements rendus sur le fait du commerce, S. M. a commis et commet le sieur de Monthyon, intendant en Provence, pour et au lieu dudit sieur de La Tour, avoir l'inspection du commerce de Marseille et de la Chambre de commerce de la ville, prendre en cette qualité connaissance de toutes les affaires qui les concernent, et en rendre compte au secrétaire d'Etat, ayant le département de la marine, conformément au règlement du 13 septembre 1699; ordonne Sa Majesté, qu'à commencer du I er octobre, il sera payée chaque année audit sieur de Monthyon la somme de six mille livres » (fol. 409).

M. Faudran de Taillade, commandant la frégate du roi La Topaze, a incendié le 7 janvier 1772, un bateau de forbans aux îles des Sapiences, deux hommes qui étaient malades à bord de cette prise et qui ne purent pas fuir, sont morts et ont communiqué leur maladie à l'équipage. Le consul a recueilli, dans sa maison, 26 matelots de La Topaze, atteints de cette maladie « qui s'annonçait avec les symptômes les plus cruels », et cependant jusqu'alors aucun d'eux n'a succombé (21 février 1772).

La polacre la Rose et son chargement, évalué à une somme de 254,040 livres, ont été pris par les Russes. Pour éviter des complications diplomatiques, le gouvernement Français croit devoir rembourser cette somme à la régence d'Alger, qui avait opéré le chargement (6 avril).

Séance du 19 novembre 1772. — « La Chambre assemblée, il a été fait lecture de la lettre que M. de Boynes, ministre et secrétaire d'Etat lui a écrite, le 1 1 du présent mois, par

laquelle ce ministre annonce que sur les trois sujets présentés par la Chambre, pour remplir la place de député au Bureau du commerce à Paris, Sa Majesté a nommé le sieur Rostagny, qui a réuni le plus de suffrages. * (fol. 503).

Plusieurs négociants de Marseille, qui se proposaient de faire la traite des noirs à Gorée, ont hésité à prendre cette détermination, parce que le bruit s'est répandu qu'une société, établie à Paris, en avait obtenu le privilège exclusif. Il n'en est rien. (6 décembre 1772).

M. de Voulx, membre de la Chambre de commerce, a demandé au Ministre l'autorisation d'établir un nouveau comptoir à Tripoli de Syrie : « Je l'autorise d'autant plus volontiers, écrit M. de Boynes, que je suis bien aise de donner au sieur de Voulx des marques de la satisfaction que j'ai de son zèle et de sa bonne conduite. (4 janvier 1773,.

Séance du 4 février 777; . — « Il a été fait lecture d'une lettre de M. Rostagny, en date du 26 du mois dernier, par laquelle il annonce à la Chambre que l'intention de la Cour est qu'elle soit déchargée, à commencer de la courante année, de la dépense du curage du port et entretien des quais de cette ville, conformément à l'arrêt du 21 juillet 1766 ; que les opérations ne doivent pas cesser et que la Chambre doit demander qu'il y soit pourvu.

« Lecture faite de ladite lettre, le bureau a délibéré de prier MM. Trulhier et Agnel de vouloir bien s'occuper de cet objet. (Fol. 11).

Lettre des échevins et députés du commerce adressée, le 3 1 mars, à M. de Boynes, ministre de la marine, par laquelle ils demandent que la tour de Planier soit éclairée pendant la

nuit. La dépense, qui ne s'élèverait qu'à 4,400 livres, fut autorisée par une décision du 3 décembre.

Réflexions de la Chambre de commerce de Marseille sur le projet d'établir un faubourg à la porte d'Aix. (1773),

Il résulte d'une statistique faite avec le plus grand soin qu'en 1773, il restait à Marseille 33 fabriques de savon, contenant ensemble 150 chaudières.

Le gouverneur n'était pas partisan de la publicité ; il la considérait comme étant très dangereuse. Le sieur Roland, député de la Chambre de commerce, a fait imprimer un mémoire sous ce titre : Mémoire à consulter et consultation par le sieur Simon Roland, ancien premier échevin de la ville de Marseille et F un des membres de la Chambre de Commerce. Il demande la suppression de la caisse des courtiers agents de change de Marseille.

Le roi n'approuve pas la publicité que l'on a donnée à une délibération de la Chambre. « Les inconvénients que cette nouveauté entraînerait, dit le Ministre, seraient très nuisibles aux opérations du commerce. La place de Marseille serait livrée à des fermentations continuelles, à des divisions et à toutes les impressions que la jalousie ou l'intérêt particulier feraient naître.

« Je suis étonné, ajoute le Ministre, que vous n'ayez pas fait des réflexions aussi naturelles, que vous n'ayez pas senti que la liberté des suffrages serait anéantie dans votre Chambre et que les membres qui la composent n'oseraient plus y proposer les vues qu'ils pourraient croire utiles, et encore moins la suppression des abus, s'ils pouvaient appréhender d'être compromis. — Il est d'ailleurs des objecs confiés à votre Chambre qui tiennent à la manutention et à la santé des

Echelles du Levant et de Barbarie, et des Français qui y résident. Ils exigent le plus grand secret et ne peuvent devenir sans risque la matière des entretiens du public, b Le roi veut bien user d'indulgence pour cette fois et ne pas prononcer la destitution du sieur Roland, mais il a chargé le ministre de témoigner a ce député tout son mécontentement, et de lui déclarer « que s'il osait s'écarter de nouveau du respect qu'il doit A la Chambre et manquer aussi essentiellement aux devoirs dont il est tenu comme député, il lui ferait ressentir les marques de son indignation. » (24 janvier 1774).

Séance du 16 mai 1774. — « La Chambre extraordinairement assemblée, en présence de M. de Guendreville (intendant de la marine, àToulon, et inspecteur du commerce du Levant), on a mis sur le bureau un paquet qui a été porté par un courrier extraordinaire expédié de la Cour, et l'ouverture en ayant été faite, on a fait lecture de la lettre que Ms r de Boynes, ministre et secrétaire d'Etat, écrit à ladite Chambre, en date du 12 de ce mois, pour lui annoncer la triste nouvelle de la . mort du roy et que son petit-fils a pris les rênes du Gouvernement, le Ministre chargeant la Chambre d'expédier, sans perte de temps, quatre tartanes en Barbarie et en Levant, pour en porter la nouvelle aux consuls établis dans les Echelles, en observant de faire passer la meilleure voiliére à Alger et A Tunis, envoyant A cet effet les ordres du roi qui contiennent les instructions qui doivent être données A chacun des patrons qui les commanderont, pour les missions dont ils seront chargés, et M. de Boynes ajoutant, dans la même lettre, qu'il ne doute pas que la Chambre ne s'empresse de faire faire un service pour le repos de l'Ame du feu roi, à la mémoire duquel on doit cet acte de piété et de reconnaissance.

a Sur quoi, lecture faite de ladite lettre, tous les membres ayant manifesté la plus profonde douleur d'un événement aussi fâcheux, il a été unanimement délibéré d'affréter, sans perdre de temps, quatre tartanes pour porter les députés du Ministre en Barbarie et en Levant, d'expédier particulièrement celle qui sera la meilleure voilière pour Alger et Tunis, et de faire faire un service funèbre solennel pour le repos de l'àme du feu roi, aussitôt que les préparatifs indispensables pour cette cérémonie pourront le permettre (i). » (Fol. 153).

Séance du 28 mai 1774. — « M. Croze-Magnan, premier échevin, a dit que les malheurs que la place vient d'essuyer (2) devant faire craindre de nouveaux accidents, et ayant répandu la plus grande méfiance, la Chambre avait cru devoir recourir aux lumières des principaux négociants de la place pour savoir s'il y aurait quelques moyens à prendre pour prévenir de plus grands malheurs ; en conséquence de quoi, mon dit sieur Magnan a exhorté chacun des assemblés de vouloir bien mettre au jour les idées qu'il croirait pouvoir concourir à ce but, et que la Chambre espérait que chacun s'efforcerait, dans une pareille circonstance, à donner des preuves de son zèle et de son attachement pour la patrie et le bien général de son commerce.

