RÉFLEXION DE LA LUMIÈRE
L’éclairage direct des objets microscopiques est presque impraticable. On a discuté pour les agrandissements photographiques une méthode d’éclairage directe avec concentration, pour ne pas fausser la direction des rayons solaires; elle entraîne l’établissement de la chambre noire même, garnie de l’appareil optique, sur un pivot où elle suit le mouvement du soleil, soit mécaniquement, soit tà la main. L’usage
ÉCLAIRAGE
compliqué d’une chambre noire mobile, qui atteint quelquefois des dimensions assez fortes, n’est pas pratique ; il est beaucoup mieux de projeter les rayons lumineux par la réflexion d’un prisifie ou d'un miroir.
Le prisme a été préconisé par M. le comte Castracane, entre les mains de qui il a donné de bons résultats ; mais il est généralement moins commode à manier que le miroir ; ensuite , il cause une assez forte déperdition de lumière , ce qui produit des épreuves ternes. Le prisme doit être en /îint, placé à une courte distance du condensateur achromatique, afin de permettre une dispersion suffisante donnant le rayon violet ou le bleu verdâtre, qui possède une grande activité. Comme le flint arrête par absorption une quantité notable des rayons extra-prismatiques, il est avantageux de se servir de quartz, mais comme cette matière ne se prête qu’à la construction de prismes ne donnant qu’un spectre court, il faut, pour qu’il soit étalé, en accoler deux ensemble.
M. le D r Maddox, qui a étudié avec un soin spécial l’éclairage photomicrographique, se sert tantôt du miroir, tantôt d’un prisme condensateur achromatique, dont une face est convexe ; il le place à une distance telle du sujet, que les rayons se croisent avant d’y arriver ; ceci a pour effet d’éviter la chaleur intense produite par le faisceau lumineux, qui serait dangereux
pour la préparation et qui pourrait décoller les lentilles. On s’assure si elle n’est pas trop forte en essayant si l’on peut y endurer la main. Rarement le prisme est employé seul, mais bien avec une lentille condensatrice achromatique placée sous la platine du microscope.
Le miroir n’a pas les avantages optiques du prisme, mais il se prête plus aisément aux exigences diverses de l’éclairage; il se trouve adapté invariablement à tous les instruments, et n’a qu’une faible déperdition d’intensité lumineuse d’environ un tiers ou un quart de la totalité. Ce mode, extrêmement simple, réunit les meilleures conditions comme surface réfléchissante. Il est nécessaire que le miroir soit plan d’un côté et concave de l’autre, afin de varier les effets lumineux ; avec un objectif faible, le côté plan sera le meilleur; avec un objectif fort ou moyen, la face concave permettra de produire un faisceau lumineux concentré proportionnellement au diamètre des lentilles, qui doivent ainsi être couvertes par la base de ce faisceau, pour présenter un cercle complet sur l’écran ou le verre dépoli, si le miroir est bien disposé dans l’axe de la chambre noire. En amenant un point lumineux vif, suivant un foyer convenable, sur la lentille frontale, on arrive généralement à donner une intensité suffisamment énergique pour impressionner la surface sensible à une assez grande distance, même
ÉC, AIRAGE.
en faisant usage d’un très-fort grossissement; avec un grossissement modéré, on a la faculté de combiner un foyer proportionné à l’intensité et au diamètre des lentilles de l’objectif. Cette méthode très-simple réussit bien pour le travail ordinaire, mais elle exige une certaine habitude pour placer convenablement le miroir ; les rayons réfléchis par le miroir concave sont sujets à la diffraction et ne sont pas rigoureusement centrés.
Fig. 30. — Trajet des rayons lumineux dans les différents modes d'éclairage par la réflexion spéculaire avec lentille condcnsalricc.