LA LUMIÈRE CONVENABLE AUX PROJECTIONS
La disposition usitée dans les projections n’est «à proprement parler qu’une modification de l’ancien microscope solaire; participant aussi de l’appareil d’agrandissement, et ayant certains rapports avec l’appareil photomicrographique destiné à prendre des épreuves, l’éclairage consiste toujours en une lumière réfléchie à travers l’objet et passant ensuite par un système lenticulaire grossissant. Quand il s’agissait de photographie, nous avons recommandé la lumière solaire de préférence à la lumière artificielle, parce que la qualité de la première compensait amplement les inconvénients provenant de son irrégularité. Lorsque l’on fait des projections, le contraire a lieu . la lumière solaire concordera rarement avec les exigences
LES PROJECTIONS
d’un moment déterminé ou la disposition d’une localité. Afin d’être en toute sécurité, il est beaucoup préférable de se servir d’une lumière artificielle que l’on appropriera aux besoins particuliers des expériences.
La lumière électrique offre une grande intensité ; elle est perçante, claire, fait bien valoir les photographies ; elle serait la première à adopter, si son vif éclat n’était pas obtenu aux prix d’installations dispendieuses et encombrantes. Le générateur d’électricité auquel on a le plus fréquemment recours, consiste en une pile d’éléments multipliés ; la pile Bunsen, par exemple, composée de zinc et de charbon, est une des plus énergiques, il faut cependant 60 à 100 éléments pour produire une lumière d'intensité suffisante. Ils nécessitent des manipulations fastidieuses, répandent des vapeurs nitreuses, et la transmission des courants peut se dérangera la moindre inattention. Si l’on produit la lumière par une machine d’induction, telle que la machine magnéto-électrique Nollet, basée sur le frottement de bobines électro-magnétiques sur des aimants en fer doux, il faut des frais d’établissement importants, auxquels vient se joindre celui d’un moteur, une locomobile de trois ou quatre chevaux-vapeur; ensuite il faut un régulateur automoteur qui rapproche les charbons selon l’écartement variable résultant de la combustion. Dans ce mode de produc-
lion, la lumière est quelquefois sujette à une scintillation qui serait défavorable aux projections. Sans exclure l’éclairage électrique, on ne peut le conseiller qu’exceptionnellement.
La lumière du magnésium est douée de la merveilleuse propriétéde conserver sans la moindre altération les nuances les plus fines et les plus délicates ; on s’en est servi avec avantage pour faire des photographies des endroits obscurs. Le magnésium laminé en rubans minces ou étiré en fils se brûle dans une lampe composée d’un tube adducteur recourbé, au centre d'un réflecteur, au bas duquel un jet de gaz ou une lampe à alcool entretient la combustion constante. Le grand défaut de l’éclairage est la facilité trop grande avec laquelle il s’éteint, si le point d’ignition n’est pas suffisamment entretenu en combustion; en outre, la lentille collectrice est maculée par la projection des particules du métal fondu et il développe une fumée abondante, qui, quoique peu nuisible aux voies respiratoires, salit tout ce qui subit son contact ; on ne peut évincer ce désagrément que par l’installation d’une cheminée d’appel décrite précédemment. Maintenant le prix du magnésium est beaucoup plus accessible que dès les premiers temps de son apparition ; cependant, il n’est pas à considérer comme fournissant une lumière bien appropriée aux nécessités d’une séance de projection d’objets microscopiques.
LES PROJECTIONS
On a éclairé pendant un certain temps la lanterne avec une lumière très-vive que l’on obtient en brûlant un mélange d’hydrogène et d’oxygène sur un bâton de