Lak7.il.mkkk, L«i ForéU dî In Meuse, p
2. Cf. Hkauvisaok, Herborisaiiou djins l’.CrtÇOiiiie (liullel. de ta Soc. bolan. de Lyon, 7 j.mv. 1890, et br. in-''", Lyun, 1891) ; Compte rendu d’iiue excurgiou bot.iniiiuc dans l’.-Vr<;onnc (liiiUet. de la Soe. d’étude des se. natur. de lieims, t. VIII, 1899, p. MV-Kv). On retrouve dans la flore de l’-Crgonne les earaetèros généraux de celle des terrains siliceux de la nioutagne de Ueiins. Cependant, iiuelipies plantes de l’.A.rgonne n’ont pas été observées on sont rares au.x environs de Iteims ; elles appartiennent esseutiellenient à la flore de l’est et paraissent atteindre dans l’.-lrgonno leur limite de dispersion du côté de l’ouest (/billet, de ta Soc d’hist. natur. des Ardennes, t. VI, 1899, p. lOJ ; cf. au t. VU, 1900, p. 29, compte rendu d’une excursion botanique de Vouz'ers à la Croix-aux-Hois.
LA. FLORE CHAMPENOISE
ni
Le terrain de craie n’a pas une flore absolument originale (*) ; la plupart des espèces qu’on y rencontre se retrouvent sur les plateaux calcaires de la Bourgogne et du Barrois, bien que moins nombreuses. Le tapis végétal qui recouvre les sols crayeux est généralement plus varié que celui des terrains de la formation infracrétacée ; dans un espace déterminé, le nombre des espèces y est plus considérable, car les plantes dominantes, toujoin*s disséminées, laissent entre elles un espace suttisant où peuvent se multijilier les espèces secondaires. Les espèces arborescentes, de beaucoup les plus rares, et presque toutes introduites par l’homme, sont caractérisées par des formes chétives et rabougries, conséquence de l’extrême perméabilité des assises crayeuses, de leurs médiocres qualités nutritives, de la faible épaisseur et parfois de l’absence complète de dépôts limoneux superflciels. Les plantes herbacées sont prédominantes ; la plupart des espèces sont nettement calcicoles (®) et appartiennent aux différentes variétés des labiées, des orchidées, des crucifères, des papilionacées, des renonculacées, des synanthérées (chardons). On peut distinguer dans la formation crayeuse plusieurs zones florales dont les caractères spécifiques sont parfois assez nettement tranchés. Les plateaux les plus arides, les friches et pelouses sèches (savarts), qui n’ont jamais été cultivés de mémoire d’homme, sont revêtus d’un maigre gazon d’herbes courtes où les espèces sont assez nombreuses, et c’est là qu’on saisit le mieux les effets de la sécheresse et de l’infertilité des sols crayeux ; on y remarque plusieurs légumineuses : les trèfles, la minette dorée ou luzerne lupuline, l’ononis jaune, le cytise rampant ; une scrofularinée, le mélampyre des champs ou queue de renard; une graminée, la fétuque des moutons ; plusieurs labiées, entre autres le serpolet; une euphorbiacée {euphorhia gerardiana) et une globulariée (globularia vulgaris). Sur les gradins qui festonnent les versants des vallées, sur les bords des chemins et sur les talus, dans les buissons, des touffes de genévriers et de rosiers sauvages qui sont indigènes, quelques espèces arborescentes non spontanées comme le faux acacia {robinia pseudo-acacia), le saule marceau (salix aurita) et la vordre.
1. Hlkk^uer, üéogi'.ipliie botanique du camp do Chàlons (liecueil de mém. de méd. chirurg. et pharmac. milit., S*- série, t. XIX, 18 i7, p. 190); P. Habiot, Due Herborisation à Méry sur-Seine(iJ«/let. de la Soe. botan. de France, t. XXXVIII); Description botanique de ia vailée de ia Retourne {Jlullct. de la Soe. d'hiat. natur. det Ardenne -, t. IV, 1897, p. 82); A. Ocillaumb, Flore xcrophile de ia Marne : la plaine crayeuse des environs de Reims (Ballet, de ta Soc. d’Aist. natur. de Heimt, t. IX, 1900, p. 22 et suiv., et /Aid., t. I, p. 102;t. VI, p. 13 et suiv. ; t. VII, p. 60 et suiv.); Ballet, de la Soc. d'iiiet. natur. dea Ardennes, t. Vil, 1900, p. 33).
