‹ La ChampagneChapitre 138 sur 166 · I)r Labit, loe. eit., p. 64G · texte numérisé non relu

I)r Labit, loe. eit., p. 64G

Aux environs rte Joiguy (Yonne), on a observé un type brun à taille petite et à face ovale (liuUei. de la Soc, anthropol., 2« série, t. IX, 1874, p. 251-252). Kn Lorraine, on trouve un type brachycéphale blonrt et grand, issu d'un croisement de races {L*AnthropologiCf t. I, p. 213).

3. 11 est peu de pays qui aient fourni à la science archéologique autant de documents que la Champagne; la littérature préhistorique champenoise est très abondante.

4. Cf. Ph. Salmon (3fém. de la Soe. acad.de VAnbe, 1882, t. XLVl, p. 18-20). Les dolmens et les menhirs, si abondants dans la France occidentale, atteignent en Champagne la limite extrême de leur extension vers l'est. Dans la Champagne Pouilleuse, entre les vallées de la Seine et de l'Aisne, où les matériaux manquaient pour la construction des dolmens, on constate une forme particulière de sépulture à inhumation : ce sont les « boves », grottes creusées dans le terrain de craie.

dolichocéphale et même à deux races plus ou moins métissées; ces découvertes concordent par leurs résultats avec les observations contemporaines (*) : les vestiges des civilisations préhistoriques trouvés dans la Mai’ne, et étudiés par un archéologue champenois, i\[. Bosteaux-Paris, semblent attester que les rives de la Suippe, en pleine Champagne Pouilleuse, séparaient deux races distinctes dès l’époque gauloise (•). Ainsi se trouve vérifiée, en Champagne, l’hypothèse de Broca et de Lagneau d’après laquelle la population française, même aux époques préhistoriques, ne présentait déjà plus d’unité ethnique(’).

Quel a été le plus ancien peuple connu ayant habité la région champenoise? M. d’Arbois de Jubainville s’est efforeé de démontrer, contrairement à l’opinion d’Alexandre Bertrand, que les Ligures ont précédé les Celtes et les Germains en Champagne, comme dans la plus grande partie de l’Europe occidentale. Or ces Ligures paraissent avoir été des brachycéphales à la taille peu élevée et au type brun. A défaut de documents anthropologiques certains, on retrouverait des traces de la civilisation ligure dans la nomenclature géographique de la région champenoise : les suffixes ligures asco ou asca, usco ou usgo, oscus, figurent dans les noms des villages de Clérey (Aube, Cla~ rasca-si/lva, Clarascensis)^ Matouges (Marne, au x® siècle, Matusgus ou Mattuscus), Champlost (Yonne, Camhloscus), Villy (Yonne, Ft7(t'os- CMs), Vitry (.Marne, Ffctorio.scMS), Neuvy (Yonne, Novioscus)\ le nom de la Seine (Sequana) aurait également une racine ligure; de même Sens {Agendicum) \ les suffixes antio et ono, le radical aZisa se retrouvent dans les noms de plusieurs rivières champenoises, l’Amance, l’Armanee, l’Aisne (Axonà)^ la Marne {Matrona)^ l’IIozain (Alisanos)^

1. I.es indices céphaliques de deux crânes trouvés en 18S1 par le Dr Hkkkot dans l’ossuaire do lÀry (Ardennes) sont respectivement 78,82 et 81,56, intermédiaires entre la brachycéplialie et la doli* c’Toeéphalie (A .^soc. /runç., année 1897, partie, p. 318). Ces crânes eo rapprocheraient de ceux de la race de Furfooz qui habitait en Bel^iqxie, sur les bords do la Lesse. Des tro.^lodyles de Furfooz devaient tirer leurs silex de la Champagne. L’indice céphalique des crânes trouvés dans la sépulture néolithique deLivry-sur-Vesle (canton do Suippes, Marne) est 75,5; II appartient à une série sous-dolichocéphale (note de M. Mohvlianski, dans le Bullet. de la d*anthropol.t année 1897, fasc. 2, p. 129- 130). Le crâne trouvé en 1896 aux euvirous de lieims a un indice nciteiuent sous-dolichocéphale(75,72i (l)r O. Guklliot, Notes sur les ossements préhistoriques trouvés à Reims (CTuion médicale du ATord-

15 avril l896)l. Les quatre crânes préhistoriques de Tours-sur-Marne (Marne) fournissent an indice moyen de 71,90 franchement dolichocéphale (l)»" Ouelliot, loc. cit.). Les indices céphaliques de deux crânes trou\és â Vemenil (Marne) sont 78 et 79 ; ceux des crânes de Saiut-(^uentin-sar-Coole (Marue) varient entre 77 et 80 (3/cm. de la Soc. d'agric. de la Marne, 2« série, t. 1, 1898-1899, p. 137, 158). Parmi les quarante-quatre crânes trouvés dans les grottes de la vallée du Petit- .Morin, 12 sont brachycéphales ou sous-brachycéphales ; 10 luésoticéphales ; 22 dolichocéphnlcs ou sons-doUchocéphales. Cf. Philippe Salmon, Dénombrement et type<* des crânes néolithiques de la Gaule, iu-8®, Paris, 1896, p. 15, 16,23,25, 26, 29, 30, 3-1, 35. Un crâne trouvé à Frignicourt, près de Vitry-le-Françols, et remoutant à l’époque néorthi(|ue, fournit un indice céphalique de 82,0 (3/em. de la Soe, des sc. et arts de Vitry-le-François, t. XXI, 1ÎH>2, p. 615).

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