LE CHASSEUR ET LE POLSDRAGER
— Bonjour! dit le chasseur, et il appuie sa tète couverte d’un bonnet vert au coin de la porte de la demeure où le paysan et la paysanne, avec huit à ueuf enfants, deux domestiques et une servante, prenaient leur repas du matin.
— Bonjour, Henri I s'écrie le payssn, tandis que les miettes de pain de seigle qui, à l’occasion de son salut, tombent de sa bouche pleine, sont happées par le chien de chasse; — allumez-vous ?
— Oui, dit le chasseur en s'asseyant sur la demi-porte de i’écurie, et tirant une petite pipe de sa casquette, tandis qu’il tient entre les jambes son fusil dont la paysanne ne pouvait détacher les yeux.
— Il est en repos, la mère.
— Oui, Henri, c’est bon à dire, mais on en a tout de même peur.
— En avez-vous déjà pris, Henri? demanda le paysan.
— Deux, oncle Krelis; je les ai laissés chez Simon.
— - Bah I remarqua la femme, je pense qu’Henri en a joliment eu des perdreaux...
(4) Porteur (le pci clic (à franchir le» fossé*), tuais dont le porteur se sert aussi pour faire lever le lièvre.
TYPES HOLLANDAIS
— Je voudrais bien les voir tous ensemble, dit le chasseur.
Les chasseurs ont toujours un vif désir de voir une vallée de Josaphat pleine du gibier tiré par eux.
— Les voyez-vous encore ? demanda-t-il.
— Je ne les découvre plus bien, dit Krelis, mais voici Pierre qui les voit bien.
— Hier soir, dit Pierre, garçon bien découplé, l’aîné des enfants de l’oncle Krelis, en regardant d’un œil de désir la carnassière et le fusil; hier soir, il en est passé un tout près, ici, devant la porte. Et un gros, savez-vous!
— Le garçon peut-il courir avec moi? demanda Henri à l’oncle Krelis.
— Oui, répondit celui-ci; cela ira bien.
Pierre faillit s’étrangler en avalant sa dernière croûte de pain de seigle avec du fromage. On lira de la grange une longue perche, et le chasseur et le polsdrager furent improvisés.
Telle est en effet l’histoire de la naissance du polsdrager ; mais jamais il n’y eut créature au monde plus reconnaissante de son existence; jamais esclave favori ne fut attaché à son maître plus fidèlement que le polsdrager au chasseur. Il ne quitte pas son côté. Il saule avant le chasseur pardessus tous les fossés et gravit derrière lui cent digues; il arpente avec lui le terrain de chasse en décrivant de fatigants zigzags; il tombe en arrêt comme le ehion et apporte comme lui. Quand le chasseur parle, il est suspendu à ses lèvres; animé de la foi la plus illimitée. El ce n’est pas à de petites épreuves qu’il est soumis. Il n’y a pas de plus grands monteurs que les patineurs et les chasseurs. Mais