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Belukano, La Seine, p

5. Le.s dérivations de Conâans à Bernières, de Beaulieu à Villiers, ainsi que les coupures du Ve* soult et de la graude Bosse ont réduit d’abord de 88 à 74 kilomètres la voie navigable proprement dite. La coupure do la boucle de l’Ormelot, des dragages dans le chenal et la substitution au tracé sinueux do la rivière, entre Bray et la Tombe, d’une dérivation éclusée de 10 kilomètres ont complété ces améliorations successives. (Cf. Allât des voies navigables de la l'Vance, 2*^ série, fasc., p. 5-7, et pl. U [profil de la Seine entre Marcilly et Moutereau]).

rompre charge entre Troyes et Paris; mais l’accès de la rivière, comme celui du canal de la haute Seine insuffisamment profond (1"',T0), reste encore interdit aux péniches flamandes dont le tirant d’eau est de 1"’,80(‘).

L’influence modératrice exercée par la ti*aversée des terrains crayeux de la Champagne affecte le régime de la Marne dans des conditions un peu différentes de celles que nous avons constatées pour la Seine et pour l’Auhe. A son entrée dans la Champagne, entre Joinville et Saint-Dizier, la ^larne a une allure torrentielle, car elle a ses sources dans la zone liasique imperméable du plateau de Langres (580 kilom. carrés) ; les differents étages de la formation oolithique qu’elle draine sont abreuvés par des pluies très abondantes (’), et, malgré leur étendue relativement considérable (3 500 kilora. carrés), ils régularisent médiocrement son régime en soutenant la portée des crues observées à Saint-Dizier (^). L’aire drainée par la 5[arne dans la bande infracrétacée est peu étendue (1 910 kilom. carrés); mais c’est -là, dans les plaines du Perthois, entre Saint-Dizier et l’aval de Vitry-le- François, que la rivière est successivement grossie par des affluents importants qui exercent sur son régime une influence décisive : la Biaise, rivière du Vallage et surtout le faisceau Ornain-Saulx-Chée, cours d’eau torrentiels originaires du Barrois. La Biaise est capable de porter le débit de la Marne à Vitry-le-François à plus de 300 mètres cubes à la seconde (^). Quant à l’Ornain qui rejoint la 5farne en aval de Vitry, bien que drainant une région perméable (calcaire portlandien du Barrois), il coule, ainsi que son affluent la 8aulx, dans un lit tapissé de marnes kimmeridgiennes imperméables (^), et ses

1 . Tonnage effectif de la haute Seine, entre Marcillg et ilonterean.

PÉKUIDKS. TOSXES.

1883-1887 Slfijl

On rcmarqacra l’aeeroisscuient du tonnage pendant la période 188i-1892 qui correspond avec l’exécution d’importants travaux d’amélioration de la voie navigatile.

2. Moyennes annuelles des pluies tombées dans le bassin de la haute Marne : Langres, 851 millimètres (période 1889-1900); Colombey-les-Ucux-Églises, 900 millimètres; Clefmont, 969 millimètres; Vassy, 840 miUiinètrcs (période 1881-1900) [Serrics hgdrom. de la Seine, résumé des observations, année 1900, p. 24].

3. A Saint-Dizier, le débit de 1a 51arne peut varier entre 2“^, 632 et 200 mètres cnbes(jraniiet hgilrol. du batein de la Seine, p. 95, 107).

4. 407 mètres cubes, crue du 2 janvier 1861 (Manuel hydrolog. de la Seine, p.48). Sur les ernes de la Marne observées à Larzicourt, en aval de Saint-Dizier, cf. l’Atlae du eervire hgdrom. de la Seine, année 1892, pl. n° 6.

