REPRODUCTIONS
Peu à peu la photographie est devenue accessible à tous; la vulgarisation de cette branche accessoire des sciences naturelles lui assigne une part importante dans les études scientifiques et artistiques, pour fixer
les souvenirs et donner une publicité authentique.
Les reproductions ou copies à la chambre noire sont un moyen coadjuteur de la photomicrographie, particulièrement dans beaucoup de circonstances ; soit pour réunir ensemble des sujets d'un même ordre d’idées, soit pour changer les dimensions de certaines épreuves, ou aussi pour représenter des combinaisons d’appareils.
Les dessins ou photographies à reproduire sont placés dans un châssis de tirage positif, qui les comprime afin d’avoir une planimétrie parfaite. On l’expose dans l’atelier près d’une, ouverture orientée de telle façon, que l’incidence des rayons solaires se rapproche autant que possible d’un angle de 45° avec le plan horizontal comme avec le plan vertical ; trop hauts, ccs rayons raseraient la surface, d’où il résulterait une déperdition d’intensité, et quelquefois les petites inégalités de la texture du papier produiraient des nuances sensibles; trop bas, la ebambre noire, si elle était très-près, pourrait porter ombre sur le châssis contenant les dessins ou photographies.
Il est impérieux d’avoir une lumière abondante ; un soleil vif n’est pas à redouter, si ce que l’on reproduit n’est pas sujet à être détérioré. Si l’on augmente les dimensions, 1 intensité n’est jamais trop forte ; ensuite elle est réclamée par l’usage des petits diaphragmes, qui donnent de la finesse.
La condition principale à observer dans l’agencement de l’appareil, est de lui faire conserver une rigoureuse perpendicularité à l’axe optique ; pour cela, la chambre noire est montée sur une table gar nie de coulisses, dans lesquelles s’opère un glissement toujours normal au tableau contenant les sujets. A défaut d’installation spéciale, la tablette proposée précédemment pour recevoir l’appareil photomiorographique satisfait également ; il suflit d'ajouter à l’extrémité une planchette verticale fixée par une vis ; la chambre noire mobile sur la tablette est éloignée
fjg. 46. — Installation d’appareil à reproduction sur une talilctte mobile.
ou rapprochée à volonté, en conservant une position régulière. Ceci a encore l’avantage de former un ensemble d’appareil mobile transportable à l’endroit où brille le soleil, en conservant dans toutes scs parties la régularité nécessaire à un bon fonctionnement.
L’objectif à employer de préférence est naturellement celui dont la combinaison lenticulaire tend le
moins à produire une déformation. Les objectifs simples, aplanatiques, triplets, globulaires, orthoscopiques, etc., sont bons; l’objectif double, qui est entre les mains de tous les photographes, ayant son aberration corrigée par un très-petit diaphragme, donne une netteté plus grande, le foyer étant plus court.
Le procédé sec, comme le procédé humide, sont employés indistinctement, quoique ce dernier soit plus commun et plus simple. On observera de prendre une pose courte pour les tons égaux, et une pose plus longue pour les oppositions, en faisant accorder ces exigences avec le caractère plus ou moins bien tranché du sujet de la reproduction. Sous ce rapport, les épreuves positives au chlorure d’argent s’y prêtent très-bien, car elles ont une valeur de tons favorable à une nouvelle épreuve négative.