Loe, eit., au mot Villy-en-Troies
3. En 1152, Perthes-en*Rothiôres était désij^c sous le nom de Perta »icca {Dict. topogr. de VAuhe, p. 12J). Cf. le Tillage de la Uothiére, près de Dienvlllc, dans cette même plaine de Brienne.
tions spéciales de l’économie rurale se manifestent parfois avec une netteté singulière.
Aix centre de la zone infracrétacée, le Der avec ses forêts, ses herbages et ses étangs est le pays le plus caractéristique de la Champagne Humide; entre Saint-Dizier et Vitry-le-François, le Perthois réalise le type de la plaine champenoise ; le Vallage, qui chevauche sur les deux formations infracrétacée et jurassique, englobant une partie du Der, du Ban'ois et du Perthois, n’a pas d’homogénéité géographique proprement dite, mais forme cependant un tout et possède une réelle individualité au point de vue économique; le massif d’Argonne qui, au nord du bassin de Triaucourt, se prolonge par des transitions insensibles jusqu’aux plateaux ardennais, constitue, par les formes tourmentées de son relief, l’enchevêtrement de ses crêtes aiguës et les conditions spéciales de son climat, un pays absolument original sur les contins de la Champagne et de la Lorraine. Au pied des talus parfois escarpés que dessinent à travers toute la Champagne les affleurements du terrain de craie, on voit tour à tour des terrasses comme celles qui sont adossées aux flancs du massif d’Othe entre l’Yonne et la Seine, des plaines entrecoupées de ruisseaux et de bouquets de bois, comme celles du Bocage, aux environs de Vitry-le- François, des vallons humides séparés par des promontoires crayeux aux pentes arides, au Pied-des-Monts de Champagne, entre les vallées de Marne et d’Aisne, de Vitrv à Attignv.
Au sud-ouest des plaines du terrain de craie, le massif de la forêt d'Othe, nettement délimité par les vallées de l’Yonne, de la Vanne et les plaines de la Seine, forme, avec ses plateaux recouverts de dépôts tertiaires, et ses frais vallons, la transition entre la Champagne Humide et la Champagne Sèche. Celle-ci, à son tour, otfre un contraste saisissant entre l’aridité de ses hautes plaines, où les landes, les pineraies alternent avec de maigres cultures justifiant la dénomination de l’ouilleuse, et ses vallées où les sources et les eaux courantes ont favorisé la concentration de la population et le développement dea.cultures. Au nord de la vallée d’Aisne, où les différentes assises de la formation crétacée se superposent sans régularité, les terrasses vallonnées constituent une zone mixte; là, s’efface graduellement la Champagne Pouilleuse pour faire place à des pays plus fortunés: la Picardie, la Thiérache, les Ardennes. Enfin, du côté de l’ouest, sur la bordure du massif tertiaire, au pied duquel se dévelo})pent des plaines marécageuses (plaines de la Seine et de l’Aube, marais de Saint-üond, bassin de Reims), les coteaux du Montois, du Vignoble
et de la Montagne de Reims forment enti-e les hautes plaines de la Champagne Pouilleuse et les plateaux de la Brie, du Tardenois et du Soissonnais un pays de carrières et de vignobles, exceptionnellement riche et populeux, et dont l’individualité est très nette.
Les contours de ces petits pays ne se décèlent pas toujours extérieurement au point que l’œil puisse facilement les saisir. Si les grandes lignes géologiques qui déterminent, en quelque sorte, le squelette de la région champenoise sont très apparentes, les linéaments secondaires qui figurent, à l’intérieur de chaque grande zone, les compartiments que nous avons signalés sont plus difficiles à saisir lorsque les caractères distinctifs des pays s’atténuent progressivement à la périphérie de chacun d’eux. Comme l’ont fait très judicieusement remarquer Élie de Beaumont et Dufrénoy ('), les lois naturelles suivant lesquelles ces petites unités géographiques se lient et s’enchaînent sont « plus simples en grand qu’en petit » ; l’individualité des pays est d’autant plus frappante, qu’on descend moins dans les détails locaux, et que l’on s’en tient davantage « à l’intention générale de la nature, dans la distribution des substances minérales, et à la continuité de leur masse, plus encore qu’à leur homogénéité ». C’est pourquoi nous nous sommes gardé d’attribuer systématiquement des limites en quelque sorte géométriques aux diverses unités naturelles qui se dégagent d’une étude détaillée du sol champenois ; pour éviter cette « segmentation infinitésimale », cet « atomisme géographique » reproché avec quelque justesse aux études de géogi’aphie régionale, nous avons résolument simplifié la nomenclature des pays champenois et rejeté des dénominations inutiles qu’une tradition surannée ne justifiait pas suffisamment.
Lorsque l’Assemblée constituante procéda, en quelque sorte géométriquement, au démembrement de la provinee de Champagne (^), avec