5. Sur le débit et les niveaux de la Saulx à Uobert-Espagne et de l’Oruain à Bar-le-l)uc, cf. lluvianiKR, Statut, géolog. de la Meuee, p. 41, 44; sur la Saulx, à Vitry-le-UriUé, of. Allât du terviee

BASSIN SUPÉRIEUR ET WlOYEN DE U MARNE

Pa~MtfiêTKTlAtR<

1 Terrains imperméables UnfracrétBcé et lias)

Echelle : 8 millin. pour 10 kilom.

ux de la Marne pendant la saison froide 1900-1901

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HYOROGRAPHIK

brus(jucs écarts de débit sont en relation avec l’abondance et la violence des précipitations atmosphériques qui affectent la région montueuse du Barrois('). Il en résulte que la Marne, fortement influencée par l’afflux irrégulier des eaux de la Biaise et de l’Ornain, conserve, en pénétrant dans le terrain de craie, un régime tel que la submersion des rives peut se produire à Cliâlons et même à Épemay C^).

Les 2 635 kilomètres carrés drainés par la Marne dans le terrain de craie n’augmentent guère le débit de la rivière, vu l’insignifiance des petits affluents issus de la Champagne Pouilleuse (Fion, Moivre, Coole, Somme-Soude, etc.). La traversée du terrain de craie, sur une longueur de 93 kilomètres, a seulement pour effet de ralentir les crues par suite de la faible pente du thalweg et de sa perméabilité (^). On a constaté qu’entre Saint- Dizier et Chalifert (Brie) la durée de propagation des plus fortes crues n’est pas inférieure à cinq ou six jours (^). Quant aux montées anormales de la iMarne, entre Vitry-le- François et Epernay, elles ne deviennent dangereuses qu’à la suite de deux crues successives en amont de Vitry, la première ayant seulement pour effet de s.iturer les terrains traversés. En somme, au sortir de la Champagne (pertuis de Damery, en aval d’Epernay), les crues de la 5Iarne, seulement retardées, restent prévues d’après les niveaux observés sur le fleuve à Saint-Dizier, sur la Saulx à Vitryle-Brùlé (®) et sur l’Ornain à Fains au-dessous de Bar-le-Duc ; la Marne conserve une allure demi- torrentielle, atténuée légèrement par la traversée du terrain de craie (*).

Dans son cours champenois, la Marne n’est point navigable, bien que la circulation des bateaux paraisse y avoir été assez active aux

hijdrom.f année 1892, fenille 3, et ^fa1mel hr/drntog. du laa in de fn Seine» p. 107. A Houflelaincor.rt (Barroiîi), l’Oruairi peut débiter durant les crues de la saison froide de 400000 à 600000 mètres cubes eu vin^t-quatre heures, taudis qu’à Tétiage, pendant le mois d’aoùt, son débit ne dépasse guère 40 000 mètres cubes {Conteil général de la 3(enset août 1892, délibération, p. 94-95).

1. Hauteur moyenne des pluies à Har-le-Duc, 9ü5 millimètres ; à Demange-aux-Kaux, 811 millimètres (période 1881-1900) [.S'errire hydrom.» année 19. 0, ubsei’vations, p. 25].

2. Variations du débit à La Chaussée, en av,tl de Vitry ; G“»\74 et 616 mètres cubes(.lfan«el hydrol. de la Seine» p. 95, oi Ohserv. du scru. hydrom.» année 1892, p. 59). Sur les inondations à Châlons et à Épernay, cf. Champion, Les Inondations en France» t. Il, p. 153-157.

3. Hntre Saiut-Dizier et le pertuis de Damery, la différence d’altitude du plan des basses eaux est de 69'“,Ül pour un parcours de U7^'«,800: pente kilométrique, 0'»,167.

4. Le 9 décembre 1885, la hauteur du niveau de la Marne à Saint-Dizier était 3"*, 25 ; c’est le 15 seulement qu’elle atteignait 3“>,98 à Chalifert. La crue du 9 janvier 1893 ayant déterminé une montée de 2>“,88 à La Chaussée, un a constaté à Dainory un niveau maxîuium de 2'“, 10, la différeuceO'»», 18 exprimant l’atténuation apportée à la crue de la rivière par la traversée du teiraiu de cnûe {Serv. hydrom. de la Seine, observations, année 1885, p. 22, et 1892, p. 59).