2. Dans la Marne, la flore xérophile de la plaine crayeuse ne compte guère plus de 500 espèces. On ne peut signaler la présence d’une plante silicicole véritablement exclusive (Soe. d'hiat. natur. de Keima, t. l.X, p. 75-76).
espèce de saule hybride qui foisonne dans tous les bosquets; yà et là, quelques plantations d’ormes étiques isolés aux carrefours des chemins et autour des calv'aires dont les silhouettes se drossent sur les éminences. Dans les pineraies, sous le couvert des pins et des sapins, quelques plantes herbacées trouvent un abri, comme cephalanthera grandijlora, monotropa hi/popgtis, plante essentiellement forestière, jvp'ola unijlora, espèce du nord extrêmement rare en Champagne, et goodjjera repens, qui tend à se propager dans toute la Champagne Pouilleuse. Dans les champs cultivés abondent la moutarde sauvage (sinapis aroensis), le pastel (isatis tinctoria)^ le cératophale en faux (ceratophallus falcatiis), calepina corvini, neslia paniculata, etc.; au printemps pullulent les véroniques (veronica arvensis), en été le bleuet (cenfaurea eganus) et le coquelicot (papaver rhœas)\ en automne, après les moissons, le galeopsis ladnnum, Viberis aniara. Les prairies artificielles sont caractérisées par l’abondance des composées et des graminées, et de nombreuses légumineuses, entre autres le sainfoin. Les parties du sol crayeux, recouvertes de lambeaux de limon des plateaux, ont également une Hure spéciale, mixte comme le sol qui la porte, variant de composition selon la prédominance des composantes du sol, argile, craie ou sables; cette flore présente surtout de grandes analogies avec celle des sables du Soissonnais. Dans les vallées humides et les prés-marais qui bordent les rivières (*) végètent diverses variétés de peupliers (populus nigra, populus tremula, populus canadensis, etc.), le bouleau blanc, le frêne, les saules et les aunes (ahius glutinosa)^ etc. ; on voit associées aux cypéracées ordinaires quelques graminées caractéristiques : le brome rarneux (hromus racemosus), le phléole des prés (phleum pratense)^ le dactyle aggloméré (dactglis glomerata), l’houlque laineuse (holcAis lanatus), etc., et toute la variété des plantes aquatiques ; dans les vergers, le cornouiller et le néflier sont tout à fait caractéristiques (environs de Troyes).
Sur les argiles et les sables tertiaires qui recou^^•ent la craie dans le pays d’Othe, on retrouve la flore des sols frais et siliceux de la Champagne Humide et de l’Argonne, augmentée de quelques espèces occidentales (■). Le chêne et le charme, qui sont les essences dominantes dans l’état actuel, ont pour voisins dans les forêts le bouleau,
1. Sur la flore des vallées humides du terrain de craie, cf. JiuUet. de la Soe. d'étndedeê »e, nalnr.de Reime, t. Il, p.62 sqq. ; t. Itl, p. 16-48; t. V, p. 20, 40; t. VIII, p. 36 sqq.; E. Guêkakd, Notice sur le# marais de SainMiond, flore {Mém. de la Soe. d*agrie. de la J/arns, année 1837).
2. t f. P. Kliciik, Un Reboisement, étude botanique et foresliére (.dunul. de laecUnee agron., t. I, 1888, p. 2i>7), et Notes sur la flore de TYouno {liultet. de la Soe. hotan., 3« série, t. V, 18*J8, p. 40).
LA FLORE CHAMPEXOI.'E
le saule marceau, le sorbier, l’alisier, le néflier, et des conifères, ces derniers provenant de plantations. Dans les prés-marais de la vallée de la Vanne, la flore des terrains tourbeux est l’eprésentée par d’abondantes ombellifères (joeucedanum carvifolia, silans pratensis, angelica sglvestris, senecio paludosus) et par la gentiana pneutnonanthea .
