LES COURS SCIENTIFIQUES
Lorsqu’un professeur fait une description orale dans un cours de sciences naturelles, il ne parviendra que péniblement, malgré son talent, à inculquer à ses élèves les formes vraies des choses dont il les entretient. Il les fera difficilement pénétrer dans l’esprit des auditeurs, s’il ne dispose pas de moyens qui en placent sous leurs yeux une image exacte. La combinaison de la description orale avec la démonstration est un grand avantage pour celui qui enseigne,
parce qu’il rend clair ce qu’il énonce, et par conséquent le fait mieux comprendre.
Dans ces dernières années, on a employé dans les conférences scientifiques des moyens énergiques pour instruire les gens du monde, pour porter l’instruction dans les masses, « en instruisant en amusant et en amusant en instruisant. » Les projections à la lanterne remplissent cette devise à laquelle doit tendre la science pour se répandre de plus en plus. Au moyen de la vieille lanterne magique, perfectionnée et adaptée à des expériences plus sérieuses, on projette les sujets de toute nature une lanterne à projection est devenue le complément indispensable de tout établissement scientifique où l’on professe. C’est surtout un excellent instrument pour la démonstration microscopique, si embarrassante devant une réunion quelconque, à cause de la difficulté de donner une fidèle expression du sujet traité. Ce spectacle, du reste, excite beaucoup la curiosité, en montrant les représentants du monde -microscopique trop peu connus, projetés dans des dimensions énormes; étant faites d’après des photographies ou sur les objets mêmes, elles ont pour les spectateurs une valeur de premier ordre, puisque ce n’est pas une image plus ou moins bien interprétée, pouvant quelquefois, par l’omission d’un détail, être fictive, mais c’est la nature prise directement par la physique, aidée des ressources de la chimie, aussi
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LES PROJECTIONS
exacte que si l’on observait directement l’œil dans le microscope. Le professeur suit son idée et la développe sans être détourné par des causes étrangères; enfin, quand on étale les merveilles des infiniment petits devant les spectateurs, un intérêt plus puissant surgit, l’œil et l’oreille sont plus attentifs aux leçons devenues plus attrayantes.
On avait inventé les microscopes à plusieurs corps ou multiples (M. Nachet, M. Higley) dans l’intention de donner au professeur la possibilité de faire suivre à deux ou trois élèves la manipulation microscopique. Ces instruments conservent leur véritable destination, tant qu’il s’agit de dissections, de démonstrations qui ne s’adressent qu’à un nombre très-limité de personnes. La lanterne ou le microscope photo-électrique offrent plus de simplicité et plus d’ampleur dans leurs résultats. De plus, ici ne s’adressent plus les reproches énoncés à l’article des grossissements exagérés, qui sont transformés en fantasmagorie ; en projetant à la lanterne des positifs sur verres photographiques très-nets, on rentre dans la catégorie d’un agrandissement dont les limites extrêmes peuvent être atteintes, puisque l’image reçue sur l’écran est jugée à distance par les spectateurs.
Il importe de diriger son choix sur la photographie des vrais infiniment petits, parce que leur agrandissement gagne remarquablement; ce qu’il ne faut pas
confondre avec l’avantage d’avoir une grande surface couverte sur l’écran. Pour les objets qui ne peuvent supporter qu’un faible grossissement, on a souvent intérêt à les projeter directement, tels qu’ils existent, sans avoir recours à l’intermédiaire d’une photographie, parce qu’ils sont montrés ainsi avec leurs couleurs véritables, au lieu que l'épreuve rend impossible ce complément qui rehausse l’intérêt des expériences. Par contre, il est à remarquer que dans plusieurs circonstances, la projection faite à l’aide d'un positif sur verre est préférable quand on craint que la chaleur détériore une préparation microscopique ; ce qui arrive, tant avec celles au baume qu'au liquide, pourvu qu’elles restent exposées quatre à cinq minutes au foyer d’un microscope vivement éclairé. Si la description orale se prolonge, on voit au milieu de l’explication le sujet anéanti par la chaleur ; c’est une perte regrettable pour une préparation de prix et une déception pour le professeur. L’excès de calorique n’est pas autant à redouter pour une épreuve sur verre, si ce verre est bien homogène, et qu’un courant d’air accidentel ne vienne pas dessus, autrement il se fendillerait. On le conserve ainsi en projection toute la durée de l'explication, sans avoir à redouter un effet funeste.
Les projections semblent répondre tout particulièrement à l’enseignement de la micrographie, et notam-
LES HUMECTIONS.
ment quand la photomicrographic vient lui prêter son précieux concours ; les curiosités révélées par le microscope sont inépuisables. Pour les soirées ou récréations scientifiques , citons comme expériences
Cellule pour les liquide*.
Aiguille aimantée.
Toupie pour l'étude des couleurs compté mentaires (disque de Newton).
Barreau aimanté plongé dans la limaille de fer.
Fig. 78. — Pièces accessoires de démonstrations pour les projections.
réussissant bien et offrant de l’intérêt : les infusoires dans une cellule remplie d’eau, les valves des diatomées avec leur réseau si parfait, le mouvement brownien, la circulation de la sévè dans le Nitella ou le Char a , les parasites, les organes délicats d’insectes, ictc. Au delà du domaine infini de la micrographie, on peut encore citer dans les sciences physiques : la
théorie de la lumière et la polarisation, l’ébullition de l'eau, l’évaporation, les merveilles de la cristallisation sous l’influence de la chaleur, la respiration par un tube flexible qui vient aboutir à une cellule de verre ouverte, les phénomènes de dichroïsmc que présentent certains cristaux, les produits colorés retirés de l’aniline, la décomposition des sels par un courant électrique et une multitude de phénomènes les plus curieux.