(1) Dans la séance du 26 mai, il est alloué cent louis à chacun des six commis, de la Chambre, « pour les habits de deuil qu'ils ont été obligés de prendre (fol. 156).

(2) On ne précise ni la nature, ni la cause de ces malheurs, il s'agit sans doute des faillites déclarées en trop grand nombre.

« Sur quoi, les divers assemblés, après avoir longtemps réfléchi sur l'objet dont il s'agit, après avoir examiné et discuté diverses propositions qui ont été faites, ont trouvé qu'il n'était ni possible ni convenable de prendre aucun parti dans l'occurence actuelle, qu'il fallait laisser prendre au commerce son cours ordinaire; que, s'il n'y avait aucun vide dans les affaires, chacun s'industrierait à part soi pour faire*honneur à ses engagements, et qu'il n'était pas nécessaire pour y parvenir d'aucun secours étranger ; que, dans le cas où il y aurait véritablement du vide dans l'objet général du commerce de Marseille, on ne ferait que prolonger, perpétuer et rendre le mal encore plus considérable, en usant de moyens empruntés pour le pallier, qu'il fallait le laisser manifester et que ce n'était que par là que la confiance pouvait se rétablir; il a été ajouté que la place, quoiqu'affligée, se trouvait cependant dans une situation à faire reprendre faveur aux affaires lorsque les mauvaises dettes auraient été purgées ; qu'il y avait dans Marseille des marchandises et des richesses réelles, et beaucoup d'effets invendus dans les pays étrangers. Dans cet état et d'après ces réflexions, l'Assemblée s'est bornée à demander que la Chambre voulût bien supplier le Ministre d'engager Sa Majesté à se départir de son droit de seigneuriage sur les espèces étrangères, qui seront portées de Marseille à la monnaie d'Aix, pour être converties en argent de France et qu'il convenait, jusqu'à ce que les choses pussent être rétablies, que la Chambre voulût bien, attendu l'extrême rareté de l'argent, recevoir le montant des droits qui lui sont dus en espèces étrangères, qui seraient retirées par les négociants qui les donneraient après trois mois de dépôt, permis

à la Chambre de les faire vendre après ce terme expiré à leurs frais et pour leur compte particulier. » (fol. 157.)

La Chambre a cru pouvoir effectuer quelques opérations commerciales, pour aider les négociants dans une circonstance exceptionnelle. Le Ministre blâme sévèrement cette mesure, et adresse des ordres très précis pour en arrêter les effets (9 juin 1774).

Le bey d'Egypte a prié le consul de cette Echelle de lui faire acheter un carrosse et quatre chevaux. La Chambre de commerce et le Ministre comprennent bien que c'est tout simplement un cadeau qu'il veut obtenir. « Il est difficile de l'éluder sans courir risque de le mécontenter et il vaut mieux, dit le Ministre, en faire le sacrifice de bonne grâce, quoique l'objet en soit considérable et l'espérance de remboursement bien incertaine. » — La dépense est évaluée à 6.000 livres.

Séance du 16 juin 1774. — « MM. Clary et Conil ont rendu compte à l'Assemblée de la visite qu'ils ont faite aux savonneries de cette ville, en compagnie des syndics des savonniers et d'un commissaire de police, pour s'assurer si toutes les fabriques de savon de cette ville sont en règle pour la cessation du travail, qui doit avoir lieu à commencer du I er juin jusqu'à la fin d'août. Mes dits sieurs les députés ont informé l'Assemblée qu'ils n'avaient trouvé aucun vestige de feu dans les fabriques et que toutes choses y étaient en règle. L'Assemblée les a remerciés de leurs soins et de leur attention. » (fol. 165.)

Le capitaine Fradet, commandant la corvette Y Aigle, a livré, dans l'Archipel, un combat à deux Barbaresques qu'il

est parvenu à détruire. Une épée d'honneur lui est décernée par le roi (20 juin 1774.)

Séance du 19 juillet 1774. — « La Chambre assemblée, après lecture faite de la teneur du précédent bureau, M. Miraillet a observé qu'il n'est point fait mention dans ledit acte d'assemblée, de l'état dans lequel lui et MM. ses collègues avaient trouvé, le même jour, la salle où la Chambre s'assemble : que les fauteuils en avaient été enlevés, à l'exception de six qu'on avait laissés aux places qui sont ordinairement occupées par MM. les maire, échevins et assesseur, ce qui avait donné lieu à lui, dit sieur Miraillet. en sa qualité pour lors de semainier de la Chambre, de faire à mes dits sieurs maire, échevins et assesseur, des observations sur cette nouveauté, à laquelle n'ayant eu aucun égard, il avait, en ladite qualité, avec l'adhérence et consentement de MM. les députés à ce présents, protesté sur cette innovation comme contraire à l'usage et préjudiciable aux prérogatives et droits honorifiques des sieurs députés, ainsi qu'il conste de ladite protestation es registres, rière M e Preyre, notaire royal de cette ville; qu'il avait demandé, de plus, qu'il en fût encore fait mention dans les registres de la Chambre, et que la chose n'ayant pas été faite dans l'acte de la dernière assemblée, il requerrait qu'elle le fût dans celui d'aujourd'hui, et d'y ajouter aussi que M. de Guendreville, venant de se rendre à l'instant dans la salle ordinaire où s'assemble la Chambre, et n'y ayant vu que sept fauteuils au fond de ladite salle où il se place ordinairement avec MM. les maire, échevins et assesseur, et le restant des sièges de paille, après leur avoir fait inutilement des observations sur cette

innovation, il aurait pris le parti de se retirer, et ladite Chambre, adhérant à la demande dudit sieur Miraillet, lui a concédé acte de sa réquisition, MM. les maire, échevins et assesseurs s'étant abstenus (i). » (fol. 175.)

A la suite de cette délibération, les échevins ont fait transcrire leur réponse, signifiée à la Chambre le 27 juillet, c'est-àdire la veille du jour fixé pour la séance suivante :

« Et advenant le vingt-sept juillet mil sept cent soixantequatorze, au requis de MM. les maire, échevins et assesseur, il a été inséré ce qui suit :

a MM. les maire, échevins et assesseur ont lieu d'être surpris de voir les difficultés qu'ont faites MM. les députés de la Chambre de commerce de prendre séance (jeudi quatorzième courant) sur des chaises ordinaires ; de même que de l'acte protestatif qu'ils firent dresser à ce sujet. Ils auraient cru qu'après que le Conseil municipal (créateur de cette Chambre, puisqu'il lui a donné sa dernière existence), leur aurait fait connaître ce qu'il pensait sur cette nouvelle prétention, et qu'il la regardait comme contraire aux droits du chaperon, MM. les députés s'en désisteraient, étant à présumer qu'une pareille contestation resterait sans suite et ne pourrait jamais être la matière d'un procès avec la ville.

« C'est, d'après ces principes, que MM. les maires, échevins et assesseur firent substituer, le quatorze du courant, des chaises ordinaires aux fauteuils qui décorent la salle consu-

(1) La Chambre était ainsi composée : MM. de Marin, Marie, Magnan, Crudère, Isoard, échevins ; Berrin, assesseur ; Bellour, semainier ; Çlary, Miraillet, Daliet, Conil, Agnel, Badaroque et Escalon, députés, et, enfin, M. de Qjuendreville, inspecteur du commerce.

laire, et ne firent laisser que ceux destinés aux présidents de cette assemblée au nom de la ville; ayant fait ôter tous les autres dans Tunique objet d'éloigner toute idée d'élever une pareille question, dans la persuasion où ils étaient que MM. les négociants, députés de cette Chambre, ne feraient pas difficulté de prendre séance sur les mêmes sièges que les membres de l'honorable Conseil de ville, les intendants du bureau du vin (vraies images de notre municipalité), de même que les conseillers du bureau d'abondance, anciens adminis- trateurs de la ville, prennent dans toutes leurs assemblées; mais leur surprise a été extrême, de voir qu'ils ont dédaigné de pareils sièges et renouvelé leur présentation, à ne vouloir admettre aucune sorte de différence entre eux et les maire, échevins et assesseur, prétendant que ces derniers sont d'ailleurs assez distingués par leur chaperon.