Au nord de la vallée de l’Aisne, où l’on voit affleurer successivement la craie, l’argile et les sables de l’albien avec des dépôts superficiels de sables tertiaires ou de limons quaternaires, la variété des espèces végétales est extrême, comme la nature même du sol ; c’est là que les flores du nord et de l’est delà France se rencontrent et se combinent avec la flore parisienne ('). La falaise de Champagne-Brie, où le soubassement crayeux est parfois recouvert de dépôts tertiaires, sables, argiles, fragments de calcaire grossier et de meulières, qui ont glissé sur les pentes et remblayé les vallons, présente une flore mixte, très variée, où l’on voit souvent les espèces silicicoles succéder aux espèces calcicoles, sans que le sol présente un aspect différent ; en général les espèces jiarticulières aux sols frais et siliceux sont les plus nombreuses : senecio nemorensis, vaccinium mgrtillus, phgteuma spicatum, genista tinctoria, silene conica, maïantimnum hifolium , etc. 5 dans les argiles à meulières, au sommet de la falaise, se distinguent l’ancolie (aquilegia vulgaris) ^ la scrofulaire {scrofularia nodosa)^ le sceau de Salomon (polggonalum vulgare), le cytise {cgtisus supinus)] dans le calcaire grossier: le pastel {isatis tinctoria), l’anthyllis (anthgllis vulneraria) ; dans les argiles à lignites, le pas d’âne {tussilago farfara), le lamier jaune (lamium galeobdolon) ; dans les sables, le genêt {sarothamnus scoparius), etc.
En résumé, les es{)èces végétales des régions parisienne et lorraine se retrouvent dans la Champagne située sur les confins de deux zones climatiques ; elles s(^ groupent dans les stations où elles rencontrent les conditions de milieu les plus favorables ; il semble aussi que certaines plantes de la France orientale comme galium silvaticum, luzula albida, sambucus racemosa, etc., atteignent dans la zone infracrétiicée, et en particulier dans le massif gaizeux de l’Argonno, la limite extrême de leur dispersion vers l’ouest (’). C’e^t pourquoi il est inté-
1. Sur la flore des pays dilués au noi’d de la vallée Aisne, cf. UuUet, âe la üoe. d’hht. natnr. des Ardennes, t. III, p. 9; t, IV, p. 7.
'ét. Cf. les comptes rendus d’excurAÎoui botaniques publiés dans le Uullei. ôe la Soc. des sc. natnr. de lieinis, t. I, p. 59, 71, 83, 87 J t. U, p. 59, 55, Ü5; t. III, p. 03; t. V, p. 20, 40, 51-53, 12J et lxv-lxvi ; t. VI, p. .15; t. VU, p. 23, 123, 143; t. VIII, p. lix-lxx; Hippol. Lauoqus, Indicateur de la flore de Provins et de ses environs..., iu'lO, Provins, 1888.
3. JhUlet. de la Soe. d*étnde des sc. natnr. de Reims, t. VIII, p. lv.
Une fougère de l’est, polypodinm ph-'gopte. is, atteint sa limite dans l’Arjoiiue.
ressant de rechercher l’importance relative des espèces du nord (nord de l’Europe et régions montagneuses de la France) et du midi (ouest et midi de la France), et de déterminer leur aire respective d’extension sur le sol champenois. Les espè'‘es méridionales paraissent plus nombreuses que les espèces septentrionales; toutefois la prédominance des premières est inégale ; elle paraît s’accentuer dans la partie sud de la région champenoise. D’après les évaluations de M. Fliche, le nombre des espèces méridionales s’élèverait à 88 dans le département de l’Aube et à 110 dans l’Yonne; celui des espèces se rapportant à la flore du nord et des montagnes serait respectivement de 63 et 68 ; toutefois, le caractère de spontanéité paraît plus accusé pour les espèces des régions froides, offrant en majorité toutes les apparences d’espèces absolument indigènes, que pour les plantes présentant des aftinités méridionales ('). L’aire spéciale à chacun de ces groupes de plantes est assez nettement délimitée : les esj)èces septentrionales ou montagnardes, à défaut du climat froid et des hautes altitudes qui leur conviennent, ont trouvé leurs stations de prédilection sur les sols humides et dans les forêts de la zone infracrétaeée, dans l’Argonne, sur les plateaux boisés (“) du pays d’Othe, sur les pentes et les crêtes de la falaise tertiaire (montagne de Keims), et dans les vallées tourbeuses du terrain de craie. Au contraire, sur les hautes plaines de la formation crayeuse, comme sur les plateaux oolithiques de la basse Bourgogne, les espèces présentant des affinités avec la flore septentrionale sont peu nombreuses et paraissent avoir été naturalisées à une époque récente, comme les différentes variétés de conifères dont les massifs couvrent les savarts de la Champagne Pouilleuse (pinus splvestrls, p. laricio austriaca, p. pinaster, p. strobus)] dans ces pineraics du terrain de craie, quelques espèces septentrionales ont pu s’acclimater [pyrola unijlora, gpodj/era repens, etc.), equant aux plantes méridionales dont les exigences en fait de chaleur sont à peine satisfaites par le climat local, elles se sont cantonnées de préférence sur les sols crayeux et découverts de la Champagne Pouilleuse, susceptibles d’un échauffement considérable et où elles sont exposées à une forte insolation (^). Grâce aux découvertes pa-
1. P. Pmciik, }^}tudc sur les flores de PAiibe et de PVonne (Mém. de la Soe. aead. de l'Aube^ S** série,
t. XXX, 30, iJ, 40, t8).
