NOMBRE DR JOURS DE
Brouillards ou brume.
Neige.
Gelée ('). 1
Champagne Pouilleuse . | îhflons’-sur-.Marnê . ! . . !
i Monifaucoii. .’
1. Ces moyennes portent sur les périodes suivantes : brouillards (UtOO-lPU;!) ; neige (1^99-1902); gelées (1893-1902) ; la moyenne des jours de gelée à Montfaucou se rapporte à la périoile 1880-
Ici donc les contrastes s’accentuent : le massif d’Argonne doit à son altitude relativement élevée, à sa configuration tourmentée, au développement des surfaces boisées autant qu’à sa situation en latitude, d’être soumis à des conditions climatériques analogues à celles du plateau de Langres ou du Morvan. Ce qui est particulièrement frappant, c’est le contraste entre les deux versants de l’Argonne : tandis que les pentes terminales du massif (Beaulieu- Passavant) et le versant de la vallée d’Aisne, exposés à une insolation suffisamment intense et abrités contre les vents du nord, portent encore des vignobles dans les éboulis de la roche de gaize, le talus opposé qui fait face aux courants polaires sur la rive gauche de l’Aire sensiblement plus froid et plus âpre, en est complètement dépourvu.
L’extrémité septentrionale de la région champenoise présente les mêmes atténuations progressives du climat parisien : la vigne ne dépasse qu’accidentellement la limite du val d’Aisne, qui marque bien la fin de la vraie Champagne. Le sol est d’autant plus abreuvé par les pluies, le ciel plus nébuleux, la température plus inégale qu’on s’élève dans la direction du nord en se rapprochant de ces « Crêtes » formant faîte de séparation entre les versants de l’Aisne et de la lieuse. Là s’annonce, avec des paysages aux lignes sévères et fréquemment embrumés, une tout autre nature ; là s’accuse la rudesse du climat ardennais.
En résumé, la Champagne est soumise, comme toute la région située au nord du massif central, à une influence prédominante, celle de l’Atlantique, qui propage, de la Bretagne aux Vosges, les mêmes perturbations atniosj)hériques, détermine la prépondérance des vents océaniques et des pluies de la saison chaude. ]Mais, malgré cette homogénéité du régime pluviométrique, la Champagne doit au redressement croissant de son sol, dans toutes les directions de l’est, et malgré l’éloignement de la mer, une recrudescence progressive des pluies. D’autre part, par suite de sa situation géographique, la Champagne, plus profondément engagée à l’intérieur des terres que la partie centrale du bassin parisien, est aussi plus exposée aux rigueurs du climat continental; par contre, la région champenoise, dans son ensemble, se distingue des pays lorrains et ardennais qui doivent à leur situation plus continentale et à une altitude supérieure, une prédominance plus marquée des pluies d’été, des hivers plus longs et plus âpres, une insolation estivale parfois plus intense, une plus longue durée des automnes, des variations plus brusques de la température, surtout pendant la saison chaude (‘). C’est donc surtout par une gamme de nuances que se manifestent les particularités climatériques pro|jres à la Champagne, région d’étendue trop restreinte pour être caractérisée par un climat absolument ti'anché, se distinguant nettement de celui des contrées voisines qui, sous plus d’un rapport, forment avec elle un tout géographiquement bien déflni. Le climat champenois est pour ainsi dire une combinaison à doses inégales des deux influences océanique et continentale; ses éléments constitutifs sont susceptibles de présenter, dans les limites de la région, des variations plus ou moins appréciables, dérivant d’une foule de causes secondaires locales, qu’une étude détaillée nous a permis d’évaluer approximativement.
1. Si les affections pulmonaires résultant surtout des intempéries paraissent être moins fréquentes à Ueims et à Troyes qu’à Nancy, c’est peut-être à une moindre rudesse du climat qu’il faut attribuer ce résultat. La mortalité par pneumonie (proportion pour 10000 habitants, période 1887-189?^) est de 14,8 à Keims, 20,7 à Troyes, 23,7 à Nancy (cl. Ütatittiqnc sanitaire des villes de Franccj tableau récapitulatif, iu-l“, Melun, 1900, p. lOl-lOô).