« MM. les maire, échevins et assesseur sont très flattés de ce que l'honorable Conseil municipal a bien voulu les choisir (sous le bon plaisir du roi), et leur faire l'honneur de remplir des fonctions aussi pénibles qu'honorables, en les décorant du chaperon, pour à tous moments et en toute occasion représenter la ville, de même que tous les ordres des citoyens ; ce qui les met conséquemment au dessus de tout citoyen quelconque, puisqu'ils remplissent des fonctions que nul autre ne peut suppléer; motif de la prééminence et distinction que l'honorable Conseil municipal a toujours fait gloire d'accorder au chaperon, étant trop éclairé pour ne pas voir que toutes ces prérogatives rejaillissent sur tous les notables citoyens, qui doivent successivement occuper les mêmes places, de sorte qu'il était réservé aux seuls négociants, dépu-

tés actuels de la Chambre du commerce, de méconnaître une pareille vérité et soutenir l'égalité avec les maire, échevins et assesseur, malgré la réunion des charges et de l'autorité que le chaperon accumule sur leurs têtes! Prétention sans doute qui ne peut avoir son origine que dans un excès de modestie et d'humilité de leur part, car en effet, ce serait leur faire injustice que de nier qu'ils ne soient dans d'aussi heureuses dispositions, puisqu'ils nous ont manifesté par leur réponse ne vouloir rien contester au chaperon, qu'ils ne disputeront jamais sur les distinctions et prérogatives qu'il mérite, pourvu toutes fois qu'on les y fasse participer.

« Mais comme il résulte par tout ce qu'ils nous ont dit, soit verbalement, soit par écrit, qu'ils n'ont aucuns titres réels pour fonder une prétention aussi étrange, et que celui qu'ils réclament aussi vigoureusement n'a d'autre base que la tolérance qu'ont eue depuis quelque temps MM. les administrateurs, en leur laissant prendre dans les assemblées les fauteuils de la salle consulaire, ne pouvant jamais s'imaginer qu'ils voulussent s'en faire un titre pour avoir ensuite l'occasion de se mettre de pair avec le chaperon, il est aisé de leur répondre, que les droits de la ville et du chaperon sont imprescriptibles; que quand même, ce qu'il n'est pas possible d'imaginer, les ci-devant administrateurs eussent eu en vue (par affection pour leur état) de favoriser les membres de cette Chambre et les faire participer aux honneurs du chaperon, avant qu'ils en fussent possesseurs, ce titre serait nul : i° en ce que les échevins n'ont pas le droit de diminuer la distinction de leur place, pour en faire participer qui que ce soit à leur préjudice; 2° en ce que pour lors l'administration était

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confiée aux seuls négociants; 3 ° en ce que cet usage s'est introduit à l'insu du Conseil municipal; 4 en ce que depuis que tous les ordres des citoyens ont été appelés à l'administration, ils n'ont pu voir qu'avec la plus grande surprise cette sorte de préférence pour le bureau du commerce, à l'exclusion de tous les autres, ne croyant jamais cependant qu'ils prétendissent en tirer un si grand avantage, que celui qu'ils ont manifesté à l'occasion de la cérémonie funèbre du 25 juin dernier, avantage qu'ils ont prétendu soutenir à l'occasion de la tenue du bureau ordinaire du 14 courant, et celui extraordinairement assemblé le 19; de sorte que l'on ne sait de quel nom qualifier cette obtination, à vouloir soutenir une prétention si étrange, mais ce que l'on ne peut s'empêcher de dire, c'est qu'elle est injurieuse à la ville, à son chaperon, ainsi qu'à tous les autres ordres des citoyens, nous réservant de référer au Conseil municipal, tous les actes que MM. les négociants, députés actuels de cette Chambre, nous ont fait tenir, pour y être statué définitivement (1). »

M. Turgot annonce sa nomination de ministre de la marine (23 juillet 1774).

Le sieur Deval, « jeune de langue, » est envoyé à Constantinople. M. Turgot invite la Chambre à le recommander, en son nom, au capitaine du navire sur lequel il doit s'embarquer. Ce jeune Deval devint sans doute ce consul qui était en fonction, lorsque le dey provoqua, en l'insultant, le conflit qui aboutit, en 1830, à la prise d'Alger (8 août).

(i) Rien n'indique, dans les archives de la Chambre de Commerce, comment finit ce conflit. 11 est probable qu'une entente amiable intervint et que la question des fauteuils fut résolue de manière à satisfaire tout à la lois les échevins et les députés du commerce.

Dans une seconde lettre, du même jour, le même ministre recommande les deux frères Deval, les « jeunes de langue », qui se rendent à Constantinople (8 août).

M. de Sartine annonce qu'il est nommé ministre de la marine, en remplacement de M. Turgot, appelé aux fonctions de contrôleur général des finances (25 août 1774).

La Chambre de commerce de Marseille avait émis l'avis qu'il convenait de supprimer les présents offerts, dans certaines circonstances, au pacha de Candie.. Le Ministre a consulté M. de Vaugrigneux, vice-consul et M. Jean-Baptiste Santi-L'Omaca, drogman de cette Echelle, qui établissent, dans leurs rapports, la nécessité absolue de maintenir cet ancien usage et le danger évident d'une suppression tout à fait impolitique (26 septembre).

Les présents au pacha de Candie doivent être rétablis. Un crédit de 1,000 livres est ouvert, à cet effet, à la Chambre de commerce (17 octobre).

M. de La Tour est de nouveau chargé des fonctions d'inspecteur du commerce et de président de la compagnie d'Afrique, en remplacement de M. de Gueudreville, admis à la retraite (29 décembre 1774).

Un consul général est établi aux îles Vénitiennes; son traitement, porté à 10,000 livres, sera payé moitié sur les fonds de la marine et moitié par la Chambre de commerce de Marseille (2 janvier 1775).

Cinq navires Français ont été pris par des corsaires. Le Ministre vient de donner des ordres très pressants, pour faire armer des vaisseaux et acheter même des barques « qui sont plus propres par la légèreté et la nature de leur construction,

à poursuivre les forbans dans les anses où ils se retirent » (6 janvier).

Séance du 1™ février 1775. — « M. le semainier a témoigné à M. de La Tour, que la Chambre désirerait célébrer son retour et lui marquer la joie qu'elle en ressent, en le priant de vouloir bien accepter un dîner qu'elle se proposerait de lui donner. M. de La Tour a répondu fort obligeamment, qu'il serait très enchanté de se trouver avec la Chambre dans ce repas et a accepté la proposition qui lui en a été faite » (fol. 247).

Le cardinal de La Roche-Aymon a écrit à M. de Sartine : ce Je sais qu'il ne tient qu'à vous, de procurer de bons cafés à vos amis; ne me trouvez-vous pas trop libre, si à ce titre, j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien donner des ordres pour qu'on m'adresse trois balles à Paris du meilleur qu'il sera possible?» M. de Sartine s'empresse de transmettre cette commission à la Chambre de commerce (1) (13 février).

Avis imprimé pour la déclaration des marchandises sujettes au droit de 20 0/0 :

« Messieurs les capitaines, patrons, maîtres des bâtiments de mer et autres navigateurs, sont avertis qu'ils doivent, avant de partir pour leur destination, remettre au Bureau du 20 0/0 de cette ville, les états ou déclarations, et manifestes, de tout ce qui compose leur chargement, sous peine de 300

(1) Ce café a été envoyé. Le Ministre remercie la Chambre de commerce et lui demande par la même occasion de lui en procurer deux balles, pour la consommation de sa maison. Il en remboursera le prix à M. Rostagny, député de commerce à Paris (3 avril).

livres d amende. — Messieurs les capitaines, qui s'expédient pour les Echelles du Levant et de Barbarie, sont également avertis qu'ils ne doivent point partir pour leur destination, sans venir prendre aux archives de la Chambre de commerce, les lettres, expéditions et dépêches de la dite Chambre ; et que, dans le cas où ils y manqueraient, il en serait rendu compte au ministre pour les en faire punir. Marseille, le 18 mars 1775. »

Cet avis est orné des armoiries de la Chambre de commerce, qui sont celles de la ville, mais accompagnées des attributs du commerce et de la navigation.

