BASSIN SUPÉRIEUR ET MOYEN DE L’AISNE
Niveaux de l'Aisne pendant la saison froide 1900-1901.
Novembre Décembre J.^nvie^ Février Mars Avril
5 10 15 20 25 30 5 ,10 15. 20 25 SI 5 10 15 20 25 31 5 10 15 20 25 28 5 10 15 20 25 31 .5 10 15 20 23 30
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HYDROGRAPHIli
quenient navigable, l’Aisne est complètement délaissée comme voie de transport (‘) depuis l’ouverture du canal latéral de Vouziers à Celles (113 kilom.).
En résumé, la traversée de la formation crétacée champenoise affecte diversement le régime des grands cours d’eau du bassin de la Seine. En géniral, l’instabilité des niveaux provoqués par l’afHux des petits torrents de la zone infracrétacée est atténuée, dans une certaine mesure, par le terrain de craie qui retarde plus ou moins la montée des rivières principales, régularise leur allure en soutenant leur débit pendant la saison chaude. C’est à la combinaison de ces influences compensatrices que la haute Seine doit l’équilibre remarquable de son régime. La Marne et l’Aisne ont une allure plus capricieuse; les influences perturbatrices auxquelles ces deux rivières sont soumises dans la zone infracrétacée où elles recueillent leurs affluents les plus importants exagèrent l’instabilité de leurs niveaux et de leur débit, qui ne peut être que faiblement atténuée par la traversée régulatrice des sols crayeux où leur alimentation est très maigre. C’est r\onne qui, en raison des conditions spéciales de son aliinentation, de la pente relativement forte de son lit, est la moins affectée par la travei*sée de la région champenoise, et conserve le mieux son individualité primitive, essentiellement torrentielle.
L’influence du régime particulier à chaque rivière se manifeste en Champagne par la formation très inégale des tourbières dans les vallées. L’Yonne, qui est très torrentielle, traverse le terrain de craie sans y engendrer des marais tourbeux, tapissant son thalweg de galets et de tables siliceux; dans la vallée de la Seine, au contraire, les tourbièi'ïvs apparaissent aux environs de Troyes, dès que la rivière aux eaux limpides pénètre dans le terrain de craie, et les dépôts tourbeuk acquièrent un développement particulièrement considérable dans la large plaine deltaïque où la Seine et l’Aube mêlent leurs eaux. La Marne dont les crues sont plus rapides et limoneuses, conditions défavorables à la formation de la tourbe, remplit son lit de limons et de graviers calcaires entre Vitry et Épernay. L’Aisne enfin, en aval de Killy, conserve assez de violence pour traverser toute la craie blanche sans y former des tourbières riveraines.
1. Sur l’auciennu uavigat'ou de l'Aisne, cf. un Mémoire do Vauban publié par i>e Hoii.isi.k (J/tmoire» de la généralité de Farii, p. 40.1, appendice). L’Aisne n’est aujourd'hui navigable que depuis le moulin de Vailly (Soissouuais), en amont du contlaeut de la Veslo, jusqu’au confluent de l’Oise, pris de Compiégne (59 kilom.). Le canal latéral est alimenté par plusieurs pelits ruisseaux cl à l’aide do prise.s d’can dans l’Aisne à Killy, Givry, Naiiteuil et Asfeld.