2. Les affinités très marquées que présenteut les especes de ces pays avec la flore septentrionale s’eipÜqucnt par la prédominance des sols arj^leux naturellcmeut froids et où le couvert des bois qui y vé};èfent entretient une humidité et une fraicheur constantes, principal obstacle à Péchauiremcnt du sol.
3. Cf. FliIChe, Ioc. cit.f p. 25, 30, 12, 14. Ce botauiste a observé qu’un certain nombre de ces espèces méridionales n’ont point été introduites par l’homme, mais qu’elles paraissent être entrées de très longue
LA FLORE CHAMPENOISE
léontologiques, il nous est possible de saisir quelques-unes des transformations profondes qu’a subies la Hore arborescente spontanée de la région champenoise, antérieurement à l’époque actuelle, du fait de modilications successives dans les conditions climatériques. Sans remonter jusqu’à la flore paléocène des travertins de Sézanne, dont l’ensemble des espèces est un mélange de formes subtropicales et tempérées parmi lesquelles plusieurs appartiennent à des genres actuellement indigènes, aux végéfliux fossiles trouvés dans les environs de Vassy et de Saint-Dizier qui révèlent, à la lisière de la formation infracrétacée, la présence de fougères arborescentes, d’araucariées, probablement de eyeadées, dénotant à l’époque barrémienne un climat beaucoup })lus chaud que le notre ('), les tufs de Kesson (vallon du Montois) contiennent une flore fossile offrant, il est vrai, certaines analogies avec la flore actuelle de la contrée, mais l’absence complète de conifères des régions froides, la présence du buis et du noyer laissent supposer que le climat était moins froid et plus régulier qu’aujourd’hui ('}. Par contre, dans les tourbières et les graviers des vallées de la Vanne, de la Seine et de ses affluents champenois, ]\I. Fliche a retrouvé de nombreux vestiges d’une Hore ancienne dans laquelle les conifères, et spécialement le pin sylvestre, tenaient une place considérable ; ce qui prouverait que le pin a existé en Champagne à l’état spontané au début de la période actuelle, jusqu’aux premiers temps de l’emploi des métaux dans le pays Par suite d’un réchauffement généi’al du climat, le pin sylvestre s’est trouvé éliminé de la flore régionale; il est remonté dans les pays du nord, ou s’est réfugié dans les régions montagneuses; si on le rencontre encore par groupes sporadiques dans quelques forêts assises sur les sables verts dans l’Yonne (forêt du thureau de Bar au noi*d-est d’Auxerre), dans le pays d’Othe, sur la gaize dans les Argonnelles
date dans la composition du tapis végétal de la contrée. Parmi colles dont IMadijéuat est le plus certain, il en est dont on no saurait admettre le transport à distance par voie naturelle (agents physiques ou animaux), et il faut supposer, pour expliquer leur localisation actucllei qu’elles occupaient autrefois dans le pays uue surface beaucoup plus considérable, que les endroits où nous les rencontrons fparticuliéremeut sur le terrain de craie) sont les vestiges d’un habitat primitivement plus étendu, et peuvent être considérés comme des « stations privilégiées pour elles, qui leur ont fourni un abri dans lequel ('lies ont pu résister aux chaugeineuts de climat, lutter aussi avec avantage contre de nouvelles venues, mieux adaptées qu'elles aux conditions actuelles do la végétation » (Ihid.f p. 15-4C).