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Séance du 2} mars 1775 . — « M. le semainier a dit que la Chambre est parfaitement instruite que le sieur Rolland Fortou, négociant de Carcassonne, seigneur de Salleste, Limousi et Trassance, ayant appris Tannée dernière que les deux maisons de commerce du sieur LouisRolland et du sieur Jean-Baptiste Rolland, ses deux frères, avaient essuyé des pertes très considérables, se rendit ici, sur la première nouvelle qu'il en eut, pour faire honneur à leurs engagemens. L'importance des sommes ne l'arrêta point, il donna à ses frères tous les secours dont ils avaient besoin et prévint, par ce moyen, un plus grand ébranlement, que des dérangements de cette espèce (s'il avaient lieu), ne pouvaient manquer d'occasionner à la place; on en fit l'observation, et, quels que puissent avoir été les motifs du sieur Rolland Fortou, on ne peut se dissimuler l'obligation que sa démarche (dans une occurence où les malheurs de Marseille se renouvellent chaque jour), a fait contracter au commerce envers lui. —

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M. le semainier a ajouté, qu'il était de la sagesse et" de la dignité du corps qui le représente, de lui en marquer de la [r sensibilité ; qu'on ne pouvait mieux remplir cet objet qu'en

regardant le sieur Rolland -Fortou, comme un véritable ;, citoyen ; qu'il lui paraissait convenable de prier MM. les

!f maire, échevins et assesseur, de vouloir bien demander au

î Conseil de ville, au nom de la chambre, des lettres de

r citoyen pour le dit sieur Rolland Fortou et qu'il espérait que

: le conseil de ville se ferait un plaisir d'attacher toujours plus

à la patrie, par un pareil lien, ce négociant, qui Tétait déjà par i> son sentiment et par le commerce considérable que sa

maison de commerce y fait depuis longtemps.

« Sur quoi, la Chambre, justement affectée de l'exposé de M. le semainier, a délibéré de prier MM. les maire, échevins et assesseur de vouloir bien proposer, au nom de la Chambre, au Conseil de ville, de donner des lettres de citoyen à M. Rolland Fortou., en faisant connaître les motifs et le vœu de la Chambre à ce sujet.» (fol. 264).

Pour favoriser le commerce du café, le roi vient de réduire à 4 0/0 du prix de cette denrée, le droit de 14 deniers qui se percevait, sur chaque livre, à Saint-Domingue (12 avril).

Le traitement de M.Rostagny, député du commerce à Paris, est augmenté de 4.000 livres (5 juin 1775).

Séance du i) juillet 1775. — « M. le semainier a exposé que, n'ayant été pris aucun arrangement dans le dernier bureau, pour la distribution des jetons que le Ministre a bien voulu permettre à la Chambre de faire battre, il conviendrait d'y pourvoir maintenant, et de régler en même temps à compter de quel jour ils seraient distribués.

« Sur quoi, il a été délibéré que la distribution, pour les membres de la Chambre, commencera à compter du premier du mois, pour ceux qui seront présents dans chaque jour d'assemblée, que dans cette distribution ne seront pas compris les deux échevins et les deux députés, qui sortent d'exercice à la fin de la courante année, la Chambre ayant arrêté de faire connaître à M. de La Tour le désir qu'elle aurait qu'on pût leur présenter à chacun une bourse de cinquante jetons; que M. Rostagny sera chargé de demander la permission à M. de Sartine de lui présenter une bourse dé cent jetons, qu'il en présentera une semblable à M. de Saint-Didier ; que M. de La Tour sera prié de vouloir bien permettre qu'on présente toutes les années une bourse de cent jetons à M me de La Tour, et que M. Rostagny participera aussi à la distribution, pour chaque année, de cinquante jetons ; qu'on lui écrira de commencer d'en envoyer trois mille à la Chambre, indépendamment de ceux qu'il commencera à distribuer à la Cour et à Paris.» (fol. 326.)

Séance du 8 juillet 1775 . — « M. de La Tour a donné communication à la Chambre d'une lettre qui a été adressée par M. de Sartine, le 21 du mois dernier, par laquelle ce ministre veut bien, sur les sollicitations de M. de La Tour, accorder à la Chambre la permission de distribuer des jetons d'argent, chaque jour d'assemblée, aux membres présents,

Sa Majesté, à qui il en a rendu compte ayant approuvé cet arrangement.

« La Chambre a fait tous ses remerciements ù M. de La Tour ; il a été arrêté, en même temps, d'écrire à M. Rosta-

gny (i) de s'adresser à deux membres de l'Académie, pour les prier de vouloir bien travailler aux inscriptions de la légende qui doit être mise aux jetons, de les présenter à M. de Sartine pour choisir celle qui lui paraîtrait le plus favorable ; de faire faire ensuite le coin desdits jetons dans la forme qu'il trouvera bon d'y donner. La Chambre a demandé, en même temps, la permission à M. de La Tour de faire enregistrera la suite de la présente délibération, la lettre que M. de Sartine leur a écrite à ce sujet, se réservant, ladite Chambre, de statuer dans la prochaine assemblée sur la quantité de jetons qu'elle commencera à distribuer, sur la manière dont ils seront distribués et sur les personnes qui auraient part à cette distribution . » (fol. 312).

Lettre de M. de Sartine à la Chambre du 14 août 1775 : « M. de La Tour m'a rendu compte, Messieurs, de la délibération que vous avez prise, en conséquence de la permission qui vous avait été accordée, de distribuer des jetons aux membres qui assistent aux assemblées de votre Chambre. Quoique le sieur Isnard n'y soit pas dénommé particulièrement, l'intention de Sa Majesté est que ce secrétaire-archivaire ait un jeton chaque jour d'assemblée, comme les autres membres de la Chambre ; vous aurez soin de vous conformer à cette décision.» (fol. 339).

Séance du 28 septembre 1775. — « M. le semainier a exposé que la Chambre ayant obtenu de faire battre des jetons, commença d'abord de faire les premières dispositions pour la

ii Député du commerce, à Park.

distribution qu'elle devait en faire, mais qu'il pensait qu'elle achèverait de faire un digne usage de la faculté qu'elle a, en faisant participer les juges consuls de cette ville à cette distribution, que ces officiers, entièrement et gratuitement occupés chaque jour des affaires et des différends de commerce qui surviennent entre négociants, remplissaient un service extrêmement pénible, qui était proprement annexé à celui de la Chambre ; qu'ils ont été, et qu'ils sont, dans toutes les occasions, appelés à la Chambre pour y donner leur avis lorsqu'il s'agit de questions de commerce et d'affaires qui peuvent regarder leur juridiction, qu'ils y prennent séance comme tous les membres, et que la Chambre ne pourrait, dans une occasion comme celle-ci, que s'honorer en regardant MM. les juges consuls comme tels, et en leur faisant partager le petit agrément qu'elle vient d'obtenir. M. le semainier a estimé, en conséquence, qu'il conviendrait de présenter, chaque année, à chacun des juges consuls, cinquante des jetons que la Chambre à obtenu la permission de faire battre. Sur quoi, le bureau, se réunissant à l'avis de M. le semainier, a unanimement délibéré de présenter, à la fin de chaque année, cinquante jetons à chacun de MM. les juges consuls; il a été arrêté, en même temps, de rendre compte à M. de La Tour de la présente délibération. » (Fol. 349).

