Economie rurale de la France, 4* édit., 1877, p. I
2. Cette concentration de la population se retrouve partout où la perméabilité du sol détermine des conditions bydrologiques analogues à celtes de la Champagne Pouilleuse, dans la iMcardie crayeuse (cf. Demaïtoeon : La Picardie, p. 372), sur les calcaires portlandicns de la basse Bourgogne, du Val-^^x' lage, du Barrois, sur les plateaux fissurés du bathonion dans la haute Bourgogne (cf. Anîial. de giogr,, iSjanv, 1902, p. 4ô), dans la Beauce, au sons-sol calcaire, etc. Cette subordination du groupement
de la population aux facilités d*accés des nappes souterraines a été amplement exposée par M. dk Mabtoxhb, Hecherehea anr la diêtrihntion géographique de la population en Vatachie, iii-fi", Paris- Bucarest, 1903, p. 113.
Pour figurer le mode de groupement de la population (proportion pour cent de la population agglo-
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ethniques et historiques pour expliquer la prédominance du village aggloméré, comme type de l’établissement rural en Champagne ('). Il existerait une corrélation étroite entre le mode de groupement do la population champenoise et la provenancj des divers éléments ethniques fixés successivement dans la contrée, les populations primitives s’installant avec des formes d’atelier rural en rapport avec leurs habitudes sociales. Les Celtes qui peuplèrent primitiv^ement la Champagne auraient été groupés par petites agglomérations disséminées, chaque domaine isolé (') étant entouré des champs cultivés par le propriétaire. Mais les peuplades d’origine germanique qui envahirent à différentes reprises le pays pour s’y fixer, les Francs surtout, remplacèrent les exploitations rurales isolées par la forme germanique du village aggloméré que comportaient les coutumes sociales des Germains, particulièrement le régime de la propriété en usage chez eux. Outre qu’il est douteux que l’élément germanique introduit en Champagne par les invasions ait été assez nombreux pour imposer aux populations préexistantes des conditions d’habitat absolument nouvelles (’), les simples considérations empruntées à la géographie nous paraissent suffisantes pour expliquer le mode de groupement des populations champenoises.
Aussi bien, l’origine ethnique des formes prédominantes de l’habitat rural en Cliampagne peut être combattue à l’aide d’autres arguments. Si l’on consulte la toponymie locale, on constate que la très grande majorité des centres habités champenois sont, ou antérieurs, ou très postérieurs à la période des invasions germaniques. Ainsi les noms de lieux formés d’un nom d’homme d’origine germanique combiné avec un suffixe latin (villa, villare, cortis, mons, vallis, etc.) sont en nombre très restreint, tandis que les noms, formés à l’aide de termes et de suffixes latins sont beaucoup plus nombreux. C’est assez tardivement, semble-t-il, au début de l’époque féodale, que la popu-
raôréc HU cbct>lieu de la commune à la population totale), il nous a paru sufQsant de prendre pour base Tunité cantoiiale, aire de dimensions restreintes et relativement uniformes. Les erreurs se tron* vont atténuées par la défalcation des centres urbains (plus de SOOO habitants) qui dérangent les rapports naturels.
1. Sur cette question, cf. Meitzbx, and Agranvesên der West-Germanonf Berlin, 1895,
t. IV, no 60a dos annexes, carte; Alexander vox Brandt, Origines des villages i banlieue morcelée et des domaines agglomérés (Hé/onne êoeiale, t. VI, 1808, p. 148, 165 sqq.); Otto Sciilctkr, Die Formen der lündlichen Siedeluugen {Geogr. Jahrb.t VI Jahrg., Ilefi 6, 10 mai 1900, p. 218 8q<i.); Flacii, L.'S Origines de l’habitat en France, dans de Fovillk, Enquête sur tes conditions de l*ha0itation en Fra ics. t. II, p. 9.