1. G. DB 8Ai*oKTAt Prodrome d’une Hore fossile des travertins anciens de Séranue {Mém, de la Soe.
giolog., 2*- série, t. VIH, I8t>5-18G8); Laxgkkon', Contribution à Pétude de la flore fossile de.Séyanne (liulUt. de Irt Soc. natnr. l. XII et XIII); Kliciik, Contribution à la flore fossile de la
Haute-Marne {RuUet. de la Soe. des «c. de 2® série, t. XVI, I8l»9, p. 10); lo., Ktndes sur la flore
fossile de VArgonne (albien-cénomanieu), iu-8«, Nancy, 1898, p. 183.
2. FttcHK, Élude sur les tufs de Kesson {HxUlet. de la Soc. géolog , 3*’ série, t. XII, 1883, p.3‘-31).
3. Flichr, Faune et flore des tourbières de la Champagne [C.H. deVAcad. des se. LXXXII, 1876, p. 981 ; Id., Le Pin sylvestre dans les dépôts quaternaires de Clérey {Mém. de la Soe. acad. de V.Auhe, t. LXIH, 1899, p. 263).
(bois de Givry) et dans l’Argonne, et surtout sur le terrain de craie dans la Cliainpagne Pouilleuse, il n’est pas spontané ; il a été réintroduit par les reboisements dès la tin du xviii' siècle et on peut affirmer qu’en Champagne le pin est près de la limite de son aire actuelle ; bien que luttant parfois avec succès contre les bois feuillus indigènes, il ne paraît pas destiné à former des forêts permanentes sans l’intervention de l’homme. Enfin, à une époque plus récente que celle des conifères de l’époque quaternaire, l’homme, par son travail, a pu modifier l’aire de développement de certaines espèces arborescentes ('). Le hêtre, par exemple, était l’essence dominante dans la forêt d’Othe à l’époque gallo-romaine et dans les premiers siècles du Moyen Age, ainsi qu’en témoignent les charbons retrouvés dans des amas de scories })rovenant d’antiques fourneaux métallurgiques, et les multiples dénominations de « faÿs » dans certains cantons forestiers. Or, le hêtre est plutôt rare aujourd’hui dans la forêt d’Othe. Cette élimination du hêtre semble due à une exploitation intensive de la forêt nécessitée par l’approvisionnement de Paris et les besoins croissants de la capitale en combustible dès le xii' siècle. Cette exploitation excessive étant défavorable au hêtre, cet arbre s’est éliminé de lui-même peu à peu devant le chêne et le charme, essences se prêtant plus volontiers à une exploitation en taillis à courte révolution (*).
Sans doute le naturaliste observant les plantes qui occupent la surface des plaines cultivées et [teuplent les forêts champenoises recueillera une impression moins nette des influences locales que s’il observe la flore des Vosges ou de l’Ardenne, où l’influence du milieu se traduit par des signes plus frappants. Cependant, il ne lui échappei'a pas que les données du sous-sol, combinées avec celles du climat, gouvernent la production végétale spontanée de la région, que la culture et l’acclimatation elles-mêmes n’ont pu rompre le déterminisme géograi)hi(pie. Si la flore de la Champagne lui paraît manquer d’originalité, ainsi qu’il convient à un pays dont la personnalité })hysique est peu accentuée, il constatera du moins sa richesse relative et le groupement assez tranché de ses associations végétales, en rapport avec les nuances climatériques résultant de la situation géographique et de la configuration de la contrée, ainsi qu’avec la variété de ses sols.
1. Lo chà aii^nier, qui atfcctionuc les so's sablo-ferrugincux ou sUico-ar^filoux et profonds, vc,j:était jadis sur les plateaux de la foré; d'Oilio où il avait été introduit par l'homme, et d’où il a coatplétcmeut disparu. D'après DrohlrYi lo chàt.u,;nier fut employé eu coucurreuce avec le cbéiie dans la rojouair.tot ou des maisons de la ville de Troyes détruit s par le graud iuceudie du 5 mai lb:ii(ÉphémériUA, X. II, p. 117 s qq.).
2. Flichk {liulUl. de la So**. des ee. de Nancy, Dr*juii] m7:), compterendu dos séiiiccs, p. lil).