M. de Pothonier est arrivé à Rhodes le 28 septembre. Il a été reçu par M. Valsni, qui faisait les fonctions de vice-consul depuis le départ du sieur Moisson. Ce dernier a laissé des affaires très embrouillées ; il a mal géré la succession de l'ancien consul Rozan. « Le sieur Moisson, dit-il, s'est comporté d'une manière infâme au sujet de l'hoirie de feu M. Rozan ;

mporté tous les habits, linges, bijoux, etc., de ce défunt. » jctobre 1775).

ivoi de l'Etat des présents faits au capitan pacha, (jo octo- '775> décembre 1775. — M. Isnard, secrétaire archivairedela nbre, ayant fait part du mariage de sa fille aînée avec 'horon de la Robine, officier de la marine, la Chambre a iéré aujourd'hui de lui faire présenter un bijou de la valeur ente louis d'or.

n a prêté au gouvernement o l'intention absurde a de 1er la liberté aux nègres, et, quoique M. de Sartine soit îadé a qu'une pareille nouvelle n'a pu exciter que le ris pour ceux qui en sont les auteurs », il n'hésite pas a sntir ce bruit, afin que si quelque esprit faible en avait u de l'inquiétude, la Chambre puisse le rassurer. (2 5 mars

'partition des bénéfices de la Compagnie d'Afrique. La

me revenant à la Chambre de commerce devra être affectée

Uinction de ses dettes. (24 juin).

ssassinat de M. Boriez, vice-consul d'Alexandrie. « Cet

isinat n'était point prémédité; M. Boriez a été la victime

asard qui l'a présenté, le premier, aux yeux de cet Arabe.

i-ci aurait immolé sans choix tout autre Franc, au ressen-

nt qu'il gardait du meurtre de son frère. » (24 juin).

;cours accordés à la famille du vice -consul Boriez.

juillet).

iémoire adressé par la Chambre de commerce à M. Ros-

y, député au bureau du commerce de Paris, sur les infrac-

s faites par les fermiers à l'édit qui affranchit le port de

ïeille. (19 juillet 1776).

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M. de Pothonier, consul de France à Rhodes, et diverses personnes ont été maltraités par l'intendant de la marine. Ce consul rend compte des troubles survenus par suite de la révolte du fonctionnaire turc : « Une émeute, que Nazir (intendant de la marine), a suscité et contre le gouvernement, et les insultes qu'il a été faire à nos nationaux, l'ont mis dans le cas d'avoir de vifs reproches, mais qu'il a regardés comme une satisfaction apparente qu'on nous donnait, et une permission tacite pour continuer ses atrocités avec plus d'audace. Ce Nazir, protégé du capitan pacha, s'est avisé, contre l'ordre de La Porte, de prendre les rênes du gouvernement, d'anéantir le pouvoir d'un pacha, d'enfoncer les portes du sous-gouverneur pour lui couper la tête, de faire sortir de force les pontonniers de la ville, de s'armer et de s'ériger le maître absolu de cette île. Le gouvernement a pris les armes contre lui, et cette guerre anarchique s'est heureusement calmée par la médiation des grands du pays ; mais les coups d'autorité que le Nazir s'est permis m'ont réduit seul chez moi. Il m'a enlevé tous les Francs et mon drogman, et non content de les avoir mis au canach, il les a bâtonnés, mib au fers et en prison, déchirant leur passeport et maudissant la nation. — Je me tais ici par décence. J'ai eu besoin, Messieurs, de toute ma judiciaire pour n'être point emporté à toutes les horreurs que ce méchant homme a osé entreprendre aussi injustement, et aux menaces qu'il s'est avisé de me faire publiquement. Il m'a enlevé mon chancelier et a tenté une rébellion en le faisant promener par la ville, en le proclamant comme un violateur de femmes, mais la populace ne s'y est point méprise et, ayant connu l'infamie de ce Nazir, elle est restée tranquille. » (i cr août 1776.)

lésîre pour son usage deux balles livres environ chacune. Ecrire en pas de pur et sans mélange à Mar-

9 décembre 1776, relative au peruant des consuls généraux, réglant :nt et déterminant l'uniforme des

livres pour payer les dettes des Barbarie. (Arrêt du 9 décembre

;s impositions établies sur le com- ■arie, au droit unique de 5 0/0, sous

le consulat. (9 décembre 1776.) de 1.200 livres est affectée aux Être faites, si le raïs marocain, à Marseille avec sa croisière pour

rcel, nommé à un vice-consulat de )re sa destination ; mais il lui a été e, î.500 livres par le roi, et il prie ie payer cette somme à M. Guys.

-. — « La Chambre assemblée, : « Messieurs, les services de ma ; votre Chambre viennent d'être rque de distinction, dont il doit ier par la cause qui me la procure ;

le roi m'a anobli pour le bonheur que nous avons eu de pouvoir être utiles au commerce de cette place. Je dois me livrer entièrement, dans cette assemblée, à la reconnaissance dont je suis pénétré, et j'ose me flatter, Messieurs, qu'en partageant ma satisfaction, vous voyez avec plaisir qu'on peut aspirer aux honneurs et aux grâces du roi en remplissant les fonctions qui m'ont été confiées par votre Chambre. C'est en rendant mes services toujours plus actifs, que je chercherai à justifier les bontés de Sa Majesté, Rien n'est si intéressant pour moi, dans ce moment, que de vous protester, Messieurs, que je regarderai comme le plus beau jour de ma vie, celui qui pourra me fournir l'heureuse occasion de marquer mon zèle à Messieurs les négociants de cette place, en général ou en particulier. »

a Sur quoi, la Chambre a témoigné à M. Isnard la satisfaction qu'elle avait des grâces que le roi venait de lui accorder, et lui a fait connaître qu'elle s'intéresserait toujours aux événements heureux qui pourront lui arriver. » (Fol. 531.)

Le bruit a couru que le commandant général de la Martinique aurait déclaré, aux négociants et armateurs, qu'il était convenu, entre la Cour de France et celle de Londres, que les Anglais pourraient saisir, sur les navires français, toutes les denrées provenant de la Nouvelle-Angleterre, et que ces denrées et bâtiments seraient de bonne prise. Cette nouvelle est inexacte; aucune convention n'est intervenue entre les deux Cours sur cet objet. (5 juillet.)

Tarif pour l'évaluation des marchandises sujettes au droit de consulat dans les Echelles du Levant et de Barbarie, sur le poids et mesure de Marseille (18 janvier 1777). Dans ce tarif,

le prix du café est évalué à 7 sous la livre ; le corail travaillé, 1. 000 livres la caisse, et le corail brut à 20 livres le quintal, l'eau -de- vie 12 livres le quintal, l'indigo, cinq livres la livre, etc.

M. Etienne Grimaud est envoyé en mission à Mahon : « Il se rendra en droiture à Mahon, quoi qu'il paraisse que son expédition est pour Carthagène. Il entrera à port Mahon sous quelque prétexte possible, soit pour radouber quelque manœuvre, qu'il dira avoir rompue, soit pour prendre quelques futailles ; il dira qu'il est expédié par le sieur Delabot, négociant à Marseille, pour aller chercher des cendres à Carthagène. — Il est chargé particulièrement de vérifier la situation de la marine anglaise, d'examiner s'il y a actuellement des ennemis en course prêts à partir et en quel nombre ils peuvent être. » (22 août 1777.)

La Compagnie de la Guyane vient d'obtenir le privilège exclusif de la traite des noirs et du commerce, tant à Gorée que sur les côtes d'Afrique, depuis le Cap-Vert jusqu'à la rivière de Casamance.

Ce privilège a pour objet l'extension des cultures de la Guyane, et ne peut porter aucun préjudice aux spéculations des armateurs. La Compagnie ne pourra introduire les nègres, qui proviendront de la traite exclusive, qu'à la Guyane seule et pour être employés uniquement au défrichement du terrain qui lui a été concédé dans cette colonie (10 octobre 1777).

Le sieur Crest, régisseur à Alger de la maison de commerce des sieurs Rafeau et C ie , vient de faire banqueroute ; il laisse un déficit considérable; les Algériens sont créanciers d'une somme totalede 193 .479 livres, sur laquelle il est dû 57.003 li-

vres au bey, lui-même, pour une cargaison de blé, et 75.234 livres à divers négociants maures très influents. Les députés du commerce sont invités à désintéresser intégralement les créanciers, sur les fonds de la Chambre (8 septembre).

