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Fusted de Coulaxoes, La Honarchie franque, p

Tours p. La dénoimnation géographique de Canij)ania s’appliquait donc, à l’époque mérovingienne, à une portion du royaume des Francs aux contours indécis, comme l’Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne (■).

La première circonscription, qui réunit dans des limites communes la totalité des anciennes cavipamœ avec la plus grande partie de la légion naturelle que nous avons définie, a été le comté de d’roves, devenu le comté de Champagne. Cet État féodal se forma par la réunion successive des comtés de iMeaux, de Troyes, de Vitry et de Bar-sur- Aube (1077), Les nombreux fiefs dont le groupement constituait 1 individualité artificielle du comté de Champagne, sous le gouvernement d Henri le Libéral (1152-1181), étaient disséminés sur un territoire aux confins bizarrement découpés. Création arbitraii'e de la féodalité, le comté de Champagne manquait complètement d’unité géogiaphique ; il laissait en dehors de ses limites deux importantes principautés ecclésiastiques, le Chalonnais et le Rémois, c’est-à-dire le cœur même de l’ancienne Campania, une partie de la Champagne Humide et du pays d’Othe ; contre il se développait sur une partie de la Brie, empiétait au sud-ouest sur la l’uisaye (comté de Joigny), au sud sur la Bourgogne et le Vallage, à l’est sur le Barrois; par ses annexes au nord (comtés de Porcien et de Rethel), il confinait a l’Ardenne ; en un mot, la désignation de Champagne n’était que partiellement appropriée a cet ensemble hétérogène (“).

Les groupements historiques qui s’étaient formés au ^loyen Age dans la région champenoise, le comté de Ti’oyes dans la partie méridionale, au centre et au nord les principautés ecclésiastiques de Chàlons et de Reims, furent réunis au xvP siècle, avec la plus grande partie de I ancien diocèse de Langres, dans une circonscription unique, le gouvernement de Champagne. Organisé dès la fin du règne de h rançois I", le gouvernement de Champagne était amputé de la partie méridionale de la région naturelle (Sénonais, partie du pays d’Othe et de la Champagne Humide) rattachée au gouvernement de l’Ile-de-France, mais il englobait les plateaux tertiaires de la Brie, débordait sur les terrasses oolithiques de la basse Bourgogne et poussait ses limites septentrionales jusqu’au massif schisteux d’Ardepne (*).

• 1. Iliator. France, t. IX, p. 9.

2. Fi,()OOard, Iliet. de l’iglite de Reims (I'ebtz, Scriptore», t. XIII, p. 159).

3. Sur l’étciiduc et les limites de l’ancien comté de Champaj^ne, cf. d'Arrois de Jt BAi.vviLi.E,

met. des comtes de Champagne, t. II, p. 166, I2I; t. III, p. 170; Losonon, Introduction an Oict! topogr. de la Marne et Documents relatifs aux comtés de Champagne et de Brie, t. I, p. invi et suiv. in l», Imprim. nation., 1901, carte. ’

4. Les villes de Oivet, Cliaileniont, Marieubourif, Pbilippeville ne faisaient pas partie de la Cham-

LA CIIAMPAG.NE

Comme toutes les provinces, le gouvernement de Cliampagne, œuvre hybride de concentration artiticielle plutôt qu’expression naturelle et spontanée de rappoi’ts issus du sol, a été constitué avec des limites arbitraires et flottantes ('), sans conformité avec les divisions naturelles du sol ; l’avantage qui pouvait résulter de la juxtaposition dans un même cadre de pays différents, solidaires les uns des autres, formant une combinaison de la forêt, du vignoble, des plaines cultivées, semble avoir été la préoccupation dominante de l’administration royale qui s’est efforcée, en même temps, de tenir compte des limites historiques et de ne }>as déranger des rapports séculaires de pays à j)ays. C’est pourquoi l’identification des anciennes ]>rovinces avec les régions naturelles ne peut se justifier qu’avec des correctifs {“).

