‹ La ChampagneChapitre 127 sur 166 · FI.ACH, loc. cil., p. 2), 40, 43, (il · texte numérisé non relu

FI.ACH, loc. cil., p. 2), 40, 43, (il

2. Cf. Skk, Le.i Classes rurales et le régime domanial eu /'Vauce au Moyen Age^ l’arie, 1901,

contrée et expliquent, en concordance avec la nature du sol, la dissémination de la population. Il nous semble donc inutile d’emprunter des arguments à l’ethnologie pour expliquer la concentration ou l’éparpillement de la population dans la région champenoise.

Dans une étude complète des formes de l’habitat, nous devons tenir compte, entre autres faits sociaux, du régime de la propriété, car il existe d’ordinaire une certaine corrélation entre la façon dont les habitations rurales sont distribuées et la manière dont le territoire agricole est divisé. M. de Foville a fait justement remarquer (*) que « les contrées dont les territoires se tiennent le mieux sont généralement celles où les maisons se suivent le moins, parce qu’un domaine rural d’un seul tenant appelle à lui impérieusement le siège de l’exploitation ; par contre la propriété bâtie se présente souvent à l’état compact quand le morcellement du sol est poussé à l’excès » . Cette loi se vérifie pour la Champagne, où le morcellement considérable de la propriété coïncide avec la concentration générale de la population (•). 11 est même possible de saisir des différences assez sensibles, en ce qui concerne l’économie rurale, entre chacune des formations géologiques de la Champagne. Ainsi, dans la Champagne crayeuse, c’est la moyenne culture (50 à 100 hectares) et la petite (moins de 50 hectares) que l’on rencontre le plus communément ; le morcellement et l'éparpillement des parcelles, plus accentués que partout ailleurs, coïncident avec une concentration extrême de la population ; dans les plaines du Perthois et le Vallage d’Aisne, la moyenne culture (25 à 80 hectares) et la grande culture (80 à 100 hectares) occupent les deux tiers du territoire (^). En général dans la Champagne Humide, où les bois et les prairies contigus aux cultures constituent des

1. EfniuHc frur îeê conditiona dt Vhabitatf t. I, introduction, i>. x-xi.

2. Dans le dC‘paric*moiit de la Marne (lOOU), la propriété se répartit ainsi :

KXPLOITATJOKS.

KOM 11KB.

riiorouTioN p. lOJ.

De 1 hectare

De i à 5 hectares

De 5 à 10 hectares

De 10 à 40 hectares

imüo

An-dessus de 40 hectares

Gi 773

PoRTEvix, L*Economie aocialé dava le déparUma'it de la MarnCf iii-8®, Ucims, lDOO,p.l26. (Cf Eeonomi/tte françaia, 2 mars 1201, p. 2G8.)

Le tractioniienicnt parcellaire a encore exa;?éré les effets de la division de la propriété. En 1H46, Dkkodk signalait les progrès du niorcellemont dans l.i Marne et attribuait en uioyenno à chaquo cote foncière treize parcelles représentant (7*rar. de VAcad. de Heimaf l. VI, 1846, p. 4U2). En 1882,

DE Fovilee évaluait la contenance moyenne d’hectares par cote foncière à 3,61 dans la ^larne, 2,92 dans l’Aube {Le .\foreellement, p. 81-81).

3. Dou'JTK, Situation agricole du département de la Marne, br. in-8*», Chàlons, 1893, p. 41-12.

LA POPULATION

domaines assez étendus, le morcellement moindre correspond dans une certaine mesure à une moindre concentration de la population, le propriétaire ou le fermier s’étant fixé au centre ou à proximité de son exploitation, ^lais nous nous gardons d’exagérer le rapport entre les formes de l’habitat, le régime de la propriété et le mode d’exploitation du sol, car ce rapport comporte plus d’une anomalie : au sudouest de la Champagne, sur les confins de la basse Bourgogne, dans les arrondissements de Sens, Joigny et Auxerre où la population est en général assez disséminée, la grande propriété est très rare, presque partout c’est la petite culture qui domine ('). En réalité, entre les formes de l’habitat et le régime de la propriété, il existe des coïncidences, plutôt que des relations absolues de cause à effet. Le mode de groupement de la population se présente donc en Champagne sous des formes multiples et il procède surtout de la nature du sol et des conditions hydrologiques, dans une certaine mesure des formes spéciales de l’économie rurale, plutôt que de la prédominance de telle ou telle forme d’établissement rui’al, imposée ici par une race d’hommes, là par une autre.

Quant au mode d’assemblage et d’aménagement des habitations rurales, l’étude détaillée des pays champenois nous a permis d’en faire ressortir la variété essentiellement subordonnée à la nature et aux conditions hydrologiques du sol, ainsi qu’aux particularités de l’économie rurale. Suivant la formation géologique à laquelle ils appartiennent, les villages champenois se différeneient à la fois par le groupement, la forme et les dimensions des bâtiments, la nature des matériaux mis en œuvre. Toutefois, il se dégage comme un air de famille dans la physionomie extérieure de tous les centres habités de la région champenoise, et si, par l’agencement des constructions, la séparation caractéristique de l’habitation et des dépendances, le village de la Champagne se distingue des agglomérations rurales bourguignonnes, lorraines et ardennaises, les voyageurs traversant le pays n’ont pas manqué d’être frappés par certains traits inattendus de ressemblance que présentent les formes de l’habitation dans les villes comme dans les campagnes avec celles d’autres contrées lointaines : tant il est vrai que, dans le choix et l’installation de leur habitat, les populations ne peuvent s’affranchir du déterminisme imposé par les conditions du milieu géograjdiique (9-

1. Bocobault, La Famille et la petite propriété dans la basse BoargOfçne {Hf./ormt êocialcy t. II, 1881, p. 337).

2. Un voyageur allemand traversant la Cliainpagno au début du xix*" .slôele est frappé de la ros-

Il est très difficile d’évaluer avec quelque exactitude le chiffre de la population dans la région champenoise, antérieurement à la lin du XVIII® siècle, car les données fournies par les statistiques anciennes

sont à la fois insuffisantes et défectueuses; l’évaluation courante, par nombre de feux, quel que soit le

habitants, ne peut fournir que des résultats très approximatifs, d'autant plus que la base de la superficie territoriale n’est pas toujours établie avec fixité par les statistiques.