Arrivée à Marseille de Sidi-Tahar-Fenis, ambassadeur du roi de Maroc. Instructions sur les honneurs à lui rendre (2 octobre et 10 novembre).

« Mémoire dans lequel on discute l'utilité ou les inconvénients qui peuvent résulter soit de l'exécution des règlements, soit d'une liberté illimitée dans la fabrication et la nécessité d'établir un plan d'administration intermédiaire entre le système réglementaire et celle de la liberté indéfinie » (28 février 1778).

Séance du $ mars 1778. — a II a été fait lecture d'une lettre que M. de la Tour a fait l'honneur d'écrire à la Chambre, en lui faisant parvenir un mémoire par lequel le sieur Laugier, négociant de cette ville, demande d'y établir une fabrique de verre noir, propre pour les bouteilles, et de verre blanc, pour les vitres, exposant que cette manufacture serait d'autant plus utile que l'on ne fait point de verre de ces deux qualités en Provence, et que l'on ne serait plus obligé de faire passer l'argent en Allemagne et en Angleterre pour s'en procurer.

« Le Bureau délibère de répondre à M. de la Tour qu'il ne pourrait résulter aucun inconvénient d'accorder au sieur Laugier la permission qu'il demande, et que, s'il réussit dans son entreprise, il en résultera un des plus grands avantages pour Marseille, et qu'il paraît convenable de favoriser les établissements qui peuvent donner de l'essort à l'industrie, sans en accorder le privilège exclusif » (fol. 630).

ces mouvements ayant été peu de chose, ils n'ont pas moins renouvelé la consternation » (12 juillet 1778).

Nouvelles secousses de tremblement de terre ; « Nous commencions à nous flatter que la terre s'était raffermie ; il y avait près de six semaines que nous n'avions pas même ressenti la plus légère ondulation, lorsqu'il survint, le I er de ce mois (octobre), à midi trois quarts, un tremblement très violent, qui dura neuf ou dix secondes, et qui fut suivi, dans l'espace d'une heure, de quatre autres un peu moins fortes; les trois premières secousses furent si vives qu'elles abattirent cinq maisons entières, quantité de murs, un bain public et deux mosquées. Le quartier des Européens et de la marine qui n'avait pas beaucoup souffert jusqu'alors, a été très endommagé. Il n'y a presque pas de maisons dont les murs ne soient lézardés, les voûtes entrouvertes; les cheminées abattues, les terrasses éboulées. Heureusement il n'a péri personne. Le plafond de la chambre que j'occupai a été presque écrasé et j'ai été forcé d'aller passer la première nuit à bord du capitaine Monnier, auquel je remets cette lettre. Cependant, ne voulant point laisser la ville exactement seule, car tous les autres consuls et la plupart des habitants l'ont abandonnée, j'y suis revenu le lendemain de bonne heure, et je me suis établi dans une petite chambre que M. Magy a bien voulu me céder.

« Je portai mes premiers soins, au moment du désastre, à prévenir l'incendie qui, dans ce pays, est une suite ordinaire des tremblements de terre. J'envoyai prier le musselim de donner ordre aux distillateurs d'eau-de vie d'éteindre leurs fourneaux, et aux taverniers de ne conserver aucun feu chez eux après la nuit » (5 octobre 1778).

Séance du 3 1 décembre 1 7 78. — M. le semainier a exposé que le capitaine Fugueiron, commandant la tartane la Trompeuse, armée en course en ce port, venait de rendre un service essentiel au commerce, en s'emparant du corsaire anglais le Rumbler, capitaine Roach, qui avait déjà fait la prise de plusieurs navires richement chargés ; que la conduite de ce capitaine, qui a été volontairement chercher le dit corsaire dans le dessein de l'attaquer, paraissait exiger que la Chambre écrivit au Ministre pour tâcher de lui faire obtenir quelque récompense honorable. M. le semainier a ajouté que c'était le vrai moyen d'exciter le zèle et l'émulation des autres capitaines, qui pourraient être armés en course dans ce port.

a II a été délibéré d'écrire au Ministre, dans le but de faire obtenir au capitaine Fugueiron quelque récompense honorable, pour reconnaître le service qu'il a rendu au commerce en s'emparant d'un corsaire » (fol. 707)-.

Résumé des dépenses de la Chambre de commerce, duquel il résulte qu'elle a payé, en 10 ans, de 1769 à 1778, une somme totale de 10.058.273 livres.

M. Siau demande l'autorisation d'établir une fabrique de couvertures de laine, à Marseille. Le Ministre examinera cette affaire, sur laquelle il ne peut se prononcer en ce moment (4 janvier 1779).

Une pension de 14.000 livres sur le trésor royal, est accordée à la veuve et aux quatre enfants du sieur Roustan, drogman de France à Constantinople, « en considération de ses services etdes circonstances extraordinaires de sa mort, causée parla peste, dont il a été attaqué en remplissant ses fonctions. » (8 février.)

Droit de 15 0/0. — Arrêt portant que les denrées et objets des fabriques et commerce des sujets de la République des Provinces-Unies paieront à leur entrée dans les ports du royaume, outre et par dessus les droits actuellement existants, un droit de 15 0/0 de leur valeur (27 avril 1779).

Accusé de réception d'une lettre, par laquelle les députés du commerce ont annoncé, au Ministre, le succès de l'essai qui a été fait, à Marseille, d'une imitation des sucres de Hambourg, d'après le modèle fourni par M. de Saint-Sauveur. (28 avril.)

Le roi a l'intention de racheter tous les Corses qui avaient été pris par les Algériens, avant la réunion de l'île de Corse à la France. Une somme de 100.000 livres devra être mise, à cet effet, à la disposition des deux ordres de la Rédemption, à Alger. (17 mai.)

Envoi de plusieurs exemplaires de l'édit, portant règlement sur les fonctions judiciaires et de police confiées aux consuls, dans les Echelles du Levant et de Barbarie. (5 juillet 1779.)

M. Amoreux, consul de Naples de Romanie, nommé consul général de Smyrne, par lettres patentes du 28 janvier 1779, est arrivé à son nouveau poste le 17 juillet: « Je profite, écrit-il le 30 août, de la première occasion pour vous faire part de mon arrivée sur cette Echelle, depuis le 17 du mois passé, grâces au capitan-pacha, qui, m'ayant vu dans le plus grand embarras pour me rendre à ma destination, a bien voulu m'en faciliter le moyen, en m'y faisant passer avec une frégate du nombre de l'escadre qui se trouvait sous ses ordres à Naples de Romanie. Il y a ajouté des honneurs qui ont produit le plus grand effet, ayant été salué, en m'embarquant, de la

forteresse et de tous les bâtiments du Grand-Seigneur qui se trouvaient a Naples, et l'ayant encore été, lors de mon débarquement, par la frégate qui m'a passé et qui est entrée à Smyrne avec son pavillon et la flamme blanche. »

}0 septembre 1 779. — Aujourd'hui, la Chambre, assemblée, M. Isnard, secrétaire-archivaire, lui a fait part du mariage de sa fille cadette avec M. Laurent Philip, négociant de cette ville ; elle a délibéré aussitôt de lui faire présenter, suivant l'usage, un bijou de la valeur de trente louis.

Le règlement de 1751, qui était sagement conçu, et qui paraissait devoir donner satisfaction à toutes les exigences du service, n'eut pas cependant une aussi longue durée que celui du 13 novembre 1650. I! fut profondément modifié. Une ordonnance, du 27 novembre, réduisit à neuf le nombre des membres de la Chambre ; il n'y eut plus qu'un seul échevin, président, et huit députés; le nombre des commissions spéciales fut ramené à quatre, ayant chacune d'elles deux députés.