Quant à la généralité de Champagne, circonscription financière et alministrative issue, dans le courant du xvi' siècle, du démembrement d’une plus vaste circonscription, la généralité d’outre-Seine, subdivisée en généralité de Paris et généralité de Châlons, elle ne correspondait pas exactement, par l’étendue, au grand gouvernement militaire, c’est-à-dire à la province de Champagne proprement dite (’). Tout le sud-ouest de la région champenoise relevait de l’intendant de Paris ; vingt-neuf communes ajipartenant aujourd’hui au département de l’Aube faisaient partie de la généralité de Paris (onze dans l’élection de Sens, dix-huit dans celle de Saint-Florentin). La généralité de Chrdonsse trouvait ainsi restreinte aux deux tiers environ de

pi^DC ; les principautés de Sedan, Munzun et Carignan se rattachaient au gouvernement de Jletz et des ÉvOchés.

1. A l’uucst, les limites de la Champagne furent longtemps flottantes et subirent plus d’un remaniement. La Brie française (Melun, l)onnemaric-on-Montois, etc.) faisait partie de l'Ile-do-France. L’attribution de la Bric champenoise, c’est-à-dire la majeure partie de l’ancien bailliage de Meaux (haute Brie : Meaux ; basse Brie : Provins, Sézanne, Aiiglure ; Brio Pouillcttsc : Château-Thierry, Moutmirail), fut contestée p’us d’une fois au gouverneur do Champagne ; une ordonnance du 27 septombre 161)3 régla déflnitivemont cette contestation séculaire en faveur du gouvernement de Champagne (Losonoîi, L’Ile-de-France, son origine, ses limites [ .1/ém. de la Soe. d'hijt. de Paria, 1. 1, p. 21]). 11 en a été de meme pour le Séiionais ijui, bien qne rattaché régulièrement à l’Ilo-de France, a été considéré par la plupart des cartographes de l’ancienne France comme pays champenois. L’.Xcadémie des sclc.ices attribuait à la Champagne 1674 lieues carrées ; les cartes de Uelisle, 1910 ; celle de Nolin, 1 .S16 ; celle de De Fer, 2004 ; celle de Sanson, 2 192 (cf. Vaubak, La Dîme royale, édit, de 1851, p. 117). l’iGANioL UE EA FOKCE flxo ses dimensions à 16 lieues de l’ouest au sud-est, depuis Lagiiy-en- Brie jusqu’à Bourbonne-en-Bassigny ; 54 du nord an sud, de Uocroi dans le Kethélois à Uaviéres dans le .Sénouais. D’après Kobert dk Uesseen, 61 lieues du nord au sud, 40 de l’o.iest à l’est(Dic/. nniverael de la France, iii-8“, 1771, p. 175).

2. M. ituijiNiEK a démontré que la province de Lang.iedoc n’était « qu’une résultante de faits de guerre ou de faveurs de cour » {Oéogr. da Languedoc, de dom Vaissètk, t. XIII, p. 1398). M. Cual'vi- ONÉ a fait une constatation analogue pour la Touraine {Bullet. de géogr. hialor. et deacript., 1890, p. 330, et 1902, p. 271), M. liAKUAC-Diinuu pour la Gascogne (ifeiuie de synthèse Atstor., avril 1903, p 183-181). L'ancienne Bourgogne était une unité politique plutôt qu’une région naturelle. Cf. Ki-bih- KEACSZ, la Bourgogne (fferne de aynthèae hUtor., juin 1904, p. 337-.i39). Cf. LouquET, Ltude psychologique de la France (Rerme de aynthiae hiator., t. II, 1901, p. 23 26).

3. Sur la formation do la généralité do Châlons, r.f. d’Akbois ue Jubainviele, L'Adminiatration det inlendanta, d’après les archives de l’Aube, in-8", l’aris, 1880.

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