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Le 29 juillet 1915, üne loi, dite loi Runciman, ou encore Coal limitation Act, taxait le prix du charbon à la mine en ce qui concernaït le Charbon consommé à l’intérieur ; et, pour éviter que le charbon anglais ne fût alors de préférence exporté, une nouvelle décision de la Chambre du Conseil du 3 août 1915, interdisait purement et simplement l’exportation du charbon anglais, sauf pour les possessions britanniques. Cette mesure, dont les conséquences auraient été désastreuses pour la France fut d’ailleurs aussitôt rapportée, en ce qui la concernait, sur les instances du Gouvernement de la République, et la législation en vigueur resta, pour notre pays, celle de lOrder in Council du 10 novembre 1915.
De son côté, et à la même époque, l'Etat français s’efforçait d’enrayer la crise charbonnière menaçante : ses efforts portaient sur deux points : l’amélioration des transports, pour parer à la crise de quantité et l'institution d’un organisme de ravitaillement et de distribution pour obvier à la hausse des prix :
« Le Gouvernement français, dit le même exposé des motifs, s’est appliqué depuis un än, avec une activité incessante, à augmenter la capacité de réception et les moyens de déchargement de nos ports en créant de nouvelles ‘places à quai, de nouveaux appontements, de nouvelles voies, en augmentant le nombre des engins tiécaniques, en faisant appel à toute la main-d'œuvre disponible. Cet effort, qui. était le plus ‘ürgent, puisqu'il devait parer à la plus dangereuse des crisés, c’est-à-dire à la crise de quan-
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tité, a agi en même temps sur les prix, puisqu'il a déterminé la diminution, ou, tout au moins, prévenu une nouvelle aggravation des surestaries.
« Les administrations de la guerre et des travaux publics, de concert avec le réseau de l'Etat et les compagnies de chemins de fer essaient par tous les moyens, d'accroître le matériel roulant en service, d’en abréger la rotation, de mettre fin aux immobilisations inutiles. Enfin, sans avoir pu assigner aux tarifs de remorquage une fixité absolue, l’administration s’est efforcée de ne les laisser s'élever que dans la mesure où l’augmentation même des cours du charbon pouvait justifier cette hausse. »
Mais l’amélioration des transports n’eût pas suffi à parer à la crise de quantité ; les stocks qui existaient, variables pour chaque catégorie de consommateurs, représentaient pour certaines un minimum de trois mois ; on prévoyait par suite une crise imminente qu’il fallait à tout prix conjurer.
C’est alors que les Pouvoirs publics pensèrent à l'Administration des Chemins de fer de l’Etat comme à un organisme, susceptible de concourir mieux que tout autre au ravitaillement en combustibles, de la population civile et par là même réfréner une hausse excessive des cours.
Le choix d’un tel organisme pour une telle fonction peut paraître à première vue surprenant ; on en saisira plus facilement l’opportunité si l’on songe que le réseau de l'Etat avait déjà l’habitude de conclure d'importants marchés pour l’importation des charbons nécessaires à ses propres services et qu’en tout