La nomination de l'archivaire de la Chambre fut réservée au roi, qui confirma dans ses fonctions M. Isnard. Ses attributions furent ainsi déterminées : « L'archiviste sera chargé exclusivement de la garde des archives. Les affaires seront instruites et débattues au bureau des archives par les députés, avant d'être portées aux Assemblées. L'archivaire mettra sous leurs yeux les titres, documents et informations nécessaires sans que, sous aucun prétexte, et dans aucun cas, les dits titres, mémoires ou autres pièces puissent être déplacés des archives. — Avant la délibération, l'archivaire rappellera à l'Assemblée les lois et les titres relatifs à l'objet qui sera

discuté. L'archivaire continuera à remplir toutes les fonctions qu'il a exercées jusqu'à présent. Il aura inspection sur tous les commis de la Chambre ; il dirigera toutes les expéditions des archives ; il veillera particulièrement à la rédaction des délibérations, à la correspondance et à la confection des états, il continuera à signer tous les extraits et toutes les expéditions de la Chambre. »

Le trésorier était désigné par la Chambre, mais le roi sanctionnait cette nomination et devait agréer la caution présentée par le candidat.

Un jeton d'argent était remis à chaque séance aux membres qui assistaient aux délibérations de la Chambre.

La Municipalité, qui n'avait plus la même prépondérance dans l'administration et les délibérations de la Chambre de commerce, protesta contre ce règlement; mais il ne fut tenu aucun compte de ses réclamations, et l'organisation édictée par les lettres patentes du 27 novembre 1779 fonctionna paisiblement jusqu'à la révolution de 1790.

M. Simon Roustan, capitaine du pinque Y Aimable-Félicité, après s'être défendu avec autant de valeur que d'intelligence, a été obligé de céder à la force et a ensuite montré autant de présence d'esprit que de fermeté, pour recouvrer sa liberté. Félicitations. (4 décembre 1779.)

En 1779, les députés de commerce recevaient la déclaration ci-après : « Sont comparus les marchands fabricants d'amidon de cette ville, qui nous ont représenté qu'ils voyent avec regret leur état dépérir de jour en jour depuis l'édit d'octobre 177 1, et que cette branche de commerce, autrefois si considérable en cette ville, passe dans les pays étrangers. »

En 1779, l'Echelle de Zante expédiait, annuellement, du raisin dit de Corinthe pour une valeur totale de 12,589.000 livres. (Lettre de M. de Saint-Sauveur.)

M. de Claveau, commandant Ja Sérieuse, s'est emparé, le 10 janvier 1780, après deux heures de combat sur le cap Saint- Jean, d'un corsaire anglais de 24 canons et 16 pierriers, monté par 200 hommes, lequel manquait de Gibraltar depuis vingtsix jours; ce navire a coulé bas trente-six heures après sa prise, et l'équipage a été placé sur la frégate. — M. de Claveau, qui a été un peu maltraité, a fait route pour Malte avec quatre bâtiments, dont trois sont destinés pour la Syrie et Dn pour Constantinople. (23 janvier 1780.)

La Chambre de commerce demande que les fabricants d'amidon de Marseille ne soient pas assujettis au droit de 2 sous par livre, sur l'amidon fabriqué en France, imposé par un édit du mois de février 1771.

La régie des droits sur l'amidon est adjugée au sieur Jullien Al terre, bourgeois de Paris. (Arrêt du 21 août 1771.)

Règlement sur la perception de ces droits. (Arrêt du 16 octobre 1771.)

Séance du îi janvier ij8o. — « La Chambre étant extraordinairement assemblée, Ms r de La Tour a fait lecture : des lettres patentes du roi, en date du 27 novembre dernier, portant création d'une nouvelle Chambre de commerce ; de l'ordonnance du roi du 29 du même mois, servant de règlement, et de l'ordre du roi, du 6 décembre, par lequel Sa Majesté nomme MM. Jean-Louis Millot, Bardou l'aîné, Georges Audibert père, Jacques -Nicolas Ferrary, Pierre-Mathieu Féraud,

Dolier l'aîné, Claiy et Laflèche, députés de la Chambre de commerce de cette ville* et lecture faite de ces différentes pièces, M« r de La Tour a requis qu'elles fussent enregistrées à la suite du présent procès-verbal d'assemblée.

Séance du )o mars 1780. — « Il a été fait lecture d'une lettre de M. de La Tour, par laquelle il fait parvenir à la Chambre l'état général des dépenses pour les Echelles du Levant et de Barbarie. M. de La Tour invite la Chambre à enregistrer ledit état dans ses archives. »

Il résulte de cet état, qui porte la date du 27 novembre 1779, que la dépense totale, pour les appointements du personnel des consulats, s'élève à 354.028 livres. Les fonctionnaires, placés sous les ordres de l'ambassadeur de France à Constantinople, émargent pour une somme totale de 42.940 livres. Voici les dépenses des consulats, y compris le traitement des consuls :

Smyrne et les îles de l'archipel . 48. 668 livres.

Morée 27.200 »

Egypte 46.110 »

Seyde et la Palestine 28 . 880 »

Alep et ses dépendances. ... 26 . 600 »

Tripoli de Syrie 21.450 »

Chypre 15. 490 »

La Canée 22.600 »

Salonique 18.400 »

Alger 23 .375 »

Tunis 19-125 »

Tripoli de Barbarie . . . . 13.250 »

Le traitement du consul d'Alger s'élève à 15 000 livres, celui de Tunis à 12.000 livres. (Fol. 40.)

18 mars 1780. — M. Isnard, secrétaire archivaire de la Chambre, ayant fait savoir que le roi, en récompense de ses services, l'avait honoré du cordon de Saint-Michel, la Chambre en corps, ayant M. Henry, échevin, en chaperon, à la tête et accompagné du secrétaire et du trésorier, a été faire une visite à M. Isnard dans sa maison; elle a été reçue à la porte d'entrée de la dite maison par M. Isnard et plusieurs de ses parents, et, après lui avoir fait les compliments d'usage en pareille occasion, auxquels M. Isnard a répondu par des assurances de zèle et d'empressement pour tout ce qui pourra intéresser la Chambre et les membres en particulier, a été reconduite jusque sur la porte d'entrée.

Séance du i) juillet 1780. — « M. le semainier a exposé, que le local actuel des archives étant devenu insuffisant, pour l'arrangement des papiers et pour l'exploitation du service, la Chambre était occupée depuis longtemps de trouver un emplacement convenable et que, dans la nécessité où la communauté se trouvait de son côté pour la construction d'une nouvelle juridiction consulaire, et d'autres objets qui lui sont particuliers, ladite Chambre avait pensé devoir profiter de cette circonstance, pour se réunir avec MM. les Echevins, à l'effet de contribuer à la dépense, en proportion de la construction du local qui serait destiné pour son service; qu'après avoir conféré avec MM. les Echevins, il avait été dressé un devis estimatif, par l'architecte de la province, de la dépense de la construction générale dés édifices, qui est

évaluée à cent mille livres, à quoi il fallait ajouter encore trente mille livres, pour Tachât d'une maison qui y était nécessaire, lequel devis ayant été envoyé à M. de La Tour par MM. les Echevins, il avait bien voulu marquer à la Chambre, qu'il était nécessaire qu'elle prît une délibération pour fixer la contribution qui devait la concerner.

« Sur quoi, après mûres réflexions faites, tout considéré, et vu le devis estimatif et de construction dont la dépense est évaluée à cent mille livres, et trente mille livres pour l'achat d'une maison nécessaire pour les édifices dont il s'agit, faisant en tout cent trente mille livres; la Chambre a unanimement délibéré, de contribuer pour le tiers, le tout pour jouir à perpétuité des emplacements et autres objets concernant son service, désignés dans le devis, et sans être tenue, dans aucun temps, à d'autres réparations que celles qui pourront être faites aux seuls appartements qui lui seront destinés (î) » (fol. 71).

1780. — M. de Castries fait connaître aux députés du commerce, qu'il vient d'être nommé secrétaire d'Etat au département de la marine (16 octobre).

