‹ La chambre des poisonsChapitre 3 sur 8 · LOKDRK DE LA MOUCHE A MIEL · texte numérisé non relu

LOKDRK DE LA MOUCHE A MIEL

lenteur un pas de ballet, en attendant le cortège des récipiendaires, qui arrivèrent, conduits par le roi d'armes de Tordre, qui tenait à la main, en guise de masse, une tige de lis blanc. Les instrumens à vent et à cordes saluèrent L'entrée de ce cortège, à la tête duquel s'avançait Jacques Van Dole comme le plus jeune des néopbytes, et un chœur invisible entonna le refrain usité dans les réceptions de l'ordre :

Répétons mille et mille fois :

Quel plaisir, quel bonheur de vivre sous ses lois!

Dès que les nouveaux chevaliers furent échelonnés de chaque côté de la ruche , la calotte de cette ruche se releva , et Ton vit, assis sur un trône, M. de Malezieu déguisé en mouche à miel , avec un masque et un habit de drap d'argent, qui reproduisait assez bien la physionomie et la forme d'une abeille monstrueuse. Un applaudissement général ébranla les voûtes de la salle, et madame du Maine ne put s'empêcher de rire aux larmes en regardant cette bizarre mascarade, que son grand-maître de Perdre

l'ordre de la mouche a miel. 177

avait inventée sans lui en donner avis. Son hilarité s'accrut , et entraîna celle des assisians , lorsque cette énorme mouche fit sortir un dard long de trois pieds et mince comme un fil d'archal, au bout duquel pendait un rouleau de papier que le roi d'armes de l'ordre alla porter à la princesse, qui le lui rendit pour en faire lecture à haute voix. C'était un compliment rimé, de la façon de Malezieu, qui eut toute sa vie la rage d'être poète en dépit d'Apollon ;

L'abeille du nectar des fleurs Tire avec art sa moisson odorante ; Et vous aussi , madame , ouvrière savante , Dont le génie étonne et le travail enchante ,

Reine des esprits et des cœurs Qui vous offrent le suc de leur reconnaissance, Vous trouverez un jour, à force de labeurs , Votre butin de miel parmi les lis de France.

Le sens allégorique de ce madrigal n'échappa point au plus grand nombre des auditeurs, qui y applaudirent assez froidement , chacun craignant de se compromettre par un air d'intelligence avec le parti des princes légitimés; l'hyperbole d'ailleurs semblait un peu forte, même

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