5. En septembre 1881, la montée de la îlarne à Damery a été surtout déterminée par 1 s crues do la Saulx observées à Vitry-le-BrûIé (5m‘. hydrom.» année 1881, observât., p. 1 1).

6. Les dérivations et prises d’eau qui saignent la Marne au proHt du canal latéral, notamment celles du barrage de (’ouvrot, prés Vitry, ont pour effet d’ubuisser le niveau de la rivière d’une façon atioruir.le pendant la sai.sou ch udo, surtout (^uaud l’auuée est sèche (8'cre. hydrom.» observât., année 1893, p. 18 .

LA CIIAMPAG.M::

siècles passés ('); la navigation ne commence qu’en aval d’Épernay jusqu’à Paris (21G kilom.), grâce à un mouillage minimum constant de 2 mètres. i\Iais, depuis quelques années, la Marne, en amont d’Épernay, est doublée d’un canal latéral continu, qui, raccordé aux canaux de l’Aisne ainsi qu’à la Saône, constitue un tronçon de la grande voie navigable reliant les ports de Calais et de Dunkerque au littoral méditerranéen (■).

Le régime de V Aisne n’est pas sensiblement différent de celui de la Marne. Lorsque la rivièi’c, abandonnant son cours normal devant l’obstacle que lui présentent les pointenients rocheux des affleurements oolitliiques, est rejetée brusquement du côté de l’ouest et reprend la direction conséquente que lui impose désormais le redressement raj)ide des assises du sol vers le nord-est, aux environs d’Attigny, elle s’engage dans le terrain de craie qu’elle traverse en décrivant une grande courbe dont le sommet est à Château-Poi'cien. .Son allure torrentielle (’) est peu moditiée par l’influence modératrice des sols perméables de la craie; car, si ses affluents de gauche, la Ketourne et la .Suippe, issues de la Champagne Pouilleuse, ont un débit faible et régulier, il n’en est pas de même des affluents de droite, la Poivre, les rus de Migny, de la Vaux, de Saint -Perjeux et des Barres qui drainent une région de terrasses fortement inclinées où les sols plus ou moins imperméables, marnes crayeuses, argiles tertiaires, sables et argiles de l’infracrétacé , couvrent des superficies assez étendues. L’aire drainée par l’Aisne dans la zonecrayeuic ayant une superficie inférieure (3 095 kilom. carrés) à celle du bassin supérieur où prédominent les terrains imperméables (3 696 kilom. carrés), on s’explique que la rivière j)uisse inonder fréquemment sa vallée, en aval d’Attigny, pendant la saison froide (^). Les montées de l’Aisne, jusqu’à Berry-au-Bac et à Pontavei’t, à la lisière de la Champagne crayeuse, sont encore régies par les crues de son cours supérieur et de ses affluents dans le Vallage, dans l’Argonne et dans le Barrois.

Classée comme flottable depuis ^louron, en aval du confluent de r.Vire, jusqu’à Château -Porcien (91 kilom.) où elle devient théori-

1. Uaituiku, Mémoires historiques de ChampugnCy t. I. P- 380. Cf. CiI.VMl»IOK, IjCS Inondations en France, t. Il, p. XI.VII, n )t<>.

2. Canal latéral d’Êporuay à Couvrot, 60 kiloiué:rcs (construit soiia I.ouU-rbilippd) ; canal do la liautc Xlarnc, (le Couvrot à Uouvroy; c.inal de la Mani a d la Saône, do Konvroy à ileuilley-Cuttou (89 kilom.).

3. Cf. la description du cours siipérlenr le l’.4isne {supra, p. 98-99).

1. A Ketliel, eu janvier 1893, on a relevé pour une crue la cote initiale de 0 '>,10 et la bantenr maxiina consecutive 2'“,7ô, soit une montée de 2'", 03 {Serv. hÿ.lroin., observât., année 1892, p. 59). Cf. ChamfioN, Les l.iondationt en France, t. 11, pièces justifie., p. liu.

Mùtres.

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