M. Louis-François Beaussier, qui avait une maison de conv

(1) Le premier président de La Tour et le ministre, M. de Sartine, hésitèrent longtemps avant d'autoriser cette dépense; ce -ne fut qu'en 1782, que la Chambre reçut une réponse favorable. « M. de La Tour fait l'honneur d'aviser la Chambre, le 13 avril, que M. le Ministre-Secrétaire d'Etat et M. le Contrôleur-général étaient convenus entre eux de l'arrangement qui aurait lieu à cet égard ; que la Chambre fournirait 3,600 livres, et que, si jamais on jugeait à propos de placer ailleurs son établissement qu'à l'Hôtel de Ville, la Communauté serait chargée de lui fournir un logement équivalent à celui qu'elle avait quitté. » Les travaux de construction étaient assez avancés en 1783, et la Chambre délibéra, le 18 septembre, de payer à la Communauté un premier à-compte de 1,200 livres.

demande a transférer cet établissement à r, pour le régir, son frère François Beaus- :ion lui est accordée par M. de Castries sur 1 de la Chambre de commerce de Mar-

ipter 7,000 livres a M. Rousseau, ci-devant des affaires de la Compagnie des Indes

ion des membres de la Chambre de cornée par le roi, en exécution des lettres 'embre 1779. Des instructions particuliésa M. de La Tour(i). « Ses lumières, dit :mbres de la Chambre, ne pourront qu'éies, en les dirigeant toujours de manière au commerce de Marseille. La haute opi- M. La Tour, et l'intérêt que ce magistrat ■ité de Marseille doivent vous faire sentir il y a, pour son commerce, de l'avoir à

int le détail des sommes empruntées a et l'indication des échéances. Les comptes là 1780; maison y comprend des emprunts

>nt ainsi désignés ; i° 500,000 livres pour rseiHais; 2 emprunt de 200,000 livres; 000 livres; 4 emprunt de 1,100,000 livres; 0,000 de livres.

rcel des consulats en 1780. (V. I'Appendice.)

Etat des dettes au 26 janvier 1781, s'élevant à 2,583,154 livres.

Séance du $ juillet 1781. — « Il a été donné lecture d'une lettre de M& r de La Tour, au sujet de la demande faite, par la Chambre, de contribuer à l'augmentation du prix offert par l'Académie, en faveur de celui qui développera le mieux les causes de Tengravement du port de cette ville, et qui indiquera les moyens d'en prévenir les effets ; M^ r de La Tour informe la Chambre que le Ministre approuve qu'elle fournisse la somme de 300 livres, pour cet objet » (fol. 222).

Séance du 30 août 178 1. — « M. de La Tour donne connaissance à la Chambre d'une demande qui lui a été adressée par les maire et consuls de La Ciotat, dans le but d'être autorisés à faire directement, par leur port, le commerce des Iles et Colonies françaises d'Amérique, dans laquelle ils rappellent l'état florissant de leur ville, lorsque les habitants jouissaient de la liberté de faire ce commerce, et la diminution qu'a éprouvée la population et la navigation depuis que cette liberté leur a été enlevée.

« Sur quoi, il a été délibéré de marquer à M« r de La Tour que la Chambre ne voyait aucun motif d'opposition à cette demande, que môme, en principes généraux, il devait être permis de faire le commerce par tous les lieux où il était possible de l'exploiter, et en lui faisant d'ailleurs toutes les observations relatives à la demande particulière de la ville de La Ciotat » (fol. 230).

Le roi est disposé à régler amiablement avec le dey d'Alger

les difficultés survenues entre les deux pays depuis quelque temps. Un officier de marine va être envoyé à Alger dans ce but (2 septembre).

M. Le Guay, premier commis du ministère de la marine, recevait de la Chambre de commerce une gratification annuelle de 12,000 livres. Il vient de mourir et a été remplacé par son neveu, M. de Saint-Didier. Le Ministre approuve que la Chambre accorde 4,000 livres à la veuve de M. Le Guay et qu'elle fixe les honoraires de M. de Saint-Didier à 8,000 livres (13 septembre).

Séance du 23 mai 1782. — « Lecture d'une lettre du 12 mai, par laquelle M. le Ministre fait connaître à la Chambre de commerce, que le roi a fixé à 20,000 livres, les présents consulaires que M. dç Kercy doit faire au dey d'Alger et aux principaux officiers de ce prince, et que Sa Majesté a assigné, suivant l'usage, le paiement de cette somme moitié sur les dépenses secrètes de la marine, moitié sar les fonds de la Chambre » (fol. 309).

La ville de Marseille a offert au roi, qui Ta agréé, un vaisseau de 1 10 canons. Ce vaisseau sera appelé : Le Commerce de Marseille (1 y ]u\n).

Don patriotique. — Offre d'une somme de 1,200,000 livres pour la reconstruction d'un vaisseau, (fol. 312.)

Emprunt de 1,500,000 livres, pour le vaisseau Le Comtnerce de Marseille. (Arrêt du 17 août 1782.)

Registre intitulé : Compte final et détailléde la recette et dépense

(1) Voir la lettre de Beaumarchais relative à ce vaisseau, à 1* Appendice.

de Vemprunt de 1,500,000 livres, fait parla Chambre de commerce de Marseille, en 1782, pour le vaisseau donné au roi par MM. les négociants de cette place, et les secours votés par les mêmes négociants en faveur des gens de mer qui ont servi pendant la dernière guerre.

• Séance du 7 mars 178). — « Il a été fait lecture d'une lettre, par laquelle les juges consuls de Nantes se plaignent du privilège qui vient d'être accordé aux sieurs Grand et Mellée, de faire exclusivement le commerce de la Chine avec les vaisseaux qui leur seront fournis par le roi, Sa Majesté leur permettant, en même temps, d'emprunter trois millions, pour fournir à l'expédition de cette entreprise et supprimant toute permission pour les armateurs particuliers.

« Sur quoi, il a été unanimement délibéré de se réunir à MM. les juges consuls de Nantes, pour l'objet dont il s'agit, et d'écrire en conformité à M. Rostagny, député de la Chambre, à Paris, de se concilier avec le député de Nantes pour agir de concert dans cette affaire » (fol. 392).

Distribution de 400 actions affectées à Marseille, pour l'expédition de Chine (14 septembre).

M. de Jailly, ancien capitaine d'infanterie, est autorisé par le roi à faire un voyage en Grèce et en Egypte (19 septembre).

Une affiche placardée sur le poteau, qui a été placé au milieu de la fontaine du roi, défend aux patrons et conducteurs de bateaux pêcheurs, de passer au delà de la ligne de démarcation vers la citadelle et d'y jeter l'ancre, sous peine de prison. Vives réclamations de la part de la Chambre. Le

Ministre les trouve fondées et vient d'écrire à M. le maréchal de Ségur,pour qu'il fasse retirer Tordre donné par son autorité (31 juillet).

Traité passé avec M. deMorainville pour le curage du port. « M. de Morainville sera chargé de l'entreprise du curage du port, qu'il exécutera avec le nouveau ponton qu'il a fait construire, et avec ceux qui lui sont cédés par M. Vincen. (i er octobre 1783.) .

La Chambre a adressé au ministre de la marine, un mémoire sur la situation du commerce du Levant : « Je n'ai, dit le maréchal de Castries, que des éloges a donner sur le fond et la forme de cet ouvrage intéressant. Vous y avez développé, avec autant de méthode que de clarté, tous les détails qui constituent le commerce du Levant, et d'après le plan que vous avez suiyi, ils vous ont naturellement conduits à en présenter l'ensemble, la marche et les résultats » (7 décembre). .

Envoi d'un certificat constatant que feu M. Billon (Barthélémy) avait fait bâtir, à ses frais, une maison vaste et commode dans le bourg de Modon, que cette maison lui avait coûté plus de 20,000 livres, et qu'après la rigoureuse défense que les Modonois firent contre les Russes, qui les assiégeaient en 1770, et s'être rendus maîtres du champ de bataille, ils rasèrent jusqu'aux fondements la maison du dit feu Billon, la pillèrent, ainsi que toutes celles qui appartenaient aux Français, ou qu'ils occupaient, avant l'apparition des Russes (23 janvier 1784).

Séances du 27 février 1784. — «M. Gaillard, directeur de

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