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Ki/iscI5o/ d’après Meitzkx et son école

3. Les envahisseurs germains du v« siècle no paraissent pas plus avoir transforme le mode de groupement de la population que le régime de la propriété. Flstbl dr C'oulaxuks a démontré que les neuf-dixièmos de nos villages sont antérieurs aux grandes invasions et ont pouroiigine, dans leurs formes essentielles, les anciennes viltœ de l’époque gallo-romaine {L*AUeu et te domaine rural, p. 42).

LA POPULATION

lation, primitivement assez éparpillée, tendit à se rassembler autour des églises, sous la protection des monastères et des châteaux forts, cette forme d’agglomération étant devenue pour les habitants la condition même de leur sécurité et résultant d’un état politique spécial, d’un mode d’existence nouveau ('). Au surplus, la concentration extrême de la ])opulation dans le pays crayeux ne paraît pas avoir été jadis aussi accentuée que de nos Jours. Pendant une grande partie du >Moyen Age, au moins jusqu’au xiv'^ siècle, le nombre des centres habités dans la Champagne crayeuse était sensiblement supérieur à celui des villages et lieux habités actuels. La guerre de Cent ans, les gueires religieuses, puis la h ronde, qui a sévi cruellement en Champagne, ont entraîné la ruine ou l’abandon d’un grand nombre de villages, hameaux ou habitations isolées dont les traces ont j)resque complètement disparu. Le dépouillement des dictionnaires topographiques départementaux nous a permis de relever, dans la zone du terrain de craie seulement, l’existence d’une centaine environ de lieux habités qui ne sont plus, et nous avons remarqué que la partie septentrionale de la Champagne, particulièrement exposée aux invasions, a été la plus éprouvée par les dévastations i’ésultant des guerres et par le dépeuplement consécutif. La dissémination plus grande de la population dans la forêt d’Othe, un des pays champenois les plus anciennement peuplés, ne s’explique pas davantage par une hypothèse fondée sur l’ethnologie. Il en est de même pour la Champagne Humide où le peuplement semble avoir été particulièrement tardif pour des raisons que nous avons exposées plus haut: ici, la dissémination de la population est loin d’être due à la survivance d’une tonne celtique de l’habitat, puisque c’est surtout à la colonisation monastique ou féodale qu’est dû le peuplement de cette partie de la (’hampagne. Un grand nombre de villages, hameaux, exploitations isolées de cette contrée ont été créés par les moines et les seigneurs 5 ils se sont multipliés aux xC et xii'^ siècles à la suite de défrichements dont le résultat a été la mise en valeur de vastes espaces inexploités et un véritable morcellement de la propriété seigneuriale (’). De là, la fréquence dans la toponymie de la Champagne Humide des dénominations d’origine ecclésiastique ou féodale telles que montier, grange, celle, mesnil, essart, borde, loge, vente, villeneuve, neuville, etc., qui attestent à la fois le peuplement progressif de la

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