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BASSIN DE LA HAUTE-SEINE

Niveaux de la haute Seine à Bray et à Montereau pendant la saison froide 1900-1901.

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HYDROGRAPHIE

méables à l’excès, ])ar conséquent pauvres en cours d’eau; il arrive parfois, qu’à la lin de la saison chaude, la haute Seine et son attl tient la Laigncs ont un lit complètement desséché sur une certaine étendue de leur cours. La submersion des rives est donc assez rare dans la plaine de Vaudes, et la population s’éloignant des terres greveuses de la plaine a pu s’agglomérer le long de la rivière. Lorsqu’elle arrive dans le bassin de Troyes sur les confins du terrain de craie, après un cours d’une vingtaine de kilomètres à travers l’auréole infracrétacée, la Seine est grossie par deux petits affluents torrentiels de la Champagne Humide : à gauche l’IIozain qui lui apporte les eaux des forêts d’Aumont et de Rumilly, à droite la J3arse qui draine la forêt d’Orient. ^[algré la prépondérance des terrains perméables du bassin supérieur (‘), le régime de la Seine jusque-là tranquille est légèrement dérangé par l’afflux inégal de ces deux cours d’eau. Aux environs de Troyes, les prairies que sillonnent la Seine et ses multiples dérivations sont fréquemment inondées jiendant la saison froide, lorsque les crues subites de la Barse viennent s’ajouter brusquement à celles du fleuve principal; les faubourgs de Troyes (Breize, les Tauxelles) ont souffert jilus d’une fois de ces inondations. Fort heureusement, dans les conditions normales, les crues de la Barse et de l’Hozain, plus rapides que celles de la Seine, précèdent ces dernières aux confluents (-).

Dans sa traversée du terrain de craie, la haute Seine reçoit son principal affluent. Cette rivière jumelle de la Seine, issue de la Montagne (région du plateau de Langres, près d’Auberive) à une altitude voisine de 500 mètres, est soumise aux mêmes conditions d’alimentation que la Seine, traverse la même série de terrains, et a une allure à peu près identique. Les maigres ruisseaux qui drainent au profit de l’Aube les plateaux crayeux de la Champagne Pouilleuse n’augmentent pas sensiblement son débit et ne font que soutenir la portée de ses crues. Il n’en est pas de même de la Voire. Ce torrent, qui provient de la contrée imperméable et humide du I)er, est l’élément perturbateur des niveaux de l’Aube; mais il arrive, comme pour la Barse, que les crues très rapides de la Voire précèdent celles de l’Aube au confluent, et que leur portée est quelque peu atténuée

Bar-sur-Scine. 833 milUmôtres (moyennes do la période 1831-19J3 dans le lîésumé de* obaerv, du »err. hydrom.f année 1900, p. 21).

1. Terrains oolithiques perméables, 1425 kilomètres carrés; terrains infracrétacés imperméables, 1 635 kilomètres carrés.

2. Bouïiot, 2iote9 sur les inondations de la Seine à Troyes, in-8'*, Troyes, 1864; Belokakd, La Seine, p. 284.

par la traversée du terrain de craie. En aval d’Arcis, l’Aube, qui coule à pleins bords, est encore capable de submerger scs rives (').

La haute Seine est plus que doublée par le tribut que l’Aube lui apporte à Marcilly -, le débit de ses crues qui, à Troyes, ne dépasse guère 192 mètres cubes, peut atteindre, entre Nogent et Bray, 420 et 430 mètres cubes (■) ; là, elle peut être considérée comme étant détinitivemeiit constituée : les maigres affluents, tels que la Voulzie, qui lui apportent de la Brie, par les ravins du ^lontois, leurs flots irréguliers ne peuvent influencer sensiblement ses niveaux. Le régime de la haute Seine est essentiellement déterminé par celui des rivières du cours supérieur, et les variations de niveau à Bray (®), en aval du confluent de l’xVube, sont prévues, d’après les hauteurs observées : en Bourgogne, sur la Seine à Gomméville, sur l’Ource à Autricourt; dans la Champagne Humide, sur la Barse à La Guillotière et sur la Voire à Rosnay. La traversée du terrain de craie a pour effet de retarder les crues de la Seine et d’en atténuer la portée, c’est pourquoi les crues de flYonne à ^lontereau précèdent celles de la Seine de plusieurs jours ou sont en décroissance quand le flot plus lent de la Seine se fait sentir. Entre les confluents de l’Aube et de l’Yonne, la haute Seine, qui coule dans une plaine à faible pente (■*), submerge parfois ses rives ; elle n’en conserve pas moins, en sortant de la Champagne, une allure remarquablement tranquille qu’elle doit à la prédominance des terrains perméables de son bassin supérieur (‘).

En amont de Troyes, la Seine, malgré sa faible profondeur, l’instabilité des bancs de graviers qui obstruent sou chenal et les nombreux barrages des moulins qui interceptent sou cours, a été longtemps utilisée pour le flottage des bois, et même, jusqu’au xviT siècle, c’est par bateaux que descendaient jusqu’à Ti’oyes les vins, les pierres à bâtir et les fers de la Bourgogne (®). Au sortir de la plaine de Vaudes,

1. Sur le cours et le régime de l’Aube, cf. Finot, I.’Auhe et ses bords, in-S", Troyes, 1886; llKi.- OUAND, La Heine, p. 281; Manuel hydvolug. du bassin de la Seine, p. 94, 101.

2. Manuel hgdrolog. du bassin de ta .Seine, p. 93-94. A Hray, le débit a atteint 130 métros cubes (2 jaiiv. 1883).

3. A Itrav, les submersions commencent à la cote I"’,80. La plus grande crue connue est colle de janvier 1861 (3n>,l3). Kn janvier 1893, l.i crue a déterminé une montée de l'“,71 (cote initiale, 0“,08; niveau maximum, 1°'10).

4. Altitude du plan des basses eaux à Marcilly, 67“,64 ; à Montereau, 46'“ ,03. Différence de niveau, 21'”,31. Longueur du cours, 89 kilomètres. Pente kilométrique, 0'“,212.

5. Terrains perméables (oolithe de la Bourgogne, craie de la Cham;>agne Pouilleuse et terrains tertiaires du Montois), 8615 kilomètres carrés; terrains imperméables (infrai rétacé de la Cliampagiic Humide), 1635 kilomètres carrés.

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