A la fin du xvii® siècle, Vauban attribue 093 244 habitants à la généralité de Champagne, en y comprenant ses annexes ('). Sous LouisXVI, Keckerévalueà 812 800 âmes la population de cette même généralité qui aurait augmenté sensiblement dans le cours du xviii® siècle : cependant la Champagne, 2>rovince peu riche et surchargée d’impôts, était relativement moins peuplée que les provinces voisines ; la densité de sa population atteignait seulement 063 habitants par lieue carrée (').

En 1790, la densité des quatre départements issus de l’ancienne Champagne (Ardennes, Marne, llaute-

semblnnce dos vilLigcs et villes avec certaines localités de l’Allemagne : « Die Dürfer waren nicht niohr so stattlich wie im sü llichon Frankreich : sie sahen unsereii doutschen liôrfern gleich, die Hattier ans Lchm, mit Stroh gedeckt, und liocUstens hier und da ein l'ensterstock ans Kreide gesclinitten. Einigo der busscren Hatiser svaren wohl aueh ans Kreide gobant. .. » A Épernay : « Die HaOser siud g.auz in dontschen Style, mit den spitzigen das .-Vuge so selir bcleidigenden Oiebeln, mit den kurzen vioreckigen Fonstern, den Thilren ausser der Mitte des Hanses; die rhOrme sind dicselbeii spitzigen Zalinstocher wie bei nns ; mit eiiiein Wort • c’est tont comme chez nons ». A Châlons : « Die Stadt ist grossen Theils auf dentschen Art gebaut. » Un village dn l’erthois (Heiltz-le-.Manrapt) lui rappelle le village hollandais ; • Das Dort war ganz anf bollilndiselier Art gobant, • (SciiL'i.'ras, Briefc iiber Frankreieh, in-12, Leipzig, 18l.'>, t. I, p. 427, 42H, 41S-42Ü, 12:1.)

1. Souverainetés de Sedan, lUncourt, ChâteauregnanU, dnché de Bouillon, prévôtés de Stenay et .lamctz, Dnn et comté do Clermont-en-Argonne (Val’Bas, IJinie rayait, édit, de 1851, p. 118).

2. (iénétalités de Paris, 1510; Soissons, 982; Dijon, 918; Nancy, 934 ; Metz, (;8ü(Nk< «i£k, Administration des finanrti, t. I, p. 197). l’nc antre évaluation, entre les années 1780 et 1782, portant sur la pins grande partie do la Champagne, attribue à la population rurale do cette contrée (celle des villes

multiplicateur adopté pour réaliser, par une conversion, le nombre des

QIC, 943

Population totale

eu

Populdtion rurale

Population urbaine ?

t^nnees 1851 1861 1872 1881 1891 1901

Mouvements do la popul.tion dans la région cbamponoiae entre les années 18.51 et 1901 (milliers d’habitants — les chiffres do la population ont été relevés commune par commune).

LA PÜPUI.ATION

Marne, Aube) oscillait entre 30 et 45 habitants par kilomètre carré (*). Dans le cours du xix' siècle, la population de la région champenoise <‘i subi un mouvement ascendant presque continu jusqu’en 1891, et cet accroissement qui a profité exclusivement aux centres urbains est dû au développement de la grande industrie ; la tendance au Héchissement est manifeste depuis 1891. Les variations constatées dans la densité de population de chacun des arrondissements champenois, entre 1801 et 1901, sont particulièrement significatives : elles mettent en relief ce double phénomène, d’accroissement dans les arrondissements industriels, de stagnation ou de diminution progressive dans les autres arrondissements moins favorisés sous le rapport de l’industrie : les pertes les plus élevées ont affecté ceux de Yitrv, Sainte- Menehould et Vouziers qui sont presque exclusivement agricoles ; l’arrondissement de Rethel où l’industrie lainière a décliné au profit des centres du Nord (Fourmies), des Ardennes (Sedan), de la vallée de la Suippe et de Reims (■) ; l’arrondissement de Vassy où la métallurgie a été fortement éprouvée par la concurrence de ]Meurthe-et- ]\loselle ; la perte la plus faible constatée dans l’arrondissement de N'ogent-sur-Seine doit être attribuée au déveloj)pement continu de l’industrie bonnetière à Romilly.

Les divers phénomènes de la natalité et de la mortalité, de la nuptialité, de l’émigration et de l’immigration étant les régulateurs essentiels des mouvements de la population, nous devons en considérer les phases caractéristiques dans la région champenoise. Pour déterminer l’intensité relative et variable de tous ces phénomènes démogra-

non comptée) une densité de i01,G habitants par lieue carrée. Cf. Essai pour connaître la population du royaume par MSI. du S«joük, pb Coxdokckt et pk la <^Iém. de VAcad. dta 9